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  • il y a 11 heures
La présidente de l'association alsacienne "Thémis", ancienne présidente de la cour d'assises du Bas-Rhin, Josiane Bigot, estime qu'il est "insupportable d'entendre nos politiques dire qu'ils y sont pour rien", après la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, dans le département du Gers.

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Transcription
00:00Jusqu'à 9h, ici matin, Strasbourg, Colmar et Mulhouse se recueillent ce soir pour Liana.
00:05Des rassemblements sont prévus devant les tribunaux à 19h, après la mort de la jeune fille, 11 ans seulement, dans
00:11le Gers.
00:12Un homme, le principal suspect, est placé en détention provisoire. Il était visé, on l'a appris par plusieurs plaintes,
00:19notamment pour violences contre des enfants, notamment pour viol. Bonjour Josiane Bigot.
00:23Bonjour.
00:24Vous êtes l'ancienne présidente de la cour d'assises du Barin, aujourd'hui présidente de l'association Témis,
00:30engagée pour la défense des droits des enfants en Alsace.
00:34Comment doit-on, selon vous, définir cette affaire Liana, fiasco judiciaire, comme le dénoncent de nombreux politiques,
00:40défaillance sociétale, comme l'a regretté hier le maire de Florence, la ville du Gers, où s'est déroulé le
00:46drame ?
00:47Alors, c'est certainement une affaire dans laquelle on va découvrir des dysfonctionnements judiciaires.
00:52Je n'ai pas beaucoup de doutes à ce sujet, mais en même temps, je crois que c'est avant
00:56tout un cri d'alerte
00:58sur cette société qui ne prend pas suffisamment en compte l'enfant, qui ne le met pas au cœur.
01:03Et ça, c'est une question de politique publique.
01:06Et je crois qu'il est absolument intolérable d'entendre nos politiques essayer de dire qu'ils n'y sont
01:12pour rien,
01:13si la politique, actuellement, ne met pas l'enfant, les droits de l'enfant, la protection de l'enfant,
01:19au cœur de tous les dispositifs qui sont pris.
01:24La France est signataire depuis, maintenant, plus de 30 ans de la Convention internationale,
01:30mais aussi d'une convention de Lanzarote, qui a été édictée ici, à Strasbourg,
01:35qui a une convention sur la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants.
01:40Elle date de 2007, cette convention devait s'appliquer et devrait s'appliquer,
01:48et elle n'est toujours pas appliquée.
01:49Et ça, c'est une question de politique publique.
01:51Qu'est-ce que vous visez, directement le président de la République ?
01:54Il est habituellement assez discret sur ce genre de faits divers, Emmanuel Macron.
01:59Là, il est rapidement monté au créneau.
02:00Il dénonce des dysfonctionnements inacceptables, ce sont ses mots.
02:03Il a dit qu'il ne voulait entendre aucun argument de moyens dans cette affaire.
02:08Rien sur les moyens, visiblement, il a assez donné pour la justice, ce que dit le chef de l'État.
02:12On peut peut-être redire que le président de la République avait fait de l'enfance la cause nationale.
02:18On n'en a vu aucun effet.
02:20Nous avons été dans la rue avec le mouvement des 400 000,
02:23pour dire qu'il y avait 400 000 enfants en France qui n'étaient pas protégés par le système,
02:27et qu'il fallait effectivement qu'enfin on ait une politique.
02:31Donc, le président de la République ne peut pas se gausser d'avoir donné les moyens, c'est faux.
02:37Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, va demander au procureur généraux
02:40de reprendre l'intégralité des plaintes qui touchent des enfants.
02:43Aujourd'hui, il les réunit tous, 70 000 plaintes environ qui vont être passées au crible.
02:48C'est un bon début ou c'est de la com' un effet d'annonce de la part du garde
02:52des Sceaux ?
02:52Alors évidemment que c'est bien de le faire, mais c'est une com' qui n'a aucune espèce d
02:58'intérêt fondamental sur ce qui est en cause.
03:01Ce sont en fait la multiplicité des directives qui sont données par le garde des Sceaux au magistrat du parquet,
03:09qui leur demandent sans arrêt de prioriser autre chose.
03:1137 circulaires depuis le début de l'année, où ils demandent à chaque fois de prendre quelque chose en priorité.
03:17Priorité narcotrafic.
03:18Exactement.
03:18Donc il faudra peut-être dire que oui, avant tout, la priorité c'est l'enfant, la protection des enfants,
03:24et notamment quand ils sont victimes d'agressions sexuelles.
03:27Quel est l'état de notre justice chez nous en Alsace ?
03:30Est-ce qu'on est mieux lotis qu'ailleurs en France ou pas du tout ?
03:32On n'est pas mieux lotis qu'ailleurs.
03:34Il y a sans doute moins de vacances sur du très long terme en Alsace,
03:38comme il peut y avoir dans d'autres lieux.
03:40Mais surtout, ce qu'il faut rappeler, c'est que pour les procureurs qui sont sur le devant de la
03:44scène aujourd'hui,
03:45ce ne sont pas les magistrats du siège, c'est les procureurs.
03:47Après on a déjà vu les JAP, on en a vu d'autres qui étaient visés.
03:50Là c'est les procureurs.
03:51Les procureurs, ils sont quatre fois moins importants que la moyenne européenne.
03:58Donc ce n'est même pas que le pays le mieux loté, mais les pays moyens.
04:03Avec quatre fois moins de magistrats, comment voulez-vous qu'il y ait une réponse immédiate ?
04:08En fait ce qui se passe, c'est quand un procureur est saisi,
04:11il essaye, avec les enquêteurs bien sûr, de voir si l'enfant,
04:15là, immédiatement, est en sécurité dans son environnement immédiat.
04:18S'il est en sécurité dans son environnement immédiat,
04:21on ne va pas mettre le dossier sur le haut de la pile,
04:23en disant qu'il faut d'abord et avant tout protéger les enfants
04:26qui ne sont pas en sécurité dans leur environnement immédiat.
04:29Comment est-ce qu'on fait alors, Josiane Bigot, pour mieux écouter l'enfant,
04:33pour mieux connaître et finalement mieux comprendre la parole de l'enfant ?
04:37Alors moi, c'est un combat d'il y a 50 ans, depuis 50 ans,
04:40je me bats pour que l'enfant soit effectivement entendu.
04:43Pour que l'enfant soit entendu, ça veut dire qu'il faut des gens disponibles,
04:48formés et qui soient en capacité de répondre aux attentes de ces enfants
04:53et que les enfants sachent qu'ils peuvent avoir confiance dans les adultes.
04:57Merci Madame Bigot, présidente de l'association de défense des droits des enfants en Alsace.
05:01Témis, on peut vous contacter, Josiane Bigot,
05:05vous équipe justement pour parler de ces violences faites à l'enfant.
05:09Vous êtes également ancienne présidente de la cour d'assises du Barin
05:12et je rappelle le numéro d'urgence en France en danger,
05:16il ne faut pas hésiter à le composer, ce numéro c'est le 119.
05:18Merci Madame.
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