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  • il y a 20 heures
L'invité de 7h45 de Nicolas Crozel

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Transcription
00:00Et votre invité, Nicolas Creusel, ce matin c'est Pascal Bollot, adjoint en finance à la ville de Nantes, pour
00:04encore 4 jours.
00:05Si j'ai bien compté, bonjour Pascal Bollot, avant l'installation vendredi du nouveau conseil municipal.
00:10Vous n'en serez pas, vous n'étiez pas sur la liste, mais votre longue expérience de la vie politique
00:14nantaise avec Jean-Marc Ayrault,
00:15puis avec Johanna Roland, nous intéresse ce matin, après ces municipales qui vont laisser des traces, on va y revenir.
00:21Mais d'abord, un mot peut-être sur Lionel Jospin ?
00:23C'est une référence incroyable, et puis en plus, personnellement, c'est grâce à la victoire de Lionel Jospin en
00:291997
00:29que j'ai rejoint Jean-Marc Ayrault à son cabinet à la mairie de Nantes, parce que j'étais directeur
00:34de sa campagne en 1997,
00:36et je l'appelle pour le féliciter de sa nomination, de sa désignation comme président du groupe socialiste,
00:41et il me dit « Ouais, je te remercie, tu ne viendrais pas bosser avec moi à la mairie,
00:44et c'est comme ça que je suis arrivé à la mairie de Nantes et que je ne l'ai
00:46plus quitté depuis. »
00:47Tout part de la législative 1997, de cette dissolution.
00:50Tout part de Lionel Jospin et de ce bilan absolument extraordinaire.
00:53Alors vous n'avez plus quitté Jean-Marc Ayrault, disiez-vous, depuis, est-ce que vous avez quitté Johanna Roland
00:57?
00:57Non, je n'ai pas quitté Johanna Roland, parce que les liens personnels qui nous unissent sont forts.
01:05J'allais dire, la tendresse réciproque est forte, mais là on a eu effectivement un désaccord stratégique,
01:11il y a un certain nombre de positionnements de sa part avec lesquels je ne suis pas forcément d'accord,
01:16et qui ont peut-être abouti à ce premier tour très surprenant.
01:21Alors oui, il y a le premier tour très surprenant, avec une sévère chute quand même dans le résultat par
01:27rapport à ce qu'elle pouvait espérer,
01:28et cet entre-deux-tours qui sentait un peu la panique quand même avec cet accord pour les insomniers.
01:32Mais on a eu très peur, on a eu très peur, c'est une réalité.
01:35Alors est-ce que le terme panique est justifié ? Je n'irai peut-être pas jusque-là,
01:39mais en tout cas il y avait une grosse crâne, parce que la dynamique impulsée par Fulc sur Bardelot a
01:44été réelle,
01:45et même je crois qu'elle a essaimé dans l'agglomération,
01:48et que je pense qu'une partie de cette dynamique, qui a consisté à faire croire à l'électorat de
01:53droite
01:53que peut-être il pouvait prendre sa revanche ce coup-ci,
01:55je pense que ça a aussi surmobilisé l'électorat de droite à la Chapelle-sur-Erdre, à Couéron.
02:01Couéron quand même, c'est incroyable.
02:03Oui, à Couéron ça se joue à deux voies près, il y a des recours, c'est peut-être pas
02:08fini.
02:08Pascal Bollot, d'ailleurs nous y serons à Couéron à 8h30,
02:11Pascal Bollot, vous dites, vous avez eu peur.
02:13Est-ce que c'est la peur, selon vous, qui a conduit Johanna Roland à faire cet accord avec les
02:16insoumis,
02:17et est-ce qu'elle a eu tort de le faire ?
02:18Il y a une semaine ici, vous nous disiez, on ne parle pas de ça, il faut sauver Nantes.
02:22Bon, voilà, mais maintenant on peut en parler peut-être.
02:23Maintenant on en parle, un de vos confrères avait dit que les quartiers populaires,
02:27c'est le doudou de Johanna Roland.
02:29Et son lien avec les quartiers populaires, il est sincère, il est presque charmelle.
02:34Et elle a constaté que la France insoumise aux européennes faisait un tabac dans les quartiers populaires.
02:40Et elle a toujours été convaincue que c'est par les quartiers populaires que Nantes resterait à gauche,
02:44et que c'est ça qui pouvait sauver même une surmobilisation de l'électorat de droite.
