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  • il y a 3 ans
Avec Christophe Rivenq, président d’Alès Agglomération et 1er adjoint au maire d’Alès dans le Gard (30)
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##UN_ETE_EN_VACANCES-2023-08-09##

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News
Transcription
00:00 L'été bas son plein et si un temps agréable est de retour cette semaine, on ne peut pas en dire autant du coût du carburant par rapport
00:05 au plus bas de juillet. Le SP95 c'est +10 centimes d'euros le litre et le gazole c'est +14 centimes le litre.
00:13 C'est notre question du jour. Êtes-vous favorable à une baisse des taxes ? Oui, non ou alors pour une autre solution ?
00:18 0 826 300 300 pour témoigner, réagir et puis voter et commenter sur nos réseaux sociaux.
00:24 On compte sur vous pour nous éclairer sur ce sujet. On reçoit Fabrice Godefroy, expert mobilité et environnement.
00:29 Bénévole dans l'association 40 millions d'automobilistes, spécialiste des questions environnementales et Philippe Charlesz,
00:36 expert en questions énergétiques, auteur des dix commandements de la transition énergétique chez VA Édition. Bonjour et bienvenue.
00:44 Bonjour. Bonjour messieurs. Merci d'être avec nous ce matin sur ceux de radio. J'aimerais tout d'abord qu'on essaye de comprendre
00:50 les raisons de cette augmentation Fabrice Godefroy. Comment on l'explique ? Quels sont les différents facteurs qui sont à l'origine de cette hausse ?
00:58 On observe maintenant depuis quelques mois une remontée malheureusement du prix du baril du Brent qui est en train d'augmenter.
01:06 Donc il faut toujours une inertie à peu près deux semaines voire trois semaines pour que ça arrive dans les stations de service.
01:12 Alors il y a plusieurs phénomènes pour cette remontée du Brent. Malheureusement depuis quelques mois, c'est un marché qui est extrêmement volatile.
01:21 Donc un marché qui baisse, qui monte, qui fait les montagnes russes si je ne veux pas faire de jeu de mots.
01:27 Et effectivement, c'est en train de remonter en ce moment et donc ça touche les stations de service.
01:32 Et voilà, on en est dans une période où le prix a été resté quand même assez haut, mais là il est remonté depuis quelques temps.
01:39 Effectivement, avec des prix, on peut les donner sur le son plan 90E10, son plan 95E10, on est aux alentours d'un euro 900 le litre,
01:49 un euro 835 à peu près pour le gasoil.
01:53 Philippe Charlesz, on parlait à l'instant de la question du prix du baril qui augmente de nouveau et qui a ses conséquences.
01:59 Forcément, on le retrouve ensuite à la pompe. Concrètement, à cause de quoi il augmente ce prix du baril ?
02:06 Alors l'augmentation du prix du baril ou la baisse du prix du baril est toujours liée à l'offre et la demande.
02:13 Et on a une sensibilité extra importante des marchés par rapport à ça.
02:18 Donc ce qu'on peut dire, c'est que d'un côté, il y a une forte demande du sud-est asiatique à l'heure actuelle.
02:23 On bat année après année, malgré le réchauffement climatique, les records de consommation de pétrole.
02:30 On a dépassé les 100 millions de barils/jour en 2022 et on va probablement encore battre ce record en 2023
02:39 parce que les marchés sont fortement tirés par la demande du sud-est asiatique.
02:43 Et parallèlement, on a des producteurs qui veulent garder des prix relativement hauts
02:49 et qui donc réduisent ou disons maintiennent leur coton, ne veulent pas produire plus.
02:53 Moins de production, plus de demande, ça fait augmenter le prix du baril.
02:58 Et encore une fois, ce n'est pas seulement physique, c'est aussi très psychologique.
03:02 Il suffit que les stocks diminuent un tout petit peu pour voir flamber le prix du baril.
03:07 Cela étant, l'augmentation n'est quand même pas absolument démentielle
03:12 puisque depuis le début de l'année, on se situait autour de 80 dollars
03:16 et ce n'était pas tellement par rapport à ce qu'a dit l'intervenant précédent.
03:22 En réellement des montagnes russes, on a varié entre 82 et 75, là on est monté à 86.
03:30 Donc ce qui veut dire que ce n'est pas une augmentation dramatique.
