00:00 Je suis ravie d'être invité à présent et député la France insoumise du secteur de Saint-Nazaire avec vous Nicolas Crosel.
00:05 Bonjour Mathias Tavelle. Bonjour.
00:07 Ça fait des années que les autorités de santé constatent une surmortalité importante et inquiétante dans le secteur de Saint-Nazaire
00:12 et il est environ 28% de plus que la moyenne nationale, 42% même pour les hommes de moins de 65 ans, c'est assez considérable.
00:19 On cherche pourquoi une étude de zone a été lancée pour mieux connaître les conséquences de la pollution éventuelle des industries.
00:26 Vous avez eu un point d'étape il y a quelques jours, la préfecture dit pas de polluants préoccupants détectés, qualité de l'air normale, on nous cache tout, on nous dit rien ?
00:35 Déjà on est d'accord sur le constat, la situation sanitaire dans le bassin nazérien n'est pas bonne.
00:41 Vous avez donné des chiffres, il y en a un autre qui nous a été rappelé, deux ans et demi de moins d'espérance de vie pour les hommes.
00:47 Donc ça justifie qu'on mette beaucoup d'énergie et beaucoup de moyens pour pouvoir l'expliquer.
00:53 Je crois que la préfecture, qu'il y a un travail qui est fait, l'étude de zone, il y a des moyens qui sont mis, il y a un travail qui est fait.
00:59 Aujourd'hui, ça me paraît très hâtif de tirer une conclusion aussi définitive que celle que tire la préfecture.
01:07 Parce qu'on a entendu les associations qui trouvent que le recensement des sources d'émissions qui a été fait n'a pas été totalement achevé et complété.
01:15 - 3 grandes entreprises sur 150, 15 sur 80 chez les PME, ça fait douter l'association qu'on a entendu donjoise, qu'on a entendu dans le journal de 7h30.
01:23 Est-ce que ça vous fait douter, vous, de cette réelle volonté de faire éclater la vérité ?
01:27 - En tout cas, ça ne permet pas de tirer une conclusion définitive ce matin et de dire qu'il n'y a rien de préoccupant.
01:33 Il y a une situation sanitaire qui est préoccupante et aujourd'hui, personne n'est en mesure de l'expliquer.
01:38 Parce que quand on demande, on dit sans doute qu'il y a trop de consommation de tabac ou d'alcool.
01:43 - En gros, on dit que vous fumez trop, vous buvez trop, vous mangez mal.
01:46 - Oui, mais personne...
01:47 - En gros, vous avez des ploucs. C'est un peu vexant en plus.
01:50 - Déjà, c'est assez infantilisant et vexant, mais surtout statistiquement, scientifiquement,
01:56 personne n'est en capacité de démontrer qu'il y a à Saint-Nazaire plus de tabagisme ou plus d'alcoolisme qu'ailleurs dans le département ou qu'ailleurs dans le pays.
02:04 Donc si c'est ça la cause, qu'on nous la démontre.
02:07 Aujourd'hui, elle n'est pas démontrée et donc il est légitime de penser qu'il y a un contexte environnemental lié à l'activité industrielle
02:13 et qu'il faut continuer à investiguer pour le comprendre mieux et après pouvoir y répondre.
02:17 Parce qu'il faut qu'à la fin, les gens vivent mieux et soient en meilleure santé.
02:20 - Alors là, on retombe peut-être dans l'étau classique qui est que les industries polluent peut-être,
02:24 mais elles sont pourvoyeuses d'emplois, elles font vivre l'économie.
02:28 C'est un peu comme avec Iara, l'engrais et la sécurité dont on dit qu'ils ne respectent pas les normes, mais en même temps, les emplois du monde.
02:34 Est-ce que vous pensez que c'est au nom de l'emploi et du développement économique qu'on finirait par ne pas tout dire ?
02:40 - Je ne sais pas, je ne l'espère pas.
02:42 En tout cas, il est clair sur la situation de l'entreprise Iara que la question n'est même pas de cette nature-là.
02:46 La question concernant Iara, c'est le respect de la loi, ni plus ni moins.
02:50 Iara ne respecte pas la loi sur la qualité de l'air, la qualité de l'eau, la sécurité des sites industriels.
02:56 Et ce que nous demandons tous les élus du territoire, quelles que soient nos étiquettes,
03:00 c'est que la loi s'applique et que Iara mette son site en conformité de gré ou de force.
03:06 Voilà ce que nous disons. Et ce n'est pas aux salariés d'Iara de payer les pots cassés de décisions qui sont celles de l'actionnaire.
