00:00Et RTL continue de vous faire vivre, bien sûr, cette crise politique en vous donnant
00:06la parole.
00:07Vous, les électeurs, suite de notre série au cœur des familles françaises, épisode
00:114 ce matin.
00:12Et on vous emmène donc à Rouvroi, dans le Pas-de-Calais, c'est la circonscription de
00:15Marine Le Pen, circonscription anciennement communiste.
00:19Bonjour Valentin Boisset.
00:20Bonjour à tous.
00:21Vous avez rencontré Nicolas et sa maman Thérèse.
00:23Alors la politique c'est simple, eux, ils ont tout simplement décidé de ne plus en
00:27parler en famille.
00:28Oui, dans cette rue de briquettes rouges typique du bassin minier, c'est Nicolas qui m'accueille
00:32dans la cuisine de Thérèse, sa maman, elle est venue l'aider, car il y a dix ans, il
00:36a perdu la vue.
00:37On mange ensemble quoi.
00:38C'est faire des petites choses que moi je ne peux pas faire, évidemment.
00:40Un duo qui fonctionne donc dans la vie, mais politiquement, il ne fonctionne plus du tout.
00:45Par les politiques et tout ça, on évite.
00:48C'est vrai ? Pourquoi ça va ?
00:49Non mais tu prends des raccourcis moi.
00:51Bah oui, mais lui il rentre plus dans les détails.
00:54Car ici, on a voté presque à l'opposé.
00:56Une maman, ancienne socialiste, convaincue du dynamisme du jeune Jordan Bardella.
01:002017, j'ai voté Macron.
01:022022, j'ai voté Marine.
01:04Bardella, il a fait énormément.
01:06C'est la jeunesse qui a voulu le changement.
01:08Le fils s'oppose, lui estime que le bilan d'Emmanuel Macron n'est pas si mal, que le
01:12progressisme doit gouverner, et qu'il est bien incarné par Gabriel Attal.
01:16L'excuse des gens, je crois, c'est de dire, ça fait sept ans qu'Emmanuel Macron est président,
01:21et il y a cette forme de détestation du président.
01:23Non, je ne le dis pas comme ça.
01:25Il est quoi alors ?
01:26Ça reste quand même un bon président.
01:28Tout le paradoxe, vous voyez, de dire Macron c'est un bon président, mais on veut du changement.
01:32On ne sait pas exactement pourquoi.
01:33C'est tout le côté un peu séduisant.
01:35Il y a des moments où je suis influençable aussi.
01:37Résultat, la politique n'est plus un sujet abordé ici, dans la famille, d'autant qu'une
01:42partie de leurs proches est restée communiste.
01:44Alors Valentin, il faut préciser qu'on a un profit très particulier ici, puisque Nicolas
01:48est un ancien sympathisant du Rassemblement National, il s'était engagé dans les campagnes
01:53locales de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont.
01:55Oui, il y a dix ans, Nicolas rejette le communisme local.
01:58En fait, il y avait deux options, il y a dix ou quinze ans, dans ce territoire, c'était
02:01le Parti communiste ou le Front National à l'époque.
02:04Et il y a encore dix ans, moi j'ai été sympathisant de Marine Le Pen.
02:07Je me suis posé la question, pourquoi il ne veut plus voter pour elle non plus ?
02:11Ce fils devient alors le symbole d'une jeunesse attirée par l'ERN dédiabolisée.
02:16Mais il en est revenu, et c'est lui qui l'explique à sa mère.
02:19C'est étonnant, on a la maman et le fils qui ont fait le chemin inverse.
02:23Je préfère l'avoir fait dans ce sens-là.
02:25Ayant vu ce qui se passait dans les réunions, alors soi-disant c'est moins le cas, je peux
02:29vous assurer qu'il y a encore une belle base de militants ORN qui continuent de véhiculer
02:33le message de Jean-Marie Le Pen.
02:35Ça me remue, mais bon, comme on n'a jamais eu, on ne sait pas si ça va apporter un plus
02:40en les ayant au pouvoir, ou ça va être pire.
02:43Mais ça ne peut pas être pire.
02:44On joue un peu à la roulade à oeufs, sans mauvais jambon.
02:47Des trajectoires politiques inverses qui ont donc fracturé politiquement toute la famille.
02:51On a bien compris que sur les candidats, ils n'étaient pas vraiment d'accord, mais lorsqu'ils
02:54parlent du fonds, des mesures, des programmes, est-ce qu'ils le sont, Valentin ?
02:58Alors évidemment non, mais cela tient, comme beaucoup de Français, à leur trajectoire
03:02de vie, à leurs accidents de vie aussi.
03:04Nicolas est aveugle, il touche une allocation, il cherche de l'emploi, sa mère est une aidante.
03:09Il y a 11 millions d'aidants.
03:10Ce sujet du handicap aujourd'hui, on n'en parle pas, il ne faut pas s'étonner après
03:14qu'on se retrouve avec 60% d'abstention.
03:16Aller dire qu'il y a trop d'insécurité, que ce n'est pas bien ce qui se passe à Gaza,
03:20c'est un constat, certes.
03:21Si on vient me parler, si on me propose de repenser l'allocation aux adultes handicapés
03:26pour en faire une prestation, moi, avant d'être aveugle, je suis un électeur.
03:28Une position personnelle qui provoque des débats dans la famille.
03:31C'est vrai que quand on discute avec ma soeur, tous les trois, elle a une position radicale
03:35sur le sujet de dire oui à la mort de bosser et de payer pour les autres.
03:38Oui, c'est ça aussi.
03:39Vous êtes d'accord ?
03:40Oui, il y a un peu trop d'assistés aussi en France.
03:43Lui, il n'est pas d'accord parce que forcément, il a du mal à travailler.
03:47Moi, c'est des sujets que je ne peux pas entendre.
03:48Et Thérèse, dans tout ça, a-t-elle vraiment de l'espoir en Jordan Bardella ?
03:51Je ne pense pas qu'il changera tout.
03:53Ça ne va pas être possible.
03:54CQSD.
03:55On verra.
03:56C'est pour ça qu'il faut tester pour voir.
03:58Je n'ai jamais essayé de sauter d'un pont, ce n'est pas pour autant que je vais le faire.
04:01Jordan Bardella, source d'espoir pour Thérèse ou de suicide national pour le fils.
04:05Quoi qu'il en soit, cette famille du bassin minier s'est fracturée de manière encore
04:09plus flagrante ces derniers jours, depuis la dissolution.
04:12Voilà la politique en famille.
Commentaires