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  • il y a 2 ans
Restauration et mise en valeur du tableau de Fénelon au lycée.
Histoire.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00 Chers amis de BFROAVISION, nous sommes au lycée devant ce tableau qui sort de loin.
00:07 Et donc je remercie M.Mass de nous avoir invité.
00:10 On va vous retracer un petit peu l'histoire du tableau, et évidemment de fait long.
00:15 M.Mass, bonjour.
00:16 Bonjour M.Villain, bonjour Madame Bouvard.
00:19 Je vais prendre la parole quelques minutes avant de laisser les gens compétents me suivre.
00:28 L'histoire de ce tableau m'a été apportée dès mon arrivée par ma secrétaire de direction, il y a deux ans.
00:35 C'est ensuite des périodes de réflexion plus ou moins régulières et plus ou moins actives.
00:42 Arrive en 2022 une information d'un professeur ayant l'heure de pénétrer dans les profondeurs magnifiques des sous-sols de la médiathèque.
00:55 Madame la directeure, je me dis, M. le proviseur, je sais où se trouve le tableau historique de fait long, présent dans l'ancien bâtiment détruit de l'administration.
01:09 Il est de source sûre de la part de Mme Richer, la directrice, et de son adjoint M.Victoire dans les caves, et je l'ai vu.
01:20 Je suis allé très vite à la médiathèque déambuler dans les souterrains de l'ancienne Banque de France, du Cato, pour le voir aussi.
01:30 J'informe la région de vouloir réaccrocher le tableau et les soucis commencent. Est-il archivé ? A-t-il une valeur ?
01:40 Vous n'êtes pas sécurisé pour afficher une œuvre d'art ? Nous ne sommes pas assurés ? Et j'en passe.
01:47 Quelques semaines après, j'ai l'autorisation, il faut maintenant l'encadrer, et je remercie le conseil d'administration et les associations de parents d'élèves de la maison des lycéens d'avoir contribué au coût de l'encadrement.
02:08 Je remercie aussi sincèrement les agents du lycée d'avoir préparé le réaccrochage et l'espace dédié au tableau.
02:16 Parce que ce n'était pas prévu, donc ils ont dû taper dans la brique, refaire les placos ?
02:21 Oui, parce qu'il y avait une toute petite ouverture comme à côté, sur le mur d'à côté, et donc ils ont refait une grande ouverture, ils ont refait les encadrements, les peintures, l'éclairage, ils ont très bien travaillé pour le mettre en valeur.
02:43 On va peut-être demander à Madame Bouvard qui a travaillé longuement sur le sujet, on va d'abord vous parler, qui est François Fennelon ?
02:53 C'est vrai que ça fait longtemps que je le fréquentais, Fennelon, et je commence à le connaître et à l'apprécier du fait.
02:59 Alors, il est né dans le Périgord, dans une famille aristocratique, et c'était le 13ème enfant, donc une famille nombreuse, une famille aimante également.
03:08 Son oncle était évêque à Sarla, je pense, donc il était un petit peu lancé dans la carrière ecclésiastique.
03:15 Il va d'abord aller à Versailles, à Paris, et puis ensuite il va atterrir à Cambrai, et y rester.
03:23 Mais pourquoi il atterrit à Cambrai ?
03:25 Alors, contrairement à ce qu'on croit souvent, sa nomination à Cambrai n'est pas du tout une punition, c'est le contraire, c'est un grand privilège,
03:34 parce que Fennelon, à cette époque, est un personnage qui monte, il a du charisme, c'est un intellectuel, il écrit, il est brillant.
03:44 Il souhaite également certainement jouer un rôle politique, et il devient le précepteur du petit-fils de Louis XIV, le dauphin,
03:52 un enfant particulièrement difficile, et il s'en sort très bien.
03:56 Donc il devient un peu un favori de Louis XIV, il gravite dans cette prestigieuse cour royale.
04:02 Et comme cadeau, Louis XIV lui offre l'archevêché de Cambrai et ses riches revenus.
04:09 Apparemment, à Cambrai, c'était très très riche.
04:12 C'était le plus riche de France, c'est simple. C'était un royal cadeau.
04:15 Alors, à cette époque, c'était des revenus pour l'archevêque.
04:20 Il n'était pas astreint à résider dans son diocèse.
04:23 Il y avait toute une administration de gens d'église qui gouvernait ça, et puis lui faisait une visite de temps à autre.
04:30 Mais en fait, deux ans après avoir été nommé, je crois que c'est en 1697,
04:35 Fennelon est assigné à résidence parce qu'il a déplu à Louis XIV,
04:40 qui se comportait, il faut bien le dire, comme un autocrate.
04:43 Alors, pourquoi ? On va expliquer, je vais expliquer un petit peu pourquoi il avait déplu.