03:34 Mais si cette rupture, pas cette rupture mais disons cette non-accordance offre-demande continuée,
03:41 il faut s'attendre à ce que le baril continue d'augmenter.
03:44 Et puis j'interviendrai un peu plus tard pour parler des marges de distribution
03:48 qui elles aussi influent sur le prix parce que généralement elles retardent aussi
03:53 à l'augmentation du prix du baril, ce qui maintient le prix de l'essence relativement haut.
03:58 Justement Fabrice Gossefrop, pour vous faire régler directement ce que disait à l'instant Philippe Charlesz sur cette question.
04:05 Montagne russe ou pas depuis le début de l'année, vous maintenez, c'est le sentiment que vous avez.
04:10 Et qu'ont les conducteurs aujourd'hui sur ce prix des carburants ?
04:15 Quand un marché volatil qui monte, qui descend, qui monte, qui descend,
04:20 qui avait été extrêmement fort au printemps dernier, qui avait rebaissé et qui remonte,
04:24 je suis désolé, c'est effectivement des montées et des descentes.
04:28 C'est dans ce sens-là que je disais.
04:29 Effectivement le prix du baril est beaucoup moins élevé que celui qu'il était au printemps dernier
04:35 parce qu'on était pratiquement à 120 dollars.
04:37 Effectivement au moment où on avait du carburant à 2,20 euros,
04:41 évidemment on n'en est pas dans ces conditions-là.
04:43 Le problème c'est que la tendance est quand même là et il y a quand même des montées et des descentes.
04:48 Avec aussi une forme de double peine, c'est la taxation aussi qu'on peut avoir sur les carburants.
04:55 Nos auditeurs réagissent beaucoup sur les réseaux sociaux sur ce sujet-là.
04:58 Déjà pour savoir un petit peu Fabrice Gossefrop,
05:01 quand on parle de taxation sur les carburants, ça représente combien ?
05:04 Quelle proportion finalement de la note finale ?
05:07 Alors là c'est ça, c'est vraiment très intéressant
05:09 parce que je pense que ça doit être le seul produit
05:12 où il y a plus de taxes que de produits et de services, le carburant.
05:16 Peut-être à part le tabac.
05:17 C'est-à-dire qu'il faut quand même savoir aujourd'hui,
05:19 c'est qu'on a quand même la TICPE,
05:21 sur lequel on a une TVA au-dessus à 20%,
05:24 ce qui veut dire deux taxes, l'une sur l'autre.
05:27 La taxe sur la taxe et au total on est à peu près aux alentours de 60%.
05:31 Donc j'aimerais bien qu'on m'explique quels sont les autres produits
05:34 qui ont autant de taxes.
05:35 Donc effectivement, ça pose quelques petits problèmes
05:38 quand on a évidemment des périodes de montée
05:42 des prix de la pompe au niveau du marché.
05:46 Donc vous, vous seriez favorable du côté de 40 millions d'automobilistes
05:49 à une baisse des taxes ?
05:51 Je pense qu'il y a un moment, 60% de taxes ça devient insupportable.
05:55 Il y a quand même 40 millions d'automobilistes sur 67 millions de Français.
05:58 Alors là on en parle parce qu'ils partent en vacances
06:00 et évidemment ils sont touchés,
06:01 mais ça va peut-être les toucher aussi quand ils vont aller travailler.
06:04 Il y a des gens qui ont besoin de prendre leur voiture.
06:06 Donc c'est vrai que c'est insupportable.
06:07 Donc nous, l'idée, c'est de partir du principe
06:10 que le carburant est un produit de première nécessité
06:12 et qu'on mette plutôt une taxe à 5,5 pour effectivement
06:15 essayer de soulager à la fois les automobilistes,
06:18 mais le carburant, c'est pas que les automobilistes,
06:20 c'est aussi le transport.
06:21 Donc ça participe aussi à l'inflation d'une façon globale,
06:24 c'est-à-dire que même si on n'est pas automobiliste,
06:26 le prix du carburant qui augmente,
06:28 ça augmente la facture aussi pour le transport
06:30 et donc pour tous les autres produits.
06:32 - Philippe Charlesz, sur cette question des taxes
06:34 sur les carburants que l'on a en France,
06:37 quand on regarde par rapport à nos voisins,
06:39 notamment nos voisins européens,
06:40 on a une vraie différence très clairement sur ce point ?
06:44 - Oh, pas nécessairement.
