00:00 de la carrière, l'édit aux médias en Angleterre, Cyril Lavenier du quotidien, Daily Télégraph
00:05 crée des tensions.
00:06 Mais le Télégraph peut-il devenir la propriété d'un fonds émérien ? Émérien c'est-à-dire
00:10 venant des Émirats Arabes Unis.
00:11 Le gouvernement britannique a donné sa réponse et c'est niait au nom de l'intérêt public,
00:16 c'est la raison invoquée.
00:17 Les autorités avaient fixé leurs conditions, pas plus de 30% de capitaux venus d'Abu Dhabi.
00:22 Comme ce seuil n'était pas tenu, la transaction a été bloquée par le gouvernement qui a
00:26 lancé une enquête sur la procédure en cours.
00:28 Pourtant ce fonds d'investissement n'est pas un inconnu en Angleterre, il est financé
00:32 par le vice-président des Émirats Arabes Unis qui n'est autre que le propriétaire
00:36 du prestigieux club de Manchester City, dernier vainqueur de la Ligue des champions.
00:39 Mais alors pourquoi ça bloque pour le Daily Télégraph ?
00:41 Et bien parce qu'un quotidien, c'est pas un club de foot.
00:44 Une bonne leçon au passage à l'attention de celles et ceux qui pensent que la presse
00:47 écrite est morte et enterrée.
00:49 C'est ce qui rend tout ça très intéressant.
00:51 Si le gouvernement de Richie Sounak met son veto, c'est que le Télégraph est considéré
00:55 là-bas comme un des joyaux de la couronne.
00:57 A plusieurs titres.
00:58 D'abord parce que le Télégraph fait partie des institutions de la presse anglaise.
01:02 Il est né en 1855.
01:03 C'est un journal qui se porte bien, ses résultats financiers sont solides, il progresse,
01:07 il a plus d'un million d'abonnés.
01:09 Sa valeur, 700 millions d'euros.
01:11 On peut parler d'une maison bien tenue.
01:13 Et l'autre raison ?
01:14 Et bien c'est que le Télégraph est un outil d'influence extrêmement puissant.
01:19 Particulièrement dans le camp des conservateurs, justement celui du gouvernement actuel.
01:23 Le Télégraph, c'est le Figaro en version UK.
01:25 Le quotidien est réputé pour être un faiseur pas de roi, mais de premier ministrable chez
01:30 les Tories.
01:31 De quoi rendre l'affaire très sensible en Angleterre un pays où règne l'instabilité
01:36 politique depuis quelques années.
01:37 Dans ces circonstances, pas question de prendre le risque d'interférences étrangères.
01:42 Et y'a d'autres repreneurs sur les rangs ?
01:43 Oui, évidemment, vu la notoriété du titre.
01:45 Je vous en cite un qui est d'apprendre très au sérieux.
01:49 Sir Paul Marshall.
01:50 En France, on ne le connaît pas, mais c'est devenu un personnage très influent au Royaume-Uni
01:55 grâce à un autre média, GB News.
01:57 Pour vous la faire courte, GB News fait partie de ces nouveaux médias vidéo qui surfent
02:01 sur les franges radicales qui excitent les réseaux sociaux.
02:03 Aux Etats-Unis, dans la même veine, on a One American News, chaîne entièrement acquise
02:08 à la cause de Donald Trump.
02:10 En Angleterre, GB News est à peu près sur le même registre.
02:12 Une de ses vedettes n'est autre que Nigel Farage, icône du Brexit et grand pourvoyeur
02:17 de fake news.
02:18 Et qui a recruté GB News récemment ? Bojo himself.
02:22 Boris Johnson, ex-premier ministre, obligé de quitter son poste à cause des fêtes organisées
02:26 à Downing Street au moment de la crise sanitaire.
02:29 Et quel intérêt pour Sir Paul Marshall de vouloir acheter un quotidien ?
02:33 De la respectabilité, Nicolas.
02:35 Et de l'influence, je vous en ai parlé.
02:37 C'est bien de faire le buzz sur Youtube, mais ça ne suffit pas.
02:40 En tout cas pas si vous voulez peser réellement dans le débat politique et public.
02:44 En se payant un journal du standing du Télégraphe, Marshall entrerait vraiment dans la cour des
02:49 grands quand je vous dis que c'est une bonne leçon pour ceux qui pensent que la presse
02:52 est morte.
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