00:00 Passer du temps devant un écran et accéder à l'information très jeune, sans avoir des repères, sans savoir comment hiérarchiser l'information, la classifier, avoir des bases,
00:10 ça nous donne un rapport à la vérité et à la contre-vérité qui est un vrai sujet pour nos démocraties.
00:16 Ça revient d'ailleurs à ce que je disais sur le bon ordre, la manière d'apprendre l'histoire, l'instruction civique et autres.
00:21 Et donc c'est un continent cognitif, affectif, de construction du savoir qui est très important pour l'équilibre de nos enfants et de nos adolescents
00:29 et qui est très important aussi pour la solidité de nos démocraties.
00:33 Parce que si on a des adolescents et des futurs citoyens dont le rapport à la vérité a été mal bâti, en tout cas construit,
00:41 sur des réseaux sociaux où la différence entre la vérité et la contre-vérité n'était pas claire, bonjour la génération des complotistes.
00:48 Et même pour la génération d'avant, on n'a pas totalement réussi à le conjurer, on en a tous fait l'expérience.
00:55 Alors on a bien vu que tout ça, et en plus de ça les écrans évidemment, exposent aussi à des phénomènes de société qui font souffrir nos jeunes et nos ados.
01:03 On en a parlé pour le harcèlement scolaire et le e-harcèlement, qui continuent en ligne,
01:07 ou on en a parlé pour l'exposition à la pornographie et le mauvais usage des contenus.
01:16 Qu'est-ce qu'on a fait ces dernières années ? On a eu une approche d'abord par les contenus.
01:20 Donc on a défini au niveau européen la majorité à 15 ans, on a commencé à bâtir des textes, on a sanctionné, mis une responsabilité,
01:27 et l'Europe est aux avant-postes sur ce sujet, les autres continents ne font pas ça.
01:31 Mais on a mis une responsabilité des diffuseurs de contenus, on a accru justement la protection de nos enfants, etc.
01:39 On a interdit, je vous le rappelle, le portable au collège, c'était un de mes engagements de 2017.
01:43 On a mis en place, grâce à nos parlementaires, un contrôle parental sur les téléphones,
01:49 en demandant justement aux opérateurs et aux constructeurs de téléphones de mettre en place des forfaits des téléphones
01:55 qui ne permettent pas d'avoir accès à certains services, à supposer que les parents achètent bien un téléphone pour leurs adolescents
02:00 et ne leur prêtent pas le leur. Il n'y a pas de système parfait.
02:03 Là, ce que j'ai voulu avec cette commission, qui est installée et qui rendra ses travaux fin mars,
02:09 c'est d'abord établir un consensus scientifique, c'est-à-dire qu'on éclaire le débat public.
02:15 Qu'est-ce que la science nous dit sur les impacts sur nos enfants et nos adolescents des écrans ?
02:20 Deux, que de manière scientifique, les meilleurs experts nous disent, est-ce qu'il y a des règles de base ?
02:26 Peut-être vont-ils nous dire, avant tel âge, donc moi je ne peux pas vous répondre aujourd'hui, je vous le dis en toute humilité,
02:31 mais je veux que les meilleurs scientifiques, il y a à la fois des épidémiologistes, des cliniciens, des sociologues,
02:37 d'après toutes les disciplines, puissent nous dire, avant tel âge, ça n'est pas raisonnable de mettre un écran devant un enfant,
02:43 entre tel âge et tel âge, c'est pour tel usage, avec un maximum de tendeurs par jour, il faut accompagner les familles.
02:48 On a laissé beaucoup de familles sans mode d'emploi. C'est ça la réalité.
02:53 Et on a tous dit, c'est bien de développer les écrans dès le primaire pour accéder au savoir, mais on n'a pas mis de limites.
03:00 Et donc, il faut, un, qu'on ait un consensus scientifique, deux, que les scientifiques commencent à nous donner un mode d'emploi
03:04 et qu'on éclaire un débat public qui viendra ensuite. Et donc, il y aura peut-être des interdictions, il y aura peut-être des restrictions,
03:10 il y aura peut-être aussi des restrictions sur les contenus et il y aura, je l'espère, un bon usage de l'utilisation des écrans
03:16 pour toutes les raisons que je viens d'évoquer.
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