06:46 Le prix du litre d'essence,
06:48 excepté, je n'ai pas tous les prix de tous les litres d'essence
06:52 dans l'Union européenne,
06:54 mais disons que globalement,
06:55 les répercussions sont toujours un petit peu les mêmes
07:00 et il faut savoir qu'aux frontières françaises,
07:04 par rapport à Antan, si j'ose dire,
07:07 on vient moins faire son plein dans le pays frontalier
07:11 qu'avant, ce qui montre qu'il y a quand même eu une uniformisation.
07:14 Pour répondre à la question de l'Espagne...
07:16 - Alors on a quand même, du côté de l'Espagne,
07:17 on a sur le gasoil 25 centimes d'écart, c'est pas rien !
07:20 - L'Espagne est un cas un peu particulier, c'est vrai.
07:23 - Pourquoi ?
07:24 - Pour quelles raisons ? Comment on peut l'expliquer ?
07:27 - Je n'ai pas la raison principale.
07:31 Cela étant, deux remarques à ce qui a été dit.
07:36 D'abord, il y a une taxe qui est absolument insupportable,
07:39 c'est la TVA, puisque plus le baril est cher
07:42 et plus le litre d'essence hors taxe est cher,
07:44 plus l'Etat se garde, donc ça c'est insupportable.
07:47 Alors que la TICPE, par contre, est une valeur constante,
07:50 c'est-à-dire qu'elle est tout à fait indépendante de l'évolution du prix du baril.
07:57 Je crois qu'il faudrait de ce côté-là, effectivement,
08:00 modifier la baisse de 5%, à 5,5%, pourquoi pas.
08:05 Déjà enlever la taxe sur la TICPE,
08:08 puisque c'est une taxe sur la taxe absolument insupportable.
08:11 La deuxième chose, je comprends la réaction des automobilistes,
08:16 des consommateurs et de ceux qui les défendent.
08:18 Cela étant, il faut quand même comprendre
08:20 que baisser le prix des carburants aujourd'hui,
08:22 c'est encourager à consommer des carburants,
08:24 ce qui n'est pas complètement en phase, je veux dire,
08:28 avec la baisse des émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique.
08:32 Plus vous allez baisser les taxes, plus vous encouragez la consommation,
08:36 et donc il y a une certaine contradiction.
08:38 Politiquement et sociétalement, très compliqué à résoudre, j'en conviens,
08:43 mais disons que le message n'est pas toujours terrible, on va dire.
08:46 Fabrice Godefroy, pour réagir justement à cette question-là,
08:49 si on baisse les taxes, on encourage indirectement les Français
08:54 à utiliser davantage leurs voitures.
08:56 Vous réagissez comment à cet argument-là ?
08:58 Moi, je réagis en deux choses.
09:00 Aujourd'hui, on a beaucoup de lanceurs d'alerte sur les problèmes écologiques.
09:03 Maintenant, il faudra peut-être avoir des lanceurs de solutions.
09:06 Ce serait peut-être plus intéressant.
09:08 Et le problème actuel, c'est qu'effectivement,
09:12 on a besoin de carburants, il y a beaucoup d'automobilistes.
09:15 Le problème de l'écologie aujourd'hui, c'est une écologie à base de quoi ?
09:20 A base de taxes, à base de restrictions,
09:24 mais pas malheureusement suffisamment de solutions alternatives.
09:27 Donc si on rendait attractif, je rentre par exemple même dans les centres-villes,
09:31 quand on va à Paris par exemple,
09:33 les transports en commun sont souvent bondés pendant les heures de pointe.
09:36 Quand on fait du Paris-Paris, pas de problème.
09:38 Quand on fait du Paris-banlieue, c'est déjà beaucoup plus difficile
09:41 de faire de la trottinette ou du vélo, ou de prendre les transports en commun.
09:44 Donc c'est le souci, c'est-à-dire que pourquoi les gens prennent leur voiture ?
09:47 Ils ne le prennent pas toujours avec plaisir,
09:48 surtout dans des villes qui sont déjà très embouteillées.
09:51 Et puis bon, après, il faut quand même savoir une chose,
09:53 c'est qu'on a toujours l'impression, quand on entend les gens,
09:55 que c'est les automobilistes qui sont responsables du réchauffement climatique.
09:59 Bon, il faut quand même un petit peu voir les choses un peu à 360 degrés.
