00:00 [Musique]
00:18 Bonjour, je vous remercie.
00:20 Je me nomme Ngosi Davy Frank.
00:23 Je suis le directeur de l'inspection et des contrôles sanitaires et phytosanitaires
00:27 à l'Agence Gabonaise de sécurité alimentaire.
00:30 [Musique]
00:36 Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que les normes relèvent essentiellement
00:41 de l'Agence Gabonaise de normalisation.
00:44 Mais au niveau de la Gaza, nous participons également au processus d'élaboration
00:50 ou encore au processus de transposition des normes.
00:57 Alors, lorsque la Gaza a identifié une norme internationale,
01:02 ça peut être des normes ISO, ça peut être un autre référentiel,
01:06 et qu'on voudrait l'appliquer au sein des établissements du secteur alimentaire
01:11 ou phytosanitaire, la Gaza se rapproche de la GANOR, présente la norme
01:16 et sollicite notamment la transcription de cette norme-là dans une réglementation nationale.
01:21 Parce que ce qu'il faut savoir, c'est qu'une norme n'est d'application obligatoire
01:24 que si elle est transcrite dans une réglementation nationale.
01:27 Et c'est à partir de là, maintenant, que la Gaza travaille avec les services techniques de la GANOR
01:32 dans le cadre d'un comité technique pour la rédaction d'une norme
01:35 qui va après faire l'objet d'une publication, soit par réalité, soit par décret,
01:40 ou encore être transposée dans une loi.
01:42 Ce n'est qu'à ce moment que l'on dit que la norme est devenue d'application obligatoire.
01:48 Il serait difficile de résumer toutes les actions que la Gaza a eues à mener
02:01 au cours de ces dernières années, au cours de ces quatre dernières années.
02:05 Alors, nous allons commencer par laquelle ? Nous allons prendre par exemple l'alimentation de rue.
02:10 Il faut dire que la Gaza a fait un plaidoyer pour notamment normer ce secteur d'activité.
02:17 Et depuis 2020, je crois que le président de la République, chef de l'État, a pris un décret,
02:22 le décret déterminant les conditions sanitaires et d'hygiène
02:25 applicables au métier d'alimentation de rue.
02:28 Hormis ça, nous avons mené plusieurs actions dans d'autres secteurs alimentaires,
02:33 notamment au niveau des entrepôts de manioc.
02:37 Nous savons que le manioc est l'un des produits les plus consommés.
02:40 Il était question pour nous de mettre en ordre tous les circuits,
02:44 que ce soit le transport, le stockage, la transformation, le conditionnement du manioc.
02:50 Nous avons mené des actions dans ce sens.
02:52 Nous avons également agi au niveau des transformateurs artisanaux.
02:59 Il faut dire que de plus en plus de Gabonais se lancent dans la transformation des produits locaux.
03:04 Nous avons mené plusieurs actions allant de l'identification des acteurs,
03:08 la formation des acteurs aux bonnes pratiques d'hygiène et de transformation,
03:12 l'accompagnement dans la mise aux normes sanitaires pour la délivrance de l'agrément sanitaire,
03:16 en vue de donner à ces transformateurs l'opportunité d'accéder à des nouveaux marchés,
03:21 notamment les grandes surfaces et pourquoi pas exporter à l'international.
03:25 Il y a plusieurs actions dans ce sens.
03:28 Par exemple, dans l'hôtellerie, restauration, café,
03:31 nous avons mené une forte campagne auprès de ces restaurateurs-là
03:34 pour la mise aux normes de leurs établissements du secteur alimentaire.
03:37 Donc, c'est plusieurs actions de ce genre que nous avons réalisées tout au long des dernières années.
03:43 Il faut dire qu'en décembre 2019, nous avons lancé une campagne pour les acteurs de l'alimentation de rue.
03:59 Il était question pour nous d'identifier les différents métiers de l'alimentation de rue.
04:04 Nous avons identifié plus de 5000 acteurs sur l'ensemble du territoire national qui exerçaient dans leur alimentation de rue.
04:10 Après cette phase d'identification, nous avons procédé à la phase dite de formation,
04:14 parce qu'il est important de former ces acteurs.
04:17 On s'est rendu compte que la grande majorité des acteurs de l'alimentation de rue
04:20 ne maîtrisaient pas les bonnes pratiques d'hygiène ni les bonnes pratiques de fabrication de leurs produits.
