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00:17 Les hommes qui vivent là, c'est à vertu d'en maîtriser le niveau de l'eau.
00:25 C'est de manière très contemporaine, c'est vraiment une question d'actualité.
00:30 Entre la simulation marine ou les innovations continentales, on est en plein dans le sujet.
00:33 Ce qui nous intéresse par rapport à notre sujet du jour, c'est que ce delta est composé de sols sableux et limonneux.
00:39 Ils sont intéressants pour l'agriculture et en particulier pour une certaine racine, la racine de Chicorée,
00:44 qui au XXe siècle s'est vraiment installée et aujourd'hui la région d'Audruc est le principal.
00:49 Ça déborde un peu sur le Dunkerquois, mais est le terroir de production de la racine de Chicorée en région et en France.
00:56 Ce qui fait qu'aujourd'hui, on n'a pas honte de proposer un projet qui a été construit avec l'équipe de l'Action nationale cette année.
01:04 De la mer à la mer, tout articulé autour de nos fameuses sécheries et de l'histoire de pourquoi elles sont sur le territoire
01:10 et de manière contemporaine, comment ça se fait ici.
01:13 Cette histoire qui est née il y a 20 ans, je vous propose d'essayer d'en découvrir quelques éléments.
01:19 Premier élément, on se remet dans le contexte fin 1990, début 2000.
01:25 On a cette réflexion sur le projet de territoire qui est ouverte aux habitants.
01:29 Les habitants répondent présent et dans ce qu'on entend à l'époque, c'est ça.
01:33 Il n'y a rien ici.
01:34 Or, c'est peut-être pas tout à fait vrai.
01:37 Certains d'entre eux se sont mobilisés pour parcourir, regarder objectivement ce qu'il y avait sur le territoire
01:42 et ils ont notamment vu ça.
01:44 Ce sont des sécheries Chicorée.
01:45 Il y en a eu jusqu'à 50 sur le secteur.
01:47 On les appelle les cathédrales de la plaine.
01:49 Sur un territoire de plat, forcément, ce genre de bâtiments verticaux apparaît fortement.
01:53 Et donc on a eu, à l'occasion d'un repos, d'un banquet, en 2001,
01:59 juste après que les tours de New York se soient effondrées,
02:02 nous il y a eu un moment magique où ce soir-là, on a pris conscience,
02:05 il y a eu une conscience collective qui avait immanquablement, entre guillemets,
02:09 un truc à faire autour de la question de la Chicorée.
02:11 Et c'est parti de là.
02:13 L'histoire s'est écrite au fil des années.
02:16 Cette histoire, elle s'intéresse, c'est une aventure locale, mais c'est une aventure aussi en Flandre.
02:21 Dans le sens où l'histoire de la Chicorée, telle que nous on l'a vécue,
02:25 elle est partagée avec nos voisins belges.
02:27 Les sécheries étaient des propriétés d'agriculteurs de la région d'Audruc,
02:30 mais les personnes qui les faisaient tourner, c'était des saisonniers qui venaient de la région de Roulers et de Bruges.
02:35 Et on a aujourd'hui des projets interreg, une dynamique commune de valorisation de cette histoire.
02:41 Si vous vous en doutiez, moi j'ai la réponse, non.
02:43 C'est vraiment intéressant d'aborder la question de l'alimentation.
02:47 Si vous doutiez que la Chicorée c'est uniquement pour les grains de café que mamie mettait sur les grains de Chicorée qu'elle met, non.
02:54 La Chicorée, ça se cuisine. Et on en a la preuve.
02:57 Depuis 20 ans, il y a un mouvement de créativité culinaire qui est porté par les artisans de bouche du territoire,
03:03 de la restauration, mais aussi des boulangers, des pâtissiers.
03:07 On a un pâtissier de sur Audruc, sous sa vitrine, c'est l'artisan de la Chicorée.
03:11 Ce mouvement, on le valorise aussi, il est porté aussi vers les habitants.
03:16 On a un concours cette année qui est ouvert aux familles, aux gamins, aux jeunes.
03:21 Ça va de la section pré-pro du collège d'Audruc au lycée hôtelier de Lille,
03:25 qui participe à la création d'un gâteau de voyage, une recette de gâteau de voyage.
03:28 Ce sont des retombées économiques très concrètes pour le monde de la restauration ou les artisans de bouche.
03:34 Un pâtissier qui a créé un gâteau à base de Chicorée,
03:38 au moment de la fête, ça a été jusque l'équivalent de la Gâte des Rois en termes de business.
03:42 Donc c'est loin d'être négligeable.
03:45 Deuxième élément, c'est que dans cette histoire,
03:48 moi je crois beaucoup que la fête et la culture, l'artiste ont leur place.
03:55 Dans le mouvement qu'on a connu, qui a été vécu,
03:58 cette dimension a été quand même énormément fédératrice et génère des retombées à deux titres.
04:03 Un, en termes d'image, il n'y a rien ici.
04:05 On a construit quelque chose autour de ça.
04:07 Et de deux, c'est plus discret, mais c'est plus important encore,
04:11 c'est que ça a créé du lien entre les habitants.