10:03 Les automobilistes sont quand même touchés par les zones de faimition,
10:07 les prix des carburants.
10:09 On a un cap qui est la fin du moteur thermique en 2035,
10:12 on est vendre et vendre de véhicules.
10:14 Bon, je pense que les automobilistes ont quand même le dos large.
10:17 Et régulièrement, c'est ceux qui sont un peu la vache à lait de l'écologie.
10:21 C'est vrai que c'est un peu...
10:22 Il ne faut pas se voiler la face, Fabrice Gautrefroid,
10:25 ces taxes, c'est une manne importante pour l'État aussi.
10:29 Ah oui, d'ailleurs, je rebondis là-dessus,
10:31 c'est que si on passe demain tous la voiture électrique,
10:34 c'est à peu près plus de 40 milliards d'euros de taxes sur les carburants.
10:38 Est-ce que vous croyez que si on passe tous en voiture électrique,
10:40 l'État va se passer des 40 milliards d'euros ?
10:43 Moi, je peux vous garantir qu'ils vont trouver des solutions alternatives
10:45 pour taxer aussi l'électricité et de la mobilité.
10:48 Et ne vous inquiétez pas, c'est déjà dans les cartons.
10:50 Et il y a déjà deux idées sur le sujet.
10:52 C'est-à-dire ?
10:53 Alors, dans certains pays, ils taxent au kilomètre parcouru.
10:58 Et puis, en France, on a un compteur Linky.
11:00 Donc, il faut savoir que 80 à 90 % des recharges des voitures électriques
11:05 aujourd'hui se font à domicile.
11:07 Donc, sur un compteur Linky,
11:08 ça ne doit pas être trop compliqué de séparer l'électricité de la mobilité
11:12 et l'électricité de l'habitation.
11:14 Donc, ne vous inquiétez pas,
11:16 je pense qu'on sera très inventifs sur le sujet dans quelques temps.
11:19 On verra, en tout cas, pour l'instant, on ne le sait pas.
11:21 Mais Fabrice Gautreau, vous restez avec nous.
11:23 Je rappelle, expert en mobilité et environnement,
11:25 bénévole à 40 millions d'automobilistes,
11:26 spécialiste des questions environnementales.
11:28 Et puis, on vous retrouve dans un instant aussi,
11:30 Philippe Charlesz, expert en questions énergétiques,
11:32 auteur des 10 commandements de la transition énergétique
11:35 publié chez VA Éditions.
11:37 On en parle, on y revient dans un instant sur Sud Radio.
11:40 Vous nous appelez 0826 300 300
11:42 pour réagir avec nos invités.
11:44 A tout de suite.
11:45 - Bonne matinée sur Sud Radio.
11:46 Il est 9h18 et on continue le débat autour de la hausse des prix du carburant.
11:50 Après une lente augmentation du mois de juillet,
11:52 les prix à la pompe ont brusquement augmenté ces derniers jours,
11:55 selon le ministère de la Transition énergétique.
11:57 C'est notre question du jour.
11:58 Êtes-vous favorable à une baisse des taxes ?
12:01 Oui, non, ou pour une autre solution ?
12:03 0826 300 300 ou nos réseaux sociaux
12:06 pour voter et réagir.
12:07 On retrouve nos invités pour ce débat.
12:09 Fabrice Godefroy, expert mobilité et environnement,
12:12 bénévole dans l'association 40 millions d'automobilistes,
12:15 spécialiste des questions environnementales.
12:16 Et Philippe Charlesz, expert en questions énergétiques,
12:19 auteur des 10 commandements de la transition énergétique
12:22 chez VA Éditions.
12:23 Rebonjour messieurs.
12:24 - Et on poursuit effectivement le débat avec vous deux,
12:27 avec nos auditeurs aussi, au 0826 300 300.
12:29 Vous êtes nombreux à appeler,
12:30 on vous donne la parole dans un tout petit instant.
12:32 D'abord, Philippe Charlesz,
12:33 vous vouliez nous parler juste avant,
12:35 justement de la question de la marge des distributeurs.
12:37 C'est une question importante,
12:38 justement, expliquez-nous un petit peu,
12:39 précisez justement là-dessus.
