- il y a 3 ans
[#LeCanapéRouge] Interview exclusive du Dr. Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, candidat à l’élection présidentielle 2023
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00:00 [Musique]
00:28 Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonsoir.
00:30 Nous recevons ce lundi, sur le canapé rouge de Gabon Media Time,
00:34 le docteur Jean Delors, bio-gabine Tougou,
00:38 candidat à la présidentielle du 26 août 2023.
00:43 Docteur, bonsoir.
00:45 Bonsoir.
00:46 Comme il est de tradition sur le canapé rouge de Gabon Media Time,
00:50 la première question que je vais vous poser
00:53 est celle de savoir comment vous vous portez.
00:55 Si vous me posez la question de savoir si je vais bien physiquement, oui.
01:00 Mais dans l'ensemble, en tant qu'individu, je ne peux prétendre aller bien
01:06 parce que nous voyons qu'autour de nous tout se bouscule.
01:10 Tout se bouscule parce qu'on a d'un côté les populations qui réclament plus de justice sociale,
01:15 de l'autre celles qui ont faim,
01:18 d'un autre ceux qui ne savent pas comment envoyer leurs enfants à l'école à la rentrée prochaine
01:24 et d'autres encore qui sont plus nombreux, la masse silencieuse
01:28 qui se demande quoi demain sera fait pour eux dans notre pays.
01:32 Vous comprenez qu'en ce temps précis, il est très difficile d'aller comme on veut.
01:37 Très bien.
01:39 Alors, avant de rentrer dans le vif du sujet,
01:42 en l'occurrence votre candidature à l'élection présidentielle du 26 août prochain,
01:47 pouvez-vous tout d'abord vous présenter succinctement à celles et ceux qui nous regardent.
01:53 Très bien. Alors, je m'appelle Jean Delobbe, Yogébine Tougou.
01:57 Je suis donc universitaire de formation,
02:00 mais j'ai passé toute ma carrière comme fonctionnaire international au niveau des Nations Unies
02:08 où j'ai occupé plusieurs fonctions à haute responsabilité,
02:11 à savoir coordonnateur du système des Nations Unies au Gabon,
02:17 comme spécialiste chargé de la mobilisation des ressources et du financement du développement au Gabon,
02:24 comme coordonnateur des programmes de développement du programme des Nations Unies pour le développement
02:31 et naturellement consultant international sur tout ce qui concerne les questions de transformation,
02:38 des conflits et de gouvernance mondiale.
02:41 Je suis père de famille, je suis marié et je suis un citoyen qui est pleinement engagé dans la vie politique de son pays.
02:51 Et c'est d'ailleurs ce qui m'a amené à quitter mes fonctions internationales pour participer à cette nouvelle dynamique
02:57 qui nécessite que chaque citoyen s'implique sérieusement au défi actuel de notre pays.
03:04 J'aime la musique et je suis attaché à la lecture et j'aime jouer au foot.
03:11 En tant que candidat au prochain scrutin présidentiel, quel regard portez-vous sur la situation sociale et politique du Gabon ?
03:21 Je voudrais dire simplement que sur le plan socio-économique, il y a véritablement une morosité qui saute aux yeux.
03:32 Cette morosité est liée à plusieurs indicateurs vérifiables.
03:37 Nous avons une espèce de stagnation des données depuis pratiquement ces 7 dernières années.
03:43 Le taux de chômage augmente, le PIB stagne,
03:48 naturellement tout ce qui concerne tous les indicateurs de développement humain sont rouges dans notre pays.
03:58 Ce qui veut dire qu'à partir de ce moment, il est difficile de considérer que nous soyons dans une situation sociale
04:06 qui permette aujourd'hui aux Gabonais de vivre dans l'inquiétude.
04:10 Le même problème se retrouve au niveau économique.
04:13 On a parlé de la diversification de l'économie gabonaise,
04:17 mais on peine à voir au niveau des recettes de l'État l'impact positif de cette diversification qui est scandée à tout vent.
