00:00 d'abord, puisque ancienne présidente de l'UFC Que Choisir à Montpellier
00:03 et désormais vice-présidente nationale chargée des questions de santé.
00:06 Bonjour Marina Sekal.
00:07 - Bonjour.
00:08 - Merci d'être venue nous rejoindre.
00:10 UFC Que Choisir qui a décidé d'attaquer un grand coup là,
00:13 en intentant une action contre l'État français,
00:17 enfin action pour inaction de l'État français,
00:21 inaction en termes d'inégalité d'accès aux choins.
00:25 - Tout à fait.
00:26 - Pourquoi est-ce que vous incitez à franchir cette, je dirais, pas cette barrière, mais cette étape là quelque part ?
00:32 - Parce qu'à un moment donné on se dit cela suffit.
00:35 Il y a une dizaine d'années que nous traitons ce sujet des déserts médicaux.
00:39 Nous avons été pionniers sur ce concept de déserts médicaux.
00:43 Nous avons alerté l'État à plusieurs reprises.
00:48 Et puis là, bon, on voit de plus en plus des députés quand même qui commencent à bouger,
00:53 qui suivent nos revendications.
00:56 Mais là on a décidé de déposer un recours en Conseil d'État
01:00 pour défendre tout simplement le droit constitutionnel à la santé.
01:04 - Qu'est-ce que vous pouvez en espérer concrètement ce recours ?
01:07 - Alors, ce que l'on fait également c'est mettre en ligne une pétition.
01:11 Nous invitons tous les citoyens à signer.
01:13 Et plus nous serons nombreux et plus nous allons pouvoir bouger.
01:18 Donc voilà, on fait vraiment le forcing au niveau du ministère de la Santé.
01:23 Et nous espérons que cette action aura les remontées nécessaires pour agir de façon réelle.
01:31 - Mais en fait, le Conseil d'État pourrait être en capacité de dire quoi ?
01:36 D'obliger l'État vraiment à s'emparer de ce dossier, c'est ça ?
01:39 - Bah écoutez, on l'espère.
01:40 On l'espère, c'est vraiment une inaction.
01:44 C'est un peu une politique de l'autruche depuis plusieurs années.
01:48 Donc voilà, c'est une réalité.
01:52 Sur Montpellier, on est peut-être moins concerné.
01:54 On a l'impression d'être moins concerné parce que nous avons un nombre de médecins importants.
02:00 Mais notre étude est vraiment particulière parce qu'on s'est attaqué, si vous voulez,
02:04 à quatre praticiens, c'est-à-dire le médecin généraliste et ensuite trois médecins spécialistes
02:11 qui ont un accès direct.
02:12 Les ophtalmologistes, les gynécologues et les pédiatres.
02:16 On a aussi étudié en fonction des territoires, de l'âge, de la population, de la démographie.
02:22 Alors, si on peut dire à Montpellier qu'il y a des médecins, seulement il y a la problématique
02:28 de l'accès financier.
02:30 Il y a l'accès géographique, mais il y a l'accès financier.
02:33 Et si vous prenez le tarif sécurité sociale, c'est-à-dire tout citoyen qui peut être
02:39 remboursé par la sécurité sociale, et bien là, c'est alarmant.
02:43 Parce que justement, il y a beaucoup de médecins qui pratiquent des dépassements d'honoraires.
02:48 - Oui.
02:49 Alors, on en parlait hier avec notre rédactrice en chef, Elisabeth Badigny, qui évoquait
02:52 la conférence de presse que vous avez tenue hier à l'UFC Que Choisir de Montpellier,
02:57 précisément pour présenter un peu la carte départementale de la désertification médicale.
03:02 Donc, il y a trois, quatre grandes lignes sur lesquelles je voudrais revenir avec vous,
03:06 Marina Sekal.
03:07 D'abord, il n'y a pas vraiment de surprise.
03:08 Le littoral n'est pas vraiment dépourvu.
