00:00 [Musique]
00:06 Smart Ideas et la bonne idée du jour, elle est signée en Tony Cailliau.
00:09 Bonjour.
00:10 Bonjour Thomas.
00:10 Bienvenue, vous êtes le cofondateur, le directeur général de Fonto De Vivo, créé en 2017, avec quelle idée ?
00:16 Avec l'idée de pouvoir donner à chaque famille qui vit un désastre humanitaire,
00:20 un système de purification d'eau pour pouvoir survivre et vivre dans l'autonomie et la dignité dans ces moments-là,
00:26 au travers des ONG qui ont été nos partenaires et avec qui on a co-développé ce produit,
00:30 donc les grandes ONG d'urgence française, Médecins Sans Frontières, La Croix-Rouge,
00:33 Handicap International ou Solidarité Internationale.
00:36 Et ça, quand il y a un événement, une guerre, un tremblement de terre ou un désastre climatique,
00:43 finalement la première chose qui tombe par terre ou qui devient un problème, c'est l'accès à l'eau potable.
00:48 Et dans ce cas-là, grâce à notre système, notre petit système familial,
00:52 les ONG vont pouvoir doter les familles d'un récipient et faire en sorte que les gens soient autonomes.
00:58 Alors ça marche comment ? Vous avez déposé, ça s'appelle l'ORISA, c'est ça ?
01:01 Exactement, oui.
01:01 C'est quoi ? C'est un purificateur d'eau, j'imagine, mais comment ça marche ?
01:05 C'est ça. Donc c'est un système, c'est simple en fait.
01:07 Les ONG vont donner un seau, vous mettez notre système à l'intérieur,
01:09 qui est grand comme une bouteille de 2 litres d'eau, on va dire, qui fait 2 kilos.
01:13 Vous l'introduisez, vous prenez de l'eau de surface, que ce soit d'une rivière, d'un puits, d'un lac, qui peut être contaminé.
01:19 Et là, par simple pompage mécanique, vous allez obliger l'eau à passer au travers d'une membrane d'ultrafiltration
01:24 qui va retenir tout ce qui est bactériologique, donc virus, bactéries, protozoaires,
01:28 et délivrer 2 à 3 000 litres d'eau purifiée instantanément, par minute.
01:32 Et il a fallu du temps de recherche et développement ? C'est une technologie qui existait déjà.
01:38 Comment vous êtes arrivé entre l'idée de départ, le principe et puis la réalisation ?
01:43 Oui, il a fallu 2 années de recherche et développement.
01:46 La technologie en elle-même, une technologie qui existe depuis longtemps, qui est éprouvée,
01:49 c'est avec ça qu'on fait de l'eau potable à Paris notamment.
01:53 Toute la difficulté était d'en faire un système low-tech, introduire cette haute technologie de filtration,
01:57 un système low-tech qui soit durable, qui puisse être réparable dans le temps et recyclable aussi.
02:02 Pour que quand on doit une famille, elle n'ait pas à changer la cartouche de filtration dans les 2 mois, 3 mois,
02:06 mais plutôt que ça dure au moins 2 ans pour elle.
02:09 Donc voilà, 2 ans de R&D avec l'appui de bureaux d'études, d'industriels,
02:14 nous on est de Nantes, donc d'industriel Vendée 1 et puis de laboratoire de recherche de l'université de Nantes.
02:18 Et donc c'est un système qui fonctionne sans électricité évidemment.
02:22 On voit bien le cahier des charges. D'ailleurs, c'était un cahier des charges ?
02:25 Exactement.
02:25 Que les ONG vous ont donné en quelque sorte ?
02:28 C'est ça, il y avait un cahier des charges, on va dire fonctionnel, et puis il y avait ce cahier des charges technologique
02:31 parce qu'il fallait que ça atteigne les performances de filtration qui sont recommandées par l'Organisation Mondiale de la Santé.
02:36 Donc qu'on puisse éliminer les virus et les bactéries, donc le choléra ou l'hépatite E.
02:40 Mais après en effet, il y avait un cahier des charges aussi ergonomique et fonctionnel.
02:43 Parce que comme vous le donnez à n'importe quelle famille, on va dire dans le monde, que ce soit en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie,
02:48 il faut que les gens de manière instinctive puissent savoir s'en servir et que ce ne soit pas une corvée pour elles.
02:52 Donc en effet, c'est 100% mécanique et il y a juste à pomper l'huile de coude et c'est ce qui fait le succès du produit
02:59 parce qu'il est assez versatile et on peut l'emmener en fait aux quatre coins du monde.
03:03 Qui est utilisé où aujourd'hui déjà et par combien de, je ne sais pas, des dizaines de milliers peut-être de familles ?
03:09 Oui, on est même sur des centaines de milliers de personnes qui ont déjà été impactées
03:12 puisque à date on a déployé plus de 20 000 purificateurs.
03:14 Alors les ONG d'urgence sur les théâtres d'urgence, mais en fait c'est aussi un produit,
03:19 vu qu'il y a 2 milliards de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable dans le monde,
03:22 c'est aussi un produit qui peut servir au gouvernement des pays qui sont en train de se développer et qui veulent réduire cette vraie.
03:28 C'est un des objectifs de développement durable des Nations Unies.
03:30 Il faut que d'ici à 2030, tout le monde ait accès à l'eau potable.
03:33 Donc ce ne sera pas par des réseaux, des systèmes communautaires qu'on réussira à atteindre les gens qui sont dans l'hyper ruralité.
03:39 Donc c'est utilisé au Liban en ce moment parce qu'il y a une vraie crise choléra, au Sud-Soudan, au Burkina Faso,
03:44 parce qu'on est sur une ville où il y a des groupes rebelles qui ont mis par terre les infrastructures d'eau
03:49 et il y a 100 000 personnes qui sont impactées, donc ils ont des purificateurs.
03:53 Mais en Colombie, le gouvernement a doté tout un département, que ce soit les familles indigènes, les écoles, les centres de santé,
03:59 un département très rural, pour réduire cette brèche de l'accès à l'eau potable.
04:03 Est-ce que vos clients sont forcément des ONG ou parfois directement des gouvernements ou des collectivités locales ?
04:11 Exactement, c'est très souvent des ONG parce que c'est vraiment un produit qui a été conçu pour elles et avec le secteur humanitaire.
04:17 Mais ça peut être aussi directement des entreprises qui ont une fondation ou qui veulent faire de l'impact social et environnemental.
04:23 Donc on a Capgemini, par exemple, qui nous soutient depuis le début pour doter certains programmes d'accès à l'eau.
04:28 L'année dernière, c'était à Mayotte. On a tous entendu parler de la crise à Mayotte.
04:32 Et ça peut être des gouvernements ou les Nations Unies, comme l'UNICEF qui vient nous en acheter pour le Liban au travers d'appels d'offres.
04:41 Et enfin, ça peut être des particuliers ou des toutes petites associations.
04:44 Comme ça ne nécessite pas d'être un expert de l'eau et du traitement de l'eau, il y a beaucoup de petites associations qui nous l'achètent
04:50 pour aller eux-mêmes équiper un village, une école, un orphelinat et le distribuer.
04:55 Merci beaucoup, Anthony Cailliau. Bon vent à FONTO de Vivo. C'est de l'espéranto, c'est ça ?
05:00 C'est ça, ça veut dire fontaine de vie et ça est universel.
05:03 Merci beaucoup. Je remercie très rapidement Cyrielle Chazal, Angel Jean-Gérard et Héloïse Merlin. Salut à tous.
05:09 (Générique)
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