00:00 jamais une situation qui est floue. Il n'y a qu'une personne qui agresse une autre et c'est tout.
00:02 C'est ça qui est difficile je pense quand on est victime de trauma, de violence sexuelle
00:13 notamment, c'est que on cherche de l'aide et ça peut arriver qu'on nous en donne mais elle n'est
00:19 pas toujours bonne par rapport à ce qu'on veut. Quelque chose qui est bien pour moi à recevoir,
00:22 c'est peut-être très mauvais pour une autre personne. Par la suite je me suis un peu lancée,
00:27 j'ai voulu essayer aussi le groupe de parole. C'est vrai que c'est vachement isolant tout ça et on
00:35 est un peu seule. Je m'en rends compte même de parler des choses, d'avoir ce genre de discussion
00:40 féministe. Juste on est là, on est plein de meufs et même rien que là tu vois et on me dit "regarde
00:45 moi j'ai ça" et "ouais moi aussi en fait" et c'est juste ça. On est toutes ensemble et tous ensemble
00:50 et en train de se montrer nos plaies et dire "regarde j'ai archi mal, moi aussi j'ai archi mal"
00:53 et juste on se tient la main et déjà c'est tout tu vois, c'est déjà beaucoup. D'être face avec
00:59 des femmes qui ont vécu des choses similaires, ça touche pas à la blessure, ça crée autre chose à
01:05 côté d'extrêmement jouissif, qui donne de l'espoir, qui donne une force inouïe et tout ça. Et en fait
01:14 il a fallu, et c'est un peu malheureux, mais il a fallu un petit peu les violences pour ensuite
01:19 apprendre vraiment sur les violences, à travers l'apprentissage des violences pour découvrir le
01:23 féminisme et par là pour me reconstruire et ça a été tout un petit chemin. Le seul truc que je
01:31 dirais c'est de ne pas se mûrer dans le silence. Parler, parler, parler, faire, s'écouter le plus
01:36 possible et faire ce que son corps lui dit de faire, son coeur lui dit de faire. Je pense que
01:41 c'est super important dans le process de résilience de se rendre compte qu'on n'est pas responsable de
01:45 ce qui nous arrive, on est juste victime de ce qui nous arrive. On est victime de personnes qui sont
01:50 juste malsaines et perverses et c'est pas normal. On m'a pas dit "les adultes de ton entourage,
01:56 ils n'ont pas le droit de te toucher, les adultes de l'école, ils n'ont pas le droit de te toucher".
02:00 Pour moi ce qui a marché beaucoup c'était de me rendre compte d'apprendre en fait. Plus j'apprenais
02:07 sur les violences, plus ça me libérait. Parce que du coup après ma première agression, j'en
02:15 ai parlé à une personne qui m'a dit "mais en fait tu sais que ça c'est une agression sexuelle" et
02:18 du coup j'ai commencé à taper sur internet. Et c'était en 2017, du coup c'était moment #MeToo,
02:22 et juste après il y a eu toute la vague d'informations par rapport à tout ça. Et du
02:26 coup j'ai commencé à beaucoup m'intéresser aux questions féministes. Et c'est ça qui a fait que
02:29 je me suis sentie beaucoup plus légitime à me dire "j'ai besoin du confort et du réconfort de
02:37 personne pour me dire "c'est pas ta faute" parce que je le sais pertinemment, je le sais, c'est pas
02:41 normal, ça sera jamais normal et j'accepterai jamais qu'on me dise que c'est normal pour une
02:46 personne ou pour une autre, ou qu'il y ait une situation qui était un peu floue. Il n'y a jamais
02:49 une situation qui est floue. Il n'y a qu'une personne qui agresse une autre et c'est tout.
02:52 Et je vois dans les vestiaires maintenant que c'est écrit "il y a des campagnes avec des
02:55 dessins et c'est trop bien, c'est super important". Il faut aussi éduquer les garçons, évidemment,
03:00 genre c'est ça le point de départ. Mais entre temps il y a des filles et des femmes qui sont
03:04 victimes et des personnes non-binaires et tout qui sont victimes et qui ont aussi besoin d'être
03:08 accompagnées et d'être aidées. En apprenant un peu plus avec les réseaux sociaux, sur Instagram,
03:13 a commencé à suivre certains comptes. Donc ça a été "Clique Révolution", ça a été beaucoup de
03:20 choses comme ça. Au début c'était plus par rapport à la sexualité et puis au fur et à mesure,
03:24 du coup, a rentré un peu dans le féminisme et à travers le féminisme en fait qui parle également
03:30 beaucoup, qui combat également beaucoup les violences sexistes et sexuelles. Et donc ils ne
03:35 sont pas que à travers les femmes, parce qu'il y a aussi avec les enfants du coup, parce que ça
03:38 commence vraiment à l'enfance, ça commence par l'éducation déjà à l'école, c'est tout un truc.
03:42 Et aussi grâce à plein de mouvements de campagne féministe etc qui nous ont appris ce qu'on nous
03:47 a jamais appris en fait, ni à l'école ni à la maison. Et effectivement cette fameuse légende
03:53 urbaine du viol qui est dans une rue, la fameuse quoi, qui empêche du coup de savoir quand on a
04:00 vraiment été violé et de savoir ce qui est grave, ce qui n'est pas grave et pourquoi on souffre et
04:04 d'apprendre à se comprendre et ce qui est quand même genre la base du bien-être. C'est Socrate
04:11 qui disait "Connais-toi toi-même" donc on n'est pas en train d'essayer de révolutionner le bien-être
04:15 ou l'être humain, on essaie juste d'apprendre à se comprendre et se connaître et il y a tout le
04:22 temps des obstacles tu vois.
04:23 !
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