00:00 Le 18-20, France Info, Jean-François Ackilly.
00:05 Bonsoir à vous Papendea.
00:06 Bonsoir.
00:07 Vous avez effectué un déplacement sur le thème du harcèlement scolaire, nous allons l'évoquer.
00:12 Mais tout d'abord il y a clairement une crise des vocations à l'école,
00:16 avec notamment des difficultés à pourvoir des postes.
00:19 Et vous lancez une campagne de communication pour tenter de,
00:22 j'allais dire, de redorer le métier d'enseignant.
00:25 Nous écoutons tout d'abord, si vous le permettez, le spot destiné à la radio.
00:30 Bonjour madame, je suis la chirurgienne qui va vous opérer.
00:33 Comment elle va cette épaule ?
00:35 Madame Fallonpin ?
00:36 Sonia.
00:37 Oui !
00:38 C'était la professeure de SVT de Sonia,
00:40 celle qui a fait naître en elle la passion pour devenir la chirurgienne qu'elle est aujourd'hui.
00:43 Madame Fallonpin, j'y crois pas.
00:46 Moi j'y ai toujours cru Sonia.
00:48 Un professeur, ça change la vie pour toute la vie.
00:51 Voilà, spot TV, spot radio.
00:53 Papendiaïe, quel est le message que vous voulez faire passer au juste ?
00:58 Nous avons besoin de revaloriser le métier de professeur.
01:01 Nous le faisons d'abord de manière matérielle,
01:03 par des augmentations de salaires à partir du 1er septembre,
01:07 qui sont tout à fait substantielles,
01:09 que le monde de l'éducation nationale n'a pas connu depuis 30 ans.
01:12 Nous le faisons aussi, et c'est un point sur lequel j'insiste,
01:16 par une revalorisation symbolique, sociale,
01:20 de la place des professeurs dans la société française.
01:23 Elle ne dépend pas que de moi ou du ministère de l'éducation nationale,
01:26 elle dépend au fond de l'ensemble de la société.
01:28 Quelle place voulons-nous donner aux professeurs ?
01:31 Et je souhaite que, au fond, la place des professeurs retrouve,
01:35 vous disiez, une forme de lustre finalement,
01:39 en tout cas retrouve une centralité qui s'est émoussée au fil du temps
01:43 en raison de diverses évolutions de la société.
01:45 Vous êtes sûr de susciter des vocations avec cette campagne ?
01:47 Nous voulons à la fois remercier les professeurs,
01:51 c'est une manière de dire, les professeurs ça compte.
01:53 Vous savez ce qu'ils vont vous dire les profs,
01:55 les syndicats d'enseignants, ils dénoncent le manque d'effectifs,
01:57 le manque de moyens, la reconnaissance de la profession,
01:59 je vous liste, la perte d'autorité vis-à-vis des élèves,
02:01 mais aussi des parents qui viennent souvent engueuler les profs,
02:04 les incivilités, l'insécurité,
02:06 il y a cette masse-là qui est devant vous quand même.
02:08 Alors, manque de moyens, le budget de l'éducation nationale
02:11 augmente de manière massive, précisément pour mieux rémunérer
02:14 les professeurs et il y aura moins d'élèves par classe l'année prochaine.
02:18 Et puis nous avons effectivement beaucoup de choses à faire,
02:20 nous avons beaucoup de chantiers pour redorer
02:23 et pour revaloriser les professeurs,
02:26 ça passe aussi par l'image,
02:29 ça passe aussi par la communication
02:32 à destination des étudiants qui veulent devenir professeurs.
02:35 J'espère qu'il y en aura plus, d'ailleurs les concours s'améliorent
02:39 cette année avec un meilleur rendement,
02:41 plus de candidats et donc plus de professeurs à la rentrée.
02:44 Mais nous devons poursuivre notre effort
02:47 pour placer de nouveau les professeurs au centre de la société française.
02:50 - Dans la campagne de communication Papendia
02:52 et sur le harcèlement scolaire, nous y venons,
02:55 vous étiez dans le Val-de-Marne, c'est ça ?
02:57 Vous en avez appelé, si j'ai bien compris,
02:59 aujourd'hui à la mobilisation des parents. Pourquoi ?
03:02 - L'école peut faire beaucoup à propos du harcèlement à l'école,
03:06 elle peut faire aussi à propos du cyber-harcèlement
03:09 et nous sommes très actifs avec la généralisation du plan phare,
03:12 avec les référents dans les collèges et les lycées.
