00:00Alors on est en direct avec Yona et Anaïs qui sont deux porte-parole et militants du collectif Nemesis.
00:04Bonjour à toutes les deux, merci d'être en direct avec nous.
00:07On voit ces images, ces images de violence, ça a été très dur.
00:11D'abord, qu'est-ce que vous vouliez montrer dans cette manifestation ?
00:16Tout simplement, c'était un peu une idée d'Anaïs d'aller dénoncer l'investiture de certains candidats,
00:22notamment de la LFI, au Nouveau Front Populaire pour ses élections législatives,
00:27qui ont été accusés, notamment Raphaël Arnault, qui a quand même été accusé d'avoir menacé de mort notre présidente Alice Cordier.
00:34Donc ce sont des comportements qui sont totalement fous pour des personnes qui sont censées nous représenter aux législatives.
00:40Et c'est ça qu'on a voulu aller dénoncer, une association féministe, pardon, et que ces gens se prétendent féministes alors qu'ils ne le sont pas du tout.
00:48On précise que vous y êtes allée simplement avec des panneaux, on est bien d'accord.
00:51Il n'y avait pas d'acte de violence, il n'y avait pas de geste violent, c'était simplement des panneaux et des slogans, c'est bien ça ?
00:57Oui, de manière totalement pacifique, comme toutes nos actions dans le collectif Némésis,
01:00on n'a jamais fait quelque chose qui sorte de l'ordre pacifique, du pacifisme, pardon.
01:05Et c'était vraiment, on y est allé calmement, on s'est fait attaquer sans avoir eu le temps de pouvoir discuter avec qui que ce soit.
01:14On a été violemment bousculés, alors que simplement on a sorti des bancartes, donc par des hommes, des femmes, tout était mêlé et c'était très très violent.
01:23Racontez-nous un peu comment les choses se sont passées, on voit les images pendant qu'on est en train de parler, on voit des images de bousculades.
01:28Racontez-nous un peu comment ça s'est passé quand vous êtes arrivés ?
01:32Tout d'abord, on avait commencé à faire des...
01:36En fait, on s'est tout simplement infiltré dans la manifestation avec le service d'ordre.
01:40C'était un service d'ordre professionnel qui était là pour nous protéger en cas de violence.
01:45Heureusement, il était là parce que clairement, on a une des militantes qui est partie à l'hôpital, elle est sortie.
01:50On a eu très peur parce qu'elle a pris des coups ultra violents sur le haut du crâne, donc elle est sortie, elle va bien.
01:56Mais c'est vrai qu'on a tous été bousculés, il y a aussi un des membres du service d'ordre qui s'est fait lyncher.
02:02On voit qu'un militant d'extrême gauche saute à pieds joints sur cette personne.
02:07C'est ultra violent et en fait, l'action en soi n'a duré que quelques minutes, si je dis cinq minutes, c'est déjà énorme.
02:16Mais en fait, il faut savoir qu'on ne sait plus quoi faire pour dénoncer l'inaction et l'hypocrisie de la gauche face aux agressions,
02:23face aux agresseurs auxquels on est confrontés tous les jours.
02:26En tant que femme et en tant que féministe encore plus, c'est insupportable pour nous de se dire que les gens de gauche ne font rien et en plus, ils nous attaquent.
02:36Et surtout, on a pu voir Sophie Binet qui a dit félicitations alors qu'on était en train de se faire lyncher devant ses yeux et devant les yeux de tous les militants d'extrême gauche.
02:48Ça, c'est assez étonnant quand même d'entendre Sophie Binet qui dit ça parce qu'en plus, c'est une femme, donc raison de plus.
02:55Elle a bien vu que c'est des femmes qui étaient attaquées par des hommes parce qu'on voit que c'est quand même des hommes qui vous sautent dessus et elle leur dit félicitations.
03:01Alors ça, j'ai presque envie de dire que c'est presque le pire dans cette histoire parce que que quelqu'un d'officiel, patronne d'un syndicat officiel,
03:08dise bravo à des hommes qui vont frapper des femmes, excusez-moi, moi, je trouve ça surréaliste.
03:13Tout à fait et d'ailleurs, je tiens à souligner, comme vous l'avez dit, on a eu des hommes, mais il y a eu des femmes.
03:18Moi, je me suis fait attraper le bras hyper violemment par une femme, enfin même il y a des militants qui sont en train de bousculer, les gens nous sautaient dessus.
03:25C'était vraiment de l'hystérie pure et c'est vrai qu'on voyait dans leurs yeux une haine viscérale.
03:31C'était vraiment contre nous, contre des femmes, même le service d'ordre essayait de nous protéger, mais on voyait que c'était nous qui voulaient attaquer.
