00:00 Il est possible d'avoir des troubles de santé mentale, d'être anxieux, de traverser une
00:08 dépression, mais de pour autant réussir à s'en sortir, avoir une vie "normale",
00:12 avoir une vie sociale, l'amour tant qu'on y est, un travail.
00:15 Je pense que mon projet aujourd'hui est complètement lié au fait que j'aille mieux, complètement
00:32 lié au fait que ma santé mentale soit beaucoup plus apaisée.
00:35 C'est un projet dans lequel, comme je disais, je suis enfin moi-même et je pense que c'est
00:40 aussi l'une des clés du bonheur.
00:42 Ça peut paraître très simple, mais de cultiver sa propre personnalité, de ne pas s'inventer
00:49 une façade ou un personnage, être soi-même dans ce que l'on fait, c'est juste la clé
00:53 du bonheur.
00:54 De voir que ça puisse résonner chez mon audience, que des personnes puissent écouter
00:59 ce que je raconte, ce que je fais.
01:01 On a réussi à créer une communauté autour de ça et j'en suis très content.
01:04 C'est aussi un projet qui me permet de continuer à cultiver ma passion et ma manière.
01:09 J'aborde d'ailleurs souvent des troubles de santé mentale sous le prisme de la culture
01:14 pop, mais aussi de manière plus personnelle à travers mes réseaux.
01:17 J'aurais aimé moi à 20 ans avoir ce genre de témoignage, en tout cas pour me rassurer
01:25 et me dire que je ne suis pas seul.
01:26 C'est un projet dans lequel je me sens plus épanoui que jamais, qui me rend heureux et
01:30 qui me fait beaucoup de bien.
01:31 Lorsque j'aborde ces sujets dans le cadre de mes contenus sur mes réseaux, je n'ai
01:38 jamais eu de retour négatif ou des commentaires virulents.
01:43 Au contraire, beaucoup saluent le fait que des personnes puissent en parler de manière
01:48 libre.
01:49 Beaucoup de personnes se confient parfois à moi.
01:52 Beaucoup de personnes peuvent s'identifier à ce qu'une personne peut ressentir en
01:55 en parlant sur ses réseaux.
01:56 Je pense que c'est à une plus large échelle.
02:00 Je ne me considère pas comme quelqu'un, mais par exemple, quand je vois des personnalités
02:05 comme Stromae, Selena Gomez ou Lady Gaga, ce genre de pop star qui parlent aujourd'hui
02:13 enfin ouvertement de leur santé mentale, ça la démocratise, ça la déstigmatise
02:17 et ça peut aussi la dédramatiser dans un sens.
02:19 Si on a besoin de ça, on a besoin que les personnes en parlent plus librement pour qu'on
02:22 puisse s'en tirer main seule, pour qu'on puisse être compris et qu'on puisse ne
02:26 plus en avoir honte puisqu'il n'y a pas de honte à être affecté par ces troubles.
02:30 Ce ne sont pas des choses qui nous rendent plus faibles.
02:31 Au contraire, je pense que ce sont des choses qui peuvent nous rendre plus forts si on les
02:36 évalue, qu'on prend le temps de les soigner et qu'on arrive à surmonter ça.
02:40 Les réseaux, je ne dirais pas que c'est à double tranchant.
02:47 Je pense que dans la vie, tout est nuancé.
02:48 Pour ma part, le fait d'avoir ce projet sur YouTube me fait énormément de bien,
02:53 à bien des niveaux grâce à la communauté qui me suit.
02:56 Mais il est vrai que les réseaux sociaux, ça peut être nocif, ça peut être toxique
03:00 pour sa santé mentale.
03:02 Je pense que chacun les gère à sa façon.
03:05 Pour ma part, ça va être par exemple, on en parlait tout à l'heure de l'image,
03:09 le rapport au corps ou du reflet qu'on voit dans le miroir.
03:11 Et c'est vrai que les réseaux sociaux sont finalement souvent une version améliorée
03:16 de soi à travers des filtres, même en vidéo.
03:19 Moi, le premier, à travers les montages que je fais, ce sont des scènes qui sont coupées.
03:22 Donc forcément, c'est une version améliorée de ce qu'on peut présenter en réel.
03:26 Mais ça peut aussi avoir un impact négatif quand je vois des corps sur Instagram.
03:32 Ça peut atteindre ma santé mentale.
03:34 Après, je pense que la chose à faire, c'est aussi de savoir se protéger de ça
03:39 et de se protéger de ces images qui peuvent être nocives pour nous
03:44 et de diminuer peut-être notre temps de consommation sur les réseaux sociaux.