04:48 Il avait notamment écrit un texte, un tout petit texte, qui s'appelle « La lettre à Louis XIV ».
04:54 Et j'invite vraiment à lire ce texte, en particulier tous les gens qui ont des responsabilités, qui ont du pouvoir,
05:01 parce que c'est une très belle leçon.
05:03 Dans ce texte, Fennelon va rappeler aux puissants qu'ils sont là avant tout pour servir,
05:10 et non pas pour s'enrichir ou pour leur gloire et ambition personnelle.
05:15 C'est un peu ce que Kennedy disait aussi. Vous n'êtes pas là pour vous servir, mais pour…
05:21 Évidemment, ça a déplu.
05:22 Ah, ça a beaucoup plu. Et même si à la fin de sa vie, Louis XIV a reconnu qu'il avait peut-être un peu raison, Fennelon,
05:29 parce qu'il déclare, avant de mourir un peu, « J'ai trop aimé la guerre, la guerre qui a ruiné la France
05:36 et fait souffrir énormément les populations ».
05:39 « La personne, Cyr, qui prend la liberté de vous écrire cette lettre, n'a aucun intérêt en ce monde.
05:47 Elle ne l'écrit ni par chagrin, ni par ambition, ni par envie de se mêler des grandes affaires.
05:53 Elle vous aime sans être connue de vous. Elle regarde Dieu en votre personne.
05:58 Avec toute votre puissance, vous ne pouvez lui donner aucun bien qu'elle désire,
06:02 et il n'y a aucun mal qu'elle ne souffre de bon cœur pour vous faire connaître les vérités nécessaires à votre salut.
06:08 Si elle vous parle fortement, n'en soyez pas étonné, c'est que la vérité est libre et forte.
06:13 Vous n'êtes guère accoutumés à l'entendre. Les gens accoutumés à être flattés prennent aisément pour chagrin,
06:19 pour apreté et pour excès, ce qui n'est que la vérité toute pure.
06:23 C'est la trahir que de ne vous la montrer pas dans toute son étendue.
06:27 Dieu est témoin que la personne qui vous parle le fait avec un cœur plein de zèle, de respect,
06:32 de fidélité et d'attendrissement sur tout ce qui regarde votre véritable intérêt.
06:37 Vous êtes nés, Cyr, avec un cœur droit et équitable.
06:40 Mais ceux qui vous ont élevés ne vous ont donné pour science de gouverner que la défiance, la jalousie,
06:45 l'éloignement de la vertu, la crainte de tout mérite éclatant, le goût des hommes souples et rampants,
06:51 la hauteur et l'attention à votre seul intérêt.
06:54 Depuis environ trente ans, vos principaux ministres ont ébranlé et renversé toutes les anciennes maximes de l'État,
07:00 pour faire monter jusqu'au comble votre autorité qui était devenue la leur parce qu'elle était dans leurs mains.
07:05 On n'a plus parlé de l'État ni des règles. On n'a parlé que du Roi et de son bon plaisir.
07:10 On a poussé vos revenus et vos dépenses à l'infini.
07:13 On vous a élevés jusqu'au ciel, pour avoir effacé, disait-on, la grandeur de tous vos prédécesseurs ensemble,
07:20 c'est-à-dire pour avoir appauvri la France entière, afin d'introduire à la cour un luxe monstrueux et incurable.
07:26 Ils ont voulu vous élever sur les ruines de toutes les conditions de l'État,
07:30 comme si vous pouviez être grand en ruinant tous vos sujets, sur qui votre grandeur est fondée.
07:35 Il est vrai que vous avez été jaloux de l'autorité, peut-être même trop, dans les choses extérieures.
07:41 Mais, pour le fond, chaque ministre a été le maître dans l'étendue de son administration.
07:46 Vous avez cru gouverner, parce que vous avez réglé les limites entre ceux qui gouvernent.
07:51 Ils ont bien montré au public leur puissance, et on ne l'a que trop senti.
07:56 Ils ont été durs, hauts-teints, injustes, violents, de mauvaise foi.
08:01 Ils n'ont connu d'autres règles, ni pour l'administration du dedans de l'État,
08:05 ni pour les négociations étrangères, que de menacer, que d'écraser, que d'anéantir tous ceux qui leur résistaient.
08:12 Ils ne vous ont parlé que pour écarter de vous tous mérites qui pouvaient leur faire ombrage.
08:17 Ils vous ont accoutumé à recevoir sans cesse des lois enjoutrées qui vont jusqu'à l'idolâtrie,
08:22 que vous auriez dû, pour votre honneur, rejeter avec indignation.
08:26 On a rendu votre nom au Dieu, et toute la nation française insupportable à tous nos voisins.
08:31 On n'a conservé aucun ancien allié, parce qu'on n'a voulu que des esclaves.
