00:00 Gabriel Attal, potentiel nouveau Premier ministre, ça vous va ?
00:05 Comme la plupart des Français, je suis assez blasé par le fait qu'on les prenne à ce point pour des idiots.
00:10 La France, c'est une maison qui est délabrée, il faut changer les fondations et aujourd'hui,
00:16 on est en train de débattre, est-ce qu'on va refaire la peinture en magenta ?
00:18 Est-ce que ce sera du bleu cyan ?
00:20 Mais en même temps, vous vous attendiez à quoi ?
00:22 Ah mais moi, je n'attends rien de la part de ce gouvernement.
00:25 Si, j'attends peut-être quelque chose, puisque apparemment,
00:27 M. Gabriel Attal va devenir Premier ministre, une question qui est peut-être un peu taboue en France,
00:31 mais est-ce qu'il y aura un vote ?
00:33 Est-ce qu'il y aura un vote à l'Assemblée nationale pour confirmer la confiance du Premier ministre,
00:38 comme c'est le cas pour toutes les démocraties ?
00:39 Ce que n'avait pas fait Elisabeth Borne.
00:41 Et du coup, je pose une question qui est assez saine finalement en démocratie,
00:44 est-ce qu'il y aura un vote ?
00:46 Question.
00:47 C'est émanuelatoire, M. Bouillard.
00:49 La Constitution ne le prévoit pas.
00:51 Ah mais, donc on va se retrouver à avoir un Premier ministre qui a été élu par absolument personne.
00:56 Oui, il est nommé.
00:57 La Constitution n'a jamais été élu.
01:00 Et c'est là qu'on se retrouve au fond de l'affaire.
01:02 C'est qu'au début, une fois que Macron a été élu à l'élection présidentielle,
01:05 il y a eu une élection législative où il n'a pas eu une majorité de députés à l'Assemblée nationale.
01:09 Qu'est-ce que ça voulait dire ?
01:10 Qu'une majorité de Français rejetait sa politique.
01:12 C'est encore plus le cas après la réforme des retraites.
01:14 Vous pouvez aussi dire, M. Bouillard, que ce sont les Français qui ont voulu
01:16 cette configuration du Parlement, avec justement, peut-être, pensait-il,
01:21 une obligation à s'entendre, à passer des compromis, ce que vous ne voulez pas faire.
01:25 Non, je ne crois pas que c'est ce que les Français voulaient dire.
01:27 Je pense que ce que les Français voulaient dire, c'est qu'ils en avaient marre d'avoir
01:30 un président de la République qui se prend pour un monarque, qui décide de tout ou seul,
01:33 qui va nous nommer un Premier ministre sans aucun vote au Parlement.
01:38 Un Premier ministre qui vient de la gauche ?
01:40 Non.
01:41 Bah si, il est issu de la gauche, Gabriel Attal. Si, c'est bien lui.
01:43 Pardon, mais il a été chez Marisol Touraine, qui elle, a fait une réforme des retraites
01:47 qui n'a pas vraiment été du côté des travailleurs.
01:49 Et puis, on a quand même un Gabriel Attal.
01:50 Il est juste et factuel. Il a été adhérent au Parti socialiste.
01:53 Marisol Touraine, elle a fait une réforme qui a allongé la durée de cotisation,
01:56 qui a été votée par la majorité, qui était portée à l'époque par Jean-Marc Ayrault.
01:59 Vous pouvez dire que ce n'est pas votre gauche. Enfin, c'est la gauche.
02:01 Bah, c'est apparemment la vôtre.
02:03 Ah non, mais ce n'est pas…
02:05 Non, mais il rappelle les faits. Il rappelle les faits.
02:09 Mais je veux vous dire que ce n'est pas votre gauche.
02:11 Pablo, c'est la gauche, Jean-Marc Ayrault. Voilà.
02:14 Ah oui, non, mais…
02:16 J'étais déjà à l'époque, j'étais déjà dans la position.
02:18 Mais d'accord, mais c'est la gauche.
02:18 On revient sur un débat de goût et de couleur.
02:20 Non, on va prendre le bilan.
02:21 Regardez, il a été secrétaire d'État à la jeunesse.
02:23 Qu'est-ce qu'il a fait en tant que secrétaire d'État à la jeunesse ?
02:25 Est-ce que la jeunesse française est plus heureuse ?
02:26 Non, mais ça a été le précurseur d'une idée de génie,
02:28 le service national universel qui va coûter 3 milliards dans les années à venir,
02:32 alors qu'encore aujourd'hui, vous avez des étudiants
02:34 qui font la queue à la distribution alimentaire.
02:36 Il a été secrétaire d'État au budget.
02:37 Il a supprimé des postes dans l'éducation nationale.
02:39 Même en tant que ministre de l'Éducation nationale,
02:41 vous avez 400 postes qui sont supprimés dans le primaire.
02:43 Aujourd'hui, on nous dit qu'il va être Premier ministre.
02:46 Écoutez, je suis comme la plupart des Français, absolument blasé.
02:48 Je ne m'attends à rien, si ce n'est peut-être à avoir le droit de voter en tant que député.
02:52 Le fait qu'il soit jeune, le fait qu'il ait 34 ans, vous qui êtes jeune aussi ?
02:56 À son âge, je m'importe peu.
02:58 J'aimerais qu'il mène une politique en faveur des jeunes.
03:00 Par exemple, vous voyez l'inflation des produits alimentaires, +20%.
03:04 Les jeunes sont souvent les plus précaires.
03:06 Aujourd'hui, ils se le prennent de plein fouet.
03:08 Je n'ai pas souvent entendu Gabriel Attal prendre leur défense.
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