00:00 Une addiction c'est quoi ? Il faut utiliser le moyen hémotechnique que j'ai créé.
00:05 C'est 5 fois la lettre C pendant au moins un an.
00:08 Le premier C c'est une perte de contrôle comportemental.
00:12 Le deuxième C c'est un usage compulsif, on ne peut pas s'empêcher de consommer.
00:15 Le troisième C c'est un craving, c'est un mot anglais qui veut dire
00:18 l'envie irrésistible, l'envie répressible de consommer.
00:22 Le quatrième C c'est une consommation chronique, c'est-à-dire qu'elle est régulière dans le temps.
00:26 Et le dernier C c'est des conséquences sur sa vie sociale, physique et psychologique.
00:32 Et on peut avoir aussi comme autre symptôme ce qu'on appelle de la dépendance physiologique,
00:37 c'est-à-dire des symptômes de manque et/ou un phénomène de tolérance,
00:40 c'est-à-dire l'envie d'augmenter les doses pour retrouver les effets de la première fois qu'on ne retrouvera jamais.
00:45 On ne tombe pas dans le besoin.
00:47 On a naturellement des besoins en fait, comme manger, comme boire,
00:54 comme avoir des rapports sexuels, comme aimer quelqu'un, comme être fan de certains trucs.
01:00 Donc ces besoins vont entraîner des récompenses, des récompenses qui sont naturelles
01:05 et qui sont en thérapie cognitive nécessaires à notre survie, entre guillemets.
01:10 La pression sociale, elle joue un rôle en fait au niveau environnemental.
01:16 C'est-à-dire c'est associé à notre société qui est très spide, très addictogène.
01:20 C'est associé aux produits disponibles, c'est associé au stress environnemental.
01:26 Et en fait la pression sociale, c'est un petit facteur qui va pouvoir impulser des problèmes au niveau perso et au niveau sociétal
01:37 et jouer un rôle dans un des facteurs qui peuvent entraîner une addiction,
01:41 qui est donc en l'occurrence le facteur environnemental.
01:43 Dans l'addiction, il y a la perte de la liberté de s'abstenir.
01:47 On consomme pour ne pas souffrir alors que dans le plaisir,
01:50 c'est que de la récompense positive, c'est que des émotions positives, c'est que des choses hyper cool.
01:56 Pour l'alcool, à partir de quel moment on passe la barre ?
02:00 Vous avez des recommandations de Santé publique France qui disent,
02:04 pour les hommes et les femmes, on ne doit pas consommer plus de deux verres par jour,
02:09 pas tous les jours, avec un ou deux jours sans consommer.
02:12 Et donc dix verres par semaine au maximum, dix verres standards, c'est des verres de bar.
02:18 Un verre est équivalent à dix grammes d'alcool.
02:21 Et lors d'une occasion, ce n'est pas plus de quatre verres espacés dans le temps de la soirée.
02:26 Donc quand vous dépassez ces recommandations, vous êtes dans ce qu'on appelle l'usage excessif.
02:31 Et en France, vous avez 22% des gens qui sont des buveurs excessifs.
02:35 Et si vous continuez à augmenter les doses et avoir ces symptômes qui s'installent tout doucement,
02:41 des symptômes de manque, etc., vous rentrez dans l'addiction à l'alcool.
02:45 Malheureusement, il n'y a pas assez de prévention en France.
02:48 On voit les problèmes qu'il y a eu avec le défi de janvier,
02:51 le drap januari qui n'est pas du tout soutenu par nos instances.
02:55 Donc moi, je pense qu'il faut mettre le paquet,
02:57 parce que l'addiction, c'est une face émergée d'un problème sous-jacent qui est multiple.
03:03 Quand on soigne un addict, on soigne son problème avec sa substance,
03:08 son problème avec son comportement ou les deux,
03:10 mais il faut soigner toutes les racines et soigner toutes les racines.
03:13 Il y a plein de choses à évaluer.
03:15 Pour le sexe et la sexualité, on a maintenant la sexualité virtuelle.
03:19 La sexualité virtuelle fait partie des comportements sexuels.
03:22 On a des comportements sexuels en vrai, en "real life",
03:26 et on a des comportements sexuels en virtuel.
