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00:06 Les trois questions du petit matin.
00:08 Comment désamorcer la fronte des agriculteurs qui dénoncent l'inflation, le poids des normes environnementales européennes ?
00:14 En Occitanie, je le rappelle, le blocage de l'autoroute A64 entamé jeudi dernier continue.
00:19 Certains manifestants menacent maintenant de faire monter leur colère à Paris alors que le salon de l'agriculture est dans un mois maintenant.
00:26 Bonjour Christiane Lambert.
00:27 Bonjour.
00:28 Vous êtes l'ancienne patronne de la FNSEA.
00:30 Vous êtes aujourd'hui la présidente du comité des organisations professionnelles agricoles.
00:35 Merci d'être en direct avec nous ce matin.
00:37 La FNSEA et les jeunes agriculteurs, les JIA, sont reçus tout à l'heure par Gabriel Attal, le Premier ministre.
00:42 Qu'est-ce qu'il doit leur dire pour calmer leur colère ?
00:45 Moi je vais vous parler des problèmes européens que rencontrent les agriculteurs et les solutions qui sont attendues.
00:51 Il y a cette semaine, trois événements importants à Bruxelles où des défis ont pu être pris, qui sont attendus.
00:56 Il y a demain un conseil des ministres européens de l'agriculture où le ministre français Marc Fesneau a demandé depuis déjà plusieurs mois
01:03 la possibilité de cultiver des jachères des terres qu'on veut laisser en friche en France, en non-culture.
01:11 On ne comprend pas pourquoi cette décision doit être prise.
01:15 Partout il faut de l'alimentation.
01:17 L'Europe ne peut pas baisser sa production avec tout un tas de normes et d'applications alors que la demande est très forte.
01:25 C'est demain qu'il faut à nouveau pousser cette demande-là.
01:27 Donc vous espérez que Gabriel Attal interviendra à ce niveau-là ?
01:31 En tout cas la France doit être moteur comme elle l'a été en novembre.
01:35 C'est le ministre français qui a rassemblé autour de lui 23 pays sur 27, c'est fort.
01:40 Mais la Commission ne veut toujours pas donner l'autorisation.
01:43 Pourquoi Ursula von der Leyen n'écoute pas la présidence de la Commission européenne
01:49 qui a promis aussi un dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture en dénonçant les polarisations ?
01:54 C'est-à-dire l'opposition agriculture-environnement.
01:56 C'est vrai dans tous les pays d'Europe, en France aussi.
01:59 Nous ce que nous voulons dire c'est qu'il faut bien sûr faire des transitions
02:03 mais il faut les faire avec des rythmes adaptés et appropriés sans remettre en question la possibilité de produire et la sécurité alimentaire.
02:10 C'est cette semaine que ça a lieu.
02:12 Permettez-moi, Christiane Lambert, ces difficultés elles existent depuis longtemps.
02:16 Pourquoi est-ce que ça explose aujourd'hui ?
02:20 Quel a été le déclencheur ?
02:23 Il y a différents motifs en Roumanie, Hongrie, Bulgarie.
02:26 C'est l'accumulation de blé russe et ukrainien qui arrive sur ces pays et qui fait s'effondrer les cours du blé.
02:31 100 eurotones aujourd'hui.
02:33 Chacun comprendra que c'est extrêmement bas.
02:35 En Allemagne ce sont des décisions brutales sans aucune négociation avec les syndicats de la part du ministre allemand.
02:41 Et vous avez vu les décisions monstres.
02:44 Ce sont les événements climatiques en Espagne et en Italie qui ont asséché les trésoreries des agriculteurs.
02:49 Et bien sûr, les salons agricoles qui ont lieu en ce moment font que les agriculteurs attendent des décisions.
02:55 Mais il y a surtout un sentiment de déclassement.
02:57 Le Green Deal, c'est-à-dire le pacte vert porté par Frank Stimermat, un ancien commissaire à Marche Forcée.
03:03 Quoi qu'il se passe, il y a le Covid, il y a la guerre, il y a le changement climatique, peu importe.
03:07 Vous devez verdir, quitte à produire moins.
03:09 Toutes les études montrent que ça serait -15 à -20% de production.
03:13 Et la Commission s'est entêtée, entêtée je dis bien, à vouloir faire toutes ces réformes.
03:18 Vous dénoncez toutes ces obligations, ces normes qui viennent de Bruxelles.
03:22 Et il y a plein de normes, si on vous écoute, il y a plein de problèmes différents qui s'accumulent depuis des années.
03:28 Marc Faino, le ministre de l'Agriculture, a annoncé hier sur RTL le report du projet de loi sur l'installation des jeunes agriculteurs.
03:35 Est-ce que pour vous c'est une bonne nouvelle ? Et pourquoi est-ce qu'elle inquiète, cette loi ?
03:40 Ça c'est une décision franco-française, c'est pas cette loi qui inquiète, soyez sérieux.
03:45 Ce sont l'ensemble de ces obligations environnementales en France.
03:49 Ce sont essentiellement les blocages qu'il y a sur l'utilisation de certains produits phytosanitaires.
03:54 Le résultat qui a témoigné devant M. Attal l'a très bien expliqué dans le RON.
03:59 C'est aussi la possibilité de faire des réserves d'eau parce qu'il y a du militantisme excessif et radicalisé.
04:05 Et puis c'est aussi des décisions qui ne sont pas basées sur la science.
04:08 Vous avez vu certainement cette semaine 36 prix Nobel, 36 prix Nobel des scientifiques qui disent
04:13 qu'il faut avancer sur les NBT.
04:16 Cette technique génétique qui permet d'améliorer plus vite les qualités des plantes
04:20 pour résister entre autres à la sécheresse et à certaines maladies.
04:23 Est-ce que l'Europe va écouter plus les scientifiques ?
04:27 Ou est-ce que l'Europe va avancer aux doigts mouillés sans études d'impact et sans écouter les scientifiques ?
04:32 Christiane Lambert, rapidement pour finir, il y a le salon de l'agriculture dans un mois.
04:35 Est-ce que ce salon va être gâché par cette colère ? Ou est-ce qu'on peut régler le problème en un mois ?
04:39 C'est au président de la FNSA et au président des jeunes agriculteurs qu'il appartient de répondre à cette question.
04:44 Vous le savez parfaitement bien.
04:46 Ce que j'ai vu la semaine dernière à la semaine verte de Berlin, c'est que les agriculteurs ont manifesté fortement.
04:51 Alors les problèmes sont différents.
04:53 Eux ils ont un carburant qui est beaucoup plus cher que celui des Français.
04:56 Ils ont plein de problèmes avec un ministre qui n'écoute pas.
04:59 La clé c'est que les instances écoutent les agriculteurs.
05:01 Depuis des années il y a eu non-écoute, il y a eu une volonté d'avancer au pas cadencé sans écouter les agriculteurs.
05:07 Cette fois-ci ils veulent vraiment être écoutés partout en Europe.
05:10 des questions.
05:11 [SILENCE]
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