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00:30 La réalité est qu'aujourd'hui les compteurs sont au rouge.
00:35 Les tuveries et les attaques contre les civils ont empiré.
00:39 Le nombre de déplacés internes n'a jamais été aussi élevé,
00:45 à près de 7 millions, dont la plupart à l'est du Congo.
00:50 La population souffre d'une crise de la faim les plus grave au monde.
00:55 L'est de la RDC est en réalité une petite galaxie de groupes armés,
01:02 les uns plus actifs que les autres,
01:05 même si évidemment l'actualité de ce jour, ou de ces deux dernières années d'ailleurs,
01:13 se focalise sur la résurgence de la rébellion du mouvement du 23 mars,
01:21 qu'on appelle le M23.
01:23 La situation est telle qu'aujourd'hui,
01:26 les bruits de bottes et de canons continuent à résonner autour de la ville de Goma,
01:34 évidemment, et au-delà.
01:36 Donc la situation est très très instable.
01:41 Le programme de démobilisation des groupes armés n'a jamais pris forme,
01:47 et au contraire, aujourd'hui, le gouvernement utilise une coalition de groupes armés,
01:52 qu'il était d'ailleurs censé démobiliser au front contre le M23.
01:58 Et au final, la réponse a été de sur-militariser la région,
02:05 au profit de la seule option militaire.
02:08 Le président Séké dit, quand il arrive au pouvoir,
02:16 il met la question du retour de la sécurité comme un indicateur des réussites de sa présidence.
02:25 Et quand il le disait, la principale menace à l'est de la République démocratique du Congo,
02:31 c'était plutôt les ADF, les terroristes ougandais de l'ADF,
02:37 qui étaient très très actifs au nord de la province du Nord Kivu.
02:42 On peut parler d'un échec, et d'un échec patent.
02:45 Même si on peut peut-être lui trouver des circonstances atténuantes,
02:51 mais de façon objective, sur le plan de la sécurité,
02:56 le candidat Séké dit, tout comme le président Séké dit, "non, pas de bilan à présent".
03:02 Le bilan de l'état de siège est catastrophique.
03:05 Les militaires et policiers au pouvoir au nord Kivu et en Ituri
03:10 s'en sont servis pour réprimer les libertés fondamentales,
03:16 notamment la liberté d'expression, le droit de manifester pacifiquement.
03:20 Et il aura fallu un massacre à Goma le 30 août par les forces de sécurité gouvernementales
03:29 qui ont tué au moins une soixantaine de civils lors d'une opération
03:35 visant à faire appliquer l'interdiction d'une manifestation
03:42 pour que le président Tshiseké dit finalement allège l'état de siège.
03:48 La paix à l'Est reviendra, si on prend à sa juste mesure
04:04 la dimension complexe du problème.
04:07 Une réponse qui ne serait que militaire ne donnerait que des résultats partiels.
04:13 Il faut bien une réponse militaire pour calmer la situation
04:19 et poser les bases pour qu'on arrête de prioriser la menace
04:27 en fonction de ce qu'elle représente politiquement.
04:31 Il est important de ne pas perdre derrière les rideaux
04:37 toute cette galaxie de groupes armés qui est cumulée de la RDC.
04:44 Et il est clair que tant que les questions de justice restent survolées ou occultées,
04:53 en tout cas, et qu'il n'y a pas de réforme systémique qui soit entreprise,
04:59 il est difficile de voir comment la résolution des conflits sera réellement effective.
05:09 Merci à vous.
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