00:00On est dans un pays qui est encore hospitalo-centré.
00:02Qu'on raisonne d'abord hôpital, je mets un patient dans un lit.
00:06Exactement comme il y a 50 ans, quand j'ai appris la médecine.
00:08Il faut changer ce paradigme.
00:18C'est une fédération d'établissements d'hospitalisation à domicile.
00:22C'est une fédération hospitalière qui a donc une responsabilité
00:25d'être l'interlocuteur sur les sujets de l'hospitalisation à domicile
00:28des pouvoirs publics.
00:30Développer et de mieux faire connaître l'hospitalisation à domicile.
00:33Et puis nous avons les 281 établissements qui font l'hospitalisation à domicile
00:37en France, dans tous les territoires, qui sont nos adhérents.
00:40Et nous sommes bien évidemment chargés d'en défendre les intérêts
00:43auprès des pouvoirs publics.
00:48C'est par exemple en ce moment d'avoir le bonheur d'avoir à peu près tous les jours
00:52des réunions avec le ministère de la Santé sur le futur modèle de financement
00:56des établissements de santé, sur la façon dont vont pouvoir être organisées
01:00certaines dotations, dont peuvent éventuellement se modifier
01:03certains types d'activités de soins.
01:05Et puis au niveau local, nous sommes aussi les interlocuteurs
01:09des agences régionales de santé et des collaborateurs de celles-ci.
01:15Prendre en charge des patients à leur domicile.
01:18Ce domicile, c'est leur maison.
01:20Cela peut être aussi un établissement médico-social.
01:23Je pense à un épargnement de soins de longue durée.
01:26Je pense à un EHPAD ou je pense à un établissement d'accueil des handicapés.
01:29Nous prenons en charge des patients qui, si nous ne développons pas ces soins,
01:33ils seraient à l'hôpital.
01:34Un patient qui est en soins palliatifs, c'est une grosse part de notre activité,
01:39qui dit « ok, je vais mourir, je veux que ce soit chez moi.
01:41Je veux que les soins que vous me faites ou la surveillance que vous êtes en train
01:45de me délivrer, tout ça, ok, ça peut être fait à domicile.
01:48Ce que je suis en train de dire peut être fait aussi par des professionnels
01:51de l'ambulatoire, par des professionnels libéraux.
01:53Nous, nous sommes le stade au-dessus.
01:55Quand la demande plus de professionnels, aussi des traitements intraveineux,
01:59de médicaments qui sont des médicaments spécifiques à l'hôpital.
02:02Et puis aussi, quand il y a éventuellement besoin d'une réponse
02:06à toute heure du jour et de la nuit.
02:11Pour le patient d'abord, c'est qu'il est chez lui, il est dans son univers.
02:14Il a aussi des garanties.
02:15Nous sommes certifiés comme établissement de santé,
02:17c'est-à-dire qu'on contrôle la qualité que nous délivrons.
02:20Et puis la sécurité, nous avons des conditions de fonctionnement
02:23qui nous obligent à avoir des professionnels médecins salariés,
02:26des professionnels soignants, infirmières ou aides-soignantes,
02:29des assistantes sociales, des psychologues.
02:31Pour nos prescripteurs, pour les établissements de santé,
02:34c'est tout simplement qu'on peut assis arrêter de parler en lit
02:36si on ne garde pas un patient le week-end,
02:39alors qu'on sait qu'il pourrait être chez lui en toute sécurité
02:41parce qu'il serait accompagné et suivi.
02:44Eh bien, le problème de « j'ai pas assez de lit, j'ai pas assez de personnel »
02:48se résout, j'ai tendance à dire, naturellement.
02:53La territorialité générale, elle est présente.
02:56Est-ce que pour autant, c'est connu ? Non.
02:58C'est de faire en sorte qu'elle soit mieux connue,
03:00bien évidemment du public, mais aussi des professionnels soignants.
03:03Les médecins, qu'ils soient à l'hôpital, qu'ils soient médecins traitants,
03:07ils aient le réflexe de se dire « tiens, je vais peut-être m'envoyer mon patient à l'hôpital
03:11ou je vais peut-être le sortir plus vite, tiens, pof, HAD ».
03:13Mais c'est aussi les infirmières, c'est aussi les kinés, c'est aussi le pharmacien.
03:17Et puis aussi s'adresser au grand public pour lui dire
03:19« il faut que vous disiez au médecin qui va vous dire
03:22« je vais encore vous garder 3 jours, 5 jours, 7 jours, etc. »
03:25de lui dire « docteur, moi je ne veux plus, je veux sortir. »
03:32J'ai cessé mon exercice médical professionnel il y a 30 ans.
03:35Et à l'époque, nous ne connaissions pas, c'est vrai,
03:38mais surtout nous ne faisions pas la même chose.
03:40Tous les 10 ans, on a abordé un cycle différent.
03:41Aujourd'hui, on prend beaucoup plus de malades atteints de cancer,
03:44on prend beaucoup plus de malades atteints de grosses maladies neurodégénératives
03:48qui sont extrêmement dépendants, mais qui néanmoins, dans un bon nombre de cas,
03:51valent être au domicile.
03:53Et ça, il y a 20 ans, on m'aurait dit « mais c'est faisable au domicile ».
03:56Je leur ai dit « mais vous n'y pensez pas,
03:58un respirateur artificiel au domicile, mais comment faire, etc. »
04:01Les technologies, les médicaments ont changé.
04:05Et aujourd'hui, c'est le numérique,
04:06c'est la capacité à faire une téléconsultation à distance.
04:13Il faut bien le reconnaître que depuis une grosse quinzaine d'années,
04:16on est plutôt accompagné par les pouvoirs publics.
04:18Ce dont nous aurions besoin, c'est que,
04:20beaucoup plus précocement, dans les études de médecine d'infirmière,
04:23on montre les possibilités qui sont offertes aujourd'hui
04:26par la médecine hors de l'hôpital.
04:28On est dans un pays qui est encore hospitalo-centré.
04:31On raisonne d'abord « hôpital »,
04:32exactement comme il y a 50 ans, quand j'ai appris la médecine.
04:35Il faut changer ce paradigme.
04:37Aujourd'hui, le sujet qui est le nôtre est un sujet organisationnel.
04:41Et que les pouvoirs publics doivent impérativement
04:44amener le monde libéral à plus travailler avec l'hôpital,
04:48à travailler avec ceux comme nous qui sont en hospitalisation à domicile.
04:52On est dans un pays qui est très conservateur en termes d'organisation.
04:57C'est vrai pour plein d'autres choses, mais en organisation des soins.
05:01Et le rôle des politiques est en la matière capitale.
05:04Il est essentiel.
05:05C'est la posture, c'est le discours qui doit être un élément important.
05:09Et ce n'est pas toujours ce que l'on entend, y compris encore à l'heure actuelle.
05:12Jamais rien céder, jamais renoncer et toujours s'engager.
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