00:00Pour moi, c'était un besoin viscéral de soutenir Mme Pellicot.
00:05Je trouve que cette affaire, elle est très représentative
00:08de tous les problèmes qu'on a en France sur la notion de consentement,
00:11sur le viol, le rapport que les hommes entretiennent avec les femmes
00:15et en particulier avec le corps des femmes.
00:26Parmi les accusés, on a toutes les catégories socioprofessionnelles.
00:29On a toutes les classes sociales.
00:31On a tous les âges aussi et on a toutes les origines.
00:33On a bien vu la liste des noms circuler.
00:36On a absolument toutes les origines parmi les accusés.
00:38Donc, j'espère qu'on va enfin s'éloigner de ce mythe du violeur
00:44qui ne serait pas dans la même catégorie que nous.
00:47Ça peut être notre famille, ça peut être nos amis, ça peut être nos collègues.
00:50Je trouve qu'il y a une forme de déni collectif sur cette problématique-là.
01:00La réponse à la question « qu'avez-vous fait pour vous assurer
01:03du consentement de Mme Pellicot ? », la réponse, c'est rien.
01:06Moi, c'est ça que j'aimerais, c'est qu'ensemble, collectivement,
01:10on aille vers une notion du consentement donné de façon active,
01:15de façon concrète et qu'on ne soit pas dans la présomption de consentement.
01:20Parce qu'aujourd'hui, dans notre pays, on part du principe qu'elle était consentante
01:23et il faut prouver qu'il y a eu menace, contrainte, violence ou surprise.
01:26Donc, c'est ça qui participe à la culture du viol,
01:29qui ne permet pas de protéger les femmes.
01:35Le combo coupe plus lunettes plus âge, ça la rend hyper reconnaissable.
01:40J'aime bien souvent cacher le regard parce que je trouve qu'on peut
01:43projeter ce qu'on veut au niveau de la signification.
01:46En plus, ça correspondait aux lunettes teintées de Mme Pellicot.
01:49Et pour finir, pourquoi il y a un ciel étoilé dans ses lunettes ?
01:52Ça, c'est pareil, c'est une signature d'artiste.
01:55Je fais tout le temps des portraits féminins
01:56et je mets très régulièrement un ciel étoilé quelque part.
02:00Il faut savoir que mon amie qui a fait le lettrage a fait pareil,
02:03un fond étoilé avec un peu les mêmes couleurs pour qu'on soit raccord,
02:07pour que les deux aillent ensemble.
02:08Et d'ailleurs, quand j'étais en train de peindre, il y a un monsieur qui m'a demandé
02:11est-ce que l'espace qui est dans ses lunettes,
02:13c'est son espace à elle que personne ne pourra jamais lui enlever ?
02:16Et en fait, j'ai trouvé ça super joli.
02:18Il a fait un lien entre l'espace le cosmos que j'étais en train de représenter
02:21et l'espace personnel de Mme Pellicot.
02:24J'ai trouvé ça super beau comme interprétation.
02:26Ce n'était pas, moi, mon idée au départ,
02:28mais voilà, j'ai trouvé ça très joli.
02:32Pour que la honte change de camp,
02:33déjà, c'est le message que Mme Pellicot veut porter depuis le début.
02:37C'est la raison pour laquelle elle a refusé le huis clos.
02:39Et aussi, c'est plus généraliste.
02:41Ça peut parler à toutes les victimes de violences sexuelles
02:44et ce n'est pas uniquement sur une personne.
02:47Donc, ça en fait vraiment un message global.
02:50Et je trouve qu'il y a tout dans cette affaire
02:52qui, j'espère, va nous permettre collectivement de réfléchir
02:56à toutes ces questions-là et de s'éloigner de la culture du viol
03:00qui est malheureusement encore très présente chez nous.
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