03:11 - Oui, on peut lier Bézier, Cette et Gange en termes de généralistes, je pense.
03:14 Le problème, c'est que même quand il y a des médecins, ils refusent de prendre de
03:18 nouveaux patients.
03:19 Ils sont importants, ces généralistes à refuser de prendre de nouveaux patients.
03:22 - Tout à fait.
03:23 Donc, nous avons fait des...
03:24 Comment on appelle ça ? C'est-à-dire des patients...
03:28 - Témoins, tests ?
03:30 - Oui, mystères.
03:31 - Mystères, oui.
03:32 - Voilà.
03:33 Nous avons demandé à nos bénévoles de téléphoner à des médecins pour savoir s'ils pourraient
03:38 obtenir, être pris comme nouveaux patients.
03:41 Et là, il y a, au niveau national, c'est une cinquantaine de pourcents de personnes,
03:47 c'est-à-dire de médecins, qui ont refusé.
03:49 - 40% pour les rôles, je crois.
03:52 - Voilà, on en est à 40% chez nous.
03:55 Et ensuite, il y a aussi la problématique du temps d'attente pour les consultations.
04:00 Donc là, on en est à plus de 65 jours pour avoir une consultation chez un médecin.
04:08 - Alors, il n'y a pas que les généralistes que vous avez ciblés, les ophtalmos aussi.
04:13 Et alors, pour ce qui concerne les ophtalmos, votre association parle clairement de déserts
04:18 médicaux dans tout l'ouest du département et aussi dans les Hauts-Cantons.
04:23 - Tout à fait.
04:24 - Il n'y a pas d'ophtalmos ?
04:25 - Il n'y a pas d'ophtalmos.
04:26 Donc sur l'ensemble de l'héros, on est à 24% si on prend l'ensemble.
04:31 Mais c'est comme les gynécologues, il n'y en a pas.
04:34 C'est vraiment catastrophique.
04:35 Ensuite, on étudie par exemple les pédiatres, on le fait aussi en fonction du nombre d'enfants
04:40 qu'il y a sur un territoire.
04:41 C'est comme les femmes, on voit le nombre de femmes ayant besoin d'un gynécologue.
04:48 - Mais là aussi sur les pédiatres, alors là encore, Béziers, Sept, Montpellier, les
04:51 agglomérations s'en sortent plutôt bien.
04:53 Je crois que même en termes de taux de présence des pédiatres sur ces secteurs-là, on est
04:58 un petit peu au-dessus de la moyenne nationale.
05:00 Mais ça veut quand même dire qu'il y a un petit hérolté sur cinq qui vit dans un désert
05:05 médical dont les parents n'ont pas de pédiatre à proximité.
05:08 - Oui, tout à fait.
05:09 Et on prend, si vous voulez, une durée de 45 minutes.
05:14 On a des critères comme ça sur les déplacements.
05:18 C'est-à-dire que voilà, pour avoir un pédiatre, il faudrait être à plus d'une heure pour
05:23 trouver un pédiatre.
05:24 - Et puis sur les gynécos, vous l'évoquiez également tout à l'heure, alors hormis à
05:28 Gange où il y a une maternité, mais un peu partout ailleurs, il faut parfois attendre
05:33 des mois avant d'avoir un rendez-vous chez un gynéco.
05:36 - Tout à fait.
05:37 - Et ça, ça vaut dans tout le département.
05:39 - Dans tout le département.
05:40 - Bonsoir à Montpellier, à la Salvetà-sur-Agoutte, ou je ne sais pas, à Saint-Ponce-de-Tomière.
05:45 - Sur le territoire, nous sommes à 59,5% des héroltès.
05:49 - Et ça, vous avez fait comment pour le mesurer, pour l'évaluer exactement ?
05:52 - Alors là, on prend, si vous voulez, on croise tous les critères, c'est-à-dire il
05:56 y a le territoire, le temps, la distance territoriale, et ce taux où on est à 59,5%, c'est que
06:07 là, on prend les médecins gynécologues qui pratiqueraient le tarif sécurité sociale.