08:36 On a causé depuis plus de vingt ans des guerres sanglantes.
08:39 Par exemple, Sire, on fit entreprendre à votre Majesté, en 1672, la guerre de Hollande pour votre gloire
08:46 et pour punir les Hollandais qui avaient fait quelques railleries, dans le chagrin où on les avait mis en troublant les règles de commerce, établies par le Cardinal de Richelieu.
08:55 Je cite en particulier cette guerre, parce qu'elle a été la source de toutes les autres.
09:00 Elle n'a eu pour fondement qu'un motif de gloire et de vengeance, ce qui ne peut jamais rendre une guerre juste.
09:06 D'où il s'ensuit que toutes les frontières que vous avez étendues par cette guerre, sont injustement acquises dans l'origine.
09:12 Il est vrai, Sire, que les traités de paix subséquents semblent couvrir et réparer cette injustice, puisqu'ils vous ont donné les places conquises.
09:20 Mais une guerre injuste n'en est pas moins injuste, pour être heureuse.
09:24 Les traités de paix signés par les vaincus ne sont point signés librement.
09:28 On signe le couteau sur la gorge, on signe malgré soi, pour éviter de plus grandes pertes, on signe comme on donne sa bourse quand il la faut donner ou mourir.
09:37 Il faut donc, Sire, remonter jusqu'à cette origine de la guerre de Hollande, pour examiner devant Dieu toutes vos conquêtes.
09:44 Il est inutile de dire qu'elles étaient nécessaires à votre État. Le bien d'autrui ne nous est jamais nécessaire.
09:50 Ce qui nous est véritablement nécessaire, c'est d'observer une exacte justice.
09:55 C'est à vous à chercher cette sûreté par de bonnes alliances, par votre modération, ou par des places que vous pouvez fortifier derrière.
10:03 Mais enfin, le besoin de veiller à notre sûreté ne nous donne jamais un titre de prendre la terre de notre voisin.
10:09 Consultez là-dessus des gens instruits et droits. Ils vous diront que ce que j'avance est clair comme le jour.
10:15 En voilà assez, Sire, pour reconnaître que vous avez passé votre vie entière hors du chemin de la vérité et de la justice, et par conséquent hors de celui de l'Évangile.
10:25 Tant de troubles affreux qui ont désolé toute l'Europe depuis plus de vingt ans, tant de sang répandu, tant de scandales commis, tant de provinces saccagées,
10:34 tant de villes et de villages mis en cendres, sont les funestes suites de cette guerre de 1672, entreprise pour votre gloire et pour la confusion des faiseurs de gazettes et de médailles de Hollande.
10:45 Examinez, sans vous flatter, avec des gens de bien si vous pouvez garder tout ce que vous possédez en conséquence des traités auxquels vous avez réduit vos ennemis par une guerre si mal fondée.
10:55 Elle est encore la vraie source de tous les maux que la France souffre.
10:59 Depuis cette guerre, vous avez toujours voulu donner la paix en maître, et imposer des conditions, au lieu de les régler avec équité et modération.
11:07 Voilà ce qui fait que la paix n'a pu durer. Vos ennemis, honteusement accablés, n'ont songé qu'à se relever et qu'à se réunir contre vous.
11:15 Faut-il s'en étonner, vous n'avez pas même demeuré dans les termes de cette paix que vous aviez donnée avec tant de hauteur.
11:21 En pleine paix, vous avez fait la guerre et des conquêtes prodigieuses. Vous avez établi une chambre des réunions, pour être tout ensemble juges et partis, c'était ajouter l'insulte et la dérision à l'usurpation et à la violence.
11:34 Vous avez cherché dans le traité de Westphalie des termes équivoques pour surprendre Strasbourg.
11:40 Jamais aucun de vos ministres n'avait osé, depuis tant d'années, alléguer ces termes dans aucune négociation, pour montrer que vous eussiez la moindre prétention sur cette ville.
11:50 Une telle conduite a réuni et animé toute l'Europe contre vous.
11:54 Ceux-mêmes qui n'ont pas osé se déclarer ouvertement souhaitent du moins avec impatience votre affaiblissement et votre humiliation, comme la seule ressource pour la liberté et pour le repos de toutes les nations chrétiennes.
12:05 Vous qui pouviez, Sire, acquérir tant de gloire solide et paisible à être le père de vos sujets et l'arbitre de vos voisins, on vous a rendu l'ennemi commun de vos voisins, et on vous expose à passer pour un maître dur dans votre royaume.
12:18 Le plus étrange effet de ces mauvais conseils est la durée de la ligue formée contre vous.
12:23 Les Alliés aiment mieux faire la guerre avec perte que de conclure la paix avec vous, parce qu'ils sont persuadés, sur leur propre expérience, que cette paix ne serait point une paix véritable, que vous ne la tiendriez non plus que les autres, et que vous vous en serviriez pour accabler séparément sans peine chacun de vos voisins dès qu'ils se seraient désunis.
