00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 RTL Matin.
00:05 Édition spéciale.
00:07 Il est 8h19, nous poursuivons cette édition spéciale.
00:09 Bonjour lieutenant-colonel David Annetel.
00:11 Bonjour.
00:11 Vous représentez la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers.
00:13 Merci beaucoup de nous rejoindre dans ce studio, au cœur de notre édition spéciale.
00:17 La tempête Kéran souffle sur toute une partie du pays.
00:20 Vos hommes sont mobilisés, on le rappelle, 12 500 sur les 17 départements.
00:25 Vous nous confirmez ce mort qui a eu lieu dans l'Aisne ?
00:27 Oui, malheureusement, un chauffeur de poids lourd qui a malencontreusement percuté un arbre
00:33 qui apparemment, d'après les circonstances qui resteront à confirmer,
00:37 était tombé sur la route qu'il a empruntée tôt ce matin.
00:40 C'est un des gros soucis qu'on risque d'avoir pendant cette matinée,
00:43 justement les arbres qui seraient tombés sur nos routes.
00:45 C'est l'une des raisons majeures, pour ne pas dire la raison,
00:48 qui a incité le préfet du Finistère à interdire toute circulation sur les routes de ce même département.
00:54 Effectivement, d'une part pour éviter ce genre d'accident, de catastrophe,
00:59 d'emmener des personnes à être bloquées sur les routes,
01:03 et puis à faciliter également l'action des secours,
01:06 que ce soit les sabres-empiers, les services communaux, le conseil départemental, etc.
01:10 Tous les services qui vont se mettre en œuvre, en inter-service,
01:12 pour pouvoir déblayer et rendre ces routes praticables.
01:16 Donc ça facilitera l'action.
01:18 C'est indispensable que les gens, effectivement, on va en revenir dessus,
01:21 mais que les gens recherchent chez eux.
01:23 Un pompier a été légèrement blessé aussi dans le Finistère ?
01:25 Oui, on reste sur un bilan humain qui, à cette heure, est très limité, fort heureusement.
01:29 On avait un contexte qui était particulier, période de vacances scolaires, la nuit,
01:34 jour férié hier, donc on peut se féliciter de ce bilan qui est pour l'instant très limité.
01:40 J'espère qu'il va, et on espère tous qu'il va, en rester sur ces chiffres,
01:43 et évidemment les actions sur la vigilance qui ont porté leurs fruits.
01:46 Alors justement, est-ce que c'est lié au fait qu'on ait eu une anticipation
01:50 qui paraissait particulièrement mise en place cette fois-ci ?
01:54 Oui, alors pour nous la confirmer, vous c'est votre métier, vous êtes un professionnel.
01:57 Oui, il y a eu vraiment une grosse action.
01:58 Alors la tempête avait été identifiée dès le week-end dernier,
02:01 donc on a connu une montée en puissance de la vigilance,
02:04 et puis des préparatifs, de l'anticipation par tous les services concernés depuis plusieurs jours.
02:09 Effectivement, hier, on peut parler de quasi matraquage médiatique.
02:13 Certains ont sans doute même pu penser qu'il y en avait eu trop fait,
02:17 mais au final, le bilan est là, il reste heureusement limité pour ce que l'on peut maîtriser,
02:23 c'est-à-dire les pertes humaines, pour ce qui est des dégâts matériels.
02:25 Malheureusement, une fois que la tempête arrive, on ne peut pas y faire grand-chose.
02:29 1,2 millions de personnes sont actuellement privées d'électricité,
02:32 selon NDI, 780 000 rien que pour la Bretagne.
02:36 Comment gère-t-on ce genre de situation ?
02:38 Alors c'est effectivement l'un des points majeurs et l'une des conséquences,
02:40 à l'heure où on se parle, qui est la plus importante.
02:43 Les codes d'armore évoquaient la moitié des communes qui étaient touchées par au moins une coupure d'électricité.
02:50 Donc effectivement, ça fait vraiment une zone particulièrement étendue.
02:53 On parle là de près de 800 000 habitants.
02:56 Enedis avait pris les devants, puisque c'est un des enseignements.
02:58 Il y a eu les vigilances météo par Météo France depuis la tempête des 99.
03:03 Il y a aussi tout un travail qui a été fait par les services d'Enedis,
03:06 qui ont dépêché depuis de nombreuses régions,
03:10 donc dès hier, près de 3000 agents,
03:12 qu'ils ont prépositionnés en Bretagne pour pouvoir intervenir le plus rapidement.
03:15 Donc ils vont travailler, ils ont déjà travaillé une partie de la nuit,
03:18 ils vont continuer à travailler toute la journée.
03:20 Ils vont réparer des lignes, ils vont installer des groupes électrogènes
03:22 sur les sites qui en nécessitent,
03:25 les sites qui sont jugés comme vitaux,
03:27 les hôpitaux, les infrastructures techniques.
03:30 Donc petit à petit, ils vont réparer.
03:31 Des rafales de vent ont dépassé la barre des 200 km/h,
03:34 notamment dans le Finistère,
03:36 bien plus que la moyenne annoncée par Météo France.
03:37 Est-ce que vous êtes surpris de cette intensité ?
03:40 Alors ça, on se rapproche des chiffres connus en 99,
03:43 donc quelque part pour la tempête et la bombe météorologique,
03:46 c'était le terme employé par certains,
03:48 on est conforme aux prévisions.
03:49 Après, il y a toujours des petites variations selon tel ou tel endroit,
03:52 mais on est dans les chiffres qui avaient été évoqués.