03:40C'était complètement... C'était impressant. Franchement, on était en état de choc hier pendant un moment, là, ça va mieux, mais c'est vrai qu'honnêtement, waouh !
03:50Question, comment ça s'est terminé, au fond, parce qu'on voit les incidents et ensuite, alors on a une autre vidéo qu'on va voir dans laquelle on voit une espèce de course-poursuite.
03:58Voilà, c'est celle-là, une espèce de course-poursuite dans les rues, racontez-nous ce qui s'est passé.
04:03Alors, sur la fin, quasiment toutes les filles, je pense, ont dû être sorties par leur service d'ordre, donc on avait un garçon par fille pour nous protéger.
04:10Je rappelle que c'est une boîte professionnelle qu'il a uniquement, comme ils l'ont fait, pour nous exfiltrer et non pas attaquer des gens.
04:15Donc voilà, ils sont là pour nous protéger et on est sortis une par une avec nos garçons. Moi, on ne se voyait pas toutes entre nous et puis surtout sur le moment, on n'a pas le temps de réaliser tout ce qui se passe autour.
04:25Mais moi, en tout cas, ce que je sais, c'est que mon garçon m'a pris vraiment pour me protéger au milieu de la foule et qu'il a pris pas mal de coups à ma place parce que les gens essayaient de m'atteindre encore et de me frapper quand ils me voyaient passer.
04:38Donc il s'est pris pas mal de coups, de baffes, de croche-pattes, tout ce que vous voulez pour essayer de nous faire tomber.
04:43Je pense que ça s'est passé à peu près pareil pour toutes les filles qui se sont faites sortir de la foule comme ça. Et après, en effet, nous, on s'est dispatchées parce qu'on était environ neuf.
04:53On était neuf filles. On s'est dispatchées. Et cette scène que vous avez montrée en vidéo, moi, je ne l'ai pas vécue. Je crois que c'était un autre groupe parce que nous, on n'était pas là à ce moment-là.
05:01Mais il me semble que ce sont nos militantes et leurs services d'ordre qui se sont faites courser. Il me semble qu'ils les insultent, des mots qu'on ne va pas citer, qu'on les entend dans les vidéos, qui sont assez peu glorieux et peu féministes, si je puis dire.
05:14Et c'est vrai que c'était assez violent et qu'on a dû toutes se dispatcher et courir parce qu'il y en a certains qui essaient de nous rattraper. Mais nous, notre groupe, on ne nous a pas plus cru que ça après.
05:27– Un dernier mot encore parce que quand même, malgré tout, ce que vous avez fait, c'est très courageux, c'est certain, mais c'est de la provocation en même temps.
05:34C'est ce qu'on va vous répondre, forcément, et je le sens venir autour de ce plateau. On va dire que c'est de la provocation, finalement.
05:40Vous cherchez ce type de réaction pour faire du buzz derrière. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous disent ça ?
05:47– C'est ce que je vous ai dit tout à l'heure. En fait, on ne sait plus quoi faire pour dénoncer l'inaction et l'hypocrisie de la gauche.
05:55On emploie un petit peu des actions-chocs, des actions qui sont risquées. Mais en fait, on n'en peut plus de cette hypocrisie.
06:05Et d'ailleurs, on l'a vu avec Sophie Binet, on se rend bien compte que ce n'est pas la cause des femmes qui est défendue.
06:10C'est, dans tous les cas, vu qu'on est catégorisés à droite ou d'extrême-droite, ils veulent nous faire du mal.
06:18Enfin, un verre est contre tout. – Ils abandonnent la cause féministe.
06:26– Quand ça les arrange… – La cause politique passe devant la cause féministe, dans un cas comme ça.
06:31Il y a Mathias Leboeuf qui ne va pas être pote avec vous, je vous le dis tout de suite, mais qui a une question à vous poser.
06:35– Oui, je voulais vous poser une question. Vous êtes quand même venu à cette manifestation pour, comment dire,
06:41rappeler que le Front populaire était un ramassis d'agresseurs violents, de soutiens de terroristes et d'antisémites, c'est bien ça ?
06:49– Oui, tout à fait. – Ça, c'est ce que vous avez publié sur le collectif Nemesis.
06:53Donc vous vous étonnez un peu de la réaction, ensuite, que la réaction soit violente quand on parle…
06:57– Non, ça ne justifie pas les coups. Juste, Mathias, justifions pas les coups, quels que soient les raisons.
07:00– Ça ne justifie aucunement la violence. Et je condamne toute forme de violence.
07:05Mais juste une chose, quand on traite les gens d'antisémites, de soutiens du terrorisme et d'être violents avec les femmes,
07:12qu'est-ce que vous attendez comme réaction ? Vous attendez qu'ils vous embrassent ?
07:17– Yonah et Anaïs vont répondre.