12:41 - Alors, en fait, on remarque
12:43 donc le prix du baril de pétrole,
12:45 il dépend, enfin le prix du litre d'essence,
12:47 il dépend du prix du baril de pétrole,
12:48 de la marge de raffinage,
12:50 de la marge de distribution,
12:51 et puis des taxes qui s'appliquent aux prix hors taxes.
12:54 Et donc, si on se focalise sur la marge de distribution
12:56 qui est en fait la seule partie avec les taxes
13:00 où la France peut avoir un impact,
13:01 puisque le prix du baril et la marge de raffinage
13:04 dépend des marchés internationaux,
13:06 n'a pas réellement la main.
13:07 Et ce qu'on voit, c'est qu'il y a une corrélation très forte
13:10 entre le prix du baril et la marge de distribution,
13:13 en ce sens que quand le baril est haut,
13:14 la marge de distribution diminue,
13:16 et quand le baril baisse, la marge de distribution augmente.
13:19 Ce qui veut dire qu'en fait,
13:20 les distributeurs ajustent un peu leur prix
13:22 pour que le prix reste à peu près constant
13:26 et ne répercute le prix du baril qu'avec un certain retard.
13:30 Et donc, pour mieux faire comprendre à nos auditeurs,
13:33 une marge de distribution à peu près correcte,
13:35 c'est entre 15 et 20 centimes,
13:36 et aujourd'hui on est plutôt à 25 centimes,
13:39 tout simplement parce qu'au cours des derniers mois,
13:41 le prix du baril a été plutôt bas
13:43 et donc les distributeurs ont augmenté leur marge.
13:46 Il est très probable que la marge de distribution baisse
13:50 au cours des prochaines semaines
13:51 parce que le prix du baril augmente.
13:53 Et donc, c'est pour ça qu'on a relativement une,
13:56 disons, des variations qui ne sont pas énormes sur les prix.
14:00 Donc, il y a un espèce de jeu commercial,
14:03 si j'ose dire, sur la marge de distribution
14:05 dont il faut tenir compte
14:06 et qui fait aujourd'hui que le prix du litre d'essence
14:11 devrait être de l'ordre de 5 à 7 centimes plus bas
14:14 lorsque les distributeurs auront répercuté
14:18 l'augmentation du prix du baril sur la marge de distribution.
14:22 J'espère que je me suis fait bien comprendre,
14:23 c'est un petit peu compliqué ce jeu de vase communique.
14:25 - On a bien compris la précision, effectivement,
14:27 et sur ce jeu qu'il y a justement à ce niveau-là.
14:30 On va au standard tout de suite,
14:31 vous êtes nombreux à réagir.
14:32 0826, 300, 300.
14:34 - Oui, on a la réaction d'un auditeur,
14:35 c'est Guillaume de Cambrai qui nous appelle.
14:37 Bonjour Guillaume, bienvenue.
14:39 - Bonjour Guillaume.
14:40 Guillaume qui est avec nous.
14:43 Oui, je crois que Guillaume est avec nous.
14:45 Guillaume, bonjour.
14:46 Allez, Guillaume une fois, Guillaume deux fois, Guillaume trois fois, c'est la bug.
14:50 - A duger.
14:51 - Je vais couper mon micro pour ne pas faire de perturbations.
14:53 - Oui, on vous a fait un jour un tout petit peu.
14:55 Bon, en tout cas, bienvenue.
14:56 Vous voulez réagir sur le sujet ?
14:57 - Oui, tout à fait.
14:58 Alors, c'est un sujet qui est pineux,
15:00 parce que si on réfléchit un peu plus en détail,
15:03 et avec les très bonnes explications des intervenants,
15:06 c'est vrai que l'État est un peu piégé aussi,
15:09 dans les taux de make-up,
15:10 pour lui c'est du fait d'une perte qui est majeure.
15:13 C'est simple, je crois que c'est 500 millions d'euros
15:14 avec un centime de baisse sur la TICPE.
15:18 Maintenant, c'est toujours la même chose.
15:21 Et pourquoi ne pas essayer de négocier davantage
15:24 avec justement la marge des distributeurs,
15:27 qui pourrait toujours être une petite aide supplémentaire,
15:29 mais surtout pourquoi ne pas essayer
15:31 de baisser dans leurs frais de fonctionnement ?
15:33 C'est toujours pareil.
15:34 On dépend des millions, voire des milliards,
15:36 avec du consulting de chez McKinsey.
