00:00 [Musique]
00:07 - Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro d'Envie d'agir sur C8.
00:11 La coupe du monde de rugby bat son plein.
00:14 Voilà pourquoi nous accueillons aujourd'hui le président de la Fédération française des supporters de rugby
00:19 et une joueuse de rugby engagée du Stade français Paris.
00:24 Bonjour à tous les deux, donc Koumba Diallo et Franck Cléman.
00:27 Merci d'être avec nous.
00:29 - Bonjour.
00:30 - Donc comme je le disais, vous œuvrez en fait tous les deux pour l'engagement et la RSE, je le rappelle,
00:34 c'est la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises.
00:38 Donc vous œuvrez tous les deux pour cela au sein de votre sport qui est le rugby.
00:42 Donc assez simplement, expliquez-nous pourquoi.
00:45 - Le rugby est une composante à part entière de la société qui est basée sur le modèle sociétal plein de valeurs,
00:53 dont notamment le respect, la solidarité, la convivialité et tout ce qui peut être fair play et l'engagement bien sûr.
01:02 - Donc voilà.
01:03 - Ça nous semblait naturel de nous engager à ce moment-là.
01:05 - Et ça fait combien de temps du coup que vous avez cet engagement ?
01:07 - Depuis que je suis président de la Fédération française des supporters de rugby, ça fait 3 ans maintenant.
01:12 - D'accord, génial.
01:13 - Qu'on s'est impliqué encore plus dans ce milieu sociétal.
01:17 - Et vous Koumba Diallo alors ?
01:19 - Alors moi ça remonte à très longtemps. Depuis ma carrière de haut niveau, je suis très engagée auprès des associations,
01:25 que ce soit dans la solidarité, l'inclusion, la féminisation.
01:29 Et il y a l'année dernière, le directeur général qui m'a proposé ce poste de RSE qui collait tout à fait avec mes valeurs.
01:35 - Oui donc rappelons-le, vous êtes donc chargée RSE dans l'équipe parisienne qui est le stade français.
01:41 Ça n'existait pas ça avant, c'est nouveau.
01:43 - C'est très nouveau exactement.
01:45 Depuis 2-3 ans, il y a une bonne dynamique concernant la RSE.
01:48 On a 4 piliers, voilà l'environnement, la féminisation qui est tout nouveau, la solidarité, l'inclusion et la santé.
01:56 C'est vraiment les 4 piliers que le stade français essaie de mettre en valeur.
02:00 - Quelle est l'origine de cette volonté d'engagement ?
02:03 - Moi en toute honnêteté, l'origine c'est que le rugby m'a beaucoup apporté en tant que femme, en tant que personne.
02:09 Je suis issue des quartiers populaires.
02:11 Donc je me dis, à travers les démarches RSE, on a besoin de tout le monde, il y a de la place pour tout le monde.
02:17 Donc mettre en avant ces différents projets, ces différentes associations et mettre en avant le stade français à travers ces actions,
02:23 c'est pour ça que je suis engagée, je suis solidaire et à fond dedans.
02:27 - Donc en fait vous utilisez votre notoriété auprès de la société pour embarquer les gens à s'engager.
02:35 - Exactement, parce que je pense que le stade français est un très grand club.
02:38 On a une image de courant de voie, il y a beaucoup de personnes qui s'identifient à nous.
02:41 Si de par nos actions on peut inciter les gens à peut-être changer le monde ou à aider ses semblables,
02:46 je pense que c'est plus gratifiant et très important pour ce club.
02:50 - Et du coup, effectivement, j'entends très bien ces engagements dans l'équipe du stade français de Paris.
02:56 Mais Franck, qu'en est-il chez les supporters ?
03:00 - Alors chez les supporters, la Fédération française représente 90 associations environ.
03:05 Et on les oriente vers des actions nationales, notamment une campagne d'adhésion avec Emmaüs
03:14 où on fait une collègue de fond en novembre.
03:18 - Donc là effectivement c'est de la solidarité, c'est d'aider, c'est apporter des choses à Emmaüs.