07:19– Excusez-moi, à aucun moment sur nos pancartes, il y a écrit « antisémites ».
07:22En fait, ce n'est pas nous qui les avons accusés de ça,
07:24c'est qu'ils ont été convoqués par la justice pour apologie du terrorisme.
07:27– Non, c'est ce que vous avez publié sur Twitter, sur votre compte du collectif Nemesis.
07:34Donc ce n'est pas moi qui l'invente, ce n'est pas la justice qui l'invente.
07:36– Laissez-les répondre, laissez-les répondre. – Non, non, vous venez.
07:40– Ce ne sont pas des femmes qu'on a inventées, enfin, ce sont des recherches qu'on a faites.
07:43Ces gens ont littéralement été accusés ou condamnés pour ces choses.
07:47Donc on n'a pas inventé ça et on est venu simplement pour rappeler ces faits
07:52qui ont été, qui sont arrivés, tout simplement.
07:55– Mais vous faites quand même un amalgame en disant que le Nouveau Front Populaire
08:01est un ramassis de gens violents, de terroristes, de soutiens terroristes et d'antisémites.
08:05C'est ce que vous écrivez.
08:07Donc comment voulez-vous ? Soit vous cherchez les coups…
08:11– Non, pas les coups, mais arrêtez de dire vous cherchez les coups.
08:14– Arrêtez de dire vous cherchez, s'il vous plaît, vous cherchez des réactions,
08:19vous cherchez des cris de la colère, pas les coups.
08:22On ne peut pas dire qu'elles cherchent les coups, personne ne cherche les coups dans la vie.
08:25– Non, mais ce que je veux dire c'est que forcément…
08:26– C'est rien qui justifie des coups.
08:28– Non, mais on est d'accord là-dessus, moi je condamne…
08:31– On est contre la haine et laisser dix jeunes femmes d'une vingtaine d'années
08:35se faire lyncher parce qu'on les a arrivées avec des blancs-carts.
08:37Effectivement, comme Yonan l'a dit, les blancs-carts apparaissent après sur Twitter.
08:42– Mais pendant la manifestation, ce qu'on est venu dénoncer,
08:45c'est les investitures qui pour nous sont catastrophiques et dangereuses
08:48pour les femmes, mais aussi pour la France, évidemment.
08:51Tout pacifiquement, effectivement, on s'attendait à des réactions,
08:54mais là, des hommes qui sautent à pieds joints sur des personnes,
08:58des filles, des femmes et des hommes de tout âge et de tout milieu,
09:03j'imagine, viennent nous sauter dessus, en fait.
09:06– Juste, on va faire tourner la parole, Victor Hérault.
09:10– Je passe très rapidement sur la question de la provocation, etc.
09:14Ça fait 40 ans qu'on dit que le RN est un parti raciste
09:16et qu'il y a des gens qui, en marge des manifestations,
09:18le crient aux manifestants.
09:19Si les manifestants venaient tabasser ces manifestants-là,
09:21on ne dirait pas, bon, quelque part, vous l'aviez un petit peu cherché.
09:24Ensuite, pour être assez honnête, objectif,
09:27c'est une action assez habituelle du collectif Nemesis,
09:30dont le but est d'infiltrer des manifestations de gauche
09:32pour venir en pointer les contradictions.
09:35À l'intérieur même, elles cherchent effectivement une réaction,
09:37mais c'est pour pointer les contradictions des manifestants.
09:40Là, quelle est la contradiction qui est pointée ?
09:41Ce sont des antifascistes qui, d'ailleurs,
09:44se mettent à faire un clapping antifasciste derrière par les flics pavloviens.
09:47– Lancés par la patronne de la CGT.
09:48– Exactement, mais ce sont des antifascistes
09:51qui tabassent des opposants politiques,
09:52simplement parce qu'ils ont brandi des cartes qui ne leur convenaient pas.
09:54Donc ça s'appelle, pardon, du fascisme.
09:57Ensuite, là où elles ont démontré une contradiction dingue,
10:01c'est effectivement la réaction de Sophie Binet,
10:03qui dit « bravo, bravo d'avoir frappé ces gens, bravo d'avoir frappé ces gens ».
10:06Mais il faut savoir que ça, c'est très important de le mettre en avant.
10:09Pourquoi ? Parce que ça révèle qu'à la gauche, la gauche radicale,
10:13il y a une légitimation de la violence physique,
10:16et il peut y avoir une légitimation de la violence physique,
10:17et j'ai d'ailleurs retrouvé une interview de 2016 de Jean-Luc Mélenchon,
10:21qui disait « je combats le recours à la violence physique,
10:24non pas parce qu'elle est intrinsèquement violente,
10:27mais parce que stratégiquement, ça peut poser problème,
10:29parce que ça peut effrayer des électeurs ».