15:39 Par exemple, je pense que des baisses
15:42 dans les frais de fonctionnement de l'État, c'est possible.
15:44 On ne ressent pas cette volonté politique
15:48 de donner un coup de pouce aux Français
15:51 qui, quand on voit les sondages,
15:53 tirent la langue à chaque fin du mois.
15:56 C'est un enjeu qui est majeur, la mobilité.
16:00 Les gens ont besoin de leur véhicule
16:04 pour se mobiliser.
16:06 - On ne peut pas faire autrement.
16:08 - On ne peut pas faire autrement.
16:09 C'est presque un besoin primaire.
16:12 Je pense surtout aux personnes qui ont des revenus plus faibles,
16:16 qui, pour eux, c'est un véritable sacrifice.
16:18 Pourquoi ne pas aider et arrêter avec des chèques carburants ?
16:21 Évidemment, on n'impacte pas le revenu d'État.
16:25 C'est pour ça qu'on préfère cette solution.
16:27 Mais de ma fenêtre, je sais que c'est compliqué aussi.
16:31 On ne peut pas faire de miracle.
16:33 Mais on est un pays où le carburant est taxé à plus de 60 %.
16:36 Je pense qu'il est possible de faire quelque chose,
16:38 quitte à fonctionner ailleurs,
16:40 à faire des réductions de fonctionnement dans d'autres secteurs.
16:45 Je pense que ce serait possible.
16:47 - La question se pose, Guillaume.
16:50 Si on s'attaque à la manne financière que ça représente ici,
16:54 il va falloir faire des économies ailleurs.
16:57 Pour l'État, c'est évident.
16:59 On va faire réagir.
17:00 Guillaume, merci de rester avec nous
17:02 pour entendre la réponse de nos intervenants.
17:04 Fabrice Godefroy, bénévole à 40 millions d'automobilistes,
17:09 vous entendiez à l'instant Guillaume
17:11 qui parlait notamment de cette question
17:13 d'échec carburant qui ne fonctionne pas.
17:15 Sur le long terme, ça ne fonctionne pas.
17:17 Il faut trouver une autre solution.
17:19 Et en même temps, l'État est piégé dans ce dossier épineux.
17:23 - Deux réactions par rapport à l'intervention.
17:26 La première, c'est qu'effectivement,
17:28 je pense qu'ils ont de la marge quand même.
17:30 Parce que d'une façon mécanique,
17:32 pas sur la TICPE qui est fixe,
17:34 mais sur les 20 %, plus le prix du carburant augmente,
17:37 plus effectivement, mécaniquement,
17:39 ça fait plus de mannes pour l'État.
17:41 Donc il faut quand même le savoir.
17:43 Et deuxième chose, effectivement,
17:45 on a eu pendant des périodes l'année dernière,
17:47 vous vous rappelez des restournes
17:49 qui ont été plus ou moins fortes,
17:51 à la fois par des entreprises privées,
17:53 à la fois par l'État.
17:55 Après, on a eu des chèques carburants
17:57 qui étaient beaucoup plus ciblés,
17:59 mais qui ne correspondaient que à 10 millions d'automobilistes.
18:01 Bref, on a essayé de coller des rustines.
18:03 Il y a un moment, on voit très bien,
18:05 et là, on s'en aperçoit dans notre sujet aujourd'hui
18:08 et dans la situation aujourd'hui,
18:10 c'est qu'il va falloir avoir
18:12 une vision un peu plus durable
18:14 et savoir véritablement ce que l'on fait.
18:16 Dans ce cas-là, il faut qu'on ait une refonte complète,
18:18 effectivement, de ces taxes sur les carburants.
18:20 Parce qu'il va falloir peut-être assumer
18:22 ce que l'on veut.
18:24 Alors si effectivement, c'est un impôt supplémentaire
18:26 déguisé et qu'on en a besoin,
18:28 il faut le dire officiellement.
18:30 Mais bon, il y a un moment, voilà,
18:32 c'est pas possible. Tout à l'heure, je l'ai dit,
18:34 40 millions d'automobilistes sur 67 millions de Français
18:36 qui sont touchés.
18:38 Ils n'ont pas les moyens de pouvoir
18:40 même aller travailler. Il y a des fois,
18:42 quand ils habitent assez loin, ils ont besoin d'aller faire leur plein,
18:44 ils n'ont pas les moyens d'aller travailler
18:46 parce que ça leur coûte plus cher quelques fois de se déplacer
18:48 que d'aller
18:50 avec ces taxes, ce prix du carburant
18:52 qui augmente et donc ça devient
18:54 vraiment totalement
18:56 insupportable.
