00:00 Bonjour à tous, bienvenue ici à Abidjan. Nous sommes au Sofitel Ivoire où se tient l'Africa
00:05 CEO Forum, le plus grand rendez-vous du secteur privé en Afrique. Plus d'un millier de décideurs
00:11 politiques et économiques ont venu réfléchir au développement du continent et à l'émergence de
00:18 champions. Un événement co-organisé par le Groupe Jaune Afrique et l'IFC et nous recevons justement
00:24 Mactar Diop, le directeur général de la Société Financière Internationale, IFC, groupe de la Banque
00:31 Mondiale, un groupe que vous connaissez bien, Mactar Diop, puisque depuis 2001, je crois,
00:37 vous avez été notamment vice-président Afrique, puis vice-président Infrastructure de la Banque
00:43 avant de prendre les rênes de l'IFC il y a plus de deux ans déjà. Merci beaucoup d'être avec nous,
00:50 Mactar Diop, sur ce plateau. Alors finalement, nous nous retrouvons en 2023 dans un contexte qui est
00:57 peu différent de celui de l'an dernier, après la crise sanitaire mondiale, la guerre en Ukraine,
01:02 début de 2022, qui a perturbé de manière forte les chaînes d'approvisionnement international,
01:11 créé une forte inflation qui est, on peut le qualifier d'endémique, également à l'échelle
01:16 de la planète. Et si l'on regarde spécifiquement l'Afrique, a affecté certaines économies au point
01:22 que des États sont parfois très fortement détaits, plus à même de répondre aux besoins de développement
01:28 de leurs entreprises et de leur population. Dans ce cadre, selon vous, Mactar Diop, et c'est le thème
01:32 de ce CIOforum, comment États et secteurs privés peuvent travailler ensemble pour renforcer le
01:38 tissu économique et faire émerger davantage de champions nationaux résilients ? Aujourd'hui,
01:43 on a des taux d'intérêt qui sont enchéris et cela a un double impact sur les pays en développement.
01:49 D'abord, les capitaux retournent vers les pays les plus avancés en raison du taux d'intérêt qui
01:57 sont plus élevés et en même temps on a un renchérissement du service de la dette pour
02:00 les pays en développement, et cela en particulier en Afrique. Donc cela veut dire qu'il y a moins
02:07 d'espace fiscal pour les États pour répondre un peu aux défis économiques auxquels ils font face.
02:12 C'est le moment ou jamais qu'il faut utiliser pour accroître la participation du secteur privé.
02:18 C'est la raison pour laquelle à la SFI, cette année, nous avons eu une année record. Nous
02:23 aurons plus de 36 milliards de dollars qui seront mis à disposition des entreprises des pays
02:30 émergents et autour de 10 milliards pour l'Afrique. Et nous avons donc essayé de répondre à cette
02:36 situation, à cette tension auxquelles font face les pays, pour pouvoir essayer d'accroître
02:42 l'investissement dans le secteur, dans les pays émergents et mobiliser plus de ressources du
02:47 secteur privé en direction des pays africains. Et justement au titre de cette tension, il y a
02:52 la thématique de la sécurité alimentaire, une question prioritaire pour la SFI, on l'entend
02:58 dernièrement. Quels sont les leviers d'action pour sécuriser ces chaînes de valeur agricole,
03:03 ces fameuses chaînes de valeur agricole, tant nécessaires pour que chacun trouve sa place et ne
03:10 paye pas à des taux trop élevés ? Absolument, il faut accroître de manière significative la
03:17 production agricole en Afrique. Nous avions mis en place une plateforme de 6 milliards de dollars,
03:23 3 milliards de dollars des ressources internes de la SFI et 3 milliards qu'on mobiliserait sur le
03:29 marché en vue d'aider les pays à faire face à cette insécurité alimentaire. Je crois que c'est
03:35 le moment ou jamais de résoudre un problème qui se pose en Afrique depuis des décennies. L'Afrique
03:42 est le seul continent qui n'a pas connu sa révolution verte et je crois que cette crise
03:47 nous interpelle encore plus que jamais pour pouvoir prendre les mesures nécessaires pour faire face à
03:52 ce défi. La SFI va mettre un effort tout particulier dans ce secteur et s'assurer qu'on puisse
04:02 mobiliser plus de ressources. Cela veut dire quoi ? Non seulement la production dans ce qu'on appelle
04:08 les commodities traditionnelles, mais également dans ce que j'appelle la production locale,
04:15 les céréales locales qui ne sont pas du tout aujourd'hui développées. Le mil, le sorgho, le
04:22 fognon, toutes ces sources, ces céréales peuvent être développées et peuvent aider à réduire le
04:29 déficit alimentaire auquel on fait face sur notre continent. Donc nous allons faire cela,
04:34 nous allons aussi travailler et développer les possibilités d'accroissement de la production
04:39 en blé dans la partie sud du continent et en maïs qui constitue les éléments d'alimentation
04:47 essentielle des populations africaines. On oublie inexorablement un autre enjeu pour l'Afrique et
04:52 pourtant qui est majeur, c'est celui du changement climatique. Comment allier impératifs climatiques
04:58 et besoin de financement ? Nous avons une occasion d'utiliser l'Afrique qui a un potentiel énorme
05:04 en termes d'énergie renouvelable, de pouvoir contribuer de manière significative à cette
05:09 transition énergétique. Nous avons beaucoup de soleil, avec le scaling solar on a pu voir qu'il
05:15 était possible d'accroître de manière significative la production d'électricité venant du solaire.