03:55 Je reste dans les chiffres, est-ce que vous savez le nombre d'interventions
03:57 de la part de vos confrères sapeurs-pompiers cette nuit,
03:59 et de quelle nature en fait ?
04:01 Alors à l'heure actuelle, on est sur l'ensemble de la Bretagne,
04:03 aux environs d'un millier,
04:05 mais le gros bémol et le gros point d'alerte,
04:08 c'est que les gens, petit à petit,
04:09 alors désormais il est 8h30, les gens se sont tous levés,
04:12 mais on a connu un gros pic d'appels depuis 5-6h du matin.
04:16 Le CTA Codice, le centre de réception d'appels d'urgence du Finistère,
04:20 a été saturé pendant de nombreuses minutes, de nombreuses heures.
04:23 Ça se déplace petit à petit,
04:24 donc les gens se réveillent et font leur constat.
04:26 Donc on ne peut que les inciter à différer leurs appels au secours,
04:29 de vraiment nous contacter, de contacter les services de secours,
04:32 qu'en cas d'extrême nécessité, d'extrême urgence.
04:34 Si c'est au final un arbre qui est tombé sur leur véhicule,
04:37 c'est certes dommage et regrettable,
04:40 mais il n'y a pas d'urgence en soi,
04:42 le nécessaire pour être fait dans la journée,
04:43 aussi bien par les services de secours,
04:44 si c'est de notre ressort ou par d'autres services,
04:47 si ce n'est pas le cas.
04:48 - Vous qui êtes un professionnel de ces situations,
04:49 quels sont les dégâts qui vous ont le plus marqué pour l'instant ?
04:52 - Les dégâts concernent majoritairement les plus marquants.
04:55 On a un ou deux des toitures d'envolée de magasins
04:58 dans les côtes d'armor dans le Finistère,
05:00 et des arbres qui seraient tombés sur des habitations.
05:02 C'est à 7h les interventions les plus marquantes.
05:06 On n'a pas d'établissement majeur
05:11 qui aurait été impacté à l'heure où on se parle,
05:13 et au gré de la remontée des informations
05:14 qui se fait petit à petit.
05:15 - Alors voilà pour la première photographie
05:18 qu'on peut donner ce matin,
05:18 on a bien compris qu'elle est parfaitement évolutive.
05:21 Que redoutez-vous maintenant pour les heures qui viennent ?
05:24 Un relâchement de la vigilance ?
05:25 - Exactement, il y a deux aspects.
05:27 Il y a l'aspect eau, on a parlé de vagues submersion,
05:30 donc la marée se met en place,
05:31 donc on a éventuellement une montée des eaux
05:34 au plus près du littoral,
05:35 ça ne se passera pas dans les terres,
05:36 mais il y a quand même également beaucoup d'eau
05:38 qui tombe sur l'ensemble de la région.
05:40 Donc une pratique liée à l'eau,
05:42 et vous l'avez dit, le jour se lève,
05:45 autant hier soir à 23h,
05:47 il était peu probable que les habitants,
05:49 même si on peut toujours tomber sur des personnes
05:51 un peu moins sérieuses,
05:52 aillent prendre des photos au bord de l'eau.
05:55 Là, la matinée arrivant, on le répète,
05:57 il faut rester chez soi,
05:58 le spectacle de la mer enfurée est sans doute magnifique,
06:01 mais autant le regarder sur son écran
06:04 et attendre que tout ça se calme.
06:06 - Kirane, peut-elle monter en puissance ?
06:09 Est-ce qu'on peut imaginer que le pire soit à venir ?
06:11 - Non, je ne suis pas prévisionniste de Météo France,
06:14 mais a priori, on est sur une évacuation progressive,
06:18 le Finistère a connu son pic,
06:19 les Côtes d'Armor sont dans l'œil de la tempête,
06:22 c'est désormais la Manche qui va être impactée,
06:24 et ainsi de suite.
06:25 Apparemment, il n'y a pas de suite inquiétante
06:29 à attendre pour ce qui est d'aujourd'hui.
06:31 Après, il y a d'autres dépressions qui arrivent
06:33 au fur et à mesure de la semaine,
06:34 ce week-end également annoncé,
06:36 donc je pense qu'on est sur une période
06:37 où il faut rester vigilant et surtout écouter
06:40 les conseils des autorités et des sites de prévision.
06:42 - J'imagine que la levée du jour va permettre aussi
06:45 de découvrir des choses parfois pas agréables
06:47 et des surprises, tout simplement.
06:49 - Tout à fait, c'est pour ça que le bilan reste très provisoire,
06:51 on parle d'impact non majeur sur des équipements importants,
06:59 mais il faut être prudent et on verra au fur et à mesure
07:00 de la matinée la remontée des informations
07:03 concernant ces départements impactés.
07:05 - Et je suis frappé que ce matin, vous insistez sur le fait
07:07 que vous demandez aux Français quand ils le peuvent vraiment
07:09 de ne surtout pas prendre la route en voiture.
07:11 - Oui, tout à fait, ça a été le message
07:13 qui a été martelé hier soir, mais vraiment,
07:15 sauf en cas d'extrême urgence, si vraiment votre employeur,
07:17 mais on le souhaite et on l'espère, restera compréhensif,
07:20 télétravailler, rester chez vous le maximum
07:23 jusqu'au moins le milieu de la matinée,
07:24 voire jusqu'à la mi-journée.
07:25 - Merci beaucoup de ces messages très clairs.
07:27 [SILENCE]
Commentaires