00:00 C'est devenu la hantise et l'obsession des habitants de plusieurs communes du centre-héros ou du parc régional du Haut Languedoc.
00:06 Les raves parties. On est avec Ingrid Chapuis ce matin, la présidente de l'association Le son du silence Guillaume.
00:12 - Association qui vient tout juste d'être créée par des habitants des communes du parc du Haut Languedoc et dont Ingrid Chapuis est la présidente.
00:21 Bonjour Ingrid Chapuis. - Bonjour monsieur.
00:24 - Vous êtes en ligne avec nous ce matin depuis Vaux-Montagne j'ai envie de dire, parce que c'est vrai que c'était un petit peu loin pour venir de Montpellier.
00:32 En deux mots pour commencer Ingrid Chapuis, pourquoi vous avez créé cette association ?
00:36 - Très exactement, Le son du silence. Il n'y a pas qu'une référence à Simon & Garfunkel j'imagine.
00:42 - Oh ben quelque part sans doute oui. Un petit peu oui bien sûr.
00:46 - Bah écoutez en fait cette association elle est toute récente, elle date du début du mois d'avril mais elle a commencé à germer dans nos esprits à la suite d'une rave party qui a eu lieu le 11 novembre dernier
00:58 et qui a duré pendant trois jours et trois nuits sur le secteur en l'occurrence de Ferral-Sleymontagne.
01:04 Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas des raves parties ailleurs.
01:07 Il y a eu énormément de personnes impactées sur le secteur, on a créé des cartes acoustiques et en fait on a eu des retours sur 10 kilomètres.
01:19 Pour dire à quel point quand ces gens s'installent quelque part, ils ont un impact énorme sur notre vie quotidienne.
01:26 - Et alors vous dénoncez une situation qui dites-vous dure depuis des années maintenant.
01:31 - Oui absolument, absolument. En fait pour nous sur Ferral mais sur d'autres communes des Hauts-Cantons et du Parc,
01:38 on peut dire pour nous en tout cas que ça date d'au moins quatre ou cinq ans des raves parties qui sont récurrentes,
01:44 toujours sur les mêmes lieux qu'ils appellent des spots.
01:47 Ils sont référencés pour eux et c'est des lieux qui leur sont favorables dans le sens où géographiquement c'est sans doute intéressant pour eux
01:55 parce qu'ils peuvent installer les camions, que les espaces sont suffisamment étendus.
02:00 C'est souvent le cas au pied des éoliennes, ce qui est un vrai problème qui n'a encore jamais été tellement soulevé.
02:06 Les raves parties se passent en grande partie au pied des éoliennes et en fait on a créé l'association pour répondre à votre question.
02:15 Donc à la suite de cette rave partie du 11 novembre qui a impacté énormément de personnes,
02:22 depuis cinq ans on s'était quand même rendu compte qu'il était impossible sur le terrain de faire cesser ces rassemblements.
02:32 On va revenir là-dessus, Ingrid Schäpplin, mais avant ça deux mots.
02:35 D'abord les éoliennes, on va donner une explication rapide, c'est parce que les chemins qui donnent accès sont dimensionnés pour permettre le passage des camions,
02:44 c'est pour ça qu'ils vont au pied des éoliennes, pour amplifier le son, heureusement pour vous.
02:48 Les nuisances, vous dites un rayon de 10 km, très concrètement.
02:53 Au niveau acoustique, on a fait avec l'association des appels téléphoniques pour essayer de cerner l'impact acoustique de cette rave partie précisément,
03:04 et ça a porté effectivement sur le plus loin, 10 km.
03:08 Vous vous dites par exemple, moi quand il y a eu une rave partie, la dernière je crois qu'elle a eu lieu à Vérine Moussant il me semble,
03:15 absolument. - Vous me disiez, toutes les fenêtres de ma maison qui trompent, c'est ça ?
03:19 - Alors pas cette fois, parce que cette fois, selon comme les murs de son sont tournés, ils n'impactent pas les mêmes habitants.
03:27 Et en plus si vous avez du vent nord ou du vent de sud, c'est pas la même chose.
03:31 Mais c'est vrai que nous on a eu quelques fois des réunions qui se passaient à 800 mètres de notre maison,
03:38 et là effectivement on a les vitres de la maison qui vibrent, et des problèmes de santé très nettement aussi.
03:45 - Les autorités, vous dénoncez une forme de laxisme, de clémence, et pourtant c'est pas faute de les alerter,
03:54 mais c'est vrai que les autorités ont du mal à anticiper sur l'organisation de ces fêtes qui ne bénéficient d'aucune autorisation en plus.
04:01 - Alors il ne faut pas, je pense, tout mettre dans le même sac.
04:06 Ce n'est pas les autorités en tant que telles, c'est que si vous voulez, nous depuis des années on est en contact direct avec la gendarmerie.
04:14 Je pense que sur le terrain précisément, nous sommes tous démunis.
04:19 C'est à dire aussi bien nous-mêmes quand on est face à ce nombre de personnes qui sont très déterminées à aller faire leur fête,
04:27 et les gendarmes également qui sont démunis parce qu'il n'y a pas assez de personnel,
04:32 et qu'il n'y a pas non plus, ce qui est très important, les moyens juridiques pour se défendre contre ce genre de choses.
