00:00 - Bonjour Madame Aubry, et je vous félicite pour votre score qui était assez important de 9,8 ce dimanche.
00:09 Et puis vous nous direz si le Front Populaire est établi ou s'il y a quelques divergences.
00:15 Je crois savoir par exemple que M. Glucksmann, c'est en tout cas une information que donnait l'opinion,
00:21 quitterait ce Front Populaire et ne serait pas sur la ligne de cette alliance qu'on peut imaginer des contraires
00:27 entre le Parti Socialiste, Europe Écologie Le Vert, le Parti Communiste, Place Publique, Génération S et la France Insoumise.
00:33 Notamment je crois qu'il y a une ou deux autres formations que j'ai dû oublier. Il est 11h12, à tout de suite.
00:38 - Vous écoutez Pascal Proévou d'11h à 13h sur Europe 1 et pour réagir, témoigner, vous composez ce numéro.
00:43 - Appelez Pascal Proévou au 01 80 20 39 21 Europe 1.
00:47 - Pascal Proévou d'11h à 13h sur Europe 1 et avec votre invité Pascal Manon Aubry, élue éléphie au Parlement européen.
00:53 - Madame Aubry, rebonjour. Où en est la coalition à 11h16, la possibilité de coalition du Front Populaire ?
01:04 Est-ce que notamment Place Publique et Raphaël Glucksmann sont toujours avec vous ?
01:09 - Écoutez, le principe de la coalition a été acté. Vous avez vu notre communiqué conjoint qui a été publié hier soir.
01:20 Maintenant les détails sont en train d'être finalisés. Le programme des 101er jours de gouvernement, la distribution de sa conscription,
01:28 mais je crois que l'essentiel est là. Et l'essentiel c'est un front commun, un front populaire de toutes les forces politiques progressistes de gauche
01:36 qui vont aussi construire sur les mobilisations sociales, sur les mobilisations syndicales, sur la jeunesse,
01:42 pour aller battre l'extrême droite et gagner. C'est le cap que l'on se fixe.
01:46 - J'entends ce que vous dites, mais vous ne répondez pas vraiment à ma question. Raphaël Glucksmann dit non au Front Populaire
01:52 aux conditions de la France Insoumise. Il n'y a pas eu d'accord, dit-il, et c'est ça qui m'intéresse.
01:56 Parce que Raphaël Glucksmann a fait 15 points ce week-end, donc forcément on a le sentiment que...
02:02 D'abord, il y a eu quand même des oppositions pendant la campagne, disons-le,
02:06 que Raphaël Glucksmann n'est pas sur la ligne de la France Insoumise, notamment sur ce qui se passe à Gaza,
02:13 puisque on rappelle que la France Insoumise n'a toujours pas dit une seule fois que le Hamas était une organisation terroriste
02:19 et que Raphaël Glucksmann n'est pas sur cette ligne-là. D'où mes questions !
02:23 - Alors, plusieurs choses. D'abord, sur les actes terroristes du 7 octobre, j'ai aucune difficulté à les qualifier comme tels.
02:30 La première chose. La deuxième chose... - Les actes terroristes, ce n'est pas la même chose que le Hamas, si vous me permettez.
02:34 - Non, non. Je n'ai pas de problème non plus à dire que le Hamas est une organisation terroriste.
02:38 Mais écoutez, Pascal Praud, là, ce n'est pas l'enjeu. Si on doit s'entendre sur ce qu'on fait sur le conflit israélo-palestinien,
02:43 je pense que toute la gauche parlera d'une même voie pour reconnaître l'état de Palestine.
02:46 - Mais ce n'est pas le cas. Ma question, c'est ce que s'est acté.
02:49 L'encourage de Raphaël Glucksmann, c'est une information de l'Opinion,
02:53 annonce son intention de quitter les discussions sur la constitution d'un front populaire dès ce mardi matin
02:58 s'il y a un alignement total sur les positions de l'AFI.
03:01 C'est ça, moi, qui m'intéresse !
03:03 - Vous inviterez Raphaël Glucksmann pour lui poser la question.
03:05 Moi, je peux vous dire que Place Publique participe toujours aux négociations et que je pense qu'il...
03:10 Excusez-moi, je n'ai plus de voix, comme vous le savez.
03:12 - Non, mais je vous en prie.
03:14 - Les nuits ont été courtes, voire inexistantes, ces derniers jours.
