00:00 Vous voyez ce j'accuse l'Etat, quand on invoque le j'accuse, c'est que la situation est quand même extrêmement grave,
00:06 éminente, référence bien sûr historique. Ça fait plus de dix ans en fait que l'UFC peut choisir d'y sonner l'alerte.
00:13 Et donc elle passe cette fois à l'action, cette association de consommateurs.
00:17 Devant ce constat aussi simple que terrible, 83% des Français résident dans un désert médical.
00:24 C'est quand même juste un chiffre absolument énorme. Alors dans le détail, donc on le sait, l'accès à la médecine est géographiquement extrêmement injuste
00:34 et s'est considérablement dégradé ces dernières années. Selon l'étude, 23,7% des usagers ont d'énormes difficultés à accéder à un simple médecin généraliste
00:42 à moins de 30 minutes de chez eux. 38,8% aux ophtalmos et comme vous l'avez très justement signalé, les temps d'attente sont absolument dingues déjà quand on en est un.
00:51 Minimum 65 jours et ça peut aller au-delà d'un an comme on vient de l'évoquer. 43,5% difficultés d'accès aux gynéco et 45,9% aux pédiatres.
01:02 Donc ce sont des chiffres absolument affolants, vous allez me dire, puisqu'on en parle depuis un certain temps, c'est pas forcément nouveau.
01:08 Mais là, il y a urgence. C'est la présidente de l'association qui le dit.
01:13 La nouveauté, c'est qu'on se situait avant sur un terrain où on disait "ma santé n'attend pas", aujourd'hui il y a urgence et donc la campagne c'est "ma santé n'attend plus".
01:25 Parce qu'on a vu les choses s'aggraver pour l'ensemble des concitoyens et il va finir par être trop tard.
01:31 Donc nous avons décidé d'agir aujourd'hui en saisissant le Conseil d'État et en déposant un recours devant le Conseil d'État
01:39 pour montrer l'inaction des gouvernements successifs et enjoindre le gouvernement actuel à agir contre cette fracture sanitaire qui s'aggrave.
01:48 Et pourtant, on parle de solutions depuis des années même, pour alors.
01:52 Oui, depuis plus de dix ans, depuis 2012.
01:54 L'UFC Que Choisir propose des mesures concrètes qui ont d'ailleurs fait l'objet de lois ou d'amendements, pas plus tard qu'en juin dernier à l'Assemblée,
02:01 mais elles ont toutes été rejetées, avec notamment cette mesure phare que serait donc la régulation d'installation des médecins.
02:08 Alors c'est une règle qui est en vigueur dans d'autres professions.
02:11 Les pharmaciens, les sages-femmes, les infirmières, les kinés nous disent, nous dit l'UFC Que Choisir, en fait, afin de mieux répartir l'offre sur le territoire.
02:20 Mais ces mesures-là, elles ont été rejetées à l'Assemblée.
02:21 Pourquoi ? Eh bien parce que le ministre de la Santé de l'époque en tête, François Braune, explique que ce serait un gros problème pour les médecins qui choisissent une profession libérale.
02:31 Et dans profession libérale, il y a libéral, l'idée de s'installer où on veut, de choisir ses horaires, de faire un peu comme on le souhaite.
02:37 Et ce serait donc une bronca, ce serait provoquer de la bronca dans la profession que de remettre en cause ce principe de base.
02:46 Or, en ce moment, on a besoin justement de fédérer tous ces soignants.
02:50 Devant ce refus d'agir, l'association passe donc à l'offensive.
02:53 Voilà, c'est quand même fort d'avoir ce recours au Conseil d'État pour constater l'inaction du gouvernement.
02:58 C'est quand même la plus haute instance dans sa administrative.
03:01 Donc pour que le Conseil d'État enjoigne le gouvernement à prendre des mesures concrètes.
03:07 Parallèlement, il lance une campagne de sensibilisation à l'attention des habitants.
03:12 Ils vont entourer de balises certains lieux stratégiques comme les agences régionales ou bien les caisses d'assurance maladie.
03:18 De cette balise, j'accuse l'État.
03:21 Et puis, par ailleurs, évidemment, l'association invite tous les habitants à signer, à consulter la carte interactive.
03:27 Vous les voyez, toutes ces cartes interactives.
03:29 Vous pouvez les consulter et vous allez voir selon les spécialités et vos régions la possibilité ou pas d'accéder à ces médecins.
03:36 Et donc, signer la pétition, c'est ce que demande l'UFC que choisir.
03:39 C'est accessible sur leur site, la pétition.
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