00:00Cette relance est une relance keynésienne avec un effet multiplicateur très fort
00:03comme le soulignent de nombreux économistes, en particulier
00:05ce qui est notre cas dans un contexte de basse conjoncture et elle s'autofinance
00:09largement
00:11à travers le retour de la croissance.
00:13Les nouvelles marges de manoeuvre financière de l'État
00:15doivent également lui permettre
00:16de retisser notre modèle social avec l'abrogation d'un certain nombre
00:20de réformes
00:21injustes
00:21et surtout non concertées.
00:23L'abrogation de la réforme de l'assurance chômage
00:26c'est d'abord un acte de confiance dans le dialogue social car nous vous
00:29rendrons les clés de la négociation.
00:32Nouvelles marges de manoeuvre financière de l'État doivent également lui
00:34permettre, je l'ai dit, de retisser notre modèle social et de reconstituer, de
00:37défendre nos services publics.
00:39C'est important
00:41pour nos travailleurs, c'est important pour nos chefs d'entreprise, la santé,
00:43l'éducation, la culture notamment.
00:46Le second levier, vous le savez,
00:47est une relance salariale massive comme en Espagne
00:51dans les secteurs publics et privés.
00:53Cela aura des effets
00:55sur la demande par la hausse du pouvoir d'achat des salariés mais également
00:58sur l'offre de travail
00:59et nous compenserons pour les PME
01:01les surcoûts que cela engendre.
01:04Tout le monde s'accorde aujourd'hui et je crois pas qu'ici vous me
01:06contesterez sur le fait que les salaires sont trop faibles
01:09dans de nombreux secteurs et que les difficultés de recrutement persistent.
01:13Notre programme
01:14permet de stimuler le retour sur le marché du travail par des emplois et
01:17des salaires décents
01:19d'une grande partie de la population.
01:21La politique de l'offre,
01:23je termine,
01:25la politique de l'offre doit viser le travail
01:27et pas seulement le capital, nous voulons une politique de l'offre de
01:29travail, parler de travail
01:30et pas seulement d'emploi. Et enfin nous voulons une reconquête industrielle,
01:33une reconquête de notre souveraineté
01:35par le protectionnisme écologique et social aux frontières de l'Europe, par
01:38la défense de la base industrielle France.
01:40J'étais celui qui au nom d'Arnaud Montblour a négocié le décret sur les
01:43investissements directs étrangers devant le Conseil d'État.
01:46Un pays qui ne produit pas est dans les mains des pays qui produisent.
01:49Nous voulons être un pays de producteurs et pas seulement un pays de consommateurs.
01:52Mesdames et Messieurs,
01:53ce projet est séquencé.
01:55Il distingue le temps court du temps long dans sa mise en œuvre.
01:58Il n'est pas aveugle à la situation.
02:00Le temps des ruptures pour répondre aux urgences sociales,
02:03le temps
02:04des bifurcations pour répondre aux urgences écologiques,
02:06le temps des transformations pour recoudre un pays fragmenté, fracturé,
02:10qui a besoin d'apaisement.
02:12Et nous avons dans ce projet besoin de vous.
02:15C'est le projet
02:16choisi par les démocrates et Biden
02:19qui ont théorisé les bénéfices d'une surstimulation.
02:22Dans ce schéma
02:24de retour de la croissance,
02:26d'augmentation de l'emploi,
02:28notre bouclage mécroéconomique prévoit aussi
02:30progressivement
02:31le retour aux grands équilibres, la baisse
02:34des déficits
02:35et la décrue de la dette publique.
02:38Je vous l'avais dit et j'en conclus,
02:40promesse,
02:41sortons du dilemme appauvri, faut-il aimer ou détester les entreprises
02:45et fondons ensemble un pacte productif nouveau
02:48unissant les travailleurs,
02:50les capitaines d'industrie,
02:52les consommateurs et nous serons pour cela
02:54à vos côtés. C'est ainsi, je crois, que nous ferons suffisamment
02:58et que nous pourrons faire barrage.
03:00Merci beaucoup Boris Vallaud.