05:21 Nous avons de plus en plus des demandes pour investir dans l'hydrogène vert. Aujourd'hui,
05:27 on considère que l'hydrogène est une source d'énergie qui aidera à la transition énergétique
05:35 et beaucoup de pays n'ont pas la possibilité de produire cet hydrogène en utilisant des sources
05:41 d'énergie qui soient propres. L'Afrique a cette possibilité. Nous sommes en train de travailler
05:45 avec les Marocains dans ce domaine et en intégrant justement l'hydrogène vert avec la production
05:51 d'engrais qui sont si nécessaires au développement du secteur agricole. Nous travaillons aussi avec
05:57 le programme des Nations Unies pour l'environnement, le PNUE, en vue de pouvoir investir dans la chaîne
06:04 de production qui permettrait de réduire l'utilisation des plastiques, qui permettrait
06:10 aussi d'avoir ce qu'on appelle "e-mobility", d'avoir plus de véhicules qui fonctionnent
06:15 à l'électricité dans les pays émergents. Donc le changement climatique est une priorité et je
06:21 conclurai en disant que cela se traduit dans nos chiffres. Pour la première fois cette année...
06:26 L'engagement de l'IFC dans le domaine climatique... Cette année nous sommes très fiers d'avoir atteint
06:33 les 10 milliards de dollars d'investissement qui sont liés au changement climatique. Nous
06:37 allons faire plus de 45% de nos investissements qui sont liés au changement climatique. Donc
06:44 ça c'est un saut énorme et nous allons continuer dans la même direction de mobiliser plus de
06:51 ressources pour le changement climatique. D'accord, et si on fait un autre point, si on se focalise plus spécifiquement
06:56 sur les besoins de financement des acteurs du secteur privé qui seront réunis à partir
07:01 du 5 juin, les entreprises qui font du commerce, qui achètent, qui vendent, quel rôle peut et doit
07:08 jouer une institution comme la vôtre ? Nous travaillons avec WTO pour justement créer
07:16 les conditions pour avoir plus de commerce inter-africain. Avec la directrice générale Ngozi,
07:21 nous avons organisé récemment deux importants ateliers où on aide les banques justement à
07:31 utiliser les instruments que nous avons mis en place pour financer le commerce inter-africain.
07:36 Sans ces instruments financiers pour aider au commerce inter-africain, la zone de libre-échange
07:43 est une fiction parce qu'en réalité ce ne sont pas les états qui échangent entre eux, ce sont
07:50 les entreprises. Les entreprises doivent pouvoir avoir des lettres de crédit en monnaie locale qui
07:55 puissent servir à investir dans un pays en utilisant et à pouvoir connecter les différentes
08:02 économies africaines. Donc développer les outils qui permettent justement ces échanges et cette interopérabilité.
08:09 Et comme vous vous souvenez, on avait mis l'année dernière plus d'un milliard de dollars pour
08:15 appuyer le commerce inter-africain lors du dernier sommet que le président Macron avait appelé à
08:22 Paris il y a deux ans de cela. Nous utilisons de manière significative cette nouvelle fenêtre que
08:29 nous avons mis en place. Également il y avait une seconde fenêtre qui était liée au développement
08:33 des PME. On n'en est pas parlé mais cela pour nous est extrêmement important parce que nous
08:37 considérons que c'est une source importante de création d'emplois et d'inclusion économique
08:43 d'un certain nombre de la majorité des acteurs économiques sur le continent africain.
08:47 Il y a une autre source justement d'emplois sur le continent c'est le numérique. Quand on parle de
08:53 digitalisation, d'inclusion financière, les FinTech, les fameuses FinTech, les chantiers sont vraiment
08:58 nombreux à engager la transformation numérique du continent. On pense à des initiatives comme
09:04 l'alliance Smart Africa mais il y en a plusieurs autres. En quelques mots, quelle est votre analyse
09:10 sur le sujet ? Le développement de l'Afrique passera-t-il essentiellement par le numérique ?
09:14 Absolument, nous pensons que l'inclusion financière est essentielle et l'inclusion financière s'appuie
09:20 beaucoup sur le digital. Je voudrais rappeler que nous avons mis en place l'année dernière un
09:26 fonds de 225 millions de dollars pour aider les VC, les Venture Capital, et dans les pays
09:33 africains. Je crois que cela constitue un des fonds les plus importants qui aidera justement
09:37 les startups à se développer et à investir dans le numérique. Merci infiniment Mactar Diop d'avoir
09:45 accepté notre invitation ici à l'hôtel Sofitel Ivoire d'Abidjan à l'occasion de l'Africa CEO
09:51 Forum et merci à tous. Merci beaucoup, c'est toujours un plaisir d'être sur votre plateau. Merci.
09:56 Merci.
09:56 Merci.
09:57 Merci à tous !
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