00:00 C'est sa plaque anthropométrique avec son numéro d'écrou l'année.
00:03 Il a un regard très fort, très déterminé.
00:05 Je pense qu'il ne craignait absolument pas la mort.
00:07 Il savait exactement ce qu'il faisait.
00:10 C'était le premier DFTPMOI que j'ai peint dans la Maison d'arrêt des hommes.
00:23 Je voulais qu'il soit imposant parce que je voulais qu'on puisse le voir
00:27 notamment en passant dans l'allée centrale de derrière les barreaux.
00:30 C'est l'un des plus gros que j'ai peints ici.
00:33 Parce que pour moi, c'est vraiment le personnage qui a le plus marqué
00:36 la mémoire de la prison au 20ème siècle.
00:38 J'ai commencé par peindre des résistants dans d'autres établissements,
00:55 puis des résistants dans cet établissement.
00:56 Puis j'ai peint Manoukian.
00:57 Et quand est venue la question de la panthonisation,
01:00 j'ai participé à son comité de soutien.
01:02 Et lorsqu'on a su avec bonheur que Manoukian était panthonisé avec Méliné,
01:09 j'ai eu l'idée de développer le projet pour qu'il soit accompagné de ses frères d'armes,
01:14 au moins ceux de l'affiche rouge et quelques autres des DFTPMOI,
01:18 ici dans le cadre de la panthonisation et de venir bénévolement
01:21 comme une sorte de teasing en amont pour les rassembler une dernière fois ici
01:26 dans ce lieu qui est très important parce qu'on parle toujours du Mont-Valérien.
01:30 Mais avant le Mont-Valérien, malheureusement, il y avait l'étape de l'incarcération.
01:35 Il y avait d'autres prisons dans Paris,
01:36 mais Fresnes était un des principaux centres d'incarcération des résistants.
01:39 Avant toute chose que je donne à voir, c'est des visages.
01:46 C'est-à-dire qu'il y a plusieurs niveaux de lecture sur les portraits.
01:51 On peut se contenter lorsqu'on est surveillant ou détenu et passé devant,
01:56 de se dire « tiens, je regarde un portrait comme un autre et un visage, une humanité comme une autre ».
02:02 Puis à mesure que je rentre dans les détails, et surtout quand je mets le cartel,
02:06 on s'apercevra qu'il était un résistant et l'un des résistants de l'affiche rouge,
02:11 un front tireur partisan de la main-d'œuvre immigrée, qu'il a été incarcéré ici.
02:16 Et si on s'y intéresse davantage, on peut aussi apprendre qu'il a été ensuite fusillé au Mont-Valérien.
02:22 Pour moi, c'est important que la démarche soit complètement bénévole,
02:25 parce que ça reste un engagement et c'est une sorte de participation citoyenne
02:29 à ce que la prison soit pas seulement un espace coercitif,
02:33 mais aussi un espace propice à la réinsertion.
02:37 En tout cas, je ne conçois pas de le faire de manière rémunérée.
02:42 C'est comme ça que je trouve que ça trouve un peu de dignité et de dignité.
02:48 C'est pas un job, c'est pas possible.
02:52 Moi, j'essaie de l'épeindre avec dignité et respect.
03:04 C'est une démarche dans laquelle je me sens bien,
03:08 parce que je trouve qu'il y a à la fois la dimension citoyenne,
03:11 à humaniser un lieu républicain, un important, ce qui est la prison,
03:14 parce qu'il ne s'agit pas de polariser le lieu.
03:19 C'est un lieu de potentialité, la prison,
03:22 et j'espère que ces gens-là puissent un jour inspirer quelqu'un ici.
03:28 Je trouve que c'est un peu comme un travail de travail.
03:43 Je trouve que c'est important parce que c'est un endroit invisibilisé,
03:48 peu médiatisé, pourtant primordial.
03:51 C'est un endroit de reconstruction aussi,
03:54 et je trouve que c'est intéressant d'y voir un peu plus clair
03:58 et de voir comment ça s'organise.
04:01 Être français, ce n'est pas une affaire de nationalité,
04:04 c'est adhérer à des valeurs et justement adhérer à certains combats,
04:08 des combats égalitaires, des combats fraternels et des combats libertaires.
04:15 Ce n'est pas seulement une ambiance, c'est la pertinence, c'est la puissance.
04:19 Ces gamins-là, ils ont passé leur vie à faire des choses,
04:24 et je pense que c'est important de voir comment ça se fait.
04:28 Je pense que c'est important de voir comment ça se fait.
04:31 Je pense que c'est important de voir comment ça se fait.
04:34 Je pense que c'est important de voir comment ça se fait.
04:37 Je pense que c'est important de voir comment ça se fait.
04:40 Voilà, ces gamins-là, ils ont passé leur dernière semaine de vie ici,
04:46 et ensuite ils ont été conduits au Mont-Valérien pour être exécutés.
04:50 Tu reviens, tu les peins là, dans un autre contexte.
04:53 C'est très puissant, c'est très inspirant en tout cas.
04:59 Moi, je ne me lasse pas.
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