00:00 "A la siotar"
00:02 "Oï oï oï"
00:04 "A la siotar"
00:06 "Oï oï oï"
00:07 Faire une forêt
00:09 à partir d'un texte que j'ai écrit qui s'appelle "Ça ne tient plus"
00:14 qui essaye de faire forêt
00:16 sans y réussir
00:18 et à partir
00:20 de deux
00:23 textes
00:26 d'une part de
00:28 la poétesse
00:30 grecque Hélène Ivakalo
00:32 que j'ai eu le plaisir de traduire pour la revue "Nyok" qui a fait un numéro spécial
00:37 et un autre texte
00:39 de Ioldanis Papadopoulos
00:42 qui s'appelle "Forêt"
00:45 "Toschima tu dasu"
00:47 "Ehi toschima mia medusas"
00:50 La forme d'une forêt
00:53 prend une forme de méduse
00:56 qui la prend dans ses mains
00:58 et la tient dans la main
01:01 et elle glisse
01:04 quand elle la sort
01:08 le climat
01:10 quand la vague la rejette
01:12 C'est peut-être
01:15 parce qu'elle s'allève
01:17 peut-être parce qu'elle remue
01:20 sans ouvrir les fenêtres qui sont à l'esprit
01:25 sans fendre des plages blanches
01:28 "Kafolu tospa fia pi tiki"
01:33 puisque ça doit être ainsi
01:35 "Afu eti prepi"
01:37 je dois souffrir encore davantage pour ça
01:39 "Napone so a komi piopoli afto"
01:42 Il y a des jours comme celui-ci
01:44 où les forêts ne se manifestent pas
01:46 Je ne parle pas des troncs, des branches, des feuilles de la terre
01:50 Mon but n'est pas d'écrire sur les forêts
01:53 Au moment où j'écris, je ne sens pas la résine
01:55 je n'entends pas de craquement, je ne cueille pas de graines
01:58 des cerfs, nulle part
02:01 J'écris sur les forêts, face à un mur
02:04 près de la fenêtre, côté est
02:06 et du rideau qui flotte dans le courant d'air du matin
02:09 Par exemple, chaque fois que je me connecte à ma banque en ligne
02:14 un morceau de forêt apparaît sur l'écran d'accueil
02:20 Je ne peux pas associer les transactions financières aux forêts
02:23 Vous pouvez entrer dans les forêts sans argent
02:28 et si vous avez de la chance, vous pouvez en sortir riche
02:31 C'est absurde, difficile à traduire
02:34 Si Napoint-leur, Napoint-t'a l'air
02:37 Napoint-t'a l'air là, Napoint-a c't'heure
02:40 Avec ça, normalement, vous êtes capable de comprendre tout le reste
02:44 Si nous assistons là-bas, ce ne sera pas l'air t'air là
02:49 Ce sera l'air t'air là-bas
02:51 Si nous assistons là-bas, t'as l'air
02:55 T'as l'air là, Napoint-t'a l'air
02:58 T'as l'air là, après, t'as l'air là-bas
03:02 Si nous ne connaissons pas l'air, comment nous allons connaître l'air ?
03:06 Mais si t'as l'air là, il veut dire que les côtés sont l'air
03:15 Malgré l'air, chacun a son air
03:19 Grand-mère Cale, quelle aïdée !
03:22 À force temps, on regarde quelle aïdée, la fin arrive t'as l'air
03:25 T'as l'air, la fin arrive t'air là
03:27 Mais ça, c'est une autre histoire
03:29 Avec tout ça, j'ai mal aux têtes
03:33 T'as l'air là, astaire, t'as l'air
03:35 Je ne connais plus où ça me reste
03:37 Mais grand-mère Cale, dis-moi quelle aïdée
03:40 Merci
03:42 L'embrouillamini est une perturbation qui se précise
03:47 Nous devons changer souvent les mots de passe
03:52 Dans le vocabulaire, nous appelons des arbres, des jacasseries, des cris de brouilloir
03:58 Pause de brume, d'embroussailles numériques
04:01 La satisfaction digitale est fugitive
04:05 Clique, reconduit, reste, recommence
04:08 Les récompenses sont éphémères
04:10 Sur les routages, sélectionner, clique, rechute, recommence, clique, recommence
04:15 Un épisode de post-domestication
04:19 Le parcouru parfois ralentit
04:22 Obstacle des successions végétales, les orties et les ronces hostent aussi des parcours
04:29 Le parcouru contourne, le parcouru élude, il métaphorise
04:34 Parfois, il stationne entre masse, logarithme et labyrinthine
04:38 Le parcouru métadirigé reste-t-il en phase autonome ?
04:43 Où loge cette mémoire d'avoir progressé par les voûtes et les branches ?
