00:00 Allez, à 7h20, nous allons remonter le temps, si vous le voulez bien, retour à la fin des
00:08 années 80, 1987 précisément.
00:12 À cette époque, François Mitterrand est le président de la République, Jacques Chirac
00:16 est son premier ministre et sur Antenne 2, dans le journal d'Henri Sagné, les infos
00:20 ressemblent à ça.
00:21 Peu vert pour le sommet Regengorbatschew.
00:23 À Genève, M.
00:24 Schulz et Chairman Azez sont parvenus à un accord complet sur les grandes lignes du
00:28 traité sur les euromissiles.
00:30 Confirmation de la baisse du chômage en France, -1% en octobre après -2% en septembre.
00:36 Les mesures de traitement social du chômage expliquent la décrue.
00:40 Le secrétaire de la Fédération Socialiste du Rhône porte plainte pour atteinte à la
00:45 liberté individuelle.
00:46 Yvon Deschamps avait été placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur Radio
00:50 Nostalgie.
00:51 Et bien tenez, sur les ondes justement, non pas de Nostalgie mais de Radio France Alsace
00:54 à la fin des années 80, résonnent les musiques de deux Alsaciens.
00:57 Leur groupe s'appelle Raft.
00:59 Dans ce groupe, Pierre Schott d'un côté et Christian Foujeron de l'autre.
01:12 Notre invité ce matin dans le 6/9 de France Bleu Alsace.
01:16 Bonjour Christian.
01:17 Bonjour.
01:18 Bienvenue sur France Bleu Alsace.
01:19 Merci de votre accueil.
01:20 Ravi de vous accueillir.
01:21 Vous avez 29 ans à l'époque en 1987.
01:24 Comment vous gérez ce succès qui vous tombe dessus à à peine 30 ans ?
01:36 Déjà à notre âge, on n'était pas les plus jeunes.
01:41 La plupart des artistes de l'époque étaient plus jeunes que nous d'ailleurs.
01:44 On ne savait pas comment on le gère.
01:51 C'était une espèce de déferlante parce qu'on a vu les choses tout d'un coup évoluer
01:57 en montant dans les classements, les télés.
02:00 C'est se voir s'entendre, se voir à la télévision, s'entendre à la radio en permanence.
02:04 Oui, ça effectivement.
02:05 La première chose, c'est quand on s'entend à la radio, là ça fait bizarre.
02:08 Vraiment.
02:09 Sur les radios qu'on a l'habitude d'écouter, on entend d'autres artistes qu'on admire.
02:14 Vous vous souvenez de cette première radio ?
02:15 Non, mais il me semble que je l'ai entendue sur une radio locale ici à l'époque.
02:24 Radio France Alsace peut-être ?
02:26 Ça devait être ça.
02:27 Ça ne s'appelait pas comme ça je crois.
02:28 Radio France Alsace, si, je crois à la fin des années 80.
02:31 Oui, parce que c'était encore la même chambre avec FR3 Alsace.
02:34 C'était pas un port, la même maison.
02:36 Ou alors je dis une bêtise ?
02:37 C'est possible.
02:38 Non, bon.
02:39 Oui, mais ça devait être ça.
02:40 Ce qui est sûr, c'est que ça résonnait.
02:42 Surtout que Pierre, mon partenaire de raft, il travaillait.
02:46 Il était chez nous.
02:48 Effectivement.
02:49 Vous êtes deuxième au top 50 à la fin des années 80.
02:52 Ce succès, comment vous l'expliquez aujourd'hui peut-être avec le recul ?
02:56 Alors j'ai coutume de dire que si j'avais la recette, j'en aurais pas écrit qu'un.
03:02 J'en aurais fait évidemment 50.
03:04 C'est très difficile.
03:05 Je pense que c'est une conjonction.
03:06 C'est la bonne chanson au bon moment, avec les bonnes personnes, au bon endroit.
03:10 Et c'est quelque chose qui ne se prévoit pas vraiment.
03:17 Je pense que le fait de tourner déjà beaucoup à l'époque, dans plein d'endroits, on jouait
03:21 dans des boîtes de nuit ou dans des salles de rock carrément, car on avait un répertoire
03:25 qui pouvait se jouer dans les deux.
03:26 Et je pense que le fait d'avoir synthétisé les sons de l'époque a fait qu'on était
03:32 dans le coup.
03:33 Qu'est-ce qui vous a permis ce morceau, juste, Yaka Dansé ? Il vous permet encore quoi aujourd'hui
03:40 d'ailleurs ?
03:41 Il me permet déjà d'être là, face à vous.
03:42 Et d'être chez nous ce soir également pour le 16h19h.
03:46 Il m'a permis de vivre de la musique quand même.
03:48 Je vis de la musique depuis cette époque et même un petit peu avant.
03:52 Grâce aux droits d'auteur, grâce au cachet des concerts, grâce aux royalties des ventes
03:58 de disques, même si aujourd'hui les royalties ça ne représente plus rien.
04:01 Ça veut dire quoi plus rien ? Parce que c'est cette question très indiscrète qu'on aime
04:04 toujours vous poser sans doute.
04:05 Mais si, sans vouloir vous mettre dans l'indiscrète.
