Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans

Visitez notre site :
http://www.france24.com

Rejoignez nous sur Facebook
https://www.facebook.com/FRANCE24

Suivez nous sur Twitter
https://twitter.com/France24_fr#

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 - A l'occasion de cette journée, on va aller plus loin, justement, avec notre invité du jour. C'est vous, Jonathan Crix. Bonjour. Merci d'être à nos côtés.
00:06 Vous êtes directeur de la communication pour UNICEF Palestine. Alors, avant d'entrer dans le détail, de commenter la situation de ces enfants,
00:14 j'aimerais un mot, d'abord un commentaire de cette actualité. On l'a appris en fin de matinée, le transfert de 29 bébés prématurés sur les 31 qui avaient pu quitter l'hôpital Al-Shifa.
00:23 Ils ont rejoint l'Egypte tout à l'heure. On a les images de ces petites couveuses et de ces nouveau-nés qui ont donc réussi à sortir de l'enclave palestinienne.
00:34 C'est la bonne nouvelle du jour ? - Alors, c'est une très, très bonne nouvelle. Et l'UNICEF, ainsi que l'Organisation mondiale de la santé et tous les partenaires,
00:43 nous sommes très heureux d'avoir pu aider à sortir ces enfants. Il ne faut pas oublier que ce sont des enfants prématurés qui sont dans des unités de soins,
00:56 qui ont besoin d'électricité de manière constante pour garder leur corps à température. Certains d'entre eux respirent avec des respirateurs qui nécessitent aussi de l'électricité.
01:09 Et comme vous le savez, les hôpitaux de la bande de Gaza font face à un grand problème de manque d'électricité. Donc c'était vraiment très, très important pour nous
01:18 de pouvoir les évacuer. Nos équipes étaient sur place hier pour les aider à passer vers le sud de la bande de Gaza. Et aujourd'hui, nous apprenons effectivement
01:28 qu'ils sont passés ou qu'ils sont en train de passer en Egypte. - On a les images au moment où vous parlez. On nous parle d'un effort inter-institution de l'ONU,
01:38 de votre organisation UNICEF, de l'OMS, l'UNRWA, l'OTSHA, les services de lutte anti-mine, la Société du Croissant Rouge palestinien également.
01:47 Ça reste évidemment extrêmement symbolique. Ça a été quoi les conditions de ce transfert pour en arriver là ?
01:56 - Ce sont des conditions qui sont particulièrement difficiles, comme vous pouvez l'imaginer. On connaît les difficultés qu'il y a en termes de déplacement dans la bande de Gaza.
02:08 Avec les opérations qui sont actuellement en cours. Donc ça a demandé énormément de coordination. Ça a demandé beaucoup de coordination également avec les autorités égyptiennes.
02:20 Très tôt ce matin, les ambulances que vous voyez sur les images étaient prêtes à accueillir les incubateurs et les nourrissons qui sont dedans.
02:32 C'est important aussi de voir que ces enfants vont être accueillis, vont avoir un suivi. Certains d'entre eux sont non accompagnés.
02:41 Pour certains, on ne sait pas qui sont leurs parents. Et donc il y a tout un système qui est mis en place pour les identifier, pour en assurer le suivi,
02:53 pour qu'ils aient un gardien légal, un tuteur légal quand ils passent en Égypte pour continuer à s'occuper d'eux une fois qu'ils ont passé la frontière.
03:04 - L'évacuation, je le disais, est extrêmement symbolique. Vous estimez à l'UNICEF aujourd'hui qu'un million d'enfants sont aujourd'hui affectés par cette guerre.
03:13 J'aimerais citer peut-être Catherine Russell, qui est la directrice générale de l'UNICEF, qui a dit qu'il n'y a aucun endroit sûr à l'intérieur de la bande de Gaza pour ce million d'enfants.
03:21 Quelle est leur réalité aujourd'hui ?
03:24 - Leur réalité, elle est, comme on a pu le voir dans votre reportage, absolument horrible.
03:30 J'étais encore en contact avec une de mes collègues qui a deux petites filles de 4 et 7 ans.
03:35 Elle m'expliquait que ces petites filles ne pouvaient pas leur fournir ce que les filles demandaient, de l'eau normale, de l'eau comme elles ont d'habitude.
03:45 Et la seule eau qu'elles pouvaient leur fournir est une eau qui a très forte salinité. Et donc, les petites filles de ma collègue expliquaient qu'elles avaient des problèmes de diarrhée,
03:56 de diarrhée chronique, de déshydratation. Et donc, ce sont des combats quotidiens pour trouver un peu de pain, pour trouver un peu d'eau.
04:05 Et on le voit en plus, à côté de ça, il y a les soins élémentaires. On a plus de 7 000 enfants qui sont blessés, d'après les rapports qui nous parviennent,
04:18 7 000 enfants qui sont blessés alors que deux tiers des hôpitaux ne fonctionnent pas.
04:23 Donc, vous imaginez la situation auquel ils doivent faire face.
04:30 Et donc, il y a énormément de problèmes, problèmes de santé mentale, problèmes d'absence de suivi psychosocial, problèmes de traumatisme,
