00:00 Quand il a su qu'elle était enceinte, il a essayé de la faire avorter avec autrefois ce qu'on appelait un faiseur d'ange.
00:05 Et comme de par Dieu, je me suis bien accroché et moi les aiguilles à tricoter, je les ai repoussées.
00:09 Je m'appelle Franck-Stéphane Laurent.
00:14 Je suis né le 30 octobre 1959 et ma maman m'a aimé.
00:18 Au bout de deux mois, j'étais terriblement malade.
00:20 J'avais un très gros problème que j'ai gardé toute ma vie, puisqu'il me manque la moitié d'un poumon.
00:24 Et comprenant bien qu'elle n'arriverait pas à subvenir à mes besoins et qu'elle avait réellement envie
00:29 qu'il y ait le meilleur de la vie pour moi, elle a préféré me confier plutôt que de prendre le risque
00:33 de m'élever d'une manière qui ne lui convenait pas.
00:36 Et je pense que ça, c'est le truc le plus dur qui puisse y avoir pour une femme qui aime son enfant,
00:41 de le déposer dans un couffin, de le regarder une dernière fois, de l'embrasser,
00:46 où elle ne peut pas lui dire "on ne se reverra plus".
00:48 Oui, mon père géniteur que j'appelle un trou du cul et encore je trouve que c'est un manque de respect pour l'anus.
00:54 Ouais, je dis sale con, je ne le connais pas.
00:55 Je pars du principe que quand tu es marié et que tu as déjà deux enfants,
00:58 tu ne pars pas dans une galère comme celle qu'il a fait vivre à Lucienne,
01:03 qui était donc sa maîtresse, son employée.
01:05 Je crois qu'il a coupé tous les ponts le jour de ma naissance, quand je suis arrivé.
01:08 J'ai toujours manqué d'affection.
01:09 Je manque de souvenirs de main qui passe dans la nuque, d'une main qui me fait ça sur la tête.
01:15 Je manque de promenade en tenant la main de mon père ou de ma mère.
01:19 Le fait d'avoir vécu tout ce que j'ai vécu dans ma plus tendre enfance,
01:23 ouais, ça m'a blindé, ça m'a permis d'avoir un autre regard sur certaines choses.
01:28 Ça m'a permis, comme dit Michel Audiard, de ne pas parler aux cons, ça les instruit.
01:32 Ma mère Lucienne m'a confié à l'assistance publique.
01:34 J'avais deux mois, deux mois et demi.
01:37 J'étais dans un état lamentable.
01:38 Je me souviens, et ça, ça m'a suivi toute ma vie et encore aujourd'hui, ça m'est difficile à vivre.
01:44 C'est le cri de l'enfant, le pleur de l'enfant désespéré, l'enfant triste,
01:48 l'enfant qui a un chagrin fou, qui sont là à dire pourquoi personne ne m'aime,
01:52 pourquoi je suis là, qu'est-ce que j'ai fait ?
01:54 Mais il m'est toujours difficile à supporter.
01:56 Ah, mais ça me fait venir les larmes aux yeux, c'est terrible et il faut que je m'en aille.
02:02 [Générique]
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