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  • il y a 2 ans

Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour. Ce soir, l'attaque du fourgon pénitentiaire dans l'Eure.
Retrouvez "Les débats d'Europe 1 Soir" sur : http://www.europe1.fr/emissions/l-invite-actu

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Transcription
00:00 Europe 1 Soir. 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04 Et l'information de ce mardi, c'est bien sûr cette attaque meurtrière d'un fourgon pénitentiaire
00:09 avec l'évasion à la clé de Mohamed Amras, trafiquant de drogue connu dans la région de Marseille
00:15 qui faisait son trafic dans la région Normandie avec ses deux agents pénitentiaires tués,
00:22 deux blessés avec pronostic vital engagé.
00:25 On va en parler dans un instant avec Gilles-William Goldendael et Olivier Dartigolle,
00:29 mais d'abord, bonsoir Damien Luce.
00:31 Bonsoir.
00:32 Merci d'être en direct, vous êtes secrétaire régional du syndicat FO Justice.
00:36 C'est justement cette région-là que vous connaissez bien, c'est là où vous êtes,
00:42 et c'est de là que provenaient ces deux agents et ces deux autres qui sont toujours,
00:46 rappelons-le, entre la vie et la mort, leur et bien sûr au recueillement.
00:50 Oui, tout à fait, on est tous choqués par les événements d'aujourd'hui.
00:56 C'est horrible.
00:59 Tristesse ou colère ?
01:01 Tristesse, et la colère commence à arriver.
01:07 Vous êtes en colère contre quoi Damien Luce ?
01:10 En colère contre quoi ? En colère parce que deux collègues sont vaccinés.
01:16 Ce n'est pas normal, ce n'est pas logique.
01:19 En colère parce qu'il va y avoir énormément de tristesse et de souffrance de la part des familles.
01:25 C'est révoltant.
01:27 Ces deux agents-là, vous les connaissiez ?
01:30 Vous savez, la pénitentiaire c'est une petite famille.
01:33 On se croise souvent sur les établissements et,
01:38 de par leur mission, c'est des collègues qui vont sur plusieurs établissements.
01:42 On a souvent croisé les collègues.
01:44 Et puis même si je ne les connaissais pas,
01:47 j'ai une pensée vraiment émue pour leurs amis, pour les collègues qui bossent avec eux.
01:54 La pénitentiaire est en deuil aujourd'hui.
01:58 L'un d'eux laisse bien sûr sa femme et ses enfants orphelins.
02:02 L'autre, sa femme était enceinte, il me semble, d'un bébé.
02:06 Je ne souhaite pas communiquer sur ces éléments-là.
02:11 Ce ne serait pas décent.
02:13 C'est le ministre de la Justice qui a communiqué sur eux.
02:16 Je comprends les questions qu'on peut poser.
02:20 Je l'entends. Ce n'est pas le moment.
02:24 Le moment c'est vraiment d'apporter le soutien aux collègues, le soutien aux familles.
02:30 Je pense que ce sont des moments où il faut réfléchir,
02:34 avoir des réflexions et prendre la mesure de la gravité de ce qui s'est passé.
02:39 Damien Luce, juste pour comprendre, parce que les auditeurs ne connaissent absolument pas
02:43 les risques de votre métier, c'est quoi votre vie ?
02:46 Est-ce que vous avez eu de la peur au ventre lors des escortes, lors de ce genre d'opération qui a eu lieu aujourd'hui ?
02:51 C'est un métier qui n'est pas anodin.
02:55 Je vous rejoins sur ce métier, vraiment pas anodin.
02:59 On a des gens qui sont extrêmement courageux dans notre métier.
03:02 On a un beau métier, on a des gens courageux.
03:04 Et on a des gens qui veulent assurer la continuité du service public.
03:08 Mais quand on subit un cas d'attaque,
03:12 quand on voit les dommages collatéraux que ça va apporter,
03:17 on ne peut pas rester insensible à tout ça.
03:19 Donc on est surtout aujourd'hui clairement en deuil.
03:25 Permettez-moi au nom d'Europe 1 de vous apporter notre soutien,
03:29 au nom de toute la rédaction, à vous tous.
03:32 Merci beaucoup Damien Luce, secrétaire régional du syndicat FO Justice,
03:37 Gilles-William Godelendael, on est tous émus par ce qui vient d'arriver aujourd'hui.
03:42 Oui, je suis ému mais je suis aussi encoléré.
03:46 L'émotion n'en doit certainement pas empêcher la colère.
03:50 En réalité, je crois que c'est le premier ministre qui dit que
03:55 c'est la République qui est attaquée mais c'est la France qui est attaquée.