12:41 Ainsi, plus vous êtes victorieux, plus ils vous craignent et se réunissent pour éviter l'esclavage dont ils se croient menacés.
12:48 Ne pouvant vous vaincre, ils prétendent du moins vous épuiser à la longue.
12:52 Enfin ils n'espèrent plus de sûreté avec vous qu'en vous mettant dans l'impuissance de leur nuire.
12:57 Mettez-vous, Sire, un moment en leur place, et voyez ce que c'est que d'avoir préféré son avantage à la justice et à la bonne foi.
13:05 Cependant vos peuples, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui ont été jusqu'ici si passionnés pour vous, meurent de faim.
13:12 La culture des terres est presque abandonnée. Les villes et la campagne se dépeuplent. Tous les métiers languissent et ne nourrissent plus les ouvriers.
13:20 Tout commerce est anéanti. Par conséquent vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes au dehors.
13:29 Au lieu de tirer de l'argent de ce pauvre peuple, il faudrait lui faire l'aumône et le nourrir.
13:35 La France entière n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provision. Les magistrats sont avilis et épuisés.
13:42 La noblesse, dont tout le bien est en décret, ne vit que de lettres d'État. Vous êtes importunés de la foule des gens qui demandent et qui murmurent.
13:50 C'est vous-même, Sire, qui vous êtes attiré tous ces embarras. Car, tout le royaume ayant été ruiné, vous avez tout entre vos mains, et personne ne peut plus vivre que de vos dons.
14:01 Voilà ce grand royaume si florissant sous un roi qu'on nous dépeint tous les jours comme les délices du peuple, et qui le serait en effet si les conseils flatteurs ne l'avaient pas empoisonné.
14:10 Le peuple même, il faut tout dire, qui vous a tant aimé, qui a eu tant de confiance en vous, commence à perdre l'amitié, la confiance, et même le respect.
14:20 Vos victoires et vos conquêtes ne le réjouissent plus, il est plein d'aigreur et de désespoir. La sédition s'allume peu à peu de toutes parts.
14:28 Il croit que vous n'avez aucune pitié de leurs mots, que vous n'aimez que votre autorité et votre gloire.
14:33 Si le roi, dit-on, avait un cœur de père pour son peuple, ne mettrait-il pas plutôt sa gloire à leur donner du pain, et à les faire respirer après tant de mots, qu'à garder quelques places de la frontière, qui cause la guerre ?
14:46 Quelle réponse à cela, Sire ? Les émotions populaires, qui étaient inconnues depuis si longtemps, deviennent fréquentes. Paris même, si près de vous, n'en est pas exempt.
14:57 Les magistrats sont contraints de tolérer l'insolence des mutins, et de faire couler sous main quelques monnaies pour les apaiser. Ainsi on paye ceux qu'il faudrait punir.
15:06 Vous êtes réduits à la honteuse et déplorable extrémité, ou de laisser la sédition impunie et de la croître par cette impunité, ou de faire massacrer avec inhumanité des peuples que vous mettez au désespoir en leur arrachant, par vos impôts pour cette guerre, le pain qu'ils tâchent de gagner à la sueur de leur visage.
15:23 Mais, pendant qu'il manque de pain, vous manquez vous-même d'argent, et vous ne voulez pas voir l'extrémité où vous êtes réduits. Parce que vous avez toujours été heureux, vous ne pouvez vous imaginer que vous cessiez jamais de l'être.
15:35 Vous craignez d'ouvrir les yeux. Vous craignez d'être réduits à rabattre quelque chose de votre gloire. Cette gloire, qui endurcit votre cœur, vous est plus chère que la justice, que votre propre repos, que la conservation de vos peuples, qui périssent tous les jours de maladies causées par la famine, enfin que votre salut éternel incompatible avec cet idole de gloire.
15:56 Voilà, Sire, l'état où vous êtes. Vous vivez comme ayant un bandeau fatal sur les yeux. Vous vous flattez sur les succès journaliers, qui ne décident rien, et vous n'envisagez point d'une vue générale le gros des affaires, qui tombe insensiblement sans ressources.
16:11 Pendant que vous prenez, dans un rude combat, le champ de bataille et le canon de l'ennemi, pendant que vous forcez les places, vous ne songez pas que vous combattez sur un terrain qui s'enfonce sous vos pieds, et que vous allez tomber malgré vos victoires.
16:24 Tout le monde le voit et personne n'ose vous le faire voir. Vous le verrez peut-être trop tard. Le vrai courage consiste à ne se point flatter, et à prendre un parti ferme sur la nécessité.