04:50 Le brouillard hésite à s'y retrouver
04:54 Le vent arrive, nous filons avec lui
04:57 Lorsqu'il est intraitable, il disperse les débris
05:01 Soulèvement de l'indice poussière partout
05:05 De la cendre dans les yeux, de la poussière dans les rues, dans les places
05:09 Estompé sur les arbres, les feuilles des arbres, les plis, les écorces, les paupières brûlantes entre les oreillers
05:15 Sur les chaises, les tables, les casseroles abandonnées d'histoire
05:18 De la poussière fine, hégémonique, d'où production de sirènes pulmolaires, oculaires, allergiques, immunologiques, insomniaques
05:27 L'inflammation dit que nous prenons feu dedans
05:31 Feu sourdie inorganique, des sinistres crépitent au noyau des cellules
05:38 Feu actif, surnoisement multique, depuis les brasiers d'émotion repliés
05:45 De la poussière de feu dans le cirque des doutes, de la poussière prélude aux gestes sans portée
05:52 Numéroses siennes, des illusions et des bruits
05:56 D'où partent les incendies, du feu nouille creux que Prométhée apporte
06:06 Je vous remercie
06:08 Je te demande si ça vaut la peine, si ça vaut la peine de te poser là devant les gens
06:14 Tu te dis qu'est-ce que je peux dire de mieux que celles et ceux qui ont déjà dit depuis ce matin
06:18 Qu'on dit bien mieux, bien mieux que je pourrais dire
06:21 Tu te dis que toutes et tous celles et ceux qui ont déjà dit
06:25 Ils ont presque tout dit, ils l'ont bien dit, si bien dit
06:31 Ils ont bien parlé, ils ont bien parlé des choses, ils ont dit des belles choses, de bien belles choses sur les choses
06:37 Sur les choses qui sont devant, devant nous
06:40 Sur les choses devant nous, là, juste devant nous, à côté, tout près, qu'on voit pas
06:45 Ils ont dit des choses, de bien belles choses, sur les choses qu'on voit pas, sur les choses qu'on voit plus
06:50 Ils ont dit des choses qui sont dedans les choses, en nous
06:54 Dans le dedans, du dedans de nous
06:57 Ces petits bouts d'atmosphère qui vont se disperser, qui poussiérisent partout leurs minuscules
07:01 Les auréoles, ils atomisent, ils particulent, ils émiettent leur luisance
07:05 Tous ces petits bouts de quelque chose léger et lumineux
07:08 Qui se déploient dans un univers sans dessus, ni dessous, ni devant, ni derrière
07:13 Ça démesure, ça illimite, ça absoluse, ça infinise
07:18 Des petits bouts de quelque chose lumineux et léger qui se dégagent des cadavres
07:24 Ça coûte rien de le dire, ça coûte rien de le penser, s'en persuader
07:31 Ça permet d'endurer la vieillerie
07:35 Avant que l'abeilleuse s'éteigne
07:39 Merci
07:41 Ce soir je vais lire deux textes, puisque j'ai mes deux éditeurs ici
07:46 Qui viennent de paraître
07:48 Celui-là qui s'appelle "Lacan 23, Tarot"
07:51 Et celui-là qui s'appelle "Le petit bestiaire, brin de l'air naïf de Fidel Antelme"
07:58 Parolaise, c'est Fidel Antelme
08:00 "Tirez le cadre, lire notre futur, retournez les normes
08:07 Ainsi en feuilleton, les normes corrigées, les normes révisées, les normes bombées
08:13 Les normes froissées, les normes griffonnées, les normes taguées, les normes découpées
08:18 Les normes recollées, les normes abandonnées, les normes commentées, les normes tranchées
08:23 Les normes reprises par André Robert
08:26 On obtient un livre
08:28 Oh, c'est un texte pour les déminations
08:32 "Tarot, Lacan 23, l'ultime lame"
08:38 Je l'imite, je réduis autant que je le puis
08:43 Et je parviendrai à accomplir mon voeu
08:47 C'est écrit, c'est dit, c'est promis
08:51 Alors examèrent en cœur, chacun, chacune dans sa langue
08:56 Et la poule, Cacota et Gloussa, la brebis, Bela
08:59 La chèvre, Svota et Bégaeta, la vache, Meugla et Beugla
09:03 La nesse, Braia, le cochon, Cuina et Cronia
09:06 Le cabillon, Bula, la perverie, Cacaba et Piroueta
09:10 Le tapin, Cuina et Clapy
09:13 Jamais nous ne te ferons confiance
09:16 Encore moins pour le peu de temps qu'il te reste à vivre auprès de nous
09:20 Vas-tu renoncer à nos tripes ?
09:22 Là, vous avez une pleine page
09:29 Vous avez la revue Gnoc et la revue Musque
09:32 Et les auteurs qui ont lu cet après-midi
09:36 A tout à l'heure !
09:39 A la chute ! Aïe aïe aïe !
09:46 [SILENCE]