04:27 Je prends pour exemple le fait que le secteur pétrolier avoisine à lui seul près de 40% des recettes de l'État,
04:35 alors que les autres secteurs de diversification de notre économie
04:41 peuvent très bien désormais talonner le secteur pétrolier, par exemple comme le secteur du bois.
04:47 À partir du moment où le bois et tout ce qui concerne l'économie verte
04:52 ne participent pas à accroître la croissance du pays pour que nous puissions voir des indicateurs économiques évoluer positivement,
05:01 je ne peux considérer que sur cette base, et comme le disent un certain nombre de rapports,
05:06 l'économie stagne et la stagnation dans un contexte concurrentiel amène au regret.
05:12 Donc nous regressons au lieu d'avancer.
05:14 La preuve en est que lorsqu'une économie stagne, l'État est incapable d'investir dans les secteurs qui demandent une forte implication de l'État,
05:25 comme le secteur social.
05:27 Vous avez vu récemment les grèves des retraités parce qu'ils ne sont pas rentrés dans leurs droits.
05:33 On a apporté une réponse politique assez grève.
05:36 La preuve aujourd'hui, nous en sommes encore en train de voir qu'il y a des retards dans le paiement de leur retraite, de leur pension.
05:43 Vous arrivez à la fonction publique, par exemple.
05:47 Le nombre de jeunes gabonais qui sont en attente de postes budgétaires, qu'est-ce qui finance les postes budgétaires ?
05:53 C'est les retombées, c'est les récoltes économiques qui permettent à l'État de réinvestir pour pouvoir attribuer des postes budgétaires aux jeunes en attente
06:04 pour rendre notre administration performante.
06:07 Une administration inopérante, parce que nous ne disposons pas de moyens de pouvoir fonctionner,
06:13 ne peut pas être au service de la croissance du pays, puisque ceux qui pensent que ce sont les fonctionnaires,
06:19 ceux qui réfléchissent aux stratégies à donner, des rectifications des mesures économiques,
06:25 ce sont nos fonctionnaires, ce ne sont pas les multinationales.
06:28 Et d'un autre côté, l'absence de contrôle dans les secteurs que je viens de citer, le bois, le pétrole, etc.,
06:37 fait en sorte qu'il y ait une dilapidation des ressources, des retombées qui ressortent justement de ces différents secteurs.
06:45 L'État, aujourd'hui, n'arrive pas à contrôler, simplement parce qu'il y a une mauvaise gestion des ressources humaines au niveau de la fonction publique et qui est voulue.
06:54 Et donc, ça fait en sorte qu'aujourd'hui, sur le plan socio-économique, nous puissions considérer et comprendre la morosité qui règne en ce moment.
07:04 Ces derniers mois ont également été marqués par, d'abord, la concertation politique qui aboutit à la révision constitutionnelle,
07:13 puis par la campagne de révision de la liste électorale.
07:17 Vous qui êtes candidat au prochain scrutin présidentiel, quels commentaires faites-vous du déroulement de ces deux événements ?
07:24 Les deux événements étaient biaisés, dans la mesure où on ne peut pas entreprendre une concertation politique à la veille d'une élection sans être inclusif.
07:34 Avant même d'aborder la question d'inclusion, il faut d'abord aborder la question des termes de référence.
07:41 Parlons d'abord du dialogue de la concertation politique qui aurait permis à l'ensemble de Gabonais de se prononcer sur ce qu'ils attendent,
07:51 sur les délibérations qu'ils attendent d'une telle concertation.
07:56 Ça n'a pas été fait. Nous avons découvert l'agenda de la concertation politique au fur et à mesure que les débats se déroulaient.
08:05 C'est déjà un facteur assez limitatif de l'efficacité.
08:10 Le deuxième fait est que le président de la République a annoncé d'emblée ce qu'il attendait de ce dialogue,
08:18 notamment une élection à un tour, l'harmonisation des mandats. Il a donné le temps.
