00:00 J'avais peur qu'elle meure, j'avais peur qu'il lui arrive quelque chose de terrible.
00:04 Très vite, ma mère s'est rendue compte que mon père était ultra violent
00:10 et qu'il buvait énormément.
00:12 Évidemment, quand il était violent, je le haïssais, je souhaitais sa mort,
00:15 mais aussi, je voyais toute sa détresse.
00:18 Ce qui me faisait le plus mal, c'était quand ma mère se faisait frapper.
00:21 Là, pour moi, c'était horrible.
00:23 Pour nous, c'était normal.
00:24 Je me disais, bon, on est des êtres pas terminés, c'est normal qu'on nous frappe.
00:28 Mais quand c'était ma mère, là, c'était d'une violence extrême
00:31 et ça me faisait très, très peur parce que la violence entre adultes
00:34 fait très peur aux enfants.
00:36 Mon père se déchaînait.
00:37 Des coups de ceinture, des coups de câble de télé,
00:40 des coups de pied, des coups de poing, enfin tout, des coups.
00:44 J'ai une cicatrice sur le crâne que je touche très souvent.
00:47 Je me dis, ça, je n'oublie pas.
00:49 Et j'ai vu les étoiles aussi très tôt.
00:51 Je voyais ça dans les dessins animés et un jour, je les ai vues.
00:54 Et en fait, j'ai compris que quand on se fait une pluie de cou,
00:57 on voit aussi les étoiles.
00:58 Il doit se passer quelque chose dans le cerveau qui fait que
01:02 bouf, ça vous fait des éclairs comme ça dans la tête.
01:04 Il faut savoir que la violence est aussi une grande jouissance
01:09 pour les agresseurs.
01:11 Il y a quelque chose qui les stimule, quoi.
01:15 Et puis, il y a aussi quelque chose de l'ordre de la haine de soi.
01:17 Quand on frappe ses enfants si petits, c'est qu'on se hait soi-même aussi.
01:22 C'est quand même l'extension de soi à ses enfants.
01:25 [Générique]