00:00 Il a été membre du cabinet de Marisol Touraine de 2012 à 2017, lorsque vous étiez conseiller de François Hollande.
00:06 Vous le connaissez bien ?
00:07 La première fois que je l'ai vu, il était stagiaire de Marisol Touraine alors qu'elle était encore députée à l'Assemblée nationale.
00:13 C'était au moment où celle-ci s'apprêtait à devenir ministre de la Santé.
00:18 Si on m'avait dit à l'époque, ce n'était pas il y a si longtemps que ça.
00:20 C'était en 2012 qu'il allait devenir, quelques années plus tard, Premier ministre.
00:24 Évidemment, je ne l'aurais pas cru.
00:25 Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, il n'affichait pas une ambition dévorante ?
00:29 Il était un étudiant de Sciences Po en fin de scolarité, comme les autres,
00:34 intelligent, peut-être beaucoup plus intelligent que les autres.
00:37 Mais il y a eu une part de réussite, de hasard, de circonstances et de travail, nécessairement.
00:41 Parce que tout ce que les gens reconnaissent à Gabriel Attal, qu'on soit d'accord ou pas avec lui,
00:44 parce qu'il y a aussi des options idéologiques,
00:46 c'est un très gros bosseur qui s'est dédié à sa mission, ses missions successives,
00:52 que ce soit comme collaborateur, que ce soit comme député, comme ministre.
00:54 Et je pense qu'Emma Macron a vu qu'il pouvait toujours compter sur lui.
00:58 Il y a quelque chose quand même qui me surprend, mais peut-être pas bourrageusement.
01:00 Vous croyez-vous à cette loyauté sans faille ?
01:02 Oui, je pense que ça a compté.
01:04 Après, il y a quelque chose qui me surprend et une interrogation peut-être.
01:07 Ce qui me surprend, c'est que ce sera quand même la première fois
01:09 qu'Emma Macron accepte de nommer à un poste aussi important
01:12 quelqu'un qui est plus populaire que lui.
01:14 Parce qu'il va y avoir une Attalmania.
01:16 Il y a une Attalmania et il va y en avoir une.
01:18 Et Gabriel Attal va prendre beaucoup, beaucoup de lumière.
01:21 Or, le président de la République, par exemple, à un moment donné,
01:23 s'était séparé d'Édouard Philippe, on le sait,
01:24 parce que celui-ci devenait un peu trop populaire à son goût
01:27 et il avait plutôt choisi des premiers ministres un peu gris jusqu'à présent.
01:30 Castex, LeBorg, qui ont beaucoup de talent, mais qui ne prenaient pas de lumière.
01:33 Gabriel Attal va prendre énormément de lumière.
01:36 Donc, ça veut dire qu'Emmanuel Macron a compris
01:37 qu'il a besoin d'avoir à Matignon quelqu'un
01:39 qui a de la popularité et de l'impact médiatique.
01:42 Après, je suis curieux de voir comment les choses vont se dérouler,
01:45 parce que premier ministre à 34 ans, ça donne des idées pour la suite.
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