00:00 Mais on est toujours avec Miu Miu qui sera sur France 2 demain soir dans le téléfilm Flash
00:05 et alors j'ai moi-même encore quelques flashs sonores à partager avec vous.
00:09 On a parlé tout à l'heure de votre période café-théâtre
00:13 et alors ça marche pas mal pour vous du coup le cinéma commence à s'intéresser à vous avec ça par exemple.
00:19 Vous incarnez la fille de Louis de Funès dans Ravie Jacob.
00:26 Quel souvenir vous gardez de ce tournage et de Louis de Funès en particulier ?
00:30 Bah moi j'ai pas tellement vu Louis de Funès en fait.
00:33 Il m'a dit un homme très gentil et tout, oui très très gentil.
00:36 Je me rappelle que je devais dire une phrase "mon voile, rendez-moi mon voile"
00:42 Ah oui c'est vrai.
00:43 Donc j'ai répété ça bien sûr beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup
00:46 et puis Gérard Houry en fait il regarde pas avant au moins la 20e prise quoi.
00:50 Après il fait beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de prises
00:53 et c'est pour ça aussi que j'avais des amis, enfin j'avais des copains
00:57 qui devaient jouer ou faire de la figuration.
00:59 J'ai dit "faites-vous payer à la journée parce que ça dépasse énormément".
01:02 Très bon plan, très bon plan.
01:05 Et moi comme j'étais mariée, je jouais une mariée
01:09 et on était sur l'hôpital Les Invalides, je sais pas quoi, je crois.
01:14 Et il y avait des blessés, on me faisait visiter les gens des blessés
01:16 on me disait "un bisou de la mariée, un baiser de la mariée"
01:19 et je l'ai dit "ah c'est..."
01:21 Très agréable.
01:22 Non mais c'était bien.
01:25 Et alors le film qui fait vraiment de vous une star, c'est bien sûr "Les Valseuses".
01:29 J'aimerais bien savoir où on va, comme ça.
01:32 Simple curiosité.
01:34 Mais il t'a dit qu'il en savait rien, que tu l'emmerdais alors...
01:37 T'en fais pas de soucis vieux, dans la vie tout s'arrange.
01:40 T'as jamais de vraies raisons de se bider.
01:42 Ils peuvent pas nous faire un trou au cul, on en a déjà un.
01:45 "Les Valseuses" de Bertrand Billet, sorti en 1974, donc il y a 50 ans,
01:50 qui a vraiment marqué son époque, celle d'un cinéma libéré, débridé même.
01:56 Pareil, oui.
01:57 À la lecture du scénario, vous avez pas hésité à jouer dans ce film
02:00 qui a choqué beaucoup de monde à l'époque ?
02:02 Ben je crois pas, non.
02:04 Surtout à la lecture du... c'était un livre.
02:07 Oui, c'était un livre de Bertrand Billet d'abord.
02:10 Non je crois pas.
02:11 Il l'a adapté lui-même.
02:13 Ça vous a pas choqué, vous ?
02:14 Je crois pas.
02:15 Et alors vous formiez un trio avec Gérard Depardieu, Patrick Devers,
02:19 qui était, paraît-il, intenable sur le tournage.
02:22 Qui ça ?
02:23 Tous les deux.
02:24 Tous les trois ?
02:25 Tous les trois même.
02:26 Ah vous aussi ? Vous étiez intenable ?
02:27 Mais c'est vrai qu'il y a eu pas mal de bagarres, notamment, autour de ce film.
02:31 Ouais, il y a eu des bagarres, puis le soir on partait avec la voiture du film,
02:35 c'était des fausses plaques, enfin des trucs comme ça.
02:37 Oui on faisait des trucs, mais aussi on nous demandait des choses.
02:40 Des fois, on m'avait demandé d'être au bord de la route, tout d'un coup il y a Billet qui...
02:45 On devait pas nous prendre en stop, on devait jouer une scène où on ne nous prenait pas en stop.
02:51 Et puis Billet vient et puis il me dit "regarde, tu vas soulever ta jupe,
02:55 tu vas soulever ton tablier, et là t'auras pas de culottes", enfin tout ça.
