00:00C'est l'avenir pour l'hôpital d'Ancenis, Nicolas Creusel, votre invité ce matin, c'est Armel Bétan, anesthésiste
00:05au Shell, centre hospitalier Herdre-et-Loire,
00:08à Ancenis donc, et un des porte-parole, le site du collectif qui se mobilise.
00:11Un collectif qui se mobilise et qui appelle à manifester demain. Bonjour Armel Bétan.
00:15Bonjour.
00:16Merci d'être, on dirait, dans le studio d'ici Loire-Océan.
00:18Cet hôpital fait travailler quelques 700 personnes dans le pays d'Ancenis, si on compte les EHPAD qu'ils gèrent.
00:23C'est un élément capital du maillage territorial de la santé entre Angers et Nantes.
00:26Pourtant, vous êtes inquiet. Qu'est-ce qui a provoqué cette inquiétude ?
00:31Effectivement, il y a eu rapport à la Cour des Comptes en fin d'année dernière,
00:34qui a mis le feu aux poudres et a achevé d'inquiéter mes collègues.
00:40À la base, ça fait plusieurs années que des projets sont soumis.
00:46Nous allons de commissions en réunion pour essayer de donner un cap à l'établissement.
00:52De le développer un peu, parce que la Chambre pointe une situation financière préocupérante.
00:56Et un défaut d'attractivité, en gros.
00:59Défaut d'attractivité ?
01:00Alors, la situation préoccupante, on sait qu'il y a des seuils de rentabilité de maternité.
01:05Maintenant, on estime que c'est entre 1000 et 1500 accouchements pour qu'elle soit à l'équilibre.
01:09Et là, vous en avez 500 ?
01:10500, tout à fait. 500 qui sont stables.
01:12Après une baisse de 20%, comme tout le reste de la France il y a deux ans.
01:16Là, on s'est stabilisés.
01:18Après, il y a deux façons de voir les choses.
01:20Où on ne raisonne que sur le déficit de la maternité, et c'est un drame.
01:24Où on essaie de développer d'autres activités qui sont rentables, comme par exemple la chirurgie.
01:28Qui est déjà à l'équilibre.
01:29On se nie.
01:31Et pour sortir la maternité des dernières en compensant.
01:34Alors, on va revenir sur cette question de la maternité dans un instant.
01:36Mais d'abord, le timing, évidemment, demain, samedi, à une semaine du premier tour des municipales, c'est pas anodin
01:41?
01:42C'est pas anodin.
01:43Alors, effectivement, le rapport à la chambre de la Cour des Comptes, on ne pouvait pas décider quand il allait
01:46sortir.
01:47Après, on a vu effectivement l'opportunité des élections municipales qui se présentent pour pouvoir plus facilement alerter la population.
01:54Notre rôle, c'est un rôle de lanceur d'alerte.
01:56On n'a pas de pouvoir en soi.
01:57Même en tant que médecin, on nous prête beaucoup de...
02:00Et la population, elle vous soutient en grande partie.
02:03En tout cas, c'est au doigt bouillé.
02:04C'est pas un sondage qu'on a fait, mais on était sur le marché d'Ancenis hier en reportage.
02:08Céline Loiseau, on entendra le reportage à 8h.
02:10C'est éloquent.
02:11Enfin, tout le monde est derrière vous.
02:12Il y a un attachement des habitants d'Ancenis et du bassin au sens large pour leur hôpital.
02:178 000 signatures ce matin sur la pétition.
02:20Ce qui représente 10% du bassin.
02:22Alors, vous évoquiez cette maternité.
02:24Parce que c'est un peu le risque d'un effet domino, si je comprends bien.
02:27On ferme la maternité, après on va fermer d'autres choses.
02:29C'est ça, là ?
02:29C'est tout à fait ça.
02:32Pour qu'une maternité fonctionne, il faut un bloc opératoire.
02:34Si vous supprimez la maternité, vous supprimez les gardes pour le personnel.
02:38Et donc, la rétention du personnel du bloc opératoire va en être d'autant plus difficile.
02:44Et donc, à terme, c'est une fermeture du bloc opératoire assez rapide.