18:58 - Philippe Charlesz, par rapport à ce que disait Guillaume
19:00 à l'instant, votre réaction.
19:02 - Alors, deux remarques.
19:04 D'abord, tout ça, le débat, montre la quadrature
19:06 du cercle complet, donc
19:08 presque l'équation impossible
19:10 entre, on va dire,
19:12 nos sociétés et la transition énergétique
19:14 et la problématique climatique.
19:16 Il faut quand même rappeler aujourd'hui
19:18 que les transports, c'est toujours plus de 90%
19:20 de pétrole, donc ce qui veut dire que
19:22 les autres carburants sont absolument négligeables
19:24 et donc, effectivement, ça impacte
19:26 complètement.
19:28 Je suis d'ailleurs,
19:30 moi, personnellement opposé à l'arrêt
19:32 des voitures thermiques en 2035
19:34 parce que ça va...
19:36 Enfin, je veux dire, on sait que
19:38 les solutions, notamment avec
19:40 l'électrique, c'est une solution
19:42 partielle, mais elle ne peut absolument pas être totale
19:44 ce soir. On imagine un
19:46 premier route avec un grand conduit...
19:48 - Oui, c'est avec le problème d'électricité qu'on connaît,
19:50 prix électricité, l'énergie...
19:52 - Oui, et même d'un point de vue pratique,
19:54 il suffit de faire quelques petits calculs
19:56 de disponibilité.
19:58 La deuxième chose, je vous l'ai dit, c'est quand même
20:00 le message. Je voudrais
20:02 aussi quand même mettre en perspective quelque chose
20:04 parce que
20:06 on est toujours extrêmement sensible
20:08 au prix des carburants, beaucoup moins
20:10 qu'à d'autres prix, parce qu'en fait
20:12 l'augmentation du prix du baril
20:14 impacte à 100%, on va dire,
20:16 l'augmentation du prix du carburant, alors que quand
20:18 vous augmentez le cuivre ou que vous augmentez le plomb,
20:20 ça n'intervient que sur des petits pourcentages
20:22 dans certains produits.
20:24 J'avais fait une étude pour l'Institut Sapiens
20:26 récemment qui montrait, par exemple,
20:28 et ce sont des chiffres tangibles, il n'y a
20:30 aucune mauvaise idée derrière,
20:32 mais que depuis 1960, le SMIC
20:34 avait été multiplié par 40,
20:36 le pain par 20 et
20:38 les carburants seulement par 10,
20:40 alors que
20:42 l'augmentation du coût de la vie c'était
20:44 x12 ou x13. Donc ce qui veut dire
20:46 effectivement qu'il y a quand même une hypersensibilité
20:48 psychologique
20:50 de la population à l'augmentation
20:52 des prix des carburants,
20:54 mais qui finalement, en relatif par rapport
20:56 à d'autres biens, ont finalement
20:58 moins augmenté au cours
21:00 des 40 dernières années.
21:02 - On va retourner
21:04 juste à Trois-Demande.
21:06 - Le prix de l'essence
21:08 à 1€, je disais que le prix de l'essence
21:10 à 1€, par exemple, il y a bien longtemps
21:12 qu'il est dépassé. Si on regarde
21:14 sur les 20 dernières années, on oscille toujours
21:16 entre 1,80,
21:18 1,50, 1,30, mais enfin voilà.
21:20 - Philippe Charlaison, on retourne au standard
21:22 0,826, 300, 300,
21:24 avec un autre point de vue, un autre témoignage.
21:26 - Oui, c'est Frédéric Darcachon qui nous appelle.
21:28 Bonjour Frédéric. - Bonjour Frédéric.
21:30 - Bonjour et merci de me prendre à l'antenne.
21:32 Écoutez, moi je vais avoir
21:34 un raisonnement peut-être plus simpliste, plus
21:36 pragmatique. Quand on voit le budget de l'État
21:38 en France, les dépenses,
21:40 la dette, le seul revenu
21:42 qu'a l'État, malheureusement, ce sont
21:44 les taxes et les impôts. Dans
21:46 un pays où plus de la moitié
21:48 de la population n'est pas soumise à l'impôt, au seul revenu,
21:50 où on a une
21:52 distribution quand même
21:54 d'avantages sociaux et tout, qu'aucun
21:56 pays n'a, comment voulez-vous financer tout ça ?