02:58 C'était très humiliant, je veux dire, il y avait quelque chose qui était un peu...
03:02 pas humiliant, mais bon.
03:04 Mais heureusement on était tous les trois, on était soudés.
03:06 Et puis là, il y a un camion qui s'est arrêté, il aurait pas dû.
03:09 On est montés dedans, puis on est partis.
03:11 Et donc on a vu une équipe sortir des champs de blé, stupéfaites.
03:16 C'était notre petite...
03:18 - Parce que c'était des vrais automobilistes, c'était pas des figants ou quoi que ce soit ?
03:22 - Bien sûr, bien sûr. - Ah oui, on bloquait pas la route.
03:24 - Ah oui d'accord. - Non, non, c'était des choses improvisées.
03:26 L'équipe était vraiment cachée dans un champ de blé.
03:30 Et quand je vois la tête de Billet, on riait tellement dans le camion.
03:34 - Et vous êtes pareil.
03:36 Et puis alors, douze ans plus tard, vous vous retrouverez avec Bertrand Blier, Gérard Depardieu sur Tenue de soirée,
03:41 autre film culte.
03:43 Vous avez vu d'ailleurs que certains pensent qu'il faudrait plus en ce moment diffuser ces films
03:47 pour ne plus mettre en valeur Gérard Depardieu.
03:49 J'imagine que vous... - Je me suis dit, allez.
03:52 - Non mais je veux pas vous faire parler de Gérard Depardieu, je veux juste vous demander si vous le regrettez
03:56 parce que c'est aussi, vous, votre cinéma.
03:59 C'est aussi votre histoire, ce sont aussi vos films à vous.
04:02 - Non mais moi je suis prête aussi, j'ai fait plein d'autres films sans Gérard Depardieu.
04:05 - Oui, bien sûr.
04:07 - Faut pas exagérer.
04:09 - Et vous pensez qu'il faut encore les diffuser ces films-là ?
04:11 - Oui, bien sûr.
04:13 Je voulais juste vous dire, sur Les Valseuses, il y avait une dame qui avait dit
04:17 "Oh, enfin, un film sur la valse, comme ça va être joli !"
04:20 - Elle a été un peu déçue, je crois.
04:22 - Elle a pas de réponse.
04:24 - Elle est sortie de la salle.
04:26 - Et pour Gérard, en fait...
04:28 Mais non, bien sûr qu'il faut diffuser les films-là,
04:32 je vois pas pourquoi on diffuserait pas les films.
04:35 D'ailleurs, c'est pas ce qu'il y a dans les...
04:37 Alors bon, comme dit...
04:39 Donc on diffuse plus Les Valseuses, on diffuse plus...
04:41 Non, ça c'est...
04:43 Or, c'est vrai que moi aussi j'ai vu complément d'enquête,
04:45 puisque vous abordez ce sujet.
04:48 Donc sur Gérard, j'ai trouvé ce qui m'a moi le plus dérangée,
04:52 c'est vraiment l'attitude qu'il avait avec sa guide nord-coréenne.
04:56 Il ne pensait, là je pense qu'il y a quelque chose qui était fou,
05:01 c'est qu'elle pouvait pas partir,
05:03 il la guettait, il lui parlait que de son sexe, de son sexe, de son sexe.
05:07 C'était très embêtant, et moi j'ai pensé vraiment que ça relevait un peu de la psychiatrie,
05:11 parce que se lever comme ça et ne penser qu'au sexe,
05:13 avec toujours, cherchant un regard de spectacle,
05:16 un regard qui le regarde faire ça et tout,
05:19 il y a quelque chose qui m'a paru très...
05:21 Enfin, plus qu'embêtant, quoi.
05:23 - Et c'est pas celui que vous connaissiez, vous ?
05:26 - Ah non, pas du tout.
05:28 Non, mais ça n'a rien à voir.
05:30 Je pense qu'avec l'âge, moi je pense qu'il y a vraiment...