03:17 Mais je pense que nous devons tous faire face à nos responsabilités
03:22 et que ni Raphaël Glucksmann, ni Place Publique ne peuvent agir en diviseur.
03:27 Qu'il y a une attente colossale dans le pays pour une unité des forces de gauche.
03:33 Vous l'avez rappelé, c'est vrai, Raphaël Glucksmann a fait à peu près 3,5 millions de voix ce dimanche.
03:40 Nous avons fait pour notre part, et vous l'avez souligné,
03:43 un score qui était bien au-dessus des attentes des sondeurs notamment et de la campagne.
03:48 Et c'est un peu plus de 2,5 millions de voix.
03:51 Nous aurons besoin de toutes ces voix parce que si nous voulons gagner,
03:55 nous aurons besoin de toutes ces voix si nous voulons battre l'extrême droite.
03:58 Nous aurons besoin de toutes ces voix si on veut reprendre le pouvoir,
04:02 si l'on veut partager davantage les richesses, si l'on veut défendre les droits des femmes
04:06 auxquelles s'attaque systématiquement l'extrême droite.
04:09 Je pourrais vous faire une liste très longue, mais pour vous dire que les enjeux sont énormes.
04:12 - J'entends tout ce que vous dites, mais la difficulté c'est de trouver parfois des points communs.
04:16 Par exemple sur le nucléaire, vous êtes loin de penser tous la même chose.
04:20 C'est pas rien quand même.
04:22 - Ce que je veux dire c'est que sur le nucléaire, on est tous d'accord.
04:26 - Et je vous parle pas de ce que vous vous êtes balancé les uns les autres pendant la campagne électorale.
04:31 Ce que disait Jean-Luc Mélenchon notamment de Raphaël Glucksmann et de Place Publique
04:36 et de l'ancienne gauche, de ce qu'il appelle l'ancienne gauche et la gauche républicaine.
04:40 C'est ça qui peut paraître surprenant.
04:43 - Sur le nucléaire, on est tous d'accord pour investir massivement dans les énergies renouvelables.
04:49 Dès maintenant, le nucléaire étant une énergie de transition.
04:52 Le parti socialiste, dans leur positionnement à leur précédent congrès,
04:59 ils avaient l'objectif de 100% d'énergie renouvelable.
05:02 Mais on peut prendre si vous voulez chaque sujet séparé les uns des autres
05:06 et je pourrais vous répondre comme je suis en train de le faire.
05:08 Mais je pense qu'il ne faut pas perdre de vue le souffle politique de ce que nous sommes en train de construire.
05:14 J'ai 34 ans, je n'ai pas envie que l'extrême droite arrive au pouvoir dans notre pays.
05:19 Et je vous l'ai dit, ce qui nous rassemble est 100 000 fois plus fort que ce qui nous divise.
05:25 Et oui, quand il s'agira de taxer les super profits et les grandes fortunes,
05:29 quand il s'agira d'augmenter le salaire minimum,
05:32 quand il s'agira de réduire les écarts de salaire au sein des entreprises,
05:35 quand il s'agira de protéger notre industrie, notre agriculture, la concurrence déloyale,
05:40 et bien oui, la gauche peut parler d'une même voix.
05:43 Et je suis sûre, Pascal, que je suis déjà venue à votre antenne dire à quel point,
05:47 pour moi, la NUPES avait été importante,
05:50 à quel point nous aurions dû faire une liste commune pour les élections européennes.
05:54 Et bien écoutez, ce que nous n'avons pas réussi à faire pour les élections européennes,
05:58 tant mieux si nous arrivons à le faire pour les élections électorales.
06:01 Emmanuel Macron voulait nous diviser, en réalité il nous a rassemblés et il a échoué.
06:07 - Bon, le mot "extrême droite" que vous employez aujourd'hui,
06:11 force est de constater que les électeurs ne l'analysent pas comme vous.
06:16 Il y a près de 40% des gens qui ont voté ce dimanche pour Reconquête
06:21 ou pour le Rassemblement National, que vous qualifiez vous-même d'extrême droite.
06:25 Aujourd'hui, ce barrage républicain, ce chiffon rouge qui était agité dans les années 80,
06:32 manifestement, l'électeur ne le voit pas de la même manière.
06:36 Il ne pense pas que Jordan Bardella soit un fasciste,
06:40 ou un homme d'extrême droite, ni Marine Le Pen.
06:44 Et ça se traduit d'ailleurs dans les urnes.