04:39 auxquels s'ajoutent évidemment les problèmes liés au manque d'eau et au manque de nourriture.
04:44 Et c'est pour cela que certains pays ont proposé leur aide. On a percevé à l'instant ce petit garçon à bord d'un avion.
04:52 Un premier groupe d'enfants a été évacué de la bande de Gaza vers les Émirats arabes unis ce week-end pour y être soigné en urgence.
04:58 La France également s'est dite prête à accueillir une cinquantaine d'enfants gazaouis blessés dans ces hôpitaux.
05:04 On imagine que ça reste très insuffisant pour vous aujourd'hui.
05:08 Alors, c'est effectivement toutes les initiatives positives pour aider des personnes qui sont dans un état de désespoir énorme sont évidemment les bienvenues.
05:19 Mais effectivement, la quantité, quand on compare avec le nombre de personnes et d'enfants qui sont en besoin de soutien,
05:30 c'est effectivement une fois encore, je dirais, une goutte d'eau dans l'océan.
05:34 Et donc, pour nous, ce qui est vraiment fondamental, c'est qu'au-delà de cette aide et de ces évacuations,
05:41 ce qui est important, c'est que l'aide internationale puisse rentrer dans la bande de Gaza,
05:46 qu'elle puisse rentrer de manière sécurisée, de manière prévisible et de manière continue,
05:53 mais surtout, surtout à un degré beaucoup plus élevé.
05:57 L'UNICEF a fait parvenir plus de 70 camions d'aide, mais si on prend juste l'eau qui a été acheminée,
06:05 cela permet à quelques centaines de milliers de personnes d'avoir de l'eau pour juste quelques jours.
06:11 Donc, on se rend compte que c'est beaucoup, beaucoup trop peu.
06:16 Deux millions et demi de personnes peuplent la bande de Gaza, on va le rappeler ici.
06:20 Vous, qu'est-ce que vous appelez ?
06:20 On a vu ce tweet sur la plateforme Mix publié hier par l'UNICEF.
06:25 Vous appelez à un cessez-le-feu immédiat, finalement.
06:28 Un cessez-le-feu humanitaire immédiat, c'est ce à quoi on appelle depuis le début, mais ce n'est pas tout.
06:35 Donc, on appelle à ce cessez-le-feu immédiat.
06:37 On appelle à ce corridor humanitaire avec beaucoup, beaucoup plus d'aide,
06:43 y compris de l'eau, de la nourriture, des médicaments, du matériel médical et du carburant.
06:48 Et alors, on appelle aussi, et c'est très important de le rappeler,
06:51 on appelle à la libération inconditionnelle des otages israéliens qui sont encore détenus,
06:55 on compte une trentaine d'enfants israéliens.
06:59 Justement, c'est une question qu'on allait vous poser.
07:01 N'oublions pas le sort de la quarantaine d'enfants israéliens otages encore retenus aux mains du Hamas.
07:08 Leur sort est tout aussi inquiétant aujourd'hui.
07:10 Bien sûr, la situation est absolument terrible.
07:15 Et effectivement, quand on voit le nombre d'enfants qui sont morts,
07:20 plus de 4 700 enfants palestiniens sont morts.
07:24 Et à cela, il faut ajouter, d'après les reports qui nous sont parvenus,
07:28 et à cela, il faut ajouter les enfants israéliens qui ont été tués
07:33 dans les terribles attaques de début octobre
07:35 et les enfants israéliens qui sont toujours détenus en otage.
07:39 Pour nous, un enfant est un enfant et on appelle à la cessation immédiate des hostilités
07:47 pour se cesser le feu immunitaire et la libération des enfants.
07:50 C'est absolument fondamental pour l'UNICEF.
07:53 Quand on voit les images ou quand on voit ce à quoi on assiste pour le moment,
07:57 c'est quelque chose qui doit cesser.
07:59 Les enfants qui sont aujourd'hui en première ligne de cette guerre,
08:03 quand on assiste chaque jour aux décomptes macabres communiqués par le Hamas,
08:08 qui recensent à ce jour 13 000 Palestiniens tués, dont plus de 5 500 enfants,
08:15 ce sont les plus vulnérables aujourd'hui ?
08:18 Les chiffres que moi j'ai, ce sont plus de 4 700 enfants tués, enfants palestiniens.
08:27 Ce sont des chiffres qui dépassent l'entendement.
08:34 Évidemment, quand ce sont des chiffres, on ne parvient pas à imaginer le drame
08:42 qui se passe derrière, le drame pour les familles.
08:45 On voit qu'il y a des situations qui sont absolument inimaginables.
08:51 On a des enfants qui sont recueillis dans les décombres.
08:54 On voit des décombres ici dans vos images.
08:57 Des enfants qui sont… On ne connaît pas leurs parents.
09:00 On ne sait même pas leur nom.
09:02 Les enfants sont âgés de 2, 3, 4 ans.
09:05 Ils ne peuvent pas parler.
09:06 Quand ils sont en âge de parler, ils sont tellement sous le choc
09:10 qu'ils ne peuvent même pas donner leur nom.
09:12 Et donc, on a une catastrophe, un drame qui est en train de se dérouler devant nos yeux
09:19 et qui doit, une fois encore, je le répète, qui doit s'arrêter.
09:23 Et on attend ce signal d'alarme que vous lancez, Jonathan Crix.
09:26 Merci d'avoir été notre invité du jour à l'occasion de cette journée internationale
09:31 des droits de l'enfant.
Commentaires

Recommandations