03:22 - Beaucoup de solidarité, oui.
03:24 - Et comment la Fédération réagit à l'ouverture de la Coupe du Monde, où on avait entendu ces sifflets assez impressionnants
03:33 quand le président ouvrait cet événement.
03:36 Vous, votre réaction, c'est quoi ? Comment vous gérez ça ?
03:39 - Notre réaction, c'est en fait, on pense simplement qu'après une cérémonie d'ouverture assez longue,
03:44 deux discours d'affilée, les gens étaient impatients de voir enfin du rugby.
03:49 - Ah, vous pensez que c'était de l'usure, de la fatigue, d'attendre ?
03:53 - Et pas de la politique.
03:55 - Moi, pour rebondir sur ça, en toute honnêteté, je trouve ça un peu triste
03:59 parce que c'est quand même la Coupe du Monde en France.
04:02 Tout le monde entier a le regard tourné vers cette Coupe du Monde.
04:06 C'est le président, mais à un moment donné, c'est le sportif et la politique qu'il faudrait faire à la part des choses.
04:11 Mais moi, je trouvais ça un peu désolant. C'est le président, il doit être obligé d'ouvrir un peu cette cérémonie.
04:16 - Du coup, effectivement, c'est quand même un peu compliqué parfois dans ce contexte de porter les valeurs
04:20 qui sont les vraies valeurs du rugby, je suis tout à fait d'accord, mais ça ne doit pas être toujours évident de les porter.
04:26 - Bien sûr, ce n'est pas évident et bien entendu, ce n'est pas acceptable que les gens aient sifflé le président de la République,
04:31 quel qu'il soit d'ailleurs, ni même le président de World Rugby.
04:36 Mais effectivement, je pense qu'une partie du public, en tout cas une grande majorité du public,
04:42 était sous le coup de l'impatience et attendait le premier AK de la Coupe du Monde,
04:47 la réaction de l'équipe de France, ça fait quatre ans qu'on l'attend.
04:51 - Ils étaient sur les starting blocks.
04:53 - Là, il fallait y aller dans la mêlée. J'essaie d'utiliser un peu de termes.
04:58 Et en fait, justement, quand on parle de mêlée, on pense aussi d'inclusion.
05:02 C'est quoi les critères d'inclusion aujourd'hui dans votre sport ?
05:06 - Alors, les critères d'inclusion dans notre sport, c'est que la beauté du rugby, c'est qu'on a besoin de tout le monde, de tous les profils.
05:13 Qu'ils soient grands, petits, moyens, trampus, costauds.
05:17 Ta force est au service du collectif, est au service de l'équipe.
05:21 Donc, si de part notre sport, on peut faire ça à travers des engagements un peu sociétal, c'est ce qui est plaisant dans l'inclusion.
05:28 - Et vous, Franck ?
05:29 - Je suis tout à fait d'accord. On a tout à fait toujours été très ouverts au rugby, à tous les formats, tous les gabarits, toutes les religions.
05:39 D'ailleurs, c'est pas difficile. C'est pas une question qu'on pose.
05:42 Personne ne se pose la question. J'ai des copains au rugby. Je sais pas de quelle religion ils sont.
05:48 Je ne sais pas s'ils sont noirs, blancs, jaunes, rouges. Ça m'importe absolument pas.
05:55 Et c'est comme ça dans toutes les équipes de rugby et aussi chez les supporteurs.
05:59 - Je pense que de là où vous êtes, tous les deux, vous n'êtes pas sans ignorer qu'il y a eu une étude récemment menée auprès des Français sur les LGBTphobies dans le sport.
06:09 Et il y a un chiffre qui était très intéressant, que d'ailleurs les ministres ont partagé sur les réseaux sociaux,
06:14 qui est que 78% des Français souhaitent que l'on aille plus loin dans la lutte contre les LGBTphobies dans le sport.
06:23 Vous, comment vous gérez ça aussi ?