08:25 Les hommes politiques qui ont participé à cette concertation n'ont fait qu'aller dans le sens qu'il a voulu.
08:32 Si je dis aujourd'hui que ça a été biaisé, c'est parce qu'on s'est servi de cette instance pour légitimer les désirétats d'un homme, du président de la République.
08:47 En ce qui concerne la révision de la Constitution, il est important que l'on note dans ce pays
08:55 que dans un contexte où on a une espèce de Constitution malgré elle souple, qu'on modifie comme on veut,
09:07 et qu'on a vu que ces 15 dernières années, les populations ont perdu leur confiance à l'égard des institutions et des acteurs en charge
09:16 de renforcer la crédibilité de notre Constitution, on aurait pu s'adresser au peuple par référendum
09:22 pour voir si le peuple adhère aux recommandations issues de cette fameuse concertation politique qui n'était pas d'ailleurs inclusive.
09:32 Et ensuite, dans un contexte marqué par un Parlement quasi monocolore,
09:39 comment voulons-nous que la pluralité des attentes s'exprime dans un contexte déjà lui-même orienté ?
09:48 Ce qui veut dire que tout ce qui a découlé des dernières évolutions politiques dans notre pays,
09:54 que ce soit en termes de réformes constitutionnelles, que des délibérations de la concertation politique,
10:01 tout s'est fait sans le peuple.
10:03 Et nous voyons donc cette espèce de dualité entre le peuple, je ne parlerai même pas de dualité,
10:14 mais de défiance entre le peuple et les hommes politiques.
10:18 Et pour discuter tout le temps avec les populations, il y a comme un sentiment de théorie du complot.
10:25 Les politiciens d'un côté et le peuple de l'autre qui se sent abandonné à lui-même.
10:31 Comment comprendre que certains acteurs, qui hier étaient de grandes figures de l'opposition,
10:36 qui leur voix raisonnait au Parlement, aient pu participer à la validation de certaines délibérations
10:43 de la concertation politique, et qui quelques jours plus tard se retrouvent en train de faire voler leur parti politique en éclats.
10:53 Donc vous voyez tout ça qui contribue aujourd'hui à justifier le fait que je parle de biais dans tous ces processus-là.
11:01 Et s'agissant de la révision de la liste électorale, certains observateurs ont dénoncé l'achat par des récépissés d'enrôlement.
11:11 Est-ce que vous avez eu vent de ça ? Est-ce que vos QG ont eu vent de ça ?
11:15 Absolument ! Nous recevons depuis l'annonce de notre candidature depuis une semaine, pratiquement des plaintes des jeunes
11:24 qui veulent que nous puissions les aider à les récupérer, même leurs récépissés.
11:28 Donc à partir de l'instant où on oblige des personnes à changer de bureau de vote, c'est déjà un indicateur qui devait nous amener à arrêter le processus.
11:42 Parce que dans cet achat de vote et de conscience, il y a un indicateur profond de la désertion de l'espace politique par les populations.
11:52 Il faut donc une repolitisation des masses qui doit passer par la transparence dans les processus.
11:58 Les gens ne voulaient pas s'inscrire sur les listes électorales parce qu'ils ont vu deux choses.
12:03 Première chose, la concertation politique n'était pas inclusive.
12:07 Deuxième chose, la constitution a été modifiée sans qu'on ne demande leur avis.
12:14 Troisième chose, le centre gabonais des élections a été mis en place dans un mécanisme opaque
12:21 et qui a amené les populations à exprimer des réticences par rapport à aller se faire enrôler.
12:27 Parce qu'ils savent qu'avec tous ces trois faits que je viens d'énoncer, le processus est biaisé.
12:33 Il faut les comprendre s'ils sont dans cette disposition.
12:36 Aujourd'hui, on a des plaintes dans les réseaux sociaux, non seulement celles que nous enregistrons dans notre QG.
12:43 On enregistre d'autres sur les réseaux sociaux et qui sont manifestes.
12:48 Certains hommes politiques ont même emprisonné le droit de vote des citoyens.