16:35 Vous ne prêtez volontiers l'oreille, Sire, qu'à ceux qui vous flattent de vaines espérances. Les gens que vous estimez les plus solides sont ceux que vous craignez et que vous évitez le plus.
16:45 Il faudrait aller au-devant de la vérité, puisque vous êtes roi, presser les gens de vous la dire sans adoucissement, et encourager ceux qui sont trop timides.
16:54 Tout au contraire, vous ne cherchez qu'à ne point approfondir. Mais Dieu saura bien enfin lever le voile qui vous couvre les yeux, et vous montrer ce que vous évitez de voir.
17:03 Il y a longtemps qu'il tient son bras levé sur vous. Mais il est lent à vous frapper, parce qu'il a pitié d'un prince qui a été toute sa vie obsédé de flatteurs, et parce que, d'ailleurs, vos ennemis sont aussi les siens.
17:15 Mais il saura bien séparer sa cause juste d'avec la vôtre, qui ne l'est pas, et vous humilier pour vous convertir. Car vous ne serez chrétien que dans l'humiliation.
17:25 Vous n'aimez que votre gloire et votre commodité. Vous rapportez tout à vous, comme si vous étiez le dieu de la terre, et que tout le reste n'eût été créé que pour vous être sacrifiés.
17:35 C'est, au contraire, vous que Dieu n'a mis au monde que pour votre peuple. Mais, hélas ! vous ne comprenez point ces vérités. Comment les goûteriez-vous ?
17:44 Vous ne connaissez point Dieu, vous ne l'aimez point, vous ne le priez point du cœur, et vous ne faites rien pour le connaître.
17:50 Je sais bien que, quand on parle avec cette liberté chrétienne, on court risque de perdre la faveur des rois. Mais votre faveur leur est-elle plus chère que votre salut ?
18:00 Je sais bien aussi qu'on doit vous plaindre, vous consoler, vous soulager, vous parler avec zèle, douceur et respect. Mais enfin il faut dire la vérité.
18:09 Malheur ! malheur à eux s'ils ne la disent pas, et malheur à vous si vous n'êtes pas dignes de l'entendre. Il est honteux qu'ils aient votre confiance sans fruit depuis tant de temps.
18:18 C'est à eux à se retirer si vous êtes trop ombrageux et si vous ne voulez que des flatteurs autour de vous.
18:24 Vous demanderez peut-être, Sire, qu'est-ce qu'ils doivent vous dire. Le voici. Ils doivent vous représenter qu'il faut vous humilier sous la puissante main de Dieu, si vous ne voulez qu'il vous humilie.
18:34 Qu'il faut demander la paix, et expier par cette honte toute la gloire dont vous avez fait votre idole. Qu'il faut rejeter les conseils injustes des politiques flatteurs.
18:43 Qu'enfin il faut rendre plutôt à vos ennemis, pour sauver l'Etat, des conquêtes que vous ne pouvez d'ailleurs retenir sans injustice.
18:50 N'êtes-vous pas trop heureux, dans vos malheurs, que Dieu fasse finir les prospérités qui vous ont aveuglés, et qu'il vous contraigne de faire des restitutions essentielles à votre salut, que vous n'auriez jamais pu vous résoudre à faire dans un état paisible et triomphant ?
19:04 La personne qui vous dit ces vérités, Sire, bien loin d'être contraire à vos intérêts, donnerait sa vie pour vous voir telle que Dieu vous veut, et elle ne cesse de prier pour vous.
19:13 Alors voilà, Fennelon relégué dans son archevêché, pour lui c'est une terre lointaine, d'ailleurs on n'y parle même pas français, on parle le patois picard, déjà.
19:24 Et puis c'est une terre nouvellement conquise, puisqu'elle a été rattachée à la France en 1698 par le traité de Nîmègue, et justement ces conquêtes de Louis XIV.
19:35 Donc ici les gens ne se sentent pas spécialement français, et même ils n'ont pas très envie d'être français, parce que ça signifie payer l'impôt au roi de France.
19:45 Et jusque-là ils étaient exemptés d'impôt, ils payaient l'impôt à l'archevêque, mais c'était un impôt beaucoup plus raisonnable.
19:52 C'est pour ça qu'à cette époque-là le château était très grand.
19:56 Oui, et très actif sur le plan commercial.
19:59 Il n'y avait pas d'impôt, c'était magnifique.
20:01 Il y avait d'ailleurs, il faut bien le dire, un actif commerce de contrebande avec le tabac et l'alcool.
20:07 Et beaucoup de familles se sont un peu enrichies, et puis les gens étaient attachés à leur archevêque.
20:13 Ils avaient vraiment une justice particulière.
20:17 D'ailleurs on fait visiter les souterrains du château en ce moment, on peut voir deux cellules qui étaient des cellules où on mettait les prisonniers pour les délits graves.
20:25 Et puis toute une juridiction particulière.