06:25 - Toujours de la même manière. On ne pose pas la question de savoir quelle est la sexualité des gens qui sont adhérents dans nos associations.
06:36 Et on fait en sorte que tout le monde accepte tout le monde. Il n'est pas question qu'on tolère quelqu'un qui aurait des propos homophobes ou LGBTphobes.
06:46 Peu importe d'ailleurs, même hétérophobes. C'est hors de question qu'on ait le moindre propos là-dessus.
06:53 - Pour rebondir, nous au Stade Français Paris, on a la Stade d'Académie, on a beaucoup de jeunes, à peu près une centrentaine de jeunes.
06:59 Et je pense que plus tu les sensibilises les jeunes plus tôt, je pense que mieux c'est accepté.
07:03 - Autre chose quand on parle d'inclusion, c'est le rugby fauteuil, qu'on appelle aussi quad rugby, qui est vraiment un sport mixte en plus.
07:13 On fait du quad rugby à des équipes mixtes, femmes, hommes.
07:16 - Il y a plusieurs types de rugby, c'est vrai qu'il y a du rugby mixte, que des féminines, que des masculins.
07:22 Et donc du coup, c'est divers et varié. Et par rapport à cette forme d'inclusion,
07:27 chez le Stade Français, on est rattaché à un club de rugby, Capsa Sport.
07:31 Ce qu'on va mettre en place avec Capsa Sport Rugby, c'est qu'ils vont fédérer notre club, ils vont porter nos couleurs,
07:39 ils vont jouer sur le même maillot et à travers ça, on a aussi des sensibilisations avec nos jeunes.
07:43 On va vers eux, on pratique le rugby fauteuil avec eux et c'est un bel échange et des beaux partages.
07:48 - Donc ça, c'est quand même aussi un message très fort. Je voudrais partager avec vous, du coup,
07:53 le message engagé d'un de nos ambassadeurs du sport qui, en l'occurrence, est aujourd'hui président du comité olympique.
08:00 Et on se parle juste après.
08:02 - J'ai choisi cette photo de Sandrine Martinet à la finale des Jeux paralympiques de Rio 2016.
08:09 C'est un souvenir très fort. Moi, j'étais là-bas, c'était mes premiers Jeux paralympiques en tant que spectateur.
08:16 C'était hyper intense et à la fin, il y a eu cette émotion où c'était son premier titre, même si elle était déjà championne de France,
08:23 championne d'Europe, championne du monde. Elle a sauté partout, dans tous les sens, récupéré son enfant.
08:31 Donc, c'est vraiment un super souvenir et je me suis rendu compte du potentiel des Jeux paralympiques à ce moment-là.
08:37 On a voulu, pour la première fois, créer ce collectif unifié, cette même équipe de France.
08:42 Pour Paris 2024, c'est aujourd'hui vraiment un marqueur très fort.
08:47 On veut que ces Jeux paralympiques soient traités avec la même ambition que les Jeux olympiques.
08:51 On a commencé par le logo et c'était pour nous important que ce soit pour la première fois dans l'histoire des Jeux,
08:56 le même logo pour les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques.
08:59 Ensuite, c'est poser la question des sites de compétition.
09:01 Là aussi, on a gardé la même ambition pour qu'il y ait des épreuves au pied de la Tour Eiffel.
09:06 Ce sera le Sessi-Foot, sur l'Esplanade des Invalides, ce sera du para-tir à l'arc.
09:11 Dans les jardins du château de Versailles, ce sera du para-équitation.
09:14 Réussir à associer le plus beau patrimoine français avec ces sports paralympiques
09:20 pour mettre les athlètes dans les meilleures conditions
09:24 et vraiment réussir à valoriser leur performance de la plus belle des manières.
09:28 Il faut que les clubs puissent accueillir ces sports paralympiques de manière plus nombreuse.
09:33 Aujourd'hui, on n'a pas assez de clubs de sport qui sont formés
09:37 pour pouvoir accueillir toutes ces personnes en situation de handicap.