10:30Autrement dit, si ça nous permettait de gagner dans les urnes,
10:33pourquoi pas aller agresser physiquement des gens ?
10:35On n'entend jamais ça, jamais, jamais ça,
10:38dans la droite, même la plus dure, jamais personne ne dit ça.
10:40On peut agresser des gens, personne ne dit ça.
10:43Juste avant d'écouter Michel Payad, on va réécouter Sophie Bidet,
10:46parce que pour moi, c'est un des éléments clés de cette soirée,
10:49ça dure 8 secondes, on réécoute Sophie Bidet, écoutez ce qu'elle dit au micro.
10:53Bravo à toutes et tous pour avoir résisté à cette attaque fasciste
10:56du collectif Nemesis.
10:59Michel Payad, comment vous réagissez quand vous entendez ça ?
11:01Écoutez, quand on voit qu'il y avait une dizaine de milliers de personnes
11:03qui manifestaient et qu'il y avait des quelques dizaines de personnes
11:07dans ce collectif, je ne vois pas comment cette dizaine de personnes
11:10a fait une attaque à ces 10 000 manifestants qu'il y avait sur cette place.
11:15Et puis, comme je le disais tout à l'heure, quand les filles sont en mini-jupes,
11:18on ne dit pas qu'elles méritent d'être violées.
11:20Donc, de la même manière, les...
11:21Non, ça n'a rien à voir.
11:22Ah si, ça a tout à fait à voir.
11:23Des gens, des femmes, même, qu'on soit d'accord ou pas d'accord...
11:26Non, mais je n'ai pas dit qu'elles méritaient d'être tapées,
11:28je n'ai pas dit qu'elles...
11:29Vous avez dit qu'elles cherchaient, vous l'avez quand même plus ou moins dit.
11:31Elles cherchent ma réaction et, au passage, moi, j'ai eu une information
11:36qui demanderait à être vérifiée, c'est qu'il y avait un service d'ordre
11:39d'une dizaine de personnes.
11:41Moi, ce qu'on m'a dit, c'est que les premiers à avoir distribué des coups,
11:44c'était le service d'ordre parce qu'ils se sentaient menacés.
11:47Et, effectivement, les premiers à avoir tapé,
11:49il semblerait que ce soit le service d'ordre...
11:51Ce n'est pas ce qu'on voit sur les images, excusez-moi,
11:53ce n'est pas ce qu'on voit sur les images.
11:54Notamment, il y a un type parmi...
11:56On peut faire...
11:57Les filles, vous pouvez répondre, il y en a un à Isse,
12:00ensuite, on va faire le CNews Info.
12:02Allez-y.
12:03– Donc, je le rappelle, c'était une boîte professionnelle,
12:06on ne voit pas d'image où c'est notre service d'ordre qui a commencé à frapper,
12:09au contraire, ils sont là, en fait, en carapace,
12:11plutôt pour empêcher que des gens viennent vers nous.
12:13Parce que, premier réflexe, ils ont voulu nous arracher nos pancartes,
12:15puis, petit à petit, venir nous frapper.
12:17Donc, eux, ils étaient là uniquement pour nous défendre.
12:19Et désolé, mais je reviens juste sur ce que vous avez dit,
12:23il y a quand même deux de ces personnes du service d'ordre
12:26qui ont fini avec des points de suture.
12:28Et je rappelle qu'on a une militante qui a fait un séjour à l'hôpital
12:30parce qu'on pensait qu'elle avait une commotion cérébrale,
12:32donc un trauma crânien, pardon.
12:33Donc, je ne suis pas sûre, vous, parce que vous essayez de justifier le fait que...
12:37– Je ne justifie rien, non, non, non, ne me faites pas.
12:40– Je ne suis pas sûre que ça mérite tout ça juste pour des pancartes.
12:42– Juste une chose, je ne justifie pas la violence et votre agression aucunement.
12:46– Donc, vous la condamnez ?
12:47– Je la condamne, c'est très clair.
12:49Néanmoins, si vous venez avec un service d'ordre d'une dizaine de filles...
12:52– Elles sont protégées, elles auraient fini à l'hôpital, excusez-moi.
12:55– Vous y avez pensé ?
12:57– Elles ont pensé qu'elles allaient être attaquées
12:58parce qu'elles connaissent ce type de réaction, c'est normal.
13:00– On ne peut pas chercher la réaction, le problème c'est la réaction.
13:03– La seule chose pour dénoncer la violence de ces gens,
13:04c'est qu'on la connaît déjà, on sait déjà ce qui va se passer au bout d'un moment.
13:07– Bien sûr, merci Yonah et Anaïs, merci beaucoup,
13:09soyez prudentes quand même dans vos actions
13:11et merci d'avoir été en direct avec nous.
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