00:00 Donc on est aujourd'hui à Vauvelin dans le cadre des rencontres
00:05 territorium qui sont organisées pour la région autour de Lyon.
00:08 Je suis Pierre Attanas, vice-président de la métropole de Lyon en charge de l'environnement.
00:12 Alors par rapport au dérèglement climatique, la métropole de Lyon s'est
00:28 dotée il y a deux ans d'un plan nature, plan nature dont les objectifs sont à la
00:34 fois d'essayer de régler tant que faire se peut les problèmes climatiques et les
00:40 problèmes de biodiversité et bien mener les deux fronts et non pas séparément.
00:45 Et tout ça repose sur un socle fort de végétalisation.
00:49 On n'aura pas d'amélioration de zone de rafraîchissement, de captation de carbone,
00:55 de retour de la biodiversité si on ne plante pas massivement.
00:58 Et quand on dit massivement, c'est de planter évidemment en ville,
01:02 toujours en ville et à un rythme plus soutenu que ça se faisait précédemment,
01:05 mais de planter également dans les espaces périurbains, voire dans les espaces agricoles.
01:10 On a sur l'est lyonnais par exemple dans les zones de culture intensive,
01:15 moins d'indices de canopées qu'on en a dans le centre-ville de Lyon ou de ville urbaine.
01:19 Donc il faut absolument qu'on puisse multiplier ça.
01:22 La ville, la métropole de Lyon était à un rythme de plantation de 1500 à 2000 arbres,
01:27 supplémentaires par an.
01:29 Cette saison, en tout, on est à pratiquement 25 000 arbres qui ont été plantés depuis fin novembre
01:36 jusqu'à cette semaine où on finit les dernières plantations.
01:39 Donc un rythme beaucoup plus soutenu et surtout des formes de végétalisation qui sont différentes.
01:44 Plus uniquement des arbres d'alignement qui sont plantés les uns à côté des autres,
01:50 même un peu espacés, le pas était de 12 à 14 mètres, ce qui n'était pas suffisant,
01:55 ce qui ne créait pas des zones d'ombrage suffisamment continues.
01:58 Maintenant l'idée c'est de planter plus densément et de planter avec des strates intermédiaires,
02:03 d'avoir trois ou quatre strates différentes lorsqu'on plante,
02:08 de façon à avoir un rafraîchissement de l'air qui soit beaucoup plus important.
02:13 Et ça on le mesure, on a un site pilote où on mesure ces choses-là.
02:17 On peut gagner si on a des plantations en strates différentes,
02:22 on gagne en moyenne 4,7 degrés pendant les mois d'été,
02:28 mais en période de canicule on monte à 7,8 voire 9,2 degrés de différence dans ces épisodes-là.
02:36 Donc on voit tout l'intérêt de planter différemment.
02:39 Non seulement il faut planter plus, mais il faut planter différemment de ce qui se faisait de façon classique jusqu'à maintenant.
02:45 On a augmenté en fait très très rapidement le rythme de plantation,
02:49 et bien évidemment pour produire des arbres il faut du temps.
02:52 Si pour les plants forestiers ça va, c'est relativement rapide, mais à condition encore d'avoir les semences.
02:57 Dès qu'on est sur des arbres un petit peu plus gros, il aurait fallu qu'on ait la possibilité de l'anticiper.
03:03 On est effectivement dans l'urgence, dans cette urgence environnementale et urgence climatique qui est vraiment importante.
03:09 Donc on a avancé très très vite, et on s'aperçoit maintenant que les pépinéristes sont en tension,
03:15 sont même sur certaines espèces, sont vraiment en rupture de stock.
03:20 Donc j'ai commencé à rencontrer les pépinéristes de façon à ce qu'on puisse organiser un petit peu ce travail d'anticipation
03:27 entre ce que eux vont être capables de produire, pour quelles demandes, dans 2 ans, 4 ans, 10 ans.
03:33 On ne peut travailler que main dans la main, et ça va effectivement du décideur politique jusqu'aux pépinéristes,
03:39 en passant par les entreprises de paysage au milieu.
03:41 Alors j'espère qu'on pourra continuer à planter, et quand je dis ça, ce n'est pas faute d'envie politique, évidemment, de le faire,
03:49 que ce soit nous, que ce soit notre opposition actuelle.
03:52 Tout le monde a envie de planter plus, ça aurait été bien effectivement qu'on puisse planter à ce rythme-là,
03:58 il y a 10 ans, il y a 15 ans, il y a 20 ans, ça aurait été un plus.
04:02 Mais je ne me fais pas de soucis là-dessus, il y a vraiment une envie de végétaliser pour tout le monde.
04:07 Le souci maintenant, ça va vraiment être la ressource en eau. On vient de passer une année qui a été l'année record de sécheresse,
04:13 et on vit cette année un hiver particulièrement sec, on n'a jamais connu ça.
04:18 Donc effectivement, est-ce qu'on sera limité par rapport à ça ?
04:21 Et nous, il nous faut dès maintenant pouvoir anticiper ces périodes-là,
04:25 et donc dans nos projets maintenant, dans nos gros projets, deux actes, les gros aménagements,
04:30 on regarde pour installer des cuves de récupération d'eau qui vont nous permettre d'utiliser de l'eau
04:35 qui ne soit pas de l'eau des circuits,
04:39 qui seront de toute façon dans quelques années encore plus restreintes qu'ils ne le sont déjà actuellement.
04:45 [Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org]
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