09:41 Mon espoir, clairement, c'est qu'après la cérémonie de clôture de ces Jeux de Paris 2024,
09:46 on ait trouvé des solutions pour que plus de Français valides ou en situation de handicap
09:52 puissent partager des moments de sport.
09:54 Moi, je me suis construit grâce au sport.
09:56 Je sais que le sport peut changer la vie de beaucoup de personnes.
09:59 Et j'ai envie que collectivement, et chacun doit jouer son rôle,
10:03 que ce soit le mouvement sportif, les acteurs publics, l'État,
10:07 mais aussi les partenaires privés, les entreprises.
10:09 On doit tous contribuer à faire en sorte qu'il y ait le plus possible de Français
10:14 qui pratiquent une activité physique.
10:16 C'est le prochain grand défi collectif qui nous attend.
10:19 Je suppose que ça vous inspire tous les deux ?
10:21 Absolument.
10:22 C'est vrai que généralement, dès qu'on regarde les JO, c'est fini.
10:25 Après, les JO paralympiques, on essaie de mettre de côté,
10:28 il n'y a pas forcément de répercussions et de retours.
10:31 Et là, c'est plaisant de voir que la campagne,
10:33 il y a des personnes en situation de handicap et des athlètes normales.
10:36 Voilà, ça reste quand même des athlètes, ils sont comme nous,
10:39 ils ont juste un handicap un peu moteur ou autre.
10:41 De part ces JO, on peut mettre une grande visibilité à travers ça.
10:45 Si les gens connaissent un peu plus ce sport, le paralympique,
10:48 je pense qu'ils s'y intéresseraient.
10:49 Ça serait plaisant pour eux par la suite.
10:51 Et justement, si je vous dis, du coup, égalité des chances à chacun d'entre vous,
10:56 dans votre sport, ça vous fait penser à quoi ?
10:59 Moi, ça me fait penser à l'école de rugby.
11:01 L'endroit où on arrive sans rien savoir, tout petit,
11:04 et sans avoir aucune différence entre le grand, le petit, le gros, le maigre,
11:09 le musclé, le pas musclé, et de les voir sortir un jour,
11:14 peut-être en équipe de France pour certains,
11:16 d'autres dans la vie, mais armés pour la vie.
11:19 L'égalité des chances, c'est qu'on a 15 joueurs, 23 joueurs sur le terrain.
11:24 La différence, c'est juste le maillot.
11:26 Et entre les deux équipes, t'as l'arbitre.
11:29 Donc du coup, peu importe ta situation dans la vie,
11:31 peu importe ton métier, peu importe ce que tu fais,
11:33 peu importe ce que font papa et maman, c'est 15 personnes, 23 personnes,
11:37 et c'est le match et le combat.
11:39 - C'est un très joli message de fin.
11:41 Merci beaucoup à tous les deux.
11:43 Et bonne continuation, bonne fin de Coupe du Monde aussi.
11:46 Et donc, on passe à l'agenda de l'émission.
11:48 Une fois n'est pas coutume, un livre en relation avec cette thématique aussi,
11:52 puisque c'est une personne en situation de handicap sur fauteuil.
11:54 L'auteur raconte sa vie et tout ce que ça représente pour lui
11:58 de savoir ce handicap qui va arriver.
12:00 "Ma vie ressemble à la vôtre", c'est très joliment écrit.
12:04 Aux éditions Le Bruit du Monde.
12:06 Et puis aujourd'hui, 30 septembre, c'est la Journée mondiale de la mer, M.E.R.
12:13 Donc je vous invite à revoir, si vous le souhaitez,
12:15 notre émission spéciale sur la thématique avec Maude Fontenoy.
12:19 Et puis, n'oubliez pas, évidemment, nos podcasts "Envie d'agir"
12:23 disponibles sur Apple, Deezer, Spotify et bien sûr MyKanal.
12:27 Et on se retrouve très vite sur C8 pour plus d'Envie d'agir.
12:31 Merci.
12:32 ♪ ♪ ♪
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