04:39 Parce que nous nous combattons, une chose précisément, nous nous battons pour que les gendarmes puissent facilement faire des saisies du matériel de son.
04:50 - Mais ils ne le font pas, enfin ils le faisaient, ils le font parfois, ils ne le font pas de manière systématique, et ça c'est un... vous le regrettez ?
04:57 - Non, non, absolument, parce que si vous voulez, nous on peut pas, on a calculé toutes les possibilités pour arrêter ces manifestations,
05:05 mais les chemins en montagne sont très nombreux, et donc on ne peut pas barrer tous les chemins.
05:10 Donc on peut éventuellement barrer les chemins par lesquels passent les camions de son,
05:16 mais encore une fois c'est souvent des chemins publics, donc ça on ne peut pas le faire, on n'est pas du tout dans l'illégalité.
05:22 Par contre ce qui serait le plus simple, c'est effectivement de pouvoir arrêter la musique, et si vous arrêtez la musique, c'est la rave partie, obligatoirement.
05:31 Donc les gendarmes actuellement, on est en contact avec eux pour essayer de faire un travail de compréhension de la procédure,
05:39 parce qu'actuellement ils n'ont pas les moyens de faire des saisies de matériel parce que cela nécessite un certain nombre de respect, de plusieurs règles,
05:48 et c'est le procureur qui décide, d'après ce qu'on sait. On fait un gros travail au niveau information, parce que c'est le procureur qui décide.
05:58 C'est arrivé une seule fois en 5 ans, où les gendarmes ont réussi à faire une saisie des câbles chez nous,
06:05 des câbles qui faisaient le rapprochement entre les groupes électrogènes et les murs de son,
06:11 et ça c'était parce qu'ils avaient appelé le procureur dans la nuit, et que ça a été autorisé.
06:16 - Oui, c'est-à-dire que le préfet peut prendre des arrêtés, peut mettre éventuellement des gendarmes en place,
06:20 mais si le procureur ne donne pas son aval à une intervention de la force publique, le problème persiste.
06:26 En fait c'est ce que vous dénoncez d'une certaine manière ce matin.
06:29 - C'est ce qu'on essaie de faire, on essaie de trouver le maillon faible.
06:34 On essaie de comprendre pourquoi, alors qu'on a des lois, alors que monsieur le préfet Moutou a passé deux arrêtés préfectoraux,
06:42 le 1er mai, interdiction des rassemblements musicaux à caractère festif, donc il y a eu la grosse rave-partie d'Homelas,
06:50 ils sont extrêmement pénalisés ces gens-là, c'est une catastrophe, c'est sur des sites Natura 2000.
06:56 Ensuite il a passé aussi un autre arrêté, pareil, interdiction des rassemblements festifs et interdiction de transporter du matériel de son.
07:04 Et là on se trouve avec la grosse rave-partie de la semaine dernière à Fraisse-sur-Agout,
07:10 qui a généré des mètres cubes de déchets et de pollution, des nuisances, je vous parle pas des déjections humaines,
07:21 c'est hallucinant, et en dehors de ça, ce qui est pour nous extrêmement important, c'est que ça nous pénalise sur nos activités économiques.
07:31 - Zone touristique, oui. Je crois que Vivian a une question à vous poser.
07:36 - Oui, puisque vous êtes la présidente de l'association Le son du silence, je voudrais juste savoir...
07:41 Ah, visiblement ça a repris là chez vous !
07:44 - Oh, il est dur ! Il est méchant avec vous !
07:47 - C'est juste pour vous embêter un petit peu, Ingrid Chaplin.
07:49 - Mais ça, ça n'a rien à voir, franchement, c'est beaucoup trop aigu.
07:52 Il vous faut faire beaucoup plus grave, avec des basses qui sont bien, voilà.
07:56 - Attendez, j'en rajoute !
07:58 - Voilà, voilà.
08:00 - Bon stop, on arrête, c'est bon.
08:01 - C'est très clean, là, c'est très clean ce que vous nous faites passer.
08:04 Ça n'a rien à voir.
08:05 - Merci, en tout cas, Ingrid Chaplin, présidente de l'association Le son du silence,
08:09 qui a bien l'intention de faire entendre sa voix et de se mobiliser dans les semaines et les mois qui viennent
08:13 pour essayer de lutter au maximum contre ce phénomène des fréparties.
08:17 Merci d'avoir répondu à notre invitation ce matin.
08:19 - Merci, monsieur.
08:20 - Merci à vous.
08:21 - Vous retrouvez cette interview en allant sur notre site internet francebleu.fr.
08:25 Comme tous les invités, vous pouvez les réécouter en allant sur notre site.
08:29 C'est à 7h45, les invités de France Bleu et Rond, et sur France 3 Occitanie aussi.
08:33 On va changer de style musical.
08:35 Le zouk, ça vous va, j'ai l'impression, Sébastien ?
08:37 Oh là là, qu'est-ce qu'il est beau quand il danse comme ça.
08:39 Avec Kassav, 6 voix sur France Bleu et Rond,
08:42 et dans 4 minutes, les infos de ce mercredi matin, les infos de 8h.
08:45 de 8 heures. Merci de nous avoir choisis et de nous écouter.
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