03:48 C'est parfois compliqué, surtout lorsqu'on en fait son boulot.
03:51 Mais je pense que c'est à double tranchant et tout dépend de l'utilisation qu'on en fait.
03:55 Je pense que comme tout créateur de contenu, je suis très attentif à mes statistiques.
04:03 Ce sont des choses qui nous permettent de se vendre.
04:05 Pour ma part, j'aime bien recevoir des artistes en interview.
04:09 Donc, effectivement, d'avoir de bonnes statistiques et plus vendeurs.
04:12 Et puis, c'est aussi notre gain-pain.
04:14 Donc forcément, plus les statistiques sont bonnes, plus les performances sont meilleures,
04:18 plus on peut espérer atteindre des marques.
04:20 Donc, ça peut être aussi un peu stressant, ça peut être pressurisant.
04:24 Et surtout, c'est un métier où on ne s'arrête jamais.
04:27 C'est du lundi au dimanche.
04:29 Après, encore une fois, je ne veux pas dire que le métier que je fais a de nombreux inconvénients.
04:33 On en a tous.
04:34 Je pense être privilégié de pouvoir faire ce métier-là.
04:36 Donc, je n'ai pas envie de cracher dans la soupe.
04:38 Et je pense que c'est une chance aussi de pouvoir en vivre
04:40 et de pouvoir proposer ce que je fais dans un domaine qui me plaît, qui me parle.
04:45 Ou je peux être moi-même.
04:46 On n'a pas tous cette chance-là.
04:47 Donc, je me sens très honoré et très privilégié par rapport à ça.
04:51 Il est vrai néanmoins qu'il y a parfois un aspect pressurisant.
04:55 Je l'ai déjà ressenti plusieurs fois où je sentais que je fonçais trop tête baissée
04:59 dans la création de contenu, à vouloir toujours proposer quelque chose.
05:03 Et maintenant, je le sais.
05:04 Maintenant, je le sais lorsque mon corps m'envoie des messages d'alerte,
05:07 où je commence à être épuisé, lorsque je commence à perdre de la motivation
05:10 parce qu'on n'est pas des robots et qu'on est avant tout humain.
05:13 Et la dernière fois, justement, ce que j'ai fait, c'est que j'ai réussi à couper.
05:17 Je me suis pris une semaine où j'ai coupé les réseaux, où je suis parti.
05:21 Et c'était aussi important pour moi de partir seul, de me retrouver seul
05:24 et d'apprécier ma propre compagnie.
05:28 Je pense que c'est l'un des plus gros combats qu'on peut avoir dans une vie,
05:31 c'est d'apprécier sa propre compagnie et de réussir à faire des choses seul.
05:36 Ça peut être bête, mais d'aller prendre un café seul, d'aller au restaurant seul,
05:39 se promener seul.
05:41 Et donc ça, ça m'a fait beaucoup de bien.
05:42 Et j'invite les personnes qui parfois se sentent un peu dépassées
05:46 par leur travail, les événements, si elles le peuvent, évidemment,
05:49 à s'autoriser un répit où ils se retrouvent seuls
05:53 pour faire un petit moment d'introspection.
05:55 Tout d'abord, ce que je peux conseiller, c'est d'en parler de manière globale,
06:04 que ce soit à des proches, que ce soit un spécialiste ou à ses proches,
06:07 à sa famille, peut-être à son travail également.
06:10 Je pense que d'en parler, encore une fois, peut aider à dédramatiser,
06:14 peut aider à déstigmatiser.
06:15 Je pense que d'en parler aussi, ça permet d'être rassuré.
06:19 Encore une fois, lorsqu'on est confronté à ces troubles, ça peut être très isolant.
06:22 Donc je pense que d'en parler, il y a un côté rassurant, sans moins seul.
06:25 Et puis, moi-même, au détour de mes conversations,
06:28 maintenant, j'en parle plus librement et j'ai été impressionné
06:30 de voir le nombre de personnes qui traversaient également ces épreuves.
06:33 Et ça fait du bien d'entendre ça.
06:35 Ça fait du bien de sentir qu'on n'est pas seul
06:38 et que c'est des épreuves qui sont partagées par énormément de personnes.
06:43 Donc ce que je conseillerais, c'est effectivement d'en parler.
06:46 Il n'y a pas de honte, aller voir un psy également.
06:48 C'est aussi un des messages que je veux porter.
06:50 Le psychologue, ce n'est pas pour les fous.