20:29 L'archevêque venait souvent au château parce que c'était en somme sa résidence secondaire par rapport à Cambrai.
20:37 Il y avait ce joli palais Fennelon avec le parc, avec de la verdure, c'était tout à fait reposant pour lui.
20:46 Et Fennelon aimait beaucoup la nature.
20:49 Alors ce portrait, ce tableau, on va peut-être essayer d'en parler un petit peu.
20:54 Il a vécu de drôles d'histoires parce que finalement il ne devrait plus être là aujourd'hui.
20:59 Non, il faut dire d'abord qu'il est anonyme.
21:01 On ne sait pas qui est le peintre.
21:03 Il est anonyme et il a été refait parce que la tête a été abîmée.
21:08 Donc le peintre qui a refait la tête n'était pas très habile.
21:12 Il faut le dire tout de suite, ça n'est pas une grande œuvre d'art.
21:16 Il y a des très beaux tableaux de Fennelon au musée de Cambrai, par Rigaud, c'est en quelque sorte le portrait officiel.
21:23 Là, nous avons Fennelon le matin dans sa bibliothèque.
21:27 Au château.
21:28 Au château, dans son palais, qui n'était pas le palais Fennelon actuel.
21:33 Le palais Fennelon actuel a été réaménagé après sa mort.
21:37 Alors Fennelon se levait tôt, écrivait, écrivait, écrivait.
21:42 Il écrivait énormément et il avait un réseau de correspondants à travers toute l'Europe.
21:48 Il était aussi directeur de conscience d'un certain nombre de personnages.
21:52 Cette lettre que nous voyons, dont on a pu déchiffrer d'ailleurs les premières lignes,
21:58 c'est une lettre à une certaine, je crois que c'est la comtesse de Montbéron,
22:03 qui était la femme du gouverneur de Cambrai,
22:06 et qui était inquiète pour tout un certain nombre de raisons.
22:09 Fennelon essaie de la rassurer un peu, de lui remonter le moral,
22:13 de lui donner un peu de sagesse pour affronter ses épreuves,
22:17 parce que cette dame avait perdu un fils à la guerre.
22:19 Donc évidemment c'était une période difficile pour elle.
22:22 Au château, le 27 mai 1707.
22:26 J'ai le cœur affligé, ma très chère fille, d'apprendre la peine où vous êtes,
22:32 mais je vous conjure de ne point grossir vos croix par vos réflexions.
22:37 La délicatesse et la vivacité de votre amour propre ne manquerait pas de vous les exagérer très dangereusement.
22:45 Ne prenez aucune résolution pour changer de demeure, n'écoutez pas même votre esprit là-dessus.
22:52 Je serai dans fort peu de jours à Cambrai et nous verrons ce qu'il conviendra de faire.
22:58 En attendant, souffrez comme on souffre en purgatoire,
23:03 sans repousser la souffrance pour se soulager,
23:06 et sans l'augmenter en s'occupant de ce qui la cause.
23:10 Ne projetez rien, ne formez même aucune opinion,
23:14 mais demeurez immobiles sous la main de Dieu qui se cache sous celle des hommes.
23:19 La croix diminue beaucoup quand on la porte avec cette simplicité,
23:24 il y en a souvent plus de la moitié qui est de notre façon et non de celle de Dieu.
23:29 Souffrez, mais ne vous faites pas souffrir.
23:34 S'il fallait tout quitter pour vous aller revoir, je n'y manquerais pas,
23:39 mais il reste peu de temps et il serait fâcheux de manquer si tôt à des visites commanditées si tard.
23:46 Ne vous embarrassez point de Madame de Risbourg,
23:49 vous avez assez fait pour entrer dans ses vues,
23:52 elle aurait tort de n'être pas contente,
23:54 si elle ne l'était pas, il faudrait demeurer en paix.
23:58 Je ne saurais croire qu'elle ne le soit pas.
24:02 Bonjour, ma très chère fille.
24:06 Alors Fénon, il était peut-être isolé à Cambrai,
24:09 mais il correspondait avec un tas de gens partout.
24:12 Et il a toujours espéré pouvoir revenir à la cour, et ça ne s'est pas fait.
24:16 Malheureusement, son dauphin est décédé prématurément
24:20 et il n'a jamais pu reprendre une carrière politique qu'il aurait pu avoir.
24:26 Il aurait pu devenir, je pense, une sorte de richelieu
24:29 pour un peu conseiller la monarchie dans le sens d'une monarchie bienveillante,
24:35 et un petit peu plus éclairée, plus à l'écoute du peuple,
24:39 moins avide de conquêtes et de gloire.
24:43 Ce tableau était accroché pour les gens qui ont connu l'ancien collège.
24:48 Il était au centre administratif, au milieu, au premier étage,
24:56 et finalement avec la destruction du bâtiment, il était en péril.