12:55 Parce que comment se fait-il qu'on confisque les récépissés d'inscription sur les listes électorales des citoyens ?
13:04 C'est un fait qui doit être porté à la cour constitutionnelle.
13:08 Je suis en train de recenser tous ces jeunes pour porter cela à la lumière.
13:13 Même si malheureusement certains ont peur des représailles,
13:17 qu'une certaine dénonciation publique n'arrive à les condamner à jamais à vivre dans la misère.
13:24 Donc ce sont là les vrais mots de notre démocratie auxquels il faut que l'on s'attaque absolument.
13:32 Le vendredi 30 juin 2023, vous avez annoncé officiellement votre candidature à l'élection présidentielle du 26 août 2023.
13:42 Qu'est-ce qui a motivé cette décision ?
13:44 Il y a plusieurs facteurs.
13:46 Le premier facteur, c'est naturellement le vieillissement de la classe politique et qu'il faut à un moment donné renouveler.
13:53 Le deuxième facteur, c'est que je suis un citoyen.
13:55 Je ne peux pas rester indifférent à ce qui se passe dans mon pays et participer à une compétition électorale
14:02 me semble indiquer pour avoir une tribune et proposer la vision ou les ambitions que je nourris pour mon pays.
14:13 Et la troisième raison qui est peut-être la plus importante, c'est la multiplication des facteurs d'injustice.
14:21 Nous ne pouvons pas comprendre que un pays comme le Gabon présente aujourd'hui les mêmes caractéristiques socio-économiques et politiques
14:29 même d'un pays en guerre comme la Centrafrique.
14:32 C'est inacceptable. Ce n'est pas pour mépriser la Centrafrique, mais c'est un pays qui est dans une situation exceptionnelle, une situation de guerre.
14:41 Les détournements de fonds publics.
14:44 On nous a vendu Mamba, Scorpion, et aujourd'hui le peuple se demande où sont les conclusions de toutes ces différentes opérations qui sont menées à grande pompe.
14:57 La descente aux enfers du point de vue économique de notre pays.
15:01 Vous avez la confiscation de toute expression libre des opinions des populations civiles.
15:12 Et troisièmement, cette tendance à relayer au dernier plan l'administration de notre État.
15:21 Regardez le processus, ce qui se passe récemment dans la désignation du directeur général de la SG, par exemple.
15:29 Sans rentrer dans le débat qui est simplement... Je ne vais pas rentrer dans ce piège, mais je parle de la forme.
15:36 Pour un pays, une administration dont l'État est l'actionnaire majoritaire, on ne peut pas comprendre qu'on prie ce point de telle décision.
15:47 Donc la multiplication des situations humiliantes pour ce qui représente des forces vitales de notre pays me semble un facteur aussi qui vient compléter ce que je viens de dire.
15:59 Récemment, j'ai vu des activistes en ligne qui montraient que notre espace territorial aurait été réduit sur la base des dimensions qui ont été présentées dans un livre de géographie enseigné à l'école.
16:14 Ça veut dire que notre territoire, chaque jour, nous le perdons au profit des États voisins.
16:22 Si nous ne pouvons pas envoyer ce débat sur la place publique pour dire qu'il faut défendre notre territoire, nous ne pouvons pas considérer que l'identité nationale va se poursuivre.
16:33 Voilà les raisons pour lesquelles je suis entré en politique pour proposer ma voie du Gabon de demain.
16:39 Notre Gabon a besoin d'être sûr, de retrouver sa prospérité et d'être digne aux yeux des nations pour que nous puissions retrouver la fierté d'appartenir à notre pays, le Gabon.
16:51 C'est pour cela que je m'engage en politique aujourd'hui.
16:56 Contrairement à d'autres candidats déjà déclarés à cette élection, vous êtes un novice, si l'on le peut dire, en politique.
17:04 Pensez-vous avoir les côtes solides pour challenger ces personnalités, plus particulièrement le président Ali Boumbou Eddin ?
