00:00Un autre été très tendu.
00:02Comme l'année dernière, l'hôpital public amorce cette rentrée à bout de souffle.
00:05Ces dernières semaines, plusieurs services d'urgence en France n'ont tenu qu'à un fil, faute de moyens.
00:09À Nantes, tous les syndicats ont même dénoncé des décès en zone d'attente.
00:12On manifeste aujourd'hui pour soutenir l'hôpital.
00:14On réclame des lits et des bras pour le service public.
00:17Un système qui, autrefois, était un modèle d'humanité,
00:21se trouve aujourd'hui étranglé par des politiques de rentabilité à outrance
00:25et une vision purement comptable du soin.
00:27On peut venir aux agences comme on veut.
00:29Voilà pourquoi je suis là en tant que retraité et ancien ouvrier à l'hôpital.
00:32Ma femme est tombée malade il y a un peu plus d'un an.
00:35On a téléphoné au 15 pour qu'elle puisse venir aux agences.
00:38Ils l'ont envoyée aux nouvelles cliniques.
00:40Et aux nouvelles cliniques, il fallait faire la recueil, elle avait un problème cardiaque.
00:43Il a fallu la ramener après sur l'hôtel Dieu.
00:45Moi, j'ai quand même envie d'être accueillie de bonne façon dans les hôpitaux.
00:49Et là, je trouve que le personnel ne peut plus faire son travail.
00:53Il faut leur donner des moyens.
00:54Les médecins font un boulot extraordinaire de coordination.
00:57Mais derrière, ça ne suit pas.
01:00L'hôpital travaille en situation dégradée totalement.
01:03Ici, les syndicats ont dénoncé cet été la mort de 4 personnes en zone d'attente des urgences.
01:08Elles auraient été victimes de délais trop longs.
01:10La direction de l'hôpital parle elle plutôt d'une personne décédée
01:13après avoir été prise en charge.
01:14On essaie de faire comprendre aux gens que,
01:16un, il y a des choix politiques qui aboutissent à moins de moyens,
01:21qui aboutissent à une baisse de la qualité des soins
01:23et qui aboutissent à des morts au bout en fait.
01:25C'est assez simple l'équation.
01:26En 2023, un service d'urgence sur quatre en France
01:29avait dû fermer au moins une fois durant l'été,
01:31selon le syndicat Samu Urgences de France.
01:33En attendant les chiffres les plus récents,
01:35les hospitaliers décrivent cette année une situation au mieux stable, voire dégradée.
01:39Le ministère de la Santé lui assure qu'il y a une légère amélioration.
01:42Comment ça s'est passé d'abord cet été ?
01:44Comme les autres.
01:46On est confrontés à ce manque de moyens
01:49et c'est difficile pour nous.
01:51Il y a eu des fermetures d'établissements autour de Nantes, c'est ça ?
01:53Oui, sur la région.
01:55Notamment au nord du département, l'hôpital de Blins.
01:58L'hôpital de Cholet aussi, dans le 49, qui a des difficultés.
02:02Il y a eu l'hôpital du Mans,
02:03donc c'est vraiment une région qui commence à être sinistrée.
02:06Les soignants sont épuisés.
02:08L'absentéisme est majeur du fait de nombreux arrêts de maladies.
02:12Les collègues sont particulièrement atteints dans leurs valeurs professionnelles
02:15puisqu'ils ont le sentiment de ne plus pouvoir produire des soins de qualité.
02:20Ailleurs en France, certains ont utilisé tous les moyens pour se faire entendre cet été.
02:24À Brest, des soignants ont noté sur le mur de l'hôpital
02:26tous les patients de plus de 75 ans qui ont attendu plus de 12 heures aux urgences.
02:30Et des maires bretons ont même signé des arrêtés pour mettre en demeure l'État
02:34et le forcer à déclarer un plan d'urgence pour l'accès aux soins.
02:37Qu'est-ce que vous réclamez aujourd'hui ?
02:39Ah, ça c'est difficile.
02:41Sûrement des moyens.
02:45Des médecins, des infirmiers, du dynamisme
02:51et de la volonté politique sûrement.
02:55Je vois qu'il n'y a pas beaucoup de monde pour sauver l'hôpital public ici.
02:59C'est un peu décevant.
03:02Les générales ne viennent pas manifester pour sauver l'hôpital public.
03:07Mais ce n'est pas normal de faire attendre des gens.
03:09Il y a des gens qui meurent aux urgences, dans les couloirs des urgences.
03:14Pour un pays dit civilisé, c'est totalement insupportable.
Commentaires