25:03 Et il y a une association qui est intervenue.
25:06 Il avait déjà échappé à beaucoup de périls,
25:09 parce qu'on l'avait retrouvé près de la chaufferie,
25:12 le cadre disparu, donc il aurait pu suivre le même sort.
25:16 Là, il a été sauvé un petit peu par les amis d'Ucatesi,
25:19 dont tu étais le président, dont tu es toujours le président.
25:22 Et on a voulu absolument préserver ce tableau,
25:26 d'autant plus que le bâtiment ancien où il était conservé a disparu.
25:32 Donc il fallait absolument le préserver.
25:35 Il a été restauré, nettoyé quand même.
25:39 Les livres qu'on voit derrière, on ne les voyait absolument pas.
25:43 C'est vrai, on ne voyait plus du tout le décor,
25:45 on a été surpris par ce décor de livres.
25:48 Il faut raconter aussi une petite anecdote que j'ai trouvée extrêmement récemment
25:53 dans une série de Thison du Dr Pierre Thison,
25:57 qui a fait l'histoire du catho,
25:59 série qui n'avait pas été exploitée.
26:01 Il raconte que le tableau avait été remisé pendant la Grande Guerre dans un local,
26:06 il appelle ça un fruitier, l'endroit où on mettait les fruits.
26:10 C'était l'endroit où on mettait les élèves punis.
26:14 Un élève puni, pour se venger,
26:16 aurait crevé les yeux de Fénelon avec sa fraude.
26:20 D'où la tête qui a été refaite.
26:24 Il avait été nettoyé, mais il n'était toujours pas encadré.
26:27 Je crois qu'il aurait pu, au fil des années, être complètement oublié.
26:32 C'était un grand danger.
26:34 Il faut vraiment saluer Madame Laludéterme et M. Mas,
26:37 de l'avoir un peu exhumé de sa retraite,
26:40 et puis de lui avoir trouvé une place.
26:44 Quand j'ai appris cette nouvelle,
26:47 je voulais faire une petite présentation,
26:50 et je me disais, comment justifier la présence de Fénelon,
26:55 personnage aristocratique de l'ancien régime,
26:59 ecclésiastique, à un lycée, c'est la République, c'est laïque.
27:04 Quand on le connaît, il a tout à fait sa place,
27:07 de par ses idées, très en avance sur son époque,
27:11 de par aussi toute son action dans le Cambrésie,
27:15 pendant une triste époque de guerre.
27:18 Il s'est ruiné, on peut dire.
27:20 Il n'est pas sorti riche de cette période.
27:24 Il est sorti ruiné, ses héritiers n'ont rien eu.
27:27 Mais il était extrêmement populaire.
27:30 Il était aimé à tel point que, dans les villages,
27:34 au XIXe siècle, on trouvait parfois le prénom de Fénelon,
27:38 donné à des enfants.
27:40 Ça, c'est quand même un signe.
27:43 Et puis, il y a un tableau très célèbre
27:45 qui le montre dans une de ses actions.
27:47 Pendant la guerre, il va rendre à un paysan la vache,
27:51 son unique vache, donc son unique source de subsistance,
27:55 la vache qui lui avait été réquisitionnée par l'armée.
27:57 Et Fénelon prend la vache.
27:59 C'est un peu une légende.
28:01 On a érigé un peu cette histoire en légende.
28:05 Alors, M.Mas, ce tableau, où est-ce qu'il est situé ?
28:09 Nous sommes dans la salle polyvalente du secte Amélie Boulain,
28:14 la salle de conseil d'administration,
28:16 la salle de réunion, la salle de réception,
28:19 là où le plus de personnes, voire personnes extérieures,
28:24 surtout, qui pourront le voir et l'admirer.
28:30 J'ai eu beaucoup de questions,
28:32 quand il y a des gens de l'extérieur qui viennent.
28:34 Qu'est-ce qu'il fait là ?
28:36 Je pense qu'il faut dire aussi que c'est Fénelon
28:39 qui, à l'époque, a signé l'autorisation de création
28:43 du collège des 18 et la première pierre du collège
28:49 a été posée après la mort de Fénelon,
28:52 une quinzaine d'années après la mort de Fénelon.
28:54 Et donc, il y a toute logique,
28:57 après la transformation du collège,
29:01 du catho, comme les plus anciens disent,
29:03 et transformé en lycée,
29:05 de retrouver sa place dans le bâtiment central,
29:09 maintenant, de l'établissement.
29:12 Alors qu'avant, il était dans le bâtiment central,
29:14 que l'on voit là sur le tableau à droite,
29:18 dans l'ancien bâtiment qui a été démoli
29:22 pour des raisons de dangerosité
29:24 à la reconstruction ou à l'extension du lycée.