03:07Je vais poser deux, trois questions et après vous pourrez répondre aux questions
03:11de la salle. Vous avez une phrase assez forte Boris Vallaud,
03:15vous avez un peu interpellé les chefs d'entreprise, vous leur avez dit
03:18est-ce que vous avez fait
03:20suffisamment ?
03:21La question qu'on peut se poser derrière c'est, est-ce que ça veut dire que vous avez
03:24suffisamment
03:25augmenté
03:26les salaires de vos salariés ?
03:28Est-ce que pour vous,
03:30parce qu'il y a deux points clés évidemment dans votre programme qui font
03:33peur, la fiscalité, on va y revenir,
03:35mais la question aussi de
03:37l'augmentation du SMIC. Il y en a beaucoup ici qui vous disent on n'y
03:40arrivera pas. Vous avez parlé de compétitivité, vous avez parlé de
03:44programme
03:45de production.
03:48Comment
03:49comment est-ce que vous faites
03:52pour augmenter des salaires alors que la compétitivité des
03:55entreprises françaises
03:56elle est très fragile ?
03:58On avait prévu de faire
04:01une intervention
04:03préliminaire donc je vais répondre à travers votre question.
04:06En réalité moi je crois que les chefs d'entreprise, la plupart des
04:10chefs d'entreprise de ce pays, la grande majorité dont j'ai été d'ailleurs,
04:13TPE, PME, tous ceux qui produisent des richesses
04:16et qui quelque part ne regardent pas, j'allais dire,
04:20la santé de leur entreprise à l'aune
04:24finalement d'actions cotées en course mais
04:27à leur carnet de commande, à la satisfaction de leurs clients,
04:30à la satisfaction de leurs salariés,
04:32je crois qu'ils ont tout intérêt à ce que les salaires augmentent.
04:35Parce que si les salaires augmentent,
04:36je rappelle que les salaires réels moyens ils ont baissé de 2,5%
04:40depuis 2017,
04:42quand les dividendes du CAC 40 à laquelle
04:45je suppose la grande majorité des gens qui sont ici sont étrangers
04:48ont doublé passant de 50 à 98 milliards d'euros.
04:52Donc nous ce que nous faisons et ce que nous disons
04:54parce que nous pensons que les chefs d'entreprise
04:57qui justement produisent ces richesses avec leurs salariés ont tout intérêt
05:01à ce que ces salariés soient des consommateurs
05:03qui achètent leurs produits. Nous ce que nous disons
05:05c'est qu'il faut effectivement faire migrer, nous l'assumons,
05:08une partie de ces revenus qui ont été
05:10avec des avantages fiscaux évident
05:14nourrir ce que j'appellerais cette rente actionnariale,
05:16on peut dire ce qu'on veut, vers les revenus du travail.
05:19Et si ça migre vers les revenus du travail,
05:22alors vous verrez que les carnets de commande de ces entreprises
05:25se rempliront.
05:26Vous avez raison, vous avez raison à court terme,
05:28mais à moyen terme, vous voyez bien qu'on rentre dans une spirale inflationniste.
05:31Oui, mais là on rentre surtout dans un cercle verteux
05:35qui permet d'avoir une politique qui dope la demande
05:39et qui fait qu'à un moment donné,
05:41le chef d'entreprise, le commerçant, la petite boîte,
05:46eh bien, va se retrouver avec davantage de carnets de commande
05:49et surtout, va se retrouver aussi, parce que moi je pense que,
05:52je vais vous dire, je pense que la plupart, la grande majorité
05:54de ces entreprises, ils ont envie de bien payer leurs salariés.
05:57Voilà, c'est ce que je crois.
05:58Je pense qu'ils ont envie, pas forcément,
06:01de devoir sans arrêt abaisser, par exemple,
06:03leur prix par rapport à un univers concurrentiel
06:05largement dérégulé qui les oblige à le faire
06:07par rapport à leurs voisins.
06:09Et donc, ces chefs d'entreprise-là,
06:11ils ont en réalité tout intérêt à ce que ce système-là
06:16mette en valeur leurs produits, leur permette de vendre.
06:18Voilà, moi je pense que c'est ça la base.
06:20Et pour répondre aux 1 600 euros, nous le savons bien
06:23que pour certaines entreprises, ça va être un choc difficile.
