00:00 Mais d'abord, voici Lisa Del Macello !
00:02 Oui, c'est ça ! Salut !
00:04 Vous n'auriez pas écrit le roman comme ça, vous Lisa ?
00:07 Non, non, non, pas du tout !
00:09 Même si je dois vous reconnaître quand même un talent, David Fuenkinos.
00:12 Vous arrivez à nous embarquer dans une histoire de romances possibles
00:16 sur fond de groupes Facebook et d'enterrements.
00:19 Romances, Facebook, cercueil. C'était quoi le concept David ?
00:22 Ça vous manquait un trio chelou depuis la fin des 2b3 ?
00:24 C'est quoi ce truc ?
00:25 Vous aimez mixer des concepts qui n'ont rien à faire ensemble.
00:27 Je parie que vous mangez des pizzas à la nana et que vous regardez des pornos tournés au Sénat, espèce de grand fou !
00:32 Et en même temps !
00:34 Il faut le dire, les deux héros de votre roman se retrouvent sur un des endroits les moins romantiques du monde,
00:39 un groupe Facebook d'anciens du lycée.
00:41 Dites-vous-même, c'est le groupe où on va tous pour voir si les autres aussi ont raté leur vie.
00:45 L'échec, c'est comme les tapas, c'est quand même tellement mieux quand c'est partagé.
00:50 Cette histoire d'anciens amis qui se retrouvent s'entremêlent donc à une quête de bonheur pour le héros.
00:55 Il s'appelle Eric, il bosse chez Decathlon.
00:57 Vous voyez, Decathlon c'est le magasin où on a acheté 500 balles de matériel sportif qui prend la poussière au grenier,
01:02 juste à côté de nos rêves d'avoir un cul ferme pour l'été.
01:05 Mais on ne stresse pas avec ça.
01:07 Les culs, c'est censé être mou, sinon on se casse les dents quand on mord dedans.
01:11 Alors ?
01:13 Je t'ai offert un t-shirt !
01:15 Eric a 40 ans et Eric est lassé de vivre.
01:19 Il est comme paralysé.
01:21 Dans ce cas-là, un bon moyen de reprendre goût à la vie, c'est de choquer le système avec une expérience hors du commun.
01:25 Un soir en parachute, un trip sous psychédélique, un nouvel an en boîte de nuit dont tu sors en te disant
01:30 "C'était une bonne idée, pas trop cher, pas trop de gens".
01:33 Un truc hors du commun.
01:35 Lui, sa première tentative pour secouer le cocotier, c'est d'accepter un job en politique.
01:39 Le Eric, il est en quête de sens.
01:41 Crise classique dans un contré privilégié.
01:43 Je ne juge pas, j'en fais une par an moi aussi.
01:45 Quand tu te demandes si ta vie a du sens, c'est comme quand tu te demandes si t'as bien fermé la clé de ton jet.
01:51 Je comprends le stress, mais grosso modo, c'est que ça va pour toi.
01:54 Cela dit, ça marche pas.
01:56 Résultat, dernière tentative, il participe en Corée à une simulation de son enterrement.
02:00 En gros, tu joues aux morts pour réapprendre à apprécier la vie que tu prenais pour acquise.
02:04 Un peu comme quand les riches font du camping.
02:06 Ils jouent aux potes, ça leur rappelle qu'ils tiennent à la tulasse.
02:09 Camping !
02:11 C'est trop mignon, camping !
02:13 C'est un vrai concept, vous dites comment, camping ?
02:15 Camping, on dit normalement, comme les gens dans la boue.
02:18 Finalement !
02:20 C'est un vrai concept, donc le respect ici.
02:23 Non, mais la simulation d'enterrement, c'est un concept qui existe en Corée
02:27 et qui se base sur le fait que les gens qui ont frôlé la mort apprécient souvent plus la vie.
02:31 Il y a cette fameuse lumière blanche qu'ils auraient vue et qui aurait tout changé.
02:34 Du coup, moi David, pour simuler la mort, je me lève la nuit dans le noir,
02:37 puis j'ouvre la porte du frigo.
02:39 Non seulement je vois une lumière blanche hyper vive,
02:41 mais en plus de ça, au bout du tunnel, il y a les restes de tiramisu.
02:45 J'aime mieux ça à la mort.
02:47 C'est très intéressant ce concept, cette idée qu'on pourrait recréer une expérience de mort imminente
02:51 en faisant semblant.
02:52 Mais je me dis que ton cerveau, il doit savoir que c'est faux quand même.
02:55 Enfin, quand je fais du air guitare, je sais que je ne suis pas Jimi Hendrix.
02:59 Et quand je simule, je ne jouis pas.
03:03 Euh, j'en suis pas prêt.
03:07 Dans le cas, il y a quelqu'un dans les stores qui n'a pas assez de dextérité dans les doigts.
03:10 C'est dommage de devoir aller si loin pour se rendre compte de la valeur de la vie.
03:14 Et ce n'est pas étonnant que ce concept soit né en Corée,
03:16 pays peuplé de bourreaux de travail comme votre héros et où le taux de suicide est au max.
03:20 C'est une terre de contraste la Corée.
03:22 Pays du suicide et de la K-pop.
03:24 Je crois que je préfère le suicide.
03:26 Là au moins je suis au lit quand ça s'arrête.
03:28 T'as des pays où il y a la guerre, la famine et les gens aiment la vie.
03:30 Mais c'est des pays où les gens ont la santé et le développement économique et il y a le plus de suicides.
03:34 Ce qui nous déprime le plus, ce n'est pas la violence, ce n'est pas la faim, c'est le taf.
03:37 Est-ce qu'en 2024 on peut arrêter de faire semblant et admettre qu'on a juste tous un peu la flemme ?
03:42 Alors David, je ne sais pas exactement c'est quoi une vie heureuse.
03:45 Est-ce que c'est apprécier ce qu'on a ? Est-ce que c'est s'en foutre de la pression sociale ?
03:48 Est-ce que c'est la vertu ? Est-ce que c'est le plaisir ? Je ne sais pas.
03:50 Mais en 2024, je vais essayer de rien foutre au taf.
03:53 J'ai l'impression que c'est un bon début.
03:55 Merci !
03:57 Elle est où et quand ?
03:59 Au camping !
04:00 A part le camping, elle est à Bruxelles, au King's, deux jeudis par mois, à Paris et à la Nouvelle-Seine.
04:05 Prochaine date parisienne, le 18 janvier.
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