04:13 Territoire, paix, urbain, le fameux vivre ensemble, comment on fait ?
04:16 Là, on a réussi des choses très concrètes en mélangeant des générations,
04:20 des habitants qui étaient natifs d'ici, des personnes qui venaient d'arriver,
04:23 des gens de villages différents.
04:27 Il y a une vraie dynamique qui s'est construite.
04:29 On enroutire aussi des bénéfices dans la durée,
04:32 dans le sens où, par exemple, un groupe de personnes issues de ce mouvement
04:35 porte aujourd'hui une association qui gère et qui anime La Grange,
04:38 un espace culturel au sein de l'écopole alimentaire qui est sur le territoire.
04:42 Tout ça pour vous dire, est-ce que c'est un beau roman,
04:44 est-ce que c'est une belle histoire ? Oui.
04:46 Même Michel Fugain aurait pu le dire.
04:48 Pour nous, c'est l'histoire de la valorisation d'une ressource.
04:51 On est parti de cette modeste racine,
04:53 de deux bâtiments qui étaient abandonnés, fermés,
04:55 et puis personne n'en parlait,
04:57 pour un produit qui n'est pas, a priori, spectaculaire,
04:59 qui n'est pas un bon vin, qui n'est pas un mouton présalé.
05:02 Et pourtant, on a un vrai mouvement de création
05:05 de valeur sociale, humaine et économique sur ce territoire,
05:08 à partir d'une ressource alimentaire et d'un fait historique local.
05:12 Deuxième élément, c'est que c'est possible
05:14 parce qu'on a des acteurs qui sont vraiment engagés.
05:16 C'est en particulier vrai avec la PME Chicorée du Nord,
05:19 qui est à Ouaplage, qui est l'autre torréfacteur de Chicorée.
05:22 C'est marginal par rapport au volume produit par les établissements de l'euro.
05:25 Néanmoins, c'est une réalité.
05:27 C'est une entreprise.
05:29 Aïez a repris l'entreprise.
05:31 C'est la troisième génération qui porte avec son compagnon.
05:33 Ils ont un objectif, c'est de rajeunir clairement l'image de la Chicorée.
05:36 Ces deux devances, ils se battent pour exister.
05:39 Ils ont des partenariats avec nous,
05:41 mais aussi avec le monde de la restauration en général.
05:43 Florent Laden, par exemple, travaille beaucoup le produit Chicorée
05:46 à partir de, notamment, la Chicorée du Temps.
05:49 Pour nous, c'est quand même cette dimension
05:51 partenariat, collectivité, association, entreprise,
05:53 c'est une des clés aussi.
05:55 Dernier élément, c'est que ça a été possible
05:57 parce que des vrais gens se sont impliqués.
06:01 Vous vous souvenez, début des années 90,
06:03 le mouvement de création, de projet de territoire ?
06:06 Aujourd'hui, ça s'appelle l'Association des Arts et des Arts Hommes.
06:08 20 ans plus tard, l'association est là,
06:10 elle est structurée, elle porte plein de choses.
06:12 L'accueil à la sécherie, la dimension patrimoniale,
06:15 la dimension organisation de la fête,
06:17 c'est ce collectif d'habitants qui le porte encore et toujours aujourd'hui.
06:21 Pour nous, ça c'est quand même une énergie remarquable
06:24 dans la durée, et en plus,
06:26 elle est relativement bien décarbonée,
06:28 c'est quand même intéressant.
06:30 Dernier point, le PAT, pour nous,
06:33 ce n'est pas une fin en soi.
06:36 L'histoire de la valorisation et de la présomption de l'alimentation,
06:39 ça fait 20 ans qu'on le traite dans l'action de la collectivité.
06:42 Ça a démarré par des choses comme ça,
06:44 ça a démarré par une logique de valorisation
06:47 des savoir-faire alimentaires, qu'ils soient fermiers,
06:49 ou artisanaux, ou de restauration,
06:52 on le porte depuis 20 ans.
06:54 Si vous voulez retrouver ce produit, vous pouvez aller le chercher
06:56 sur la plateforme cetissi.com,
06:58 qui est un dernier outil dans la mouvemence des places de marché,
07:02 qui s'inscrit dans cette dynamique-là.
07:04 Le PAT n'a pas été pensé à T0,
07:08 on n'a pas fait une grosse étude.
07:10 On a une série de capes qu'on essaye de tenir,
07:13 et il y a une construction,
07:15 plutôt empirique, j'avoue,
07:17 mais qui permet, parce qu'on est toujours en veille et en éveil,
07:21 de saisir des opportunités,
07:23 de faire des croisements entre des choses.
07:25 La taille de la collectivité, relativement petite,
07:28 fait qu'on peut assez facilement faire du transversal.
07:31 Tous les services, ou presque, de la collectivité,
07:35 que ce soit la CCRA ou son CIS,
07:37 prennent en compte les sujets alimentaires.
07:39 C'est en cela que la dynamique diffuse,
07:41 par rapport à Chicoré, c'est pas mal non plus,
07:43 elle diffuse assez largement,
07:45 et c'est comme ça qu'on avance.
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