03:59 "Le pays est en deuil", a dit Eric Dupond-Moretti.
04:01 Oui, mais oui, mais il est en deuil.
04:03 Mais enfin vous savez, chaque jour nous apporte maintenant notre lot de deuil.
04:09 Et puis vous savez, on va oublier parce qu'on va passer, c'est terrible à dire,
04:14 à une nouvelle agression.
04:15 C'est quoi ça ? Il y a d'une part le mépris total de la vie humaine,
04:21 total, l'indifférence, peut-être même un contentement, allez savoir.
04:25 Et aussi une impression, malheureusement peut-être légitime, d'impunité.
04:31 Il n'y a pas de crainte, il n'y a réellement pas de crainte.
04:35 Je vous sais gré d'avoir prononcé le nom du détenu en fuite, Mohamed Amra,
04:44 parce que pour des raisons qui échappent à mon entendement,
04:47 on n'entend pas son nom sur l'audiovisuel public.
04:52 Allez savoir pourquoi.
04:54 Olivier Dardigolles.
04:56 Bon, la première pensée c'est bien sûr pour les familles et pour les agents de la pénitentiaire.
05:00 Je viens d'écouter l'un d'entre eux.
05:03 Un corps de l'État qui participe à l'ordre républicain, à notre sécurité collective,
05:08 peut considérer, dont il est question sur certains moments de l'actualité,
05:13 lorsqu'on évoque la surpopulation carcérale et les conditions de travail pour ces agents.
05:17 Alors bien sûr, ce n'est peut-être pas le jour,
05:23 mais les jours qui suivront, il y a des questions très importantes qui sont d'ores et déjà pointées,
05:32 cette fin de journée est très douloureuse.
05:34 Elles sont de deux ordres.
05:37 J'ai lu avec intérêt les revendications de l'intersyndicale de la pénitentiaire,
05:45 qui pose des éléments de bon sens.
05:49 La réduction drastique des extractions.
05:51 Est-ce que la visioconférence sur certains moments,
05:54 le fait que des magistrats puissent se déplacer,
05:57 limiter le risque, le parc de voitures est totalement inadapté
06:01 parce qu'on a en face de nous une situation de guerre,
06:04 avec une ultra-violence, une sauvagerie, une barbarie,
06:07 et une puissance avec des armes à feu de guerre.
06:10 Oui, des armes de guerre face à des armes de poing.
06:12 Et puis, ces concomitants au dépôt par les sénateurs
06:16 d'un rapport dont il faudra ne pas le mettre dans un placard,
06:20 sur le narcotrafic et le narcoterrorisme lié au trafic des armes.
06:27 Et nous serons avec Jérôme Durin tout à l'heure à l'entourdisse, justement.
06:30 Très bien, qui est le président de cette commission, ou le rapporteur.
06:36 En tout cas, il donne une série de préconisations très précises
06:40 qu'il faudra mettre en oeuvre.
06:43 Le plan gouvernemental qui est annoncé, dont ils ont pu connaître les premiers éléments,
06:49 est totalement famélique, pour reprendre l'expression justement de l'un des deux sénateurs.
06:54 Nous ne sommes pas au niveau.
06:56 Nous sommes dans un climat de guerre face à ces narcotrafiquants.
07:01 C'est un chiffre d'affaires de 3 à 6 milliards.
07:03 On ne leur a pris que seulement 100 millions saisis l'an dernier.
07:07 Il faut bien donc voir qu'on est sur deux échelles totalement différentes.
07:11 Oui, à ce stade-là, je ne peux pas m'empêcher de dire,
07:15 parce que l'analyse de mon ami Dartigold est juste, mais je la trouve un peu courte,
07:19 si on parle de narcotrafiquants, on peut difficilement découpler ça du problème de l'immigration.
07:25 Quand je vois une madame Ayer dire qu'elle ne fait pas, contrairement à madame Bardella,
07:30 qu'elle ne fait pas de lien entre l'immigration et la délinquance,
07:35 je crois qu'elle ne fait pas de lien avec la réalité.
07:37 J'ai d'accord, pour aller taper les narcotrafiquants sur le haut du spectre,
07:43 sur les chemins de trafic financier, bancaire.
07:49 Tous les spécialistes du sujet nous disent que c'est le nerf de la guerre.
07:53 Dans un instant, je rajoute juste que l'intersyndical appelle à un blocage des établissements pénitentiaires demain,
07:59 et le ministre de la Justice doit justement rencontrer cet intersyndical.
08:03 Dans un instant, le rappel de l'actualité et on continue évidemment le sujet.
08:06 A tout de suite sur ORBA !
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