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00:02 RTL midi. Agnès Bonfillon, Éric Brunet.
00:06 Coup de filet ce matin dans le quartier Pismin de Nîmes, un quartier gangréné par le trafic de drogue et la violence, un quartier dont nous avons
00:15 beaucoup parlé au mois d'août lorsque Fayed, un petit garçon de 10 ans, a été tué, touché par une balle perdue.
00:21 Bonjour Etienne Baudu.
00:23 Bonjour. Vous êtes sur place à Nîmes, de nouvelles interpellations
00:28 ont eu lieu, donc, alors que la semaine dernière, on s'en souvient, 9 personnes étaient déjà arrêtées.
00:32 Oui, c'est une importante opération qui a eu lieu ce matin à 6 heures au pied des tours du quartier Pisme 20, 250 policiers en tout,
00:39 73 enquêteurs de la Sûreté départementale,
00:42 appuyés par le RAID, la BRI ainsi que la CRS 8, 20 interpellations
00:47 dans le cadre d'une enquête sur le trafic de drogue qui gangrène le quartier.
00:51 Un des principaux points de deal se situe dans la galerie Wagner, une galerie délabrée, bordée de petits commerces,
00:56 devant laquelle le petit Fayed avait été tué en août dernier. Mais les interpellations de ce matin
01:02 ne sont pas en lien, ne sont en lien avec le trafic ici, pas directement avec la mort de Fayed.
01:06 Dans ce dossier, il y a eu 9 interpellations, vous le disiez la semaine dernière,
01:10 dont les auteurs de la fusillade qui a coûté la vie aux jeunes garçons, parmi eux, des membres d'une autre cité nîmoise,
01:16 en guerre avec celle de Pisme 20, où la descente de police a eu lieu ce matin.
01:19 Il y a aussi des Marseillais proches de la DZ Mafia, un clan d'une cité marseillaise,
01:25 la paternelle, qui semble vouloir étendre son influence au-delà de Marseille, ici à Nîmes en particulier.
01:30 Merci Etienne, et pour en parler également avec nous, Richard Skeven, bonjour monsieur.
01:35 Oui, bonjour madame.
01:37 Vous êtes adjoint à la sécurité, à la mairie de Nîmes.
01:40 Ces nouvelles interpellations dont nous parlait Etienne à l'instant, c'est la preuve que les enquêtes avancent ?
01:46 Alors c'est la preuve qu'effectivement, donc, la police nationale, les policiers en général,
01:53 même les policiers municipaux, sont sur le terrain, occupent le territoire,
01:57 déjà d'une part pour sécuriser la population,
02:00 mais aussi pour aider les policiers qui sont en charge de dossiers d'investigation et de dossiers qui sont judiciaires.
02:08 Donc bien évidemment,
02:10 ces interpellations de ce matin n'ont pas eu lieu
02:14 pour les deux enquêtes d'assassinat d'Illy Jantet,
02:19 donc suite à la mort du petit Fayet, mais également de 18 ans, au mois d'août, mais
02:25 essentiellement sur le trafic spécifique de drogue des narcotrafiquants qui viennent d'engrainer cette
02:30 cité de Pissevin, notamment la gare Richard Wagner.
02:33 Richard Skeven, bonjour, c'est Éric Brunet. Je rappelle que vous êtes adjoint à la sécurité de la mairie de Nîmes.
02:38 Dites, dans les auditeurs, on la parole, il y a quelques jours nous avions un
02:42 auditeur de Nîmes qui nous disait, ce quartier Pissevin, on parle de points de deal, mais ça ne parle pas vraiment aux auditeurs.
02:49 Je vais vous expliquer, il était artisan, il allait travailler régulièrement, il me disait, ben voilà,
02:53 à l'entrée de Pissevin, en plusieurs endroits, il y a des palettes qui sont disposées et les trafiquants ont fait des checkpoints.
02:59 Ils vous demandent de qui vous êtes, ils arrêtent le véhicule,
03:02 ils vous demandent d'éteindre le moteur, ils vous demandent quel est votre nom, où vous allez, etc.
03:07 Et c'était un artisan, il a dû montrer pâte blanche à plusieurs reprises pour se rendre
03:11 sur un chantier
03:14 dans le quartier Pissevin. C'est-à-dire que ça dépasse ce que nous entendons.
03:17 On imagine qu'un point de deal, c'est trois personnes qui deal dans un coin, c'est carrément...
