00:00Moi, sur l'hôpital psychiatrique, j'ai un discours qui est très nuancé,
00:03parce que j'ai l'impression que j'ai un peu vécu le pire comme le meilleur de la psychiatrie.
00:19Dans le sens où ma première hospitalisation s'est réellement mal passée,
00:24parce que je suis tombée dans une structure
00:27qui était cruellement en manque de moyens humains et matériels.
00:31Et ça, je pense que ça en devient maltraitant,
00:34et pour les patients, mais aussi pour les blouses blanches.
00:37Moi, j'ai l'impression qu'on est un peu tous et toutes dans le même bateau,
00:39où quand il n'y a pas les moyens,
00:41ben finalement, il y a de la maltraitance qui se crée,
00:44mais c'est pas du tout...
00:46Moi, j'ai l'impression que c'est pas du tout voulu ni choisi,
00:49c'est vraiment totalement subi.
00:51Et c'est pour ça qu'on ne peut pas se permettre d'avoir des structures hospitalières sans moyens.
00:56Moi, j'ai plein d'anecdotes,
00:58notamment sur les protections périodiques.
01:01L'hôpital dans lequel j'ai été la première fois
01:04n'avait pas de protections périodiques à me passer.
01:09Et j'étais dans une situation d'isolement,
01:12on m'avait retiré toutes mes affaires,
01:14j'avais droit à aucun contact avec l'extérieur.
01:17Et au final, ben oui, on ne peut pas se permettre de laisser une personne
01:20qui a ses règles saignées comme ça, quoi.
01:24Et ça, pour moi, c'est un exemple qui illustre très bien
01:29des pratiques qui peuvent être maltraitantes et très dénigrantes pour son hygiène intime,
01:34surtout dans une phase où on est très vulnérable.
01:37Et en plus, moi, j'étais dans une position où j'étais pas en mesure de batailler pour des choses...
01:42Enfin, genre, j'étais pas en mesure de batailler pour rien du tout.
01:45Donc voilà, quand je dis que j'ai un peu vécu le pire comme le meilleur de la psychiatrie,
01:50c'est dans ce sens-là.
01:53Donc il y a eu cette première hospitalisation où vraiment j'en suis ressortie
01:59avec des gros traumatismes où j'ai mis des années avant de réussir à m'en défaire.
02:04Et j'ai l'impression que c'est un peu cette expression qui dit que quand on...
02:09quand on tombe du cheval, il faut tout de suite retourner dessus.
02:13Et moi, j'ai eu beaucoup de chance parce que six mois après,
02:16j'ai ré-ré-ré été hospitalisée dans un hôpital de jour.
02:20Et c'est ça qui m'a permis de renouer le lien avec l'hôpital.
02:24Je pense que si je n'étais pas retournée en hôpital,
02:26je serai toujours restée sur ma première impression et sur les traumas du départ.
02:33Et là, ça a été une équipe de blouses blanches.
02:37Moi, je les appelle les blouses blanches,
02:39qui ont fait preuve d'une patience et d'une bienveillance absolument extraordinaire,
02:43parce que j'ai vraiment pas été une patiente facile à ce moment-là.
02:46Et c'est via leur patience et leur bienveillance et leur écoute
02:51que j'ai réussi à reprendre confiance dans ce milieu-là
02:55et aujourd'hui ça va beaucoup mieux.
02:57Donc voilà, j'ai un discours très nuancé sur les hôpitaux
03:00parce que ça peut super bien se passer quand on y met les moyens,
03:04il y a vraiment des choses extraordinaires qui peuvent se faire
03:06et j'ai envie d'encourager les personnes qui en ont besoin à y aller
03:10parce que moi j'ai fait appel à l'hôpital plusieurs fois au cours de mon parcours
03:13parce que c'était nécessaire.
03:15Et de l'autre, j'ai quand même conscience qu'il faut faire
03:18malheureusement attention à dans quel hôpital on va
03:22et ça c'est une vraie question,
03:24de se poser la question de quelles structures sont safe
03:28et lesquelles sont peut-être moins safe
03:31dues à ce manque cruel de moyens dans la psychiatrie.
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