29:27 Alors, que disent un petit peu les employés,
29:31 et puis les élèves ?
29:33 Est-ce qu'ils sont surpris ?
29:35 Oui, oui, c'était une surprise,
29:37 un peu une surprise pour tout le monde,
29:39 même pour les personnels.
29:41 Certains personnels sont très contents,
29:43 parce qu'ils l'ont connu à l'époque de l'ancien bâtiment.
29:47 D'anciens élèves qui reviennent aussi,
29:50 parce que j'ai aussi alerté un petit peu
29:53 les anciens élèves historiques du lycée.
29:57 Et ils sont très contents de revenir,
30:00 de revenir admirer le tableau,
30:03 qui pour certains a été de bons souvenirs,
30:08 parce qu'il était dans le bureau du proviseur,
30:10 si j'ai bien tout compris,
30:12 ou du directeur à l'époque.
30:14 Et le directeur recevait dans son bureau
30:18 les élèves les plus méritants
30:20 pour les féliciter devant le tableau de Fennelon.
30:24 Très, très bien.
30:25 En tout cas, je pense qu'il est très bien.
30:27 L'encadrement a été fait par quelle société ?
30:32 Par l'encadreur de Cambrai, monsieur...
30:35 Cegard.
30:36 Monsieur Cégard.
30:37 Voilà, la société Cégard qui va...
30:38 On peut les féliciter parce qu'il va très, très bien avec le...
30:41 Oui, mais monsieur Cégard nous a très bien,
30:43 enfin m'a très bien conseillé.
30:45 Il fallait retrouver de la patine un petit peu de l'époque,
30:50 de l'antan, pas de mettre quelque chose de trop claquant,
30:53 de bonne dimension pour...
30:56 qui corresponde à la taille du tableau,
30:58 pas une trop grosse moulure, pas une...
31:00 Enfin voilà, j'ai été très, très, très, très bien conseillé
31:02 par monsieur Cégard de Cambrai, oui.
31:05 Je le remercie évidemment.
31:07 Écoutez, je pense qu'on est tous contents,
31:09 puis on vous remercie encore beaucoup d'être intervenus
31:11 parce que je pense qu'il serait encore à la bibliothèque,
31:14 dans les sous-sols, avec...
31:17 Ça fait quand même quelques années qu'il traînait,
31:21 même s'il était, je dirais, "protégé",
31:24 mais c'est une belle réalisation et on vous remercie encore beaucoup.
31:27 En tout cas, merci aussi à vous, monsieur Villain,
31:29 parce que c'est vous qui avez contribué aussi
31:32 à la transformation, au nettoyage...
31:38 Avec beaucoup de gens compétents au niveau de l'association,
31:41 il y avait une bonne équipe.
31:43 En tant que président de l'association,
31:45 je vous cite en tant que président de l'association,
31:47 et puis aussi un grand merci à la médiathèque
31:49 qui nous ont beaucoup aidé,
31:51 et puis à vous, à me voir,
31:53 qui avez toujours le discours vrai...
31:57 Le discours de la bibliothèque.
31:59 Ayant eu accès aux documents de la médiathèque,
32:02 il fallait aussi les exploiter et les rendre publics.
32:05 On pourra souligner aussi qu'il y a d'autres lieux,
32:08 au château, lieux prestigieux,
32:10 puisqu'on les appelle les trésors,
32:12 qui sont de l'époque de Fenelon.
32:14 On a d'abord le Beffrois,
32:16 qui a été rendu possible avec l'agrément de Fenelon,
32:19 puisque l'hôtel de ville n'avait pas de Beffrois.
32:21 Il avait un seigneur, il n'avait pas de franchise,
32:23 donc pas de Beffrois.
32:25 Et les élus cathésiens avaient envie d'un Beffrois,
32:28 et Fenelon a tout à fait soutenu leur demande,
32:31 d'où ce magnifique Beffrois.
32:33 L'époque de Fenelon, c'est aussi l'époque
32:35 où on achève les travaux de la magnifique église
32:38 qui est en train d'être restaurée en ce moment,
32:40 qui a un vrai joyau artistique.
32:42 Et puis, il y a le troisième monument qui est classé aussi,
32:46 c'est le palais d'Yfenelon.
32:48 On lui a trouvé son nom,
32:50 c'est la municipalité cathésienne
32:52 qui a décidé de l'appeler ainsi, en 1923.
32:55 Et il faut souligner, d'ailleurs, c'est un petit peu amusant,
32:57 que c'était un maire un petit peu particulier
33:00 qui s'appelait Ulysse Clès,
33:02 qui était qualifié de maire rouge,
33:04 qui a donné ce nom de Fenelon.
33:06 D'où cette popularité, effectivement,
33:08 de Fenelon à travers les siècles.
33:11 Merci beaucoup.
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