17:14 L'avantage d'être novice, c'est qu'on a été observateur pendant de très longues années depuis l'université.
17:21 On va dire, en gros, depuis le lycée, 30 ans.
17:25 Nous avons observé comment le système fonctionne.
17:28 Et puisqu'il n'a pas encore changé depuis avant notre naissance, nous sommes capables de poser un jugement objectif et rationnel sur ce qui se passe.
17:38 Le pays est mal géré et je l'ai constaté.
17:42 Je peux le dénoncer, proposer des mesures alternatives.
17:47 C'est l'avantage d'être novice, c'est d'avoir observé.
17:52 Alors, quels sont les moyens sur lesquels je compte m'appuyer pour pouvoir affronter tous mes adversaires,
18:02 particulièrement le plus fort d'entre eux, si je dis le plus fort, c'est parce que c'est lui qui a un exercice.
18:08 Eh bien, il y a d'abord son bilan qui parle de lui, depuis 14 ans qu'il est à la tête de l'État,
18:17 et qui nécessite que l'on s'y intéresse en profondeur pour dire qu'il faut que ça s'arrête.
18:23 Et donc, je n'ai pas besoin de le démontrer, tous les rapports des instances internationales,
18:30 récemment deux experts de notre pays ont pondu un rapport très objectif et qui est sorti d'abord cette semaine,
18:36 qui montre clairement avec des enquêtes, des chiffres, des données, des faits réels, que le système tourne en rond.
18:43 Donc, cet argument, il n'a plus rien d'autre à nous prouver depuis 14 ans.
18:48 Donc, moi j'ai des idées nouvelles qui me permettent d'apporter une solution au statu quo que nous constatons
18:56 et qui ne nous permet pas d'avancer.
18:58 Le troisième argument, c'est que nous sommes en train d'aller vers un monde qu'une certaine génération ne peut plus comprendre.
19:09 Et pas parce que l'intelligence serait obscurcie, mais simplement, on ne peut pas lire le monde aujourd'hui avec les repères d'hier.
19:17 Vous avez la principale menace de notre pays, aussi bien les pays développés sont menacés par le milieu de la finance,
19:26 les pays en voie de développement comme les nôtres, quel que soit leur statut, sont menacés par la puissance des multinationales,
19:34 d'une part et de l'autre, la puissance diplomatique des pays qui font partie de ce qu'on appelle le Sud global,
19:43 c'est-à-dire la Chine, le Brésil et bien d'autres.
19:47 Si nous n'avons pas de dirigeants capables de comprendre qu'il faut retourner à la souveraineté étatique,
19:54 renforcer nos acquis en termes de nations libres et définir nous-mêmes notre politique de développement,
20:02 aussi bien à la dimension nationale qu'internationale, vous allez voir que nous sommes très loin de là.
20:09 Si vous me demandez aujourd'hui si je peux vous poser la question de savoir quelle est la ligne diplomatique
20:15 que le Gabon défend au niveau international pour sa souveraineté, elle n'en a pas.
20:20 Notre pays aujourd'hui est réduit à soutenir les positions des autres et jamais un État ne soutient les nôtres.
20:27 Je ne sais pas si vous avez constaté que nous sommes l'un des pays qui lutte pour la protection de l'environnement,
20:33 mais personne ne nous soutient dans nos efforts d'aller vers une économie verte.
20:37 Comment comprendre cette contradiction ?
20:39 C'est parce qu'il n'y a pas d'hommes forts à la tête de notre pays qui l'imposent.
20:44 C'est parce qu'il n'y a pas d'hommes qui prennent une distance vis-à-vis de la corruption qu'ils l'imposent.
20:50 C'est tout cela que nous voulons apporter comme solution.
20:54 Notre discours passe aussi bien auprès des jeunes qu'au niveau des cadres qui sont bien aux faits de ces questions
21:01 et qui nous voient au quotidien et qui participent à notre réflexion.
21:05 Sans rentrer dans les détails, la campagne n'est pas encore ouverte.
