00:00 [Générique]
00:09 La baisse des taux directeurs peut attendre.
00:12 L'inflation reflue, mais de moins en moins vite.
00:16 Surtout, les bourses se sont envolées.
00:18 En d'autres termes, c'est l'ivresse des sommets qu'un assouplissement du coût de l'argent ne pourrait qu'encourager.
00:25 Le risque pour la BCE est que le marché des actions prenne des allures de bulles dont le destin sera à déclater tôt ou tard.
00:32 Les rendements de l'épargne bénéficient du contexte.
00:35 Les taux des produits réglementés et des comptes à terme sont soit proches, soit au-dessus de la hausse des prix.
00:41 D'autres types de placements, plus rémunérateurs encore, plutôt réservés aux revenus et/ou plus risqués, sont également particulièrement attractifs.
00:50 C'est pourquoi la décollecte des dépôts à vue n'en finit plus.
00:53 En un an, entre janvier 2023 et janvier 2024, les encours ont fondu de 60 milliards d'euros et la tendance devrait se poursuivre.
01:03 Jusqu'en 2012, c'est-à-dire avant la décennie des taux exceptionnellement bas,
01:08 l'encours des comptes bancaires des ménages représentait un peu moins de 20% de leurs revenus,
01:13 taux qui est monté jusqu'à 40% en 2022 avant de redescendre à 30% environ aujourd'hui.
01:20 Un retour à la moyenne de long terme entraînerait de facto des retraits supplémentaires d'un montant de 200 milliards d'euros.
01:28 Ce chiffre est théorique, mais donne le sens de l'histoire.
01:31 Si une partie peut toujours fuiter vers la consommation, l'essentiel se dirige actuellement vers les produits d'épargne rémunérés,
01:39 moins immédiatement mobilisables pour être dépensés que les comptes courants.
01:44 Quant aux revenus d'intérêt qu'ils génèrent, ils ont d'abord vocation à être recapitalisés.
01:50 Les ménages ne les intègrent pas dans le périmètre de leurs revenus consommables
01:54 car leur fonction est de protéger l'épargne de l'érosion inflationniste.
01:59 De son côté, pénalisé par la remontée en flèche des taux d'intérêt depuis la mi-2022, le crédit à la consommation est plombé.
02:08 La proportion de ménages concernés est tombée à moins de 21% du jamais vu depuis 1989,
02:15 et seuls 3,5% ont l'intention d'en souscrire un au premier semestre.
02:20 Le cocktail pour la consommation en 2024 est ainsi composé de pression sur le pouvoir d'achat,
02:26 du maintien d'un effort soutenu d'épargne financière,
02:29 d'économies constituées moins facilement mobilisables et du recul du crédit.
02:35 Ce qui ne manquera pas de retarder l'accélération de la consommation tant attendue.
02:40 Déjà au quatrième trimestre, l'ensemble des dépenses effectuées par les Français pour l'acquisition de biens et de services
02:47 a de nouveau calé, lançant 2024 sur de très faibles bases.
02:51 Impression confirmée une première fois avec le recul de la consommation en biens et produits alimentaires en janvier dernier,
02:58 dans le prolongement d'une fin d'année maussade.
03:01 Impression confirmée une seconde fois par l'allure prise par le solde d'opinion des ménages
03:07 correspondant à l'opportunité de faire des achats importants.
03:11 Loin de sa moyenne de long terme, il s'en est récemment éloigné.
03:16 Cela ne pousse pas l'optimisme et ne devrait pas permettre aux achats des Français
03:20 de dépasser 1% de croissance cette année selon nos prévisions à exercer.
03:25 Autant dire qu'à ce tarif-là, il n'y en aura pas pour tout le monde
03:28 et que la casse va se poursuivre du côté de l'offre.
03:31 Surtout car la baisse de la fréquentation des établissements et des achats s'ajoute des marges sous pression,
03:37 le contre-coût du quoi qu'il en coûte, la concurrence agressive voire déloyale sur la net de sites étrangers
03:43 et l'essor du marché de la seconde main pour certains.
03:46 La coupe est pleine.
03:48 La remontée rapide de la sinistralité est le principal marqueur de ces difficultés.
03:53 Personne n'est épargné.
03:55 Dans le commerce et la répartition automobile, le niveau d'avant-pandémie est dépassé,
04:01 même s'il reste encore éloigné de ses pics historiques.
04:04 La purge n'est néanmoins pas terminée.
04:07 La situation est plus délicate encore dans l'hôtellerie-restauration.
04:12 Non seulement la marque de 2019 est effacée, mais les défaillants se rapprochent de leur record de 2015.
04:19 Quant au vaste ensemble, services au ménage, enseignement, santé, action sociale,
04:24 il est pris dans le même mouvement d'une hausse rapide du nombre de défauts qui s'achemine vers un nouveau sommet.
04:31 La consommation calme et la situation des professionnels du P2C devient de plus en plus critique.
04:38 [Musique]
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