00:00 Marie-Pierre, j'ai 64 ans et je suis atteinte d'asthme sévère.
00:04 En fait, j'ai un fils asthmatique depuis tout petit et je l'ai toujours particulièrement suivi.
00:14 Il est atteint d'un asthme sévère, même adulte maintenant, c'est toujours aussi difficile.
00:19 C'est ce qui m'a fait me rapprocher de l'association Asthme et Allergies en Touraine.
00:25 Et quand j'allais aux réunions, on faisait des groupes de parole tous les mois,
00:33 il fallait monter un escalier. Et puis les derniers temps, à chaque fois que je montais
00:37 cet escalier, j'étais essoufflée. J'arrivais, je toussais pendant dix minutes sans m'arrêter.
00:43 Alors les médecins me disaient « attention Marie-Pierre, attention ».
00:46 Oui, pour moi c'était simplement sans penser du tout à l'asthme. J'ai attrapé un virus,
00:55 une bronchite très forte. Et alors là, ça m'a touchée complètement.
01:00 Et j'ai été voir le médecin, on m'a donné de la cortisone encomprimée,
01:06 des sirops de faptose qu'il fallait pour soigner, des antibiotiques et ça ne passait pas, ça ne passait pas.
01:11 Chaque jour qu'il y allait, finalement, je ne pouvais de moins en moins bouger.
01:16 J'étais couchée, je n'arrivais plus à respirer. Donc on rappelle une fois, on renforce le traitement et tout.
01:22 Et puis quand même, la troisième fois, le médecin me dit « non, il faut aller aux urgences ».
01:25 Dans les deux minutes qui ont suivi mon entrée aux urgences, on m'a dit « mais madame, vous êtes asthmatique et diabétique ».
01:33 Et alors là, ça a été vraiment un coup de massue parce que non seulement on m'a annoncé une maladie,
01:38 mais il y en avait une autre derrière.
01:40 Quelles sont les conséquences de votre traitement ?
01:45 J'avais un traitement pour mon asthme, bien évidemment, que je suivais vraiment à la lettre, très très bien.
01:51 Et puis, par moments, alors là c'était une période où peut-être que j'avais un manque de défense immunitaire,
01:59 j'attrapais tout virus qui traînait.
02:01 J'étais en moyenne hospitalisée quatre fois par an.
02:05 C'était à chaque fois le recours aux urgences, c'était très difficile parce que je finissais par devenir superstitieuse.
02:12 Je préparais ma valise à l'avance parce que je me disais « ça y est, je tombe malade, ça va mal finir ».
02:17 Ça devient vraiment très prenant dans notre tête, dans notre esprit.
02:22 On s'habitue aussi à mal respirer, à être moins bien, alors on va apprendre à économiser nos gestes, nos mouvements.
02:30 Et puis cette fois-là, je suis allée en voiture toute seule, et puis le pneumologue ne me lâchait plus.
02:34 On va faire un électrocardiogramme, on va passer une radio, on va…
02:38 Et finalement, on pensait que je faisais une embolique pulmonaire,
02:41 puis finalement ça n'était qu'une crise, mais je me suis retrouvée quand même en unité de surveillance continue,
02:47 prête à être intubée parce que la crise était beaucoup plus grave que moi je ne le sentais.
02:52 On appréhende aussi beaucoup de choses.
02:54 On appréhende beaucoup parce qu'on se dit « tiens, j'ai quelque chose à faire ».
02:57 Si par exemple j'allais à Paris pour l'association ou autre, se dire qu'on prend le métro,
03:03 combien de changements va y avoir ?
03:05 Combien d'escaliers à monter et à redescendre dans le métro s'il fait trop chaud ?
03:10 Ensuite, c'est toujours à regarder si on va quelque part, s'il y a des étages à monter.
03:15 J'habitais dans une petite ville, quand j'allais à la boulangerie par exemple,
03:19 je toussais tellement, surtout le matin,
03:22 qu'une fois on m'a dit, la boulangère a dit à sa vendeuse « va chercher la commande de la dame qui tousse ».
03:29 Et en plus sur le plan physique, le jour où je me suis rendu compte qu'à 45 ans,
03:36 j'étais dans la rue et trois dames qui devaient avoir, je ne sais pas, dans les 70-75 ans,
03:43 m'ont doublé allègrement et moi je ne pouvais pas suivre.
03:46 Je me suis dit « mais quand j'aurai cet âge-là, comment je vais être ? ».