06:47 Malgré tout, vous agitez ce chiffon rouge.
06:50 Et vous pensez qu'il est encore efficace ?
06:53 - Écoutez, je pense qu'il y a des millions de gens dans le pays,
06:57 qui sont apeurés par l'idée de l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir.
07:03 Je pense aux personnes LGBT, je pense aux personnes racisées,
07:07 je pense aux descendants d'exilés dont le Rassemblement National en a fait de la chair à canot électoral.
07:12 En revanche, là où je suis d'accord avec vous, c'est qu'il ne suffit plus de dire ça pour pouvoir l'emporter.
07:18 Et que notre famille politique de gauche doit mener la bataille aussi sur le terrain social vis-à-vis de l'extrême droite.
07:26 C'est ce que j'ai essayé aussi de faire dans cette campagne des élections européennes,
07:30 pour déminter, si vous le voulez, l'arnaque sociale du Rassemblement National.
07:34 Quand il s'agit de voter pour la hausse du salaire minimum, pour la hausse du SMIC,
07:38 quand il s'agit de voter pour la taxation des plus grandes fortunes ou la taxation des super profits,
07:43 le Rassemblement National a systématiquement voté aux côtés des macronistes.
07:47 Pardon, mais je veux le dire aux gens qui nous écoutent, et en particulier aux gens qui sont dans la galère.
07:51 Et je sais qu'il y en a beaucoup qui écoutent Europe 1 à l'heure actuelle.
07:54 Des gens qui se privent en leur fin de mois, des gens qui n'arrivent pas à payer,
07:58 je ne sais pas, juste un petit plaisir dans la vie du quotidien, une glace pour les enfants, un ticket de cinéma pour les enfants.
08:05 Des gens qui vivent et qui subissent la vie chère. Je veux vraiment m'adresser à eux et je veux vous dire,
08:10 ne vous faites pas avoir, ne vous faites pas arnaquer.
08:13 - C'est entendu, mais le grand paradoxe, c'est que les classes les plus populaires vous ont quitté,
08:18 et ont quitté souvent la gauche. Je lisais hier, vous l'avez peut-être lu d'ailleurs,
08:22 l'analyse de Christophe Guyouli dans Le Figaro, et que dit-il sur les gens qui votent pour vous ?
08:27 Il dit "La France Insoumise cible la banlieue et plus largement les musulmans,
08:32 elle et fille attire surtout des jeunes diplômés, et comme l'a montré l'historien Georges Bensoussan,
08:37 un prolétariat intellectuel, médiatique et du monde du spectacle.
08:41 La majorité de l'électorat musulman qui fournit les gros bataillons d'abstentionnistes
08:46 reste largement indifférente à sa théorie que sa stratégie est une impasse."
08:50 C'est l'analyse de Monsieur Guyouli, et c'est vrai que vous n'avez pas les classes populaires,
08:54 et je voyais hier les jeunes gens qui étaient dans la rue avec vous,
08:57 c'est vrai qu'ils correspondent assez bien à ces jeunes diplômés qu'on voit parfois à Sciences Po,
09:03 qu'on voit parfois à l'université bien sûr, et ce prolétariat intellectuel, médiatique,
09:08 on rencontre chez les journalistes, on rencontre chez des comédiens,
09:11 on rencontre chez des jeunes professeurs, c'est vrai que c'est plus cela que les classes populaires,
09:17 je dirais traditionnelles, Madame Aubry.
09:20 - Écoutez, je crois que Pascal Praud vous êtes sans doute... - Vous n'avez pas les ouvriers en clair.
09:23 - Attendez, je crois que Pascal Praud vous êtes sans doute la preuve vivante
09:27 que tous les journalistes ne soutiennent pas notre camp politique.
09:31 - Mais j'ai la chance de ne pas appartenir au prolétariat intellectuel, si vous me permettez,
09:36 et c'est une chance, mais c'est intéressant cette analyse.
09:39 - Vous faites partie d'une classe que vous avez identifiée qui est des journalistes, pardon pour la boutade,
09:43 mais ce que je veux vous dire derrière, c'est que c'est un peu plus nuancé que ce que vous présentez.
09:48 - Non mais c'est M. Julie, c'est un analyste qui avait fait, qui a beaucoup réfléchi là-dessus,
09:53 Christophe Julie, je vous demande ce que vous en pensez.
09:57 Je souligne que vous n'avez pas les ouvriers, vous n'avez pas forcément les employés et les ouvriers,
10:01 c'est ça que je veux dire.