04:10 Déjà les ventes de disques il n'y en a plus donc c'est réglé.
04:13 Les royalties c'est ça, c'est surtout sur les ventes de disques.
04:16 Ensuite, ce qu'il faut savoir c'est qu'à l'époque on avait signé des contrats, je
04:20 ne sais pas si c'est encore le cas aujourd'hui, où au bout je crois de 10 ans, les droits
04:24 qu'on percevait sur ces fameux royalties étaient divisés par deux.
04:28 Et comme aujourd'hui je pense qu'il n'y a plus grand monde qui achète Yaka Dansé ou
04:32 Femmes du Congo ou ces chansons-là.
04:35 C'est des droits qui reviennent sur des compilations, on touche sur des compilations, des choses
04:40 comme ça.
04:41 Christian, il y a cette question que je me suis toujours posée.
04:43 Comment le Strasbourgeois que vous êtes, avec Pierre Schott que vous étiez et que
04:48 vous êtes toujours d'ailleurs, mais avez eu cette inspiration aux sonorités tropicales ?
04:51 Alors c'est venu progressivement.
04:54 On était tous les deux dans différents groupes, on était très branchés sur la pop anglaise
04:59 et puis sur la pop anglaise, on a dévié grâce à des groupes comme Paulice, etc. vers
05:03 le reggae.
05:04 On aimait bien ça.
05:05 Ça me permettait aussi moi de chanter et de jouer assez facilement de la guitare tout
05:10 en chantant.
05:11 Et puis petit à petit, Pierre a ramené des musiques des Antilles.
05:15 On a fait un mélange entre pop anglaise, reggae, musique des Antilles.
05:20 Et puis un matin, j'ai écrit cette chanson, je pense qu'elle est une synthèse de tout
05:27 ça et qui était quand même essentiellement, il faut le dire, un reggae, même si ça a
05:30 été perçu à l'époque comme une espèce de zouk.
05:33 Il y avait cette mouvance zouk à l'époque.
05:34 On nous a mis là-dedans.
05:35 On ne savait pas grand-chose d'un zouk.
05:38 Peut-être le fait que le texte avait des sonorités un peu créoles, alors qu'il ne
05:43 l'était pas du tout.
05:44 Il y a Kadencé qui cartonne évidemment à la fin des années 80.
05:49 Et puis il y a ça aussi, Femme du Congo.
05:52 Avec Kadencé, vous êtes deuxième du top 50 et l'année d'après, avec Femme du Congo,
05:56 vous êtes dans le top 20 du top 50.
05:58 C'est assez incroyable aussi comme histoire.
06:00 Oui, donc finalement, on fait partie des rares de cette époque des années 80 qui
06:06 avons eu deux tubes quand même.
06:07 On peut le dire, il y en a eu un très gros et un petit peu moins gros, mais bien quand
06:11 même.
06:12 Donc, on ne peut pas dire qu'on ait fait un one shot pour faire un mauvais jeu de mots.
06:17 Par rapport à Pierre Schott.
06:19 Mais on a quand même fait deux tubes et Femme du Congo passe encore aujourd'hui sur les
06:25 ondes.
06:26 Donc, oui, c'est assez incroyable.
06:29 Merci beaucoup, Christian Foujeron, d'avoir ce matin ouvert la boîte à souvenirs pour
06:34 nous de s'être replongé dans ces années 80.
06:37 Vous venez ce soir sur le marché de Noël de Strasbourg.
06:40 On le rappelle, 16h-19h.
06:41 Vous allez d'ailleurs chanter.
06:42 Oui, alors je vais faire une intervention un peu ambiance Noël, c'est-à-dire près
06:47 du sapin, juste guitare-voix.
06:49 Je vais interpréter l'un ou l'autre titre de Raft et autres.
06:53 On verra s'il y a le temps.
06:54 Juste guitare-voix en toute intimité au pied de la cathédrale.
06:57 Vous aimez cette période des marchés de Noël ? Vous avez un marché de Noël plus particulièrement
07:03 que vous appréciez ?
07:04 Alors, je ne l'ai longtemps pas aimé.
07:05 Et puis avec l'âge, j'apprécie de nouveau de plus en plus.
07:08 Je retombe un peu.
07:09 Strasbourg ?
07:10 Oui, Strasbourg.
07:11 Ok.
07:12 On est venu en Strasbourg parce qu'ils sont beaux aussi.
07:13 Colmar, il est très beau.
07:14 Kaysersberg, je crois, très beau aussi.
07:16 Magnifique, oui.
07:17 Mais Strasbourg, c'est ma ville.
07:18 Ce que j'aime bien surtout, c'est la période d'avant, avant l'ouverture du marché.
07:24 C'est quand les choses s'installent petit à petit.
07:26 Je commence à voir les décorations.
07:28 Les chalets, le bruit des perceuses.
07:30 C'est ça que je préfère.
07:31 C'est le mois de novembre que je préfère finalement.
07:33 Vous êtes l'un des seuls à aimer le mois de novembre parce que c'est souvent la déprime.
07:36 Pour le marché de Noël, je ne rajeunis pas pour le reste.
07:38 Merci beaucoup Christian.
07:39 On vous dit à ce soir donc.
07:40 16h-19h sur France Blasas.
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