03:20 Il y a des côtés Beyrouth à la grande époque.
03:24 - Oui, c'est un peu ça. D'ailleurs, c'est pour ça que le maire de Nîmes
03:28 a fermé la médiathèque Marbernat, qui se trouve à proximité directe
03:32 du point de deal de la gare Équinard, puisque les agents qui travaillaient à la médiathèque
03:38 se faisaient fouiller, filmer, menacer, palper
03:43 par des impuls sur lesquels ils ont eu tête, effectivement.
03:46 Donc, depuis maintenant quelques mois, je pense que ce n'est plus vrai,
03:51 puisqu'on a quand même une unité de force mobile,
03:55 notamment un escadron de gendarmerie qui est à deux mains sur le territoire jusqu'au début de l'année, où...
04:00 - On vous entend très mal. Mettez-vous près de la fenêtre,
04:05 M. Skiven, parce qu'on vous entend mal. Oui, non, j'ai entendu que les fonctionnaires
04:12 départementaux, municipaux, qui travaillaient à la médiathèque
04:15 ont carrément dû, comme ils se faisaient fouiller sur ces checkpoints, par les organisations qui
04:22 vendent de la drogue,
04:25 ils ont décidé de renoncer. La mairie a décidé de renoncer.
04:27 - Ah ben, c'est pas... Non, le maire de Nîmes a fait en sorte que de protéger ses agents de la collectivité,
04:35 puisqu'effectivement c'était devenu intenable pour les agents de la municipalité...
04:40 - Donc on avait des dealers... Non mais c'est quand même dingue, parce que quand on parle des territoires perdus de la République, pardonnez-moi,
04:46 on avait donc des dealers qui disaient "vous êtes qui, vous allez où ? Je travaille à la médiathèque".
04:51 - Non mais il est certain qu'en termes de reconquête républicaine,
04:53 c'est vrai que là-dessus, on n'a pas été très bons, et je pense que
04:57 l'État en général n'a pas été très bon. Mais les choses avancent,
05:00 les choses avancent, puisqu'on voit que depuis, effectivement, les malheureux
05:05 assassinats de ces deux jeunes au mois d'août, les choses avancent, et collectivement. Donc je suis entièrement satisfait des opérations qui ont eu lieu,
05:13 donc depuis le mois de septembre, et notamment depuis le mois de novembre, début novembre,
05:18 où une dizaine de jeunes ont été interpellés la semaine dernière dans le cadre de ces deux procédures judiciaires d'assassinats en bande organisée,
05:28 tentatives d'assassinats en bande organisée et associations de mal-quitteur.
05:32 Donc neuf personnes ont été incarcérées à l'issue de ces enquêtes,
05:37 donc bien évidemment dans le cadre d'une condition ordatoire, mais également ce matin de bonheur où
05:42 250 policiers sont intervenus, ont fait une grosse opération en amont.
05:46 - Vous dites que ça avance et que ça va mieux ?
05:50 - Oui, alors je dis que ça avance et que ça va mieux, oui.
05:53 - 30 secondes pour conclure, monsieur l'adjoint à la sécurité de la mairie de Nîmes.
05:57 - Voilà, ce que je veux dire, c'est que les enquêtes judiciaires dans le cadre de
06:01 de trafic de produits stupéfiants, ce sont des enquêtes de très longue haleine.
06:05 Donc c'est pour ça que s'il y a eu effectivement des interpellations hier,
06:09 ce matin et plus particulièrement la semaine dernière, c'est qu'il faut absolument investiguer,
06:14 absolument identifier les personnes et ensuite que les procédures soient effectivement
06:20 conformes.
06:23 Voilà, oui.
06:25 - Juste pour vous remercier, merci beaucoup Richard Skeven d'avoir été avec nous ce midi dans RTL
06:31 Midi. Je rappelle que vous êtes adjoint à la sécurité à la mairie de Nîmes. Merci infiniment.
06:34 Dans un instant, on parle de tout autre chose, Eric.
06:38 - Oui, de quoi parle-t-on ? Je sais pas.
06:40 - Nous parlons des expertises de plus en plus nombreuses faites par les Français auprès de commissaires Prizeur-Platel.
06:46 - Le succès de cette émission à faire conclue un peu.
06:49 - Exactement.
06:49 - Est-ce que j'ai un Picasso dans mon grenier ?
06:51 - On ne sait jamais.
06:53 RTL Midi, Agnès Bonfillon.
06:57 !
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