04:25 Donc, nous avons mené une campagne de formation sur les neuf provinces avec ces acteurs de l'alimentation de rue.
04:32 Au terme de cette formation, c'est plus de 3500 acteurs de l'alimentation de rue qui ont été formés.
04:37 Au terme de cette formation, nous avons fait le suivi accompagnement dans la mise aux normes des différents acteurs.
04:43 Donc, c'est plus de 2000 acteurs qui ont été suivis dans leur mise aux normes.
04:49 Maintenant, aujourd'hui, le bilan que nous pouvons faire, c'est qu'il y a un manque de constance de ces acteurs-là.
04:55 Bon nombre d'acteurs de l'alimentation de rue manquent de constance.
04:59 On s'est rendu compte que la grande majorité de ceux qui avaient été mis aux normes
05:04 ont relâché au niveau de leurs activités, au niveau de leur diagramme de fabrication et autres.
05:09 Donc, aujourd'hui, les équipes sont à pied d'œuvre pour essayer de corriger ces écarts-là observés au sein des différents acteurs.
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05:25 Vous savez, quand on dit la formation, le suivi, l'accompagnement, après viennent les phases de sanctions.
05:33 Nous sommes rentrés dans les phases de sanctions.
05:35 Si vous allez constater sur les différentes plateformes, les réseaux sociaux, notamment sur le site de la Gaza,
05:41 que, aujourd'hui, plusieurs acteurs de l'alimentation de rue se sont fermés.
05:45 Pourquoi ? Parce que dès lors qu'on identifie au niveau du diagramme de production, de transformation,
05:50 des points critiques qui peuvent mettre en danger la santé du consommateur,
05:53 systématiquement, l'opérateur est fermé pour lui permettre notamment d'apporter les mesures correctives au sein de ses établissements.
05:59 L'autre difficulté qu'on rencontre, c'est que les acteurs qui étaient aujourd'hui présents à un point A,
06:04 ils ferment et se retrouvent à un point B et C.
06:06 Ce n'est qu'au cours des différents passages dans différentes zones ou secteurs de la commune du Grand Libreville qu'on retrouve ces acteurs-là.
06:17 Et donc, la difficulté souvent d'avoir des interventions constantes avec le même acteur.
06:23 Je suis ravi de savoir qu'il y a de plus en plus de personnes qui dénoncent.
06:29 Vous savez, l'administration ne peut être partout à la fois.
06:32 Il est souvent important de jouer le rôle de relais.
06:34 Et nous avons besoin de ce relais-là, que sont les populations, les consommateurs,
06:38 pour souvent nous aider à aiguiller notre action ou encore à renforcer notre action sur le terrain.
06:43 Et aujourd'hui, la Gaza, justement, conscient du rôle important que jouent les consommateurs,
06:47 a mis à disposition un numéro d'urgence qui est le 1411.
06:50 Ce numéro, il est gratuit. Il est à la disposition de tout le monde, du grand public.
06:54 Tout le monde peut appeler ce numéro pour dénoncer soit des non-conformités,
06:59 soit ceux qui semblent être des non-conformités sur le terrain.
07:02 Ça peut être dans une épicerie, une super-être, une blancherie, une cafétéria, un restaurant,
07:07 peu importe le lieu, le 1411, il est disponible et il est à la portée de tous.
07:11 Alors, vous savez, comme mot de fin, je dirais que la sécurité alimentaire, c'est complexe.
07:20 Garantir la sécurité sanitaire des aliments, ça ne se fait pas du jour au lendemain.
07:25 C'est chaque jour. Chaque jour, nous devons apporter notre pierre à l'édifice.
07:29 Quand je dis "nous", c'est l'administration, c'est l'opérateur économique
07:33 qui est le premier garant des produits qu'il met en consommation.
07:36 C'est le consommateur qui observe des faits, souvent là où l'administration n'est pas présente.
07:40 Donc, nous ne pourrons garantir de manière efficiente et durable la sécurité sanitaire des aliments
07:45 que si tout le monde s'implique dans cette affaire.
07:48 Et nous, l'administration, nous sommes là, en tant que bras séculiers de l'État,
07:51 pour garantir la qualité et la salubrité des produits et de la réserve alimentaire mis en consommation.
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