03:29 Les comportements sexuels virtuels, ça peut être des échanges érotiques,
03:32 il y a des applications de rencontres,
03:33 il y a des sites porno en streaming qui sont massivement accessibles, etc.
03:39 Il y a plein d'autres éléments sur Internet, comme les webcams sexe, etc.
03:42 Ce qui se passe, c'est que cette sexualité virtuelle fait partie de notre sexualité.
03:47 Il y en a qui en ont, il y en a qui en ont pas du tout,
03:49 il y en a qui en ont un peu, et il y en a qui en ont beaucoup.
03:52 J'en parle dans mon livre,
03:53 c'est "Comment notre comportement sexuel peut basculer vers un comportement sexuel addictif".
03:58 C'est à un moment, il y a ces symptômes qui s'installent, les 5 C,
04:03 mais il y a une maladie qui va s'installer aussi,
04:05 qui s'appelle l'addiction sexuelle,
04:06 ou selon l'OMS, dans la classification internationale des maladies, 11e édition,
04:11 c'est le trouble comportemental sexuel compulsif.
04:13 C'est des synonymes.
04:15 Et c'est quoi ?
04:16 C'est exactement la même chose qu'une addiction à des drogues,
04:19 ou à de l'alcool, ou à du tabac,
04:20 mais c'est le sexe qui est l'objet, qui est source d'addiction.
04:25 La sexualité, ça entraîne du plaisir.
04:27 Quand on est addict, on fait du sexe,
04:30 mais pour ne pas souffrir.
04:32 Dans les séries télé sur les écrans, les plateformes, etc.,
04:35 il y a ce qu'on appelle le binge-watching.
04:36 On va surconsommer de la série.
04:39 Tout est fait sur les plateformes comme Netflix, etc.,
04:42 pour accrocher le spectateur
04:45 et l'entraîner dans quelque chose d'assez compulsif.
04:50 Alors, ça peut devenir pathologique quand on ne contrôle plus rien, en fait.
04:54 On ne dort plus, on ne fait que ça, on ne travaille plus,
04:57 on est moins performant au travail, on mange n'importe quoi, etc.
05:00 Et d'ailleurs, le big boss de Netflix avait dit
05:05 « mon principal ennemi, c'est le sommeil »,
05:07 parce qu'il voulait qu'il y ait un max de gens qui se connectent.
05:09 Donc le binge-watching, ce n'est pas une addiction,
05:11 mais ça peut devenir problématique au niveau social et au niveau physique
05:15 quand c'est excessif, en tout cas.
05:17 La chirurgie esthétique, il y a un boom.
05:20 Alors, chirurgie esthétique, c'est d'abord, on va dire,
05:22 thérapeutique, physique, même psychique.
05:25 C'est-à-dire qu'on peut très bien penser,
05:28 se refaire certaines parties du corps quand on a une maladie,
05:33 aussi pouvoir se faire retoucher certaines parties du corps à viser l'esthétique,
05:39 parce que voilà, on prend de l'âge,
05:42 on ne se trouve pas trop beau, pas trop belle, etc.
05:45 Mais vous avez des filles qui se modélisent par rapport à une beauté absolue
05:51 retrouvée sur les filtres des réseaux sociaux
05:54 et qui surconsomment la chirurgie esthétique.
05:56 Et ça peut devenir problématique, pathologique,
05:59 parce qu'il y a des débordements souvent.
06:00 On est vraiment dans une conduite qui est potentiellement addictive pour certaines.
06:04 Il y a un danger physique.
06:05 Il y a aussi un danger psychique avec le retentissement.
06:07 Moi, j'ai été amené à interviewer dans mon podcast addiction
06:12 des filles qui avaient fait de la chirurgie esthétique
06:15 où ça s'était très, très mal passé à cause d'injections faites n'importe comment,
06:21 payées à l'arrache, etc.
06:22 Donc, ça peut être dangereux, la chirurgie esthétique.
06:25 Moi, je crois que c'est une indication thérapeutique d'abord
06:27 et deuxièmement à visée esthétique, mais quand c'est bien pesé.
06:30 Les addictions, c'est un des maux de notre siècle.
06:34 C'est un vrai problème de santé publique.
06:36 [Générique]
06:38 Merci.
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