03:14 - Il faut que ça rentre, ça.
03:15 - Il faut que ça rentre, on est sur un chemin,
03:18 c'est une grande maison et donc on avance là-dessus avec cette généralisation.
03:22 - Vous pensez que la prévention est suffisante dans cette histoire ?
03:25 - Avec la prévention, avec la détection des situations de harcèlement
03:28 et puis avec la prise en charge.
03:29 On a encore du chemin mais nous sommes mobilisés là-dessus
03:32 et puis bien entendu l'école ne peut pas tout.
03:35 Elle ne peut pas en particulier s'occuper des situations de harcèlement
03:39 lorsqu'elles surviennent en dehors de l'école, le soir,
03:42 et là nous avons besoin des parents.
03:44 Nous avons besoin des parents et figurez-vous que 8 parents sur 10
03:47 ne savent pas ce que les enfants font.
03:49 - Vous dites quoi ? Ils ne font pas le job à la maison les parents, c'est ça ?
03:51 - Les parents, moi je suis parent aussi et je sais ce que c'est,
03:54 c'est difficile de s'occuper de cela.
03:58 Mais il faut absolument s'en occuper,
04:00 8 parents sur 10 ne savent pas ce que les enfants font sur les réseaux sociaux.
04:03 Nous avons besoin de sensibiliser les parents, de les former.
04:06 C'est ce que nous ferons à la rentrée parce qu'il y a des parents d'élèves harcelés
04:10 mais il y a aussi des parents d'élèves harceleurs.
04:12 Nous devons aussi les rappeler à leur droit, à leur devoir,
04:16 car il y a une loi qui date de mars 2022
04:19 et qui est une loi qui fait du harcèlement scolaire un délit.
04:23 Et donc il peut y avoir in fine des conséquences
04:26 qui peuvent être des conséquences judiciaires.
04:28 Et donc nous prenons très au sérieux cette question
04:31 mais ce que je dis de façon très solennelle,
04:34 c'est que l'école ne peut pas tout.
04:36 Je travaille avec le ministre de la Justice, avec le ministre de l'Intérieur, etc.
04:39 Mais nous avons aussi besoin d'une mobilisation des parents
04:43 pour s'occuper de leurs enfants.
04:45 - Appendiai, comment est-ce que vous avez personnellement vécu,
04:48 je vous pose la question, les critiques de la mère de la jeune Linsey
04:52 et de l'avocat de la famille, vous les avez reçues,
04:54 l'adolescente qui s'est suicidée dans le Nord après un harcèlement,
04:57 ils vous les avaient reçues, ils ont dit de vous à la sortie,
05:00 le bel ministre il n'est pas sincère,
05:02 et ensuite ils sont allés voir Brigitte Macron.
05:04 - Écoutez, l'affliction et la douleur s'expriment de toute manière possible
05:12 et je n'ai pas à commenter cela.
05:14 Mon travail, c'est de faire de telle sorte que le harcèlement à l'école recule.
05:19 Ce sera la priorité de la rentrée 2023,
05:23 nous avons beaucoup de choses qui sont mises en place,
05:25 avec les numéros, avec les référents,
05:27 avec les programmes de formation des personnels,
05:30 avec les élèves ambassadeurs, on a beaucoup de choses.
05:34 On sera là pour que cela se généralise,
05:37 y compris dans les lycées à partir de la rentrée,
05:41 c'est ce à quoi je m'engage,
05:42 et puis avec mes collègues, avec la première ministre et le gouvernement,
05:46 et avec les plateformes également qui doivent jouer leur rôle,
05:50 et la réglementation européenne va nous aider de ce point de vue-là,
05:53 nous devons tous ensemble faire reculer le cyberharcèlement.
05:56 - Pap Ndiaye, un tout autre sujet,
05:58 vous avez entendu le fil info à l'instant, tout à l'heure,
06:01 le SNU, le Service National Universel de Sarah El Haïry,
06:05 intégré au temps scolaire, stage de 12 jours, volontariat,
06:09 tout repose sur l'éducation ?
06:11 - Alors, le... - Ça ne plaît pas aux enseignants, ça ?
