00:00 Je m'appelle Aline Dossou, j'ai 33 ans, aujourd'hui je suis directrice de magasin.
00:10 C'est important pour moi de parler de la santé mentale parce que je suis une ancienne
00:15 athlète de haut niveau et justement j'ai été confrontée un petit peu à des soucis
00:20 de santé mentale mais disons que j'ai été un petit peu mise à rue d'épreuve à un
00:25 moment donné de ma carrière. Sur la fin j'ai eu quelques conflits avec mes dirigeants
00:32 et mes cadres fédéraux et du coup ça m'a impacté mentalement et c'est vrai qu'à
00:36 l'époque je n'ai pas forcément trouvé les pôles dont j'avais besoin et c'est
00:43 quelque chose qui a été un petit peu compliqué à gérer, voilà ma fin de carrière et mon
00:47 après carrière. Par hasard j'ai été contactée par une association qui s'appelle le comité
00:54 éthique et sport où j'ai pu témoigner, raconter mon histoire un petit peu et me
01:00 défaire de ça et c'est vrai que comme c'est quelque chose par quoi je suis passée,
01:04 c'est un sujet qui me touche parce que je pense qu'il y a beaucoup trop de tabous
01:07 aujourd'hui et ça me paraît important de lever le voile en fait et de parler librement
01:13 et je pense que ça pourrait aider d'autres personnes qui traversent la même situation.
01:15 Il y a des jours où on est hyper déterminé, il y a des jours où on doute clairement,
01:23 il y a des jours où on n'a pas envie. J'avais posté sur mon Facebook, je crois
01:26 il y a un an ou deux, une photo où j'étais juste épuisée, j'avais enchaîné je crois
01:31 4-5 compètes en 4-5 semaines, on arrive, on a fait un régime, on est probablement
01:37 en surentraînement et il y a des jours où on ne veut pas en fait et il y avait une photo
01:40 de quelqu'un qui avait immortalisé l'instant juste avant d'aller combattre où je faisais
01:43 une tête mais de 10 mètres de long, je n'avais pas envie. Il y a des jours en fait quand
01:47 je disais quand sa propre passion devient un métier, oui il y a des jours où c'est
01:51 un petit peu une corvée, mais il n'y a pas de mal à le dire, il faut juste apprendre
01:55 à gérer ça en fait sans tabou mais ça ne se fait pas trop de dire je n'ai pas
02:02 envie aujourd'hui ou j'ai un peu la flemme ou je n'y suis pas alors qu'on devrait
02:07 pouvoir poser les mots et ensuite être accompagné pour gérer cet état d'esprit.
02:10 C'est presque comme s'il fallait, il faut toujours avoir envie, il faut toujours être
02:14 déter, il faut toujours être hyper compète. Non, il y a des jours où on n'y est pas,
02:17 il y a des jours où on n'est pas dedans, on est fatigué et il faut oser le dire en
02:21 fait et juste apprendre à gérer le truc je pense.
02:25 Moi je m'entraînais à l'INSEP donc effectivement sur place on a des psychologues et des préparateurs
02:32 mentaux mais c'est vrai qu'il y a une petite omerta en fait sur le sujet. Déjà
02:38 dans la vie en général comme je disais c'est toujours un petit peu tabou de dire je vais
02:41 voir un psy, je suis suivie mentalement parce que tout de suite on se dit la personne elle
02:44 est folle, elle n'est pas saine mentalement. Alors je pense qu'à un moment donné on
02:47 a tous besoin d'être accompagné parce que la vie je pense qu'elle n'est simple
02:50 pour personne. Il y a des bons moments, des moments qui sont un petit peu plus durs à
02:53 gérer et il n'y a rien de mal en fait à dire voilà je suis accompagné pour traverser
02:57 ça. Donc dans le sport encore moins parce qu'il y a cette mentalité voilà il faut
03:06 montrer qu'on est un champion, il ne faut pas montrer ses failles. Le sport c'est
03:10 avant tout aussi de la performance mentale parce que voilà on peut pas être... on va
03:17 performer mais il faut que le mental suive. Donc c'est toujours un petit peu tabou de
03:20 dire qu'on est accompagné, qu'on est suivi et encore plus dans les sports de combat.
03:24 C'est presque un aveu de faiblesse en fait alors que comme je disais on apprend au corps
03:30 à se préparer. Je pense qu'il faut aussi apprendre à l'esprit à se préparer à
03:34 gagner à perdre à aller chercher la perf. L'entraînement c'est pour les deux en fait.
03:38 J'ai pas honte de dire que j'ai fait quelques séances de thérapie et je suis même hyper
03:45 pressée de continuer. Après on se laisse embarquer dans le quotidien. Les peu de séances
03:50 que j'ai fait ça m'a aidé. J'ai hâte de continuer à creuser dans mon passé pour
03:53 comprendre aujourd'hui pourquoi je suis comme ça et être à 100% épanouie. Je pense qu'il
03:57 n'y a rien de linéaire c'est en fonction des événements qu'on vit aussi. Je regarde
04:02 des vidéos de développement personnel, je suis abonnée à des comptes Instagram par
04:04 exemple où il y a des phrases positives, des petits trucs, des petits tips en fait
04:08 pour aller mieux. Non pas que je ne vais pas bien mais la vie il n'y a rien de linéaire
04:14 c'est fluctuant. Il y a des situations qu'on gère mieux, d'autres qu'on gère moins
04:16 bien. Il ne faut pas avoir honte de dire je vais faire une séance, je vais en parler,
04:22 je vais regarder un podcast, une vidéo, des témoignages, des forums qui vont me permettre
04:26 de traverser ça.
04:28 Prenez soin de votre santé mentale. Moi aujourd'hui je fais un métier qui est très stressant
04:35 et j'ai un petit peu de mal à couper et je suis un peu en 7 sur 7. Il y a des moments
04:39 où je me force, je coupe aujourd'hui, je dis à mes équipes par exemple non je ne
04:42 décroche pas. Il faut prendre un petit peu de temps pour soi, c'est important de savoir
04:45 couper et on revient plus fort en fait. Donc prenez des moments pour couper c'est important.
04:50 [Musique]
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