03:12 Je veux le dire très clairement. C'est donc à l'État de prendre ses responsabilités et de mettre la pression sur Iara,
03:17 y compris aux besoins, en suspendant administrativement cette entreprise.
03:20 - Ça c'est pour Iara, mais pour toutes les autres industries qui potentiellement polluent trop,
03:24 vous pensez qu'il y a un conflit d'intérêts, on va dire, entre l'emploi d'un côté et la santé de l'autre ?
03:28 - Eh bien, il y a clairement un conflit d'intérêts entre l'intérêt des populations et des salariés
03:32 et l'intérêt des actionnaires de ces grandes sociétés qui cherchent à faire du profit,
03:35 parfois au détriment de l'investissement pour moderniser ou pour rendre plus vertueux l'appareil de production.
03:40 Nous, nous avons défendu, nous, les députés de la France Insoumise, à l'Assemblée Nationale,
03:44 dans le cadre du projet de loi Industrie Verte, qu'il y ait des droits nouveaux pour les salariés dans ces entreprises
03:49 pour négocier, enclencher la bifurcation écologique de ces industries. Le gouvernement les a refusées.
03:55 On ne fera pas l'économie d'une bifurcation écologique de cette industrie
04:00 et on ne la fera pas sans les salariés et encore moins contre eux. En tout cas, c'est ça que nous nous défendons.
04:05 - Mathias Tavelle, vous évoquiez à l'instant le groupe Insoumis à l'Assemblée Nationale.
04:09 On ne peut pas dire que la séquence du moment soit très glorieuse depuis l'attaque du Hamas contre Israël.
04:14 Beaucoup de difficultés dans vos rangs à condamner une attaque terroriste.
04:18 Une gauche qui se... En tout cas, on ne sait pas les mots qui ont été prononcés par Jean-Luc Mélenchon.
04:23 On a entendu récemment Daniel Obono, qui est député de votre groupe, parler de force résistante en parlant du Hamas.
04:31 Est-ce que les Insoumis ne sont pas en train d'imploser et la NUPES, l'Alliance de Gauche, de totalement exploser ?
04:37 - D'abord, je veux répondre au fond de votre question. La NUPES, on voit bien que certains qui avaient de toute façon décidé
04:43 de faire une liste tout seuls aux européennes comme les socialistes, les communistes ou les écologistes,
04:47 cherchent là un prétexte pour habiller leur décision sectaire. Mais l'important, c'est le fond du sujet.
04:52 Il n'y a pas un seul Insoumis qui ait la moindre complaisance pour l'attaque terroriste du Hamas commise en Israël.
05:01 - Ça n'a pas été dit aussi clairement que vous, ce matin ?
05:04 - Tous les Insoumis, depuis le premier jour, condamnent avec force cette attaque.
05:08 Nous parlons même de crime de guerre, pour vous dire l'importance que nous leur donnons.
05:12 Ce que nous disons, c'est que toutes les populations civiles doivent être protégées.
05:16 Toutes les Israéliens, qui n'ont pas à vivre sous la menace de ce genre d'attaque,
05:21 et les Palestiniens, qui n'ont pas à être bombardés comme ils le sont depuis une semaine maintenant,
05:26 et encore moins à être assiégés comme ils le sont à Gaza.
05:28 - Et vous reconnaissez maintenant qu'en termes de communication, ça n'a pas été aussi clair que ce que vous dites ce matin ?
05:32 - Et nous appelons à un cessez-le-feu, parce qu'il n'y a pas d'autre solution pour protéger les populations civiles.
05:37 Le cessez-le-feu, l'ouverture de négociations internationales pour faire avancer la paix dans cette région du monde,
05:43 c'est trop désintéressé, et pour ça, il faut aller vers la solution à deux États.
05:47 Il n'y en a pas d'autre, et il faut donc que la France porte cette parole,
05:50 et je trouve que M. Macron manque à cette parole,
05:53 qui est pourtant celle qui a toujours porté la France depuis le général de Gaulle, Jacques Chirac, et d'autres avant lui.
05:58 Donc il faut avoir cette clarté, de voir la gravité du moment.
06:01 Si on ne veut pas que toute la région s'embrase, il faut le cessez-le-feu.
06:03 - La mise au point ce matin de Mathias Tavell sur ce sujet hautement sensible,
06:07 député de la France Insoumise du secteur de Saint-Nazaire.
06:09 Merci beaucoup d'être venu dans le studio de France Belor au Sénat ce matin en direct.
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