06:25On les dépeine notamment qu'après.
06:27Oui, mais je pense que tout le monde n'est pas homogène ici.
06:29Enfin, on y reviendra peut-être là-dessus.
06:30Ce qui explique d'ailleurs pourquoi je vois le président Martin
06:34en face de moi, qui a eu la franchise hier,
06:36de comparer notre programme en disant qu'il était pire
06:38que le Rassemblement national d'un point de vue économique.
06:40Je ne suis pas sûr, président Martin,
06:41je vous remercie de votre franchise, quelque part.
06:45C'est un grand classique, à chaque fois que la gauche
06:48va gouverner, le patron des patrons,
06:51comme on dit, a des réactions.
06:52Et la vôtre est finalement assez timide par rapport à ce qui
06:54s'est passé en 81-97.
06:56Mais je ne suis pas sûr que dans votre réaction,
06:59il y ait quelque chose qui représente l'intérêt de tous
07:01les chefs d'entreprise, parce que je crois qu'en réalité,
07:03vous n'êtes pas homogène par rapport à ça.
07:05Certains chefs d'entreprise ont tout à fait avantage,
07:07par exemple, à la politique dite de compétitivité,
07:10qui avantage la fiscalité du capital qui a été prise
07:13par M. Macron.
07:14Mais la grande majorité, ils ont intérêt à ce que le
07:18monde du travail soit mieux payé pour pouvoir acheter
07:20leurs produits.
07:21Ça, c'est nécessaire.
07:22Donc, nous, ce que nous proposons,
07:24par la relance keynésienne qui a été importée,
07:26et également avec la bifurcation écologique qui fait que si on
07:30met ses moyens, l'État va venir aussi remplir les
07:34carnets de commandes de ces entreprises.
07:36Si vous rénovez plus de bâtiments,
07:38le bâtiment se porte bien.
07:42Le premier choc qui sera peut-être difficile à passer,
07:44ce que nous allons nous dire clairement,
07:47d'après France Stratégie, en 2019,
07:49il y a 223 milliards d'euros d'aides ou d'exonérations
07:53aux entreprises, quasiment sans condition.
07:55C'est-à-dire qu'une entreprise, par exemple,
07:56qui va réorienter une part de ses profits davantage dans les
08:00dividendes que dans les investissements de l'emploi,
08:02elle recevra ses aides comme une autre.
08:04Nous, ce que nous disons, c'est qu'il faut les réorienter
08:06différemment et il est évident, et je m'adresse notamment à tous
08:09les secteurs qui se disent, moi, je ne sais pas comment je
08:12vais faire pour faire en sorte d'augmenter le SMIC,
08:14nous les aiderons.
08:16Nous prioriserons, dans les aides de l'État,
08:19les entreprises qui créent de l'emploi,
08:22les entreprises qui payent bien leur salarié.
08:23Comment ça fonctionnera ? Parce que Fabien Roussel,
08:25donc du PCF, a dit qu'effectivement,
08:26il y aurait un fonds pour aider les PME,
08:28les PMI à augmenter le SMIC.
08:30Comment ça va fonctionner ?
08:31Il y a plein de façons de faire.
08:32Vous avez un fonds pour aussi agir sur du crédit à taux nul,
08:36par exemple, parce que souvent, c'est des problèmes de trésorerie.
08:38Moi, je ne sais pas vous, il y en a certainement dans la salle.
08:41Moi, quand j'étais chef d'entreprise,
08:42je me tournais vers les banques, à un moment donné,
08:44quand il y avait tout d'un coup une difficulté,
08:45il n'y avait plus personne à la porte pour recevoir éventuellement
08:47quand tout allait bien, oui.
08:48Donc, à un moment donné, il faut s'emparer,
08:50y compris en renforçant le pôle public bancaire,
08:54de ce qui permet d'avoir, pour passer ce moment difficile
08:57de trésorerie qui peut aller jusqu'à deux ans,
08:59pour permettre à ces entreprises de passer les cueils.
09:01Nous pouvons le faire.
09:03Ces entreprises paieront mieux leurs salariés
09:05et tout le monde en bénéficiera.
Commentaires