03:50 Alors déjà, les principaux conseils qu'on peut donner aux gens qui sont asthmatiques,
03:58 c'est-à-dire que tout dépend du type d'asthme.
04:00 Il y a la personne qui va faire un asthme intermittent,
04:03 va être moins gênée.
04:04 Tous les asthmes persistants, c'est-à-dire qu'on a du 1er janvier au 31 décembre,
04:09 avec des périodes de l'année où on est plus ou moins bien,
04:11 ça peut être au moment des virus, souvent fin d'année, début d'année,
04:15 après on attaque sur les pollens, les draminés,
04:18 donc si on a tout, on en a pour toute l'année.
04:22 Et c'est de se faire suivre, ça c'est important,
04:26 de voir aussi un allergologue, un pneumologue,
04:28 passer des explorations fonctionnelles respiratoires dans la cabine
04:32 pour voir l'état des poumons.
04:34 Si pour les fumeurs on peut cesser de fumer,
04:37 c'est quand même… on sait tous que ça va être quand même beaucoup mieux
04:42 puisque le tabac a un effet très irritant sur les branches,
04:46 même s'il a un petit effet bronchodilatateur,
04:49 mais c'est un effet quand même très irritant.
04:51 Faire de l'éducation thérapeutique,
04:53 puisque là ça apprend aussi quels sont les traitements,
04:57 quelle est leur efficacité, à quoi ils servent exactement,
05:02 ce qui vont être traitements de secours,
05:04 comme le traitement de la crise,
05:06 pourquoi c'est important de le prendre.
05:08 Ce qu'on peut faire, c'est mesurer son souffle aussi,
05:10 avoir un débitmètre à la maison pour mesurer son souffle.
05:13 Quand on connaît son chiffre, on sait déjà ce qu'on doit faire,
05:17 à quel moment on doit appeler le médecin,
05:19 quand il faut appeler le pneumologue, l'allergologue,
05:22 ou bien quand il faut aller aux urgences.
05:24 On sait que quand on a un débitmètre sous 200,
05:28 chez nous on a des urgences qui nous recommandent de venir quand on est à 200.
05:32 Ce qui veut dire que ne pas trop attendre non plus
05:35 quand on est au plus mal pour aller aux urgences.
05:38 C'est un peu l'inconvénient,
05:39 on sait qu'on a tendance à se dire "ah non, je ne vais pas aller aux urgences,
05:42 j'y arrive encore en fait",
05:43 sauf que des fois on va surestimer l'état de nos poumons
05:49 et puis si c'est grave, c'est d'autant plus difficile d'être réanimé
05:54 ou d'être intubé quand la crise est très très grave.
05:57 Les jeunes vont avoir tendance à un peu plus négliger,
06:05 on va dire que les enfants sont pris en charge par les parents,
06:08 souvent ça se passe assez bien.
06:11 Pour les jeunes étudiants, peut-être un peu plus compliqué
06:14 parce que quelques fois ils vont être loin de chez eux,
06:18 il n'y a plus maman qui va ranger la chambre ou faire différentes choses.
06:23 Des fois ils vont se trouver selon leurs moyens des chambres,
06:29 des studios qui ne sont pas toujours au mieux,
06:32 quelques fois il peut y avoir des infiltrations d'eau, des moisissures,
06:36 tout dépend, selon l'air venu, tout le monde n'a pas un appartement parfait.
06:41 Quelques fois il y en a qui font,
06:42 et puis évidemment le stress des examens va faire qu'on va peut-être plus fumer aussi,
06:50 alors ce n'est pas le cas de tous bien sûr,
06:52 mais si on dort dans la chambre en même temps, ça va être plus compliqué.
06:57 Plus tout ce stress finalement des étudiants,
06:59 quelques fois oui, moins bien,
07:01 et puis ils n'ont plus non plus leurs médecins traitants
07:04 qu'ils ont habituellement, qu'ils les connaissent si bien.
07:11 Finalement le traitement de l'asthme, le traitement de fond,
07:13 c'est un traitement que l'on a pendant un certain temps,
07:17 seul le médecin décidera si on doit le continuer ou pas,
07:20 mais ce qui est important c'est de le prendre tous les jours,
07:22 même quand on va bien, parce que c'est celui qui protège,
07:25 par exemple quelqu'un qui a une maladie cardiaque,
07:26 qui n'a pas arrêté son traitement même quand il va bien.
07:28 [Musique]
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