06:14 - Alors, ça ne... - Parce qu'il dit "on nous demande toujours plus",
06:17 et si les volontaires partent, qu'est-ce que font les autres élèves, c'est compliqué ?
06:21 - Alors, ce sont des lycées et des classes volontaires de seconde,
06:26 donc c'est un SNU collectif, en quelque sorte,
06:29 qui fera partir l'ensemble d'une classe,
06:31 comme pour une sortie scolaire, il y a des sorties scolaires tous les jours, en ce moment,
06:36 avec des thèmes différents que les classes pourront choisir,
06:39 l'environnement, le sport, la défense et la mémoire, les sujets de risque...
06:45 - On y va, de toute façon, c'est ça que vous dites, ce soir, on y va !
06:48 - Et puis, ce sont sur la base du volontariat,
06:50 en intégrant également le SNU, avec de l'éducation morale et civique,
06:55 bref, le SNU se trouve intégré dans les programmes scolaires,
06:58 et ce sera le cas pour les lycées et les classes volontaires à partir du printemps 2024.
07:04 - Allez, encore deux-trois questions, si vous le permettez, Papendiaï,
07:07 sujet préoccupant au pays de Voltaire et de Descartes, il y en a d'autres, hein...
07:10 Vous avez entendu, hier, ces candidats au baccalauréat,
07:13 qui y allaient le cœur léger, certains n'avaient pas révisé,
07:16 à l'épreuve de philo, en se disant "pas grave si j'échoue,
07:19 de toute façon, j'ai déjà le bac en poche, ça c'est la réforme de votre prédécesseur Jean-Michel Blanquer,
07:24 est-ce que c'est la petite mort de la philo ?"
07:27 - Alors, la philo, elle a une position particulière,
07:30 puisque c'est un examen final, un examen écrit, qui a une grande importance,
07:34 y compris symbolique dans la société française, on est une nation de philosophes,
07:37 et puis, le coefficient 8 n'est pas anodin, si on le compare aux épreuves de spécialité, à 16.
07:43 Pour soigner une mention, par exemple au bac, ça vaut le coup d'avoir une bonne note en philo.
07:48 Par ailleurs, ce que ça suggère de manière en filigrane, c'est la question du troisième trimestre.
07:54 Il est vrai qu'on a un problème avec le troisième trimestre,
07:57 qui s'effiloche en quelque sorte, avec des élèves moins motivés,
08:01 et donc j'ai chargé un recteur de travailler sur cette question,
08:05 de remettre un rapport en septembre, pour envisager des retouches,
08:09 des réformes éventuellement, pour régler cette question du troisième trimestre,
08:15 qui en effet ne nous satisfait pas.
08:17 - Un correctif attendu éventuellement sur la philo.
08:20 L'ultime question, le permis de conduire à 17 ans, ça nous étonne cette histoire.
08:26 Vous êtes pour, vous, que les élèves aillent en voiture au lycée ?
08:31 - Ah, ils n'iraient pas nécessairement en voiture.
08:34 - Oui, c'est ce que je veux dire, 17 ans.
08:35 - C'est une question qui se pose, effectivement, il y a beaucoup de pays
08:38 où le permis de conduire peut s'obtenir avant 18 ans,
08:42 avec d'ailleurs des résultats en matière de sécurité routière qui ne sont pas mauvais.
08:46 - Pourquoi pas, vous dites, c'est ça ?
08:48 - Pardon ? - Vous dites pourquoi pas ?
08:49 - Pourquoi pas ? La question n'est pas tranchée, ça n'est pas tout à fait de mon ressort,
08:53 mais il me semble que cette question mérite d'être regardée avec attention.
08:57 - Allez, Papendiaïe, vous redoutez, tout le monde dit ça,
09:00 le remaniement, le ministre de l'Éducation pourrait jouer son portefeuille, vous entendez ça ?
09:05 - Vous entendez, vous n'êtes pas sûr ?
09:06 - Moi, ça ne m'intéresse pas les rumeurs.
09:08 Ce qui m'intéresse, c'est de travailler pour faire reculer le harcèlement,
09:12 pour préparer la rentrée, pour mieux payer les professeurs,
09:16 pour les valoriser, comme je l'indiquais,
09:19 et puis aussi pour insister sur les fondamentaux, le français et les mathématiques.
09:23 - Merci à vous, Papendiaïe, ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse,
09:26 d'être venu ici sur France Info, merci.
09:28 merci.
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