06:51 Alors, je le dis de manière très grossière,
06:53 mais c'est le genre de message qui est parfois porté par certaines personnes.
06:57 Donc je me permets de le dire, non, ce n'est pas pour les fous.
07:02 C'est important de voir un psychologue.
07:03 Ça peut faire énormément de bien.
07:04 Ça fait énormément de bien.
07:06 Et encore une fois, ça ne nous rend pas plus faibles.
07:09 Ça prouve, au contraire, qu'on a beaucoup de courage.
07:12 Parce que pour parler de ces troubles-là, qui sont parfois très intimes,
07:14 très difficiles, de pouvoir en parler à quelqu'un,
07:16 il faut faire preuve de courage.
07:18 Et donc, je ne peux que vous inviter à le faire,
07:21 parce qu'en tout cas, pour ma part, ça a été bénéfique.
07:24 Et encore une fois, à s'accepter, à s'accepter tel que l'on est.
07:29 N'ayez pas honte d'être qui vous êtes.
07:31 N'ayez pas honte de votre timidité, même si ce n'est pas un trouble de santé mentale.
07:35 Il y a beaucoup de personnes qui viennent me voir en me disant
07:36 "moi aussi, je suis timide", mais c'est vrai que la timidité n'est pas un trouble.
07:39 Alors, même, elle peut être excessive,
07:42 parce que ça peut être l'extension d'une anxiété, d'une dépression, ce genre de choses.
07:46 Mais moi, j'ai toujours trouvé que les personnes les plus timides
07:48 étaient les âmes les plus sensibles, les plus créatives, les plus empathiques aussi.
07:55 Vive les timides !
07:56 Les ressources qui me permettent d'aller mieux aujourd'hui,
08:02 en tout cas, qui aident à mon bien-être quotidien,
08:04 pour ma part, c'est la musique, en premier lieu.
08:08 La musique qui est pour moi mon exutoire.
08:10 Je crois au côté cathartique de la musique.
08:13 Elle peut nous rendre allègres, elle peut nous faire danser,
08:15 elle peut aussi nous accompagner pendant nos peines.
08:18 Et ça peut être juste une chanson qui vous fait vous sentir bien, ça peut vous aider.
08:22 Et je pense qu'également, le fait d'en avoir fait mon travail m'aide évidemment beaucoup,
08:28 mais le fait d'en écouter aussi.
08:30 Ce qui m'aide au quotidien, c'est évidemment la prise d'un médicament.
08:33 Je considère ça comme une ressource.
08:36 Et il ne faut pas les diaboliser, surtout quand ils sont nécessaires et qu'ils nous aident.
08:39 Et puis, une autre chose aussi qui m'aide beaucoup,
08:41 alors j'ai un petit chien depuis peu de temps,
08:44 je ne dis pas que les chiens sont des antidépresseurs,
08:47 mais en tout cas, pour ma part, il me fait beaucoup de bien.
08:49 Et c'est une présence quotidienne qui m'apporte beaucoup d'amour,
08:52 qui me fait sortir, parce que pour les phobiques sociales comme vous et moi,
08:55 en tout cas pour les personnes qui se sentent concernées,
08:58 on a tendance à rester chez soi et ce petit chien, il a besoin de sortir
09:01 parce que c'est un être social lui aussi.
09:03 Donc ça fait beaucoup de bien.
09:05 Donc c'est une des ressources.
09:06 Et puis, une autre ressource, c'est ce combat quotidien qui est d'affronter ses peurs,
09:11 d'aller au-delà de ce qui peut nous rendre inconfortables,
09:15 de ce qui peut être inconfortable pour nous,
09:17 tel que rencontrer des gens, aller dans une soirée,
09:21 faire des interviews ou ce genre de choses.
09:24 Et donc, pour moi, c'est également une ressource.
09:27 Merci Musée de m'avoir reçu.
09:32 J'étais ravi de pouvoir porter ces messages aujourd'hui,
09:34 de pouvoir parler de ces troubles.
09:36 Et vous pouvez me retrouver sur ma chaîne YouTube qui s'appelle Popslay,
09:38 où je décrypte les plus grands classiques de la musique pop.
09:41 Je décrypte des clips, des parcours d'artistes, des albums, ce genre de choses.
09:44 Je fais également des interviews avec des artistes.
09:45 Donc si vous aimez la culture pop, les rouages de l'industrie musicale
09:49 ou la musique de manière plus générale, n'hésitez pas à aller la voir.
09:51 Ça me ferait très plaisir.
09:52 Merci à tous.
09:53 [Musique]
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