02:49Et je pense qu'elle a choisi de faire alliance avec la France insoumise
02:52pour pouvoir remobiliser dans les quartiers populaires.
02:55Ce calcul, arithmétiquement, il n'était peut-être pas mauvais,
02:59mais je pense qu'il a coûté aussi des voix de cet électorat de centre-gauche
03:05qui peut-être avait été séduit par la candidature de Mounir Belamiti.
03:09En fait, elle a gagné à gauche, qu'elle a perdu au centre ?
03:12Oui, je crois, il y a un petit peu de ça.
03:14Mais enfin, il n'empêche que 52%, même si en nombre de voix, la performance est réelle,
03:2052%, quand on fait le total des voix de gauche ou d'extrême gauche du premier tour,
03:24normalement il devrait y avoir deux ou trois points de plus.
03:26Donc il va falloir faire une analyse très très précise
03:29de ce qui s'est passé et du comportement des électeurs
03:33et au premier et au second tour et du rapport entre les deux.
03:36Et si on regarde devant maintenant, parce que Johanna Roland
03:39ne va pas pouvoir diriger la ville comme elle l'a dirigée jusqu'à présent,
03:42avec des insoumis dans son conseil municipal
03:45qui siégeront dans l'opposition mais qui étaient sur sa liste,
03:48une droite plus forte, des écologistes qui peut-être seront tentés
03:51de rejoindre les insoumis, vous pensez que la ville
03:54peut devenir difficilement gouvernable ?
03:55– C'est un risque, c'est un risque, on sait que chez les écologistes,
04:01ils ne sont pas tous d'accord sur ce plan-là
04:04et qu'une partie d'entre eux est proche de la France insoumise,
04:06je rappelle que Marie Vitoux a été directrice de campagne dans les Carbrates,
04:11et donc effectivement, il y a en tout cas probablement la nécessité
04:17d'une autre gouvernance que celle qui a eu lieu,
04:19mais est-ce que cette gouvernance va pouvoir répondre
04:22à une partie des choses qui ont été problématiques pour moi dans ce mandat,
04:27c'est-à-dire l'efficacité et le fait qu'on ne se retrouve pas au moment de l'élection
04:31en plein travaux avec un Fulc qui a fédéré, alimenté tous les petits mécontentements du quotidien.
04:38– En plein travaux, vous voulez dire quoi ?
04:39En plein travaux officiels avec une ville qui se construit
04:41ou en plein travaux internes dans la gestion de la ligne politique ?
04:43– En plein travaux physiques, les lignes de tramway,
04:46la dernière fois qu'on a fait une élection municipale
04:49avec des lignes de tramway en construction,
04:51c'était 83 et c'était un mauvais souvenir.
04:53Donc ça, Johanna a assumé ce risque.
04:55Je pense qu'en la matière, on aurait pu décider plus vite
04:58que la ligne 8 soit en busway, etc.
05:01– Que ça aille plus vite pour que vous ayez un bilan plus concret à présenter.
05:05– Je pense que surtout qu'on évite de provoquer des agacements quotidiens
05:11pour les Nantes et les Nantes.
05:12– J'ai une dernière question parce que je pense à la présidentielle
05:14qui arrive, on sait à quel point les insoumis vous hérissent le poil.
05:17Vous avez écrit hier sur Twitter que les LFI n'étaient pas à la gauche.
05:20Johanna Roland est numéro 2 du Parti Socialiste.
05:22D'ailleurs, Olivier Faure qui prend ses distances aujourd'hui
05:24mais qui a autorisé des rapprochements il n'y a pas si longtemps.
05:27Vous pensez qu'une voix de la gauche hors LFI
05:31arrivera à émerger d'ici un an ?
05:32– Je pense que c'est possible et je crois surtout que c'est nécessaire.
05:36Pour l'instant, la voix de Raphaël Glucksmann porte beaucoup
05:42et je suis heureux de l'avoir entendu dire hier
05:44chez vos confrères de France Inter
05:46que LFI, ce n'était pas la gauche par son antisémitisme.
05:50– Merci d'être venu ce matin. Vous allez faire quoi maintenant ?
05:53– Plein de choses. Je vais écrire peut-être un peu.
05:56Je ne vais pas manquer l'occupation.
05:58– Vous viendrez commenter un peu l'actualité ici ?
06:00– Quand vous voudrez.
06:01– Très bien, merci beaucoup. Bonne journée à vous.
06:02– Merci à vous.
06:03– Merci à vous.
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