21:58 Il faut bien que quelque part,
22:00 l'État prenne l'argent.
22:02 Je ne vois pas comment on peut s'en sortir.
22:04 Si on diminue une taxe sur l'essence, il va falloir augmenter
22:06 les taxes sur autre chose. Donc,
22:08 ou on diminue les dépenses,
22:10 c'est-à-dire qu'on tape
22:12 dans le budget de l'État et puis on fait des grandes
22:14 coupes dans les dépenses sociales et tout ça,
22:16 ou pas. Il faut bien le financer.
22:18 C'est un peu une tartufferie
22:20 toujours de parler des taxes. Il faut bien que l'État
22:22 prenne l'argent quelque part. Sans ça,
22:24 on n'en sortira jamais. - Frédéric, en tout cas,
22:26 merci d'avoir été avec nous ce matin sur
22:28 cette radio. Merci à vous.
22:30 D'ailleurs, ce sera un peu l'occasion de voir,
22:32 mais on nous promet pour le budget 2024
22:34 des coupes importantes. On verra ce qu'il en est.
22:36 En tout cas, la fin du "quoi qu'il en coûte",
22:38 très clairement. Pour conclure,
22:40 rapidement, Fabrice Godefroy,
22:42 c'est toute la question de la priorité
22:44 qui se pose avec cette question des taxes
22:46 sur les carburants.
22:48 - Le problème, bon, je vais être très rapide.
22:50 Le souci, c'est qu'aujourd'hui, les automobilistes
22:52 ont donc des taxes sur les carburants
22:54 qui sont très fortes. C'est un autre sujet.
22:56 Ils ont un malus qui, chaque année, se renforce.
22:58 Le malus maximum à l'achat d'un véhicule, aujourd'hui,
23:00 c'est 50 000 euros. Bientôt, il y aura plus
23:02 de malus que de l'achat du véhicule.
23:04 Derrière, il y a les zones de faible émission.
23:06 Je vous garantis que pour les automobilistes,
23:08 ça devient extrêmement compliqué d'avoir une voiture.
23:10 Et pourtant, la voiture, c'est la mobilité,
23:12 c'est le travail, et c'est extrêmement important.
23:14 - Mais sur le budget du gouvernement, on sent que
23:16 c'est sensible et il marche sur des oeufs.
23:18 On verra ce que ça donne
23:20 sur ce sujet.
23:22 - Votre auditeur l'a très bien dit.
23:24 Il n'a pas prononcé "taxes sur les carburants",
23:26 il a prononcé le mot "impôt".
23:28 On a bien compris que c'est un impôt,
23:30 le carburant. C'est très bien.
23:32 - Merci en tout cas à vous
23:34 d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio pour débattre.
23:36 Merci à Fabrice Gautrefroid,
23:38 expert en mobilité et environnement, bénévole à 40 millions
23:40 d'automobilistes spécialistes des questions
23:42 environnementales. Un grand merci aussi
23:44 à vous, Philippe Charlesz, je le rappelle,
23:46 expert en questions énergétiques. Je rappelle aussi
23:48 votre livre, notamment "Dix commandements
23:50 de la transition énergétique", publié
23:52 chez VA. Édition, merci à vous deux
23:54 et merci à Guillaume et Frédéric,
23:56 nos auditeurs qui étaient avec nous.
23:58 0 826 300 300.
24:00 Un mot rapide sur le résultat de nos
24:02 votes. Sans surprise, cette question...
24:04 - Est-ce que vous favorez une baisse des taxes ? 93%
24:06 de oui. Avec Linne Coco qui nous
24:08 dit "c'est un peu comme Guillaume Decambray, il faudrait
24:10 supprimer tous les avantages en nature de
24:12 nos ministres, sénateurs, députés, etc."
24:14 Et puis Mackenzie aussi, si on le supprimait, ça ferait des sous.
24:16 - C'est un autre débat, effectivement,
24:18 qu'on pourrait ouvrir. En tout cas, merci à vous
24:20 tous d'avoir participé.
24:22 A ce débat, on revient dans un instant sur Sud Radio, 9h31
24:24 avec l'invité de Jacques Pessis.
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