10:02 - Alors, il y a une nuance entre les ouvriers et les employés.
10:05 Chez les ouvriers, il est vrai que le rassemblement national est très en tête,
10:09 c'est plus nuancé chez les employés, et à gauche, la France insoumise
10:13 et la formation politique qui est la plus forte chez les employés.
10:16 Mais là où vous avez raison, c'est qu'il faut mener la bataille sur le terrain social.
10:22 Et c'est pour ça que moi je me bats pour que cette gauche reprenne ce réempare de la question sociale,
10:27 que c'est notre ADN politique, c'est notre histoire politique,
10:30 pour dire aux ouvriers du pays, vous êtes en train de vous faire arnaquer
10:35 par le rassemblement national sur les questions sociales, pardon,
10:38 mais ce sera exactement la même chose qu'Emmanuel Macron.
10:41 - Eh bien merci Madame... Merci beaucoup.
10:44 - Merci, au plaisir. - Madame Aubry, alors j'imagine que vous n'avez pas eu le temps
10:47 de faire votre activité favorite, qui est le match de Waterpolo ce week-end.
10:51 - Je reprends l'entraînement cette semaine, vous voyez, même sans joie et même fatiguée.
10:56 - Parce que moi ça m'a beaucoup impressionné, je dis à tout le monde que vous jouez au Waterpolo.
11:00 Et puis ce que j'aime bien avec vous lorsqu'on échange, c'est que vous pouvez donner un...
11:04 Voilà, on peut échanger avec des idées peut-être qui sont différentes,
11:08 moi je ne suis là que pour poser des questions, comme vous le savez,
11:10 mais en tout cas, je le souligne à chaque fois, dans la forme, ça permet un dialogue
11:14 que je trouve agréable. - Merci. - Et c'est tant mieux.
11:18 - Merci en tout cas, et j'attends avec grande impatience notre match de Waterpolo ensemble,
11:23 vous me l'avez promis la dernière fois, mais rendez-vous et puis...
11:26 - Je pense que vous êtes infiniment plus forte et que vous avez plus de souffle
11:29 que moi qui suis déjà sur le tour de Corot, vous savez.
11:32 - Vous avez acheté le maillot de bain ? Vous avez acheté le maillot de bain, le bonnet de bain ?
11:35 - Oui, c'est parfait, ça, ça serait bien.
11:37 - Bon, je vais vous donner une information, Madame Aubry, qui est assez étonnante,
11:40 d'ailleurs la conférence de presse d'Emmanuel Macron est reportée à mercredi,
11:43 c'est quand même extraordinaire, je vous assure, il y a des choses qui nous étonnent.
11:46 - C'est la débandade ! - Bah écoutez, je trouve ça quand même extraordinaire.
11:50 C'est-à-dire que tu as une conférence de presse du président de la République
11:53 qui est annoncée le mardi après-midi, à l'arrivée, elle sera mercredi après-midi.
11:57 Il y a quelque chose qui peut étonner, disons-le.
11:59 Merci Madame Aubry, bonne journée. - Merci, à très bientôt.
12:02 - 11h27, et que vouliez-vous dire, Monsieur Guinec, sur le maillot de bain ?
12:10 Vous avez déjà joué au water polo ? - Non, jamais, mais vous non plus, je ne pense pas.
12:14 - Ah, vous vous rigolez ? Moi j'ai joué régulièrement, mais pas en compétition.
12:18 Mais bien sûr que si, dans une piscine, parfois tu joues,
12:20 vous n'avez pas de piscine dans votre propriété.
12:23 - Je sais que vous, vous avez un bassin olympique à Paris, mais...
12:26 Non, non, non, vous avez déjà joué au water polo, vous ?
12:29 - Comme ça, on joue, ça peut arriver, dans une piscine, dans un club de vacances,
12:33 il y a deux buts d'un côté, et puis il y a un petit ballon au milieu, mais c'est pas selon les règles.
12:39 - Je vous imagine bien avec une petite charlotte de bain, comme ça.
12:41 - J'ai pas de charlotte de bain, soyez beau, soyez poli avec moi, soyez aimable.
12:47 - Pardon, Monsieur.
12:49 - Monsieur, c'est bien. 11h28, à tout de suite.
12:51 - 0180 20 39 21, pour réagir avec Pascal Proudhon, 11h à 13h, sur Europe 1.
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