05:32 C'est comme le syndrome, je sais plus comment ça s'appelle,
05:35 ce qui est... ce genre des injures.
05:37 - Gilles de la Tourette.
05:38 - Voilà, et bien j'avais l'impression que ça, sur le sexe, c'était un peu pareil.
05:41 Il se réveille, il a ça dans la tête, il ne pense qu'à ça,
05:44 et c'est un peu, oui, ça retient un peu de la psychiatrie, non ?
05:49 - Allez, on va reparler de cinéma,
05:52 parce que vous serez aussi, Miu Miu, l'une des premières flics de France,
05:55 sur grand écran, dans la femme flic.
05:58 - Oui, c'est vrai.
05:59 - Yves Boisset, ça c'était en 80,
06:01 l'année où vous décrochez votre César de la meilleure actrice,
06:04 et on l'a dit tout à l'heure, le film qui vous a valu un César,
06:06 c'était donc La Dérobade.
06:08 - C'est moi qui t'ai faite.
06:10 Sans moi, tu serais une merde.
06:12 - C'est La Dérobade ?
06:16 - Oui.
06:17 La Dérobade, où vous jouiez une prostituée dans ce film,
06:25 et il y a des scènes comme celles qu'on vient d'entendre,
06:27 qui sont très violentes, avec Daniel Duval,
06:29 qui est à la fois le premier rôle et le réalisateur.
06:31 - C'est ça, c'est ça la difficulté.
06:33 En plus, c'est moi qui l'ai choisi,
06:35 j'avais beaucoup aimé ces films,
06:37 et j'ai dit, tiens, ça va être lui.
06:39 Mais la difficulté, c'était qu'il était metteur en scène et acteur,
06:42 et que tout ce qu'il allait faire en mettant en scène,
06:44 moi je ne savais pas ce qu'il allait faire.
06:46 Et donc j'étais très inquiète,
06:48 parce qu'il peut être capable de violence.
06:50 - Elle est violente, clairement.
06:52 - Mais oui, bien sûr.
06:53 Donc je ne savais pas ce qui allait se passer.
06:56 Donc je me souviens d'une scène où,
06:58 avant, pour profiter de la position de la situation sur le décor,
07:01 j'ai enlevé tout ce qui pouvait blesser.
07:03 Parce que je savais qu'on avait une scène un peu violente.
07:05 J'ai enlevé tout ce qui pouvait être très blessant,
07:08 tatata, je ne voulais pas.
07:10 Et voilà, c'était le mystère,
07:12 je le voyais donner des instructions,
07:15 déplacer des poubelles, faire tout ça,
07:17 et moi j'étais au courant de rien.
07:19 C'était ça un peu la difficulté.
07:21 Mais il a fait un très beau film.
07:22 - Autre film, et c'était vraiment une autre époque aussi,
07:25 une autre manière de tourner à l'époque, visiblement, Miu Miu.
07:29 Merci d'être venue nous voir ce matin, Miu Miu.
07:32 On était très heureux de vous avoir avec nous.
07:33 - Moi aussi, merci.
07:34 - Et j'invite tout le monde à regarder ce film demain soir,
07:37 Flash, sur France 2, à 21h10.
07:40 Et j'invite notamment à regarder les TX Spectator,
07:43 parce que j'espère qu'il y aura d'autres épisodes.
07:45 Vraiment, j'espère que vous allez...
07:46 - Il veut une série, demain.
07:47 - Je veux une série autour de ce personnage.
07:49 - J'espère que France Télévisions a entendu le message.
07:51 Et alors d'ailleurs, dans un instant,
07:52 nous serons avec celui qui joue le commissaire dans Flash,
07:55 Nicolas Briançon.
07:56 - Nicolas Briançon, qui va parler d'autre chose, bien sûr.
07:58 - On va parler d'autre chose,
07:59 puisque ce matin, il est là en sa qualité de metteur en scène,
08:02 du premier seul en scène de la comédienne Mélanie Page,
08:04 qui est avec nous aussi dans un instant.
08:06 On revient. Merci beaucoup, Miu Miu.
08:07 - Merci à vous.
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