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00:02 RTL ÉVÉNEMENT
00:06 Événement ce matin sur RTL. On a choisi de donner la parole aux habitants de la bande de Gaza. Un peu plus de 2 millions de
00:12 personnes privées d'eau et d'électricité. L'armée israélienne leur a demandé, vous le savez, de descendre vers le sud avant la très probable
00:18 contre-offensive terrestre. Bonjour Brice Dugény. Bonjour. Et tous ceux que vous avez pu joindre évoquent une situation sanitaire et humanitaire critique.
00:25 Oui et tout ça se passe quasiment à huis clos parce que le réseau téléphonique,
00:29 internet, l'électricité, tout cela est coupé. Voilà ce que vous entendez quand vous tentez de joindre les gens sur place.
00:34 Un message en arabe qui vous signale que votre interlocuteur n'est plus joignable. Il est de plus en plus difficile de communiquer avec ceux qui subissent
00:44 des bombardements quotidiens.
00:46 Ziad est l'un d'entre eux. Il a 57 ans.
00:48 Sa femme et ses enfants ont quitté la ville de Gaza pour aller vers le sud, moins exposés aux bombardements.
00:53 Mais lui veut rester à Gaza, sa ville natale.
00:56 Moi je ne voulais pas être
00:58 humilié de l'intérieur. Moi je prends pour une résistance non violente et donc rester dans ma maison parce que si je, demain,
01:05 je quitte ma maison, après demain je vais quitter
01:08 Gaza, ma ville, après je vais quitter la Palestine. Parce que si je participe à une nouvelle déportation de la Palestine, je serai tout le temps
01:15 humilié. Pour cela je préfère mourir debout
01:17 en toute simbolicité. Parce que jusqu'à maintenant même les gens déplacés ont été tués souhaiter des bombardements. Donc personne n'a l'abri, personne ne sera
01:24 épargné de cette foule et mordrière.
01:27 Il sort deux fois par semaine. Une fois pour recharger une batterie et avoir un peu d'électricité pour son téléphone portable. Une autre pour trouver
01:33 quelques aliments, des pâtes, du pain, un peu d'eau. Le reste du temps il s'enferme chez lui,
01:38 attentif au bruit de bombardements extérieurs.
01:41 Quand le bruit est fort, je comprends c'est autour de moi. Un bruit très très fort, ça veut dire autour de moi,
01:46 300-400 mètres. C'est bouleversant pour moi et ça fait très mal pour la maison.
01:51 Et après il y a des bombardements autour de 900 mètres. Mais les avions militaires depuis samedi, ils n'ont jamais quitté le ciel de Gaza.
01:58 Mais ça c'est notre quotidien parce que les frappes et rien, c'est
02:01 partout dans la bande de Gaza.
02:03 Avec à chaque fois la peur que la prochaine frappe lui soit fatale.
02:07 Brice, cet homme a fait le choix de rester, on l'entend, d'autres ont préféré partir vers le sud.
02:11 Oui, pour sauver sa vie, celle de sa mère et de sa sœur Youssef, 30 ans, a migré vers le sud comme près d'un million de Gazaouis.
02:18 Ils vivent tous les trois avec une trentaine d'autres déplacés dans un deux pièces prêté par un membre de la famille.
02:24 Mais la plupart des réfugiés dorment dans les rues, sur le sol, dans les écoles, les halls d'hôpitaux.
02:30 La situation qui y décrit est apocalyptique.
02:32 C'est horrible ici. Il y a des centaines de milliers de personnes qui se massent devant les boulangeries, devant les magasins pour trouver à boire et à manger.
02:41 Il faut attendre des heures, il n'y a pas de quoi héberger tout le monde.
02:44 Ceux qui n'ont pas la chance de connaître quelqu'un dorment dehors, dans les hôpitaux, partout où il y a de la place en fait.
02:49 Et l'eau, c'est le manque d'eau le pire.
02:51 C'est affreux, on vit au jour le jour mais c'est toujours mieux que l'enfer de Gaza.
02:57 Là c'était un film d'horreur.
02:59 On vivait chaque seconde en pensant qu'on serait la prochaine cible.
03:05 Les magasins sont vides ou presque. Les habitants qui ont des puits revendent de l'eau au marché noir près de 100 fois le prix habituel.
03:12 Alors certaines familles limitent leur consommation à un verre d'eau par jour et par personne pour tenir.
03:17 Un verre d'eau seulement par jour et par personne, boire, manger donc, mais aussi s'informer.
03:22 Oui, parce que dans ce chaos, l'information est devenue une nécessité.
03:26 Pas d'électricité, pas d'internet, les réfugiés ne peuvent pas suivre l'évolution de la situation, ce qui accroît la panique.
03:33 On ne comprend rien, il n'y a aucune communication, pas d'internet ou alors juste quelques minutes.
03:38 On ne sait absolument rien de ce qui se passe.
03:41 Les rumeurs courent, on ne peut pas vérifier.
03:44 Ça stresse tout le monde, tout le monde panique.
03:46 Et dans cette panique, quand on parle à Youssef d'une éventuelle sortie par le sud vers l'Egypte et ce passage de Rafa,
03:52 il répond que comme beaucoup d'habitants à Gaza, sa mère et sa soeur n'ont pas de passeport,
03:57 qu'il est le seul de sa famille à en avoir un et qu'il ne compte pas laisser cette famille derrière lui.
04:02 Des Gazaouis condamnés donc à rester dans l'enfer de leur terre.
04:05 Dans l'enfer de la bande de Gaza récits signés Brice Dujeyni.
04:09 au cours de la semaine.
04:10 [SILENCE]
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