21:09 Pouvez-vous décliner les grandes lignes de votre projet de société ?
21:14 Le premier aspect de mon projet de société serait de redonner la voie aux fonctionnaires.
21:24 L'administration publique doit être puissante pour pouvoir être capable de répondre aux défis auxquels notre pays est confronté.
21:33 Des défis que j'ai évoqués précédemment.
21:35 Le poids des évolutions internationales d'une part et de deux, le poids des transformations des mœurs à l'interne.
21:42 Nous ne savons plus où est l'autorité.
21:45 Il faut restaurer l'autorité, aussi bien dans les familles qu'au niveau des corps, au niveau des institutions, au niveau de l'administration.
21:51 Voilà le premier volet.
21:53 Renforcer l'administration, donc donner à l'État tout son rôle dans le processus de développement de notre pays.
22:00 Deuxième élément, reconstruire l'identité nationale.
22:04 Qu'est-ce que j'entends par là ?
22:06 Pas qu'elle soit menacée en quoi que ce soit, mais il y a avec le phénomène de l'immigration, depuis pratiquement 25 ans,
22:15 l'accélération des mariages mixtes, qui fait qu'aujourd'hui l'identité devient plus ou moins...
22:23 On a des jeunes, des citoyens gabonais qui sont issus d'un père d'un pays étranger, d'une mère, etc.
22:30 Mais qui sont complètement hors de la culture.
22:33 C'est-à-dire que ce sont des personnes qui ne savent pas s'ils sont gabonais ou s'ils sont du pays dont est issu l'un des conjons, l'un de leurs parents.
22:40 Il faut donc que nous puissions combler à ce manque à travers un développement d'une éducation culturelle,
22:48 des programmes éducatifs alignés à cette nécessité de construire une identité nationale.
22:54 Si vous remarquez bien, depuis 30 ans, aucun homme politique ne parle d'état-nation au Gabon.
23:01 Et c'est très grave.
23:03 Aujourd'hui, cette réalité touche même la question que certains hommes politiques à la recherche des discours et d'idées évoquent dans le fait ethnique.
23:15 Et ça fragilise toutes les luttes que nous pouvons être amenées à conduire dans notre pays pour sa prospérité, pour son développement.
23:23 Parce qu'il y a la méfiance que les hommes politiques ont construite vis-à-vis des frères qui sont d'un même pays.
23:31 Il faut donc reconstruire cette identité nationale.
23:34 Et naturellement, redonner au Gabon le pouvoir sur ses matières premières.
23:40 Pour que ce recouvrement de la gestion de notre patrimoine économique et culturel soit le point de départ de notre prospérité.
23:51 Et ça, je pense que c'est à notre portée.
23:54 Il y a des contrats qui ont été mal négociés.
23:57 Il y a des concessions minières qui sont d'une autre époque, etc.
24:03 Tout cela qu'il faut revoir. Et comme je disais tout à l'heure, nous allons travailler pour que le Gabon soit l'un des pays que l'on respecte le plus au monde.
24:11 Parce que nous en avons.
24:13 Quels sont les socles de cette aspiration ?
24:16 Nous avons des ressources humaines bien formées.
24:18 Les jeunes Gabonais sont très bien formés, aussi bien au niveau local qu'à l'international.
24:23 L'expertise qui est à la diaspora est immense.
24:26 Il faut la ramener au pays pour la mettre au service du développement de notre pays.
24:31 Nous avons ce que tout le monde nous envie.
24:35 C'est notre cadre environnemental.
24:38 Nous faisons partie du bassin du Congo.
24:40 Et aujourd'hui, nous savons qu'on ne peut plus négocier au monde si on n'offre pas cette capacité de participer à la lutte contre le réchauffement climatique,
24:50 pour participer à l'effort de solidarité pour le salut de la planète.
24:54 Nous en avons. Nous avons ce terme que nous pouvons mettre au service de notre puissance diplomatique,
25:00 de notre puissance économique et même de notre puissance géopolitique et géostratégique.