06:14 Donc ce qui montre, c'est que la majorité des gynécologues sont hors tarif sécurité
06:21 sociale.
06:22 - Oui, parce que c'est ça, alors ça vaut pas que vous...
06:23 - C'est ça.
06:24 Il y a aussi l'accès financier.
06:25 On croise les deux.
06:26 On croise la distance, c'est-à-dire moins de 45 minutes, et l'accès financier, c'est-à-dire
06:35 un médecin de secteur 1.
06:36 - Là, vous ne parlez pas que des gynécologues obstétriciens, vous parlez des gynécologues
06:40 en général.
06:41 Je ne sais pas si toutes les femmes le savent, mais il y a de plus en plus les sages-femmes
06:45 qui prennent le relais, qui assurent le suivi et qui permettent de sauver la face un petit
06:50 peu.
06:51 - Oui, heureusement.
06:52 - Et les généralistes aussi, mais vous l'avez dit, il n'y en a pas assez.
06:56 - Heureusement.
06:57 - Et quelle que soit d'ailleurs la spécialité que l'on pratique, ou que vous avez étudiée,
07:02 vous dites d'une manière générale, de toute façon le problème ce sont les dépassements
07:05 d'un horaire aujourd'hui.
07:06 - Voilà.
07:07 - Donc l'accès aux soins n'est pas qu'en termes géographiques, il est aussi en termes
07:10 financiers.
07:11 - Financiers, c'est tout à fait ça.
07:12 Si vous voulez, nous on veut une santé pour tous.
07:14 C'est vraiment la volonté du FC que choisir.
07:17 Et l'on voit que plus vous avez de médecins hors facturation en sécurité sociale, les
07:25 autres s'alignent aussi en secteur 2, c'est-à-dire avec des dépassements d'honoraires.
07:30 Ça crée cette dynamique.
07:32 - Dernière chose, Marina Sekal, vous êtes vice-présidente désormais au niveau national
07:36 de toutes les questions liées à la santé.
07:38 Alors on vient de faire une photographie de notre département, évidemment, c'est ce
07:41 qui nous intéresse.
07:42 Mais comment vous placeriez le département de l'Hérault par rapport à d'autres départements
07:47 français sur ces questions ?
07:48 - Alors, on est un peu mieux que d'autres départements français, mais c'est quand
07:58 même une problématique assez généralisée.
08:00 Après je parle à la Creuse, après il y a vraiment une réalité de département très
08:07 très ruraux.
08:08 Sur l'Occitanie, on a quand même de grosses métropoles, donc forcément si on prend la
08:13 moyenne, c'est moins catastrophique que d'autres.
08:17 - Il y a pire ailleurs, mais il y a bien mieux aussi.
08:18 - Ah oui, tout à fait.
08:19 - Par exemple, vous habitez où en France ?
08:22 - Alors, l'île de France.
08:23 - L'île de France, évidemment.
08:24 - Voilà, les grosses régions.
08:26 - Merci Marina Sekal.
08:28 Cette pétition à laquelle vous demandez aux gens également de participer, on la trouve
08:32 en ligne sur le site de l'EFC QueChoisir.
08:34 - Oui, voilà, quechoisir.org.
08:35 Accès aux soins, j'accuse l'État.
08:38 C'est la pétition et vraiment nous remercions les signataires.
08:42 - Vous avez déjà les signataires ?
08:44 - Alors oui, puisqu'on l'a mis en ligne hier, mais honnêtement, je n'ai pas le chiffre
08:51 ce matin, je n'ai pas appelé la fédération.
08:54 - Bon, ça fait que commencer tout de suite.
08:56 - Voilà, ça a été lancé hier.
08:58 - Merci Marina Sekal, vice-présidente nationale de l'UFC QueChoisir, ancienne présidente
09:03 de l'UFC QueChoisir Montpellier.
09:05 - Merci de m'avoir invitée.
09:06 Vous pouvez réécouter à cette...
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