02:48Et les urgences ont besoin aussi du bloc opératoire.
02:50Mais la directrice, Sandrine Delage, que nous avons entendue à 7h, dit qu'elle a du mal à recruter.
02:54Parce que les obstétriciens, les gynécologues sur la maternité préfèrent, dit-elle, des maternités de stade 2 ou 3.
03:00C'est-à-dire là où il y a plus d'opérations et peut-être aussi des grossesses à risque.
03:04Ce qui est un peu plus stimulant professionnellement que des permanences classiques, si je résume.
03:09Tout à fait. Mais notre directrice, tout comme les institutions au-dessus, ARS, GHT, disent que rien n'est décidé.
03:15Le problème, c'est que depuis 10 ans, pour en ce nid, rien n'est décidé.
03:18Aucun cap n'est fixé. Aucun investissement majeur n'a été fait depuis 10 ans dans l'établissement et ses
03:24infrastructures techniques.
03:26Donc, effectivement, comment voulez-vous recruter des gens dans un établissement où on ne vous offre pas un cap ?
03:31Une perspective. C'est ça que vous dites ?
03:33Tout à fait.
03:35Le chiffre que donne Sandrine Delage ce matin, c'est que 70% des femmes enceintes dans le bassin d
03:39'Ancenis n'accouchent pas à Ancenis.
03:41Ce n'est pas trop tard, là ?
03:41Non, ce n'est pas trop tard. C'est une question de confiance et d'image.
03:45Ces dernières années, la gestion de la maternité a été faite au fil de l'eau.
03:49Effectivement, nous avons eu des difficultés de recrutement.
03:51Et moi, je pense que c'est au premier lieu du fait de cette absence de perspective d'avenir.
03:56Mais lorsque vous êtes une femme enceinte et qu'on vous dit que votre maternité va fermer de telle date
03:59à telle date,
04:00ou peut-être de telle date à telle date, comment pouvez-vous avoir confiance ?
04:03Nous, ce qu'on veut, c'est rebâtir cette confiance.
04:04C'est pour ça que nous sommes d'une grande campagne de communication autour des activités d'établissement.
04:10En fait, en gros, c'est remettre dans l'autre sens une perspective d'évolution.
04:15Quand vous dites un cap, c'est quoi ? C'est des investissements financiers ?
04:18C'est des investissements.
04:19Mais des travaux, tout simplement, rendre quelque chose d'attractif, moderne ?
04:22Et l'ARS vous a gracieusement financié, il y a deux ans, une étude de projet qui chiffre à 20
04:28millions d'euros,
04:29le budget nécessaire pour repartir sur un établissement avec de l'avenir,
04:34avec six salles de bloc opératoire, des salles d'accouchement refaites à neuf,
04:38une pharmacie neuve et des gens agrandis.
04:4020 millions d'euros, moi je ne me rends pas compte, c'est beaucoup, c'est pas beaucoup à l
04:43'échelle d'un hôpital ?
04:43Alors, je vais vous dire, Châlons, Château, Briand, qui font à peu près la même taille que nous,
04:47ont annoncé en janvier des budgets sur les cinq prochaines années de l'ordre de 100 millions.
04:52D'accord. Donc en gros, vous dites qu'avec 20 millions, vous pourriez repartir,
04:55donc finalement, le jeu en vaut la chandelle.
04:57Tout à fait, on pourrait repartir sur de très bonnes bases même.
04:59Et c'est ce que vous plaiderez demain lors de cette manifestation à Ancenis.
05:03La population est appelée à vous rejoindre à partir de 10 heures.
05:05Les syndicats aussi, d'ailleurs, disent qu'il faut aller, l'intersyndical,
05:11auprès du rassemblement de votre collectif, donc, pour l'avenir du Shell,
05:16le centre hospitalier Herdre-et-Loire, manif à 10 heures demain à Ancenis.
05:20Merci beaucoup d'être venu nous en parler ce matin.
05:23Je rappelle, Armelle Béton, que vous êtes anesthésiste dans cet hôpital
05:26et que vous êtes l'un des porte-parole du collectif.
05:29Merci beaucoup.
05:29Bonne journée.
05:30Bonne journée.
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