25:08 Ce sont là les opportunités que nous ratons,
25:11 et simplement parce qu'à la tête de l'État, ou bien autour de ceux qui gouvernent,
25:16 personne n'a l'intelligence des évolutions du monde.
25:20 Voilà les quelques mots. Je ne peux pas tout dévoiler ici, parce que nous sommes encore en pré-campagne,
25:29 mais le moment venu, vous aurez mon plan de société en trois points, décliné en près de 293 actions,
25:38 complètement alignées aux objectifs de développement durable,
25:42 complètement alignées à l'agenda 2063 de l'Union africaine,
25:46 parce que nous devons nous inscrire dans la logique de la construction de l'Afrique avec les autres États.
25:52 Le Gabon est en retard par rapport à cette dynamique.
25:56 Nous sommes les seuls pays de l'espace francophone africain à ne pas être soumis à l'exercice volontaire d'une EHPAD, par exemple.
26:07 Ce n'est pas normal.
26:09 C'est tout cela qui contribue à la performance de la gouvernance d'un État,
26:13 parce qu'il y a bien des indicateurs sur lesquels nous pouvons nous aligner, qui malheureusement ne sont pas faits.
26:19 Très bien. Lors de votre déclaration de campagne, vous avez mis l'hypothèse de vous ranger en cas de candidat tchérénique,
26:27 derrière celui des candidats qui sera choisi.
26:30 Sans prédire l'avenir, pensez-vous que ce projet d'union d'opposition pourrait prospérer,
26:35 connaissant les égos démesurés de certains leaders de ce bord politique ?
26:41 Très bien. S'il faut être réaliste, c'est un projet difficile à mettre en place, mais pas impossible.
26:50 Je pense que ce qui doit animer les uns et les autres, ce sont les urgences du temps.
26:55 Ces urgences du temps, c'est que la réalité, il est difficile pour nous d'arriver à l'alternance au Gabon,
27:03 si après qu'on nous a imposé le retour à une élection à tour unique, avant même qu'on ait expérimenté les deux tours,
27:11 donc ça nous impose d'être unis, d'aller en rang serré pour pouvoir remporter la victoire face au parti au pouvoir.
27:20 Mais cela ne doit pas se faire en désordre, de manière arbitraire.
27:24 Nous proposons une candidature consensuelle sur la base des primaires au sein de l'opposition,
27:30 parce que ces primaires devraient nous permettre de légitimer celui qui viendra.
27:35 Il faut que l'on entende chacun de nous sur la base de son projet de société,
27:40 et qu'on mette en place un collège électoral représentatif, même de 500 membres,
27:45 qui élise le projet de société ou le candidat de la société civile ou de l'opposition,
27:52 qui viendrait et qui proposerait la meilleure offre politique, et derrière lui on s'arrange tous.
27:56 D'ailleurs c'est une très bonne stratégie de mobilisation, que de voir qu'à quelques semaines de l'élection,
28:02 l'opposition a donné la légitimité à une seule personne, et ça facilitera même la campagne électorale de l'opposition.
28:10 Donc je continue à le marteler qu'il faut un candidat consensuel, qui doit être désigné sur la base des primaires,
28:19 et des primaires qui se prononcent sur la base de nos différents projets de société,
28:25 pour éviter l'arbitraire.
28:27 Parce qu'on ne peut pas aujourd'hui définir qui est le chef de l'opposition gabonaise.
28:31 Si l'opposition gabonaise en avait, on se serait rangé derrière le chef de l'opposition.
28:37 On a des chefs des oppositions, et là ça ne peut pas nous permettre de dégager,
28:43 sur la base d'une simple décision non motivée, non bâtie sur un cadre de référence objectif, un candidat,
28:54 là nous allons nous-mêmes tuer la démocratie.
28:56 Donc il faut passer par les primaires, des primaires qui font voter un collège électoral d'à peu près 500 ou 600 membres,
29:04 issus de la société civile, issus d'hommes politiques, etc.
