00:00 Ce drame me met en colère.
00:03 Je suis choqué comme tout le monde, mais on a déjà été choqués dans le passé,
00:06 à de maintes reprises.
00:07 Il me met en colère parce qu'il était parfaitement prévisible.
00:10 Cette scène, ces images que l'on voit, on les a déjà vues depuis des années.
00:14 Oui, il est fort probable qu'à l'intérieur du navire, dans les cales, sur plusieurs étages,
00:20 il y ait des centaines de personnes qui étaient entassées.
00:22 Moi, ça m'est arrivé en 2016 de faire un sauvetage d'un bateau assez similaire,
00:25 où il y avait 750 personnes à bord.
00:26 Et quand un navire chavire qui se retourne, ça se fait en une ou deux minutes.
00:32 C'est extrêmement rapide.
00:33 Donc, évidemment, les gens à l'intérieur n'ont absolument pas le temps de sortir.
00:35 Et même si elles sortaient, s'il n'y avait pas d'assistance aux alentours, elles n'ont
00:38 aucune chance de résister.
00:41 Vous dites en colère parce que c'était prévisible et donc évitable.
00:44 On ne peut pas… Enfin, évitable de toute manière à partir du moment où des embarcations
00:49 extrêmement vétustes et surchargées quittent les côtes nord-africaines pour rejoindre
00:52 l'Europe, pour traverser une mer quand même assez vaste, le risque de naufrage, quels
00:56 que soient les moyens de sauvetage qu'on déploie, reste important.
00:59 Mais c'est quand même, là, je pense, une conséquence et le symptôme d'une politique
01:05 qui est menée par l'Union européenne aujourd'hui, qui vise ouvertement à ne pas secourir ces
01:11 gens.
01:12 C'est une non-assistance à 750 personnes en danger.
01:15 Alors, en plus, on est en train de se rendre compte que les autorités étaient présentes,
01:19 elles avaient conscience du danger, parce que tous les navires de cette sorte-là, avec
01:22 l'image qu'on voit, étaient conscientes.
01:23 Je viens de voir un article de vos confrères de France Info qui disait qu'apparemment,
01:27 le bateau était sous remorque par les gardes-côtes grecques au moment du chez-virage.
01:30 Il faudra vérifier l'information, mais en tout cas, si c'est le cas…
01:33 Vers le large.
01:34 Vers le large, en plus.
01:35 Ça, c'est une information que nous n'avons pas ce soir.
01:36 Oui, il faudra la vérifier.
01:37 Si c'est le cas, elle sera extrêmement grave.
01:38 Mais c'est déplorable de voir que la politique migratoire a ces conséquences où on laisse
01:42 des gens mourir dans l'optique de rendre la frontière de plus en plus dangereuse,
01:46 plus mortel, soit disant pour essayer tant bien que mal de dissuader ces gens de venir.
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