29:07 et qui élisent sur la base, qui désignent un candidat de l'opposition, sur la base des projets de société.
29:13 Nous avons encore quelques jours pour le faire.
29:16 Très bien. Tenant compte de votre expérience, et surtout des difficultés qui entachent très souvent le processus électoral au Gabon,
29:26 pensez-vous avoir toutes vos chances ?
29:28 Oui. J'ai naturellement toutes mes chances, et je peux peut-être être le vainqueur de cette élection.
29:34 Pourquoi ? Parce que je suis vierge. Je n'ai pas volé l'argent de l'État.
29:41 Je n'ai jamais été confronté à une situation où je puisse mal gérer.
29:47 Au contraire, j'ai géré des projets gouvernementaux étant dans le système des Nations Unies qui ont porté leurs fruits.
29:54 Je peux citer le programme Art Goal, par exemple, avec la construction des écoles, très peu de budget, mais j'ai fait ce qu'il fallait faire.
30:01 Ensuite, ce qui va renforcer également la crédibilité de ma candidature, c'est la soif des nouvelles générations de voir d'autres générations venir au pouvoir.
30:15 C'est le deuxième aspect, la virginité.
30:18 Deuxième aspect, c'est donc lié au fait que l'expertise que j'ai acquise à l'international, en matière de bonne gouvernance, je peux la mettre au service de mon pays.
30:29 Il y a plein de gouvernements pour lesquels j'ai travaillé. Je ne vais pas les citer ici, mais où les performances ont été impulsées par les conseils que nous avons donnés en tant que spécialistes de la gouvernance.
30:42 Et nous voulons répéter les mêmes modèles chez nous, dans notre propre pays, pour permettre à notre pays de pouvoir atteindre le niveau de développement des autres pays, parce que nous avons tout.
30:53 Ce sont les facteurs qui font en sorte que je sois finalement le meilleur candidat pour cette élection.
30:59 La virginité politique, l'expertise et la jeunesse, puisque aujourd'hui la population aspire à voir autre chose.
31:08 Il n'y a qu'à voir l'engouement sur les réseaux sociaux que suscite notre candidature.
31:12 Ce qui veut dire qu'il y a cette dynamique, nous allons la maintenir jusqu'à ce que nous allons battre quiconque se positionnera devant nous le 26 août.
31:21 Très bien. Dr Jean-Délord, mieux que bien toujours, nous arrivons au terme de cette interview. Est-ce que vous avez un mot de fin à l'endroit de celles et ceux qui nous ont regardés ?
31:31 Très bien. D'abord, remercier votre chaîne, votre média de m'avoir invité pour me donner la parole, pour m'exprimer devant le peuple gabonais et le peuple du monde entier.
31:45 Pour faire part de mon ambition de devenir président de la République, pour développer mon pays, être au service de mon pays, mais aussi répondre à vos questions.
31:55 Je voudrais simplement, à la fin de cette émission, inviter les Gabonais surtout à réaliser que la phase que nous allons traverser est une phase critique et qu'il faut prendre des décisions qui engagent notre intégrité.
32:10 En période électorale, essayez de faire la différence cette année. Qu'est-ce que j'entends par là ? Refusez simplement de suivre un homme politique parce qu'il vous a achetés, mais agir selon vos convictions.
32:25 C'est vraiment cela qu'il faut se les donner. Ne pas aller au meeting pour augmenter le nombre en vous disant "on va me donner un t-shirt, mais dans l'urne, je vais voter une autre personne".
32:36 Non, il faut être cohérent avec vos objectifs politiques. Si vous ne voulez pas voter pour un homme politique, vous n'allez pas à ces meetings parce que ces rassemblements leur permettent de justifier la fraude.
32:49 Donc, vous devez déserter les espaces politiques qui ne sont pas les vôtres, premièrement. Deuxièmement, votez selon vos convictions et ne plus vous faire acheter par des hommes politiques qui